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Thématiques d’investissement


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Biodiversité : Les investisseurs sont aussi des acteurs !

 

Le 7 juin 2022

 

Le seuil d’alerte pour la préservation de la biodiversité a été franchi. Au-delà des conséquences sur nos conditions de vie, cela représente aussi une menace pour la stabilité financière. Les acteurs de la finance commencent donc à se mobiliser pour protéger la biodiversité.

 

Vérifier l’empreinte climat de son investissement est insuffisant pour investir responsable. Pour s’assurer de la durabilité de ses choix patrimoniaux, la biodiversité doit également entrer en ligne de compte.

 

La biodiversité, une des neuf limites planétaires

 

La biodiversité correspond à la richesse des espèces et à leur nombre en un lieu donné. En 2009, le « Stockholm Resilience Centre » a défini les « neuf limites planétaires », des seuils à ne pas dépasser par l’humanité si l’on ne veut pas compromettre nos conditions de vie sur terre. Selon ce cadre d’analyse, le seuil d’extinction des espèces animales et végétales au-delà duquel nous risquons de devoir faire face à un changement d’état de l’écosystème planétaire est considéré comme dépassé depuis cette date.

 

La pandémie a rappelé l’un des nombreux effets délétères de la disparition progressive de la biodiversité. Elle participe notamment à l’augmentation des zoonoses représentant un enjeu croissant de santé publique à l’échelon mondial.

 

À savoir : À titre de comparaison, le seuil limite, avant de faire face à un changement d’état de l’écosystème, n’est pas encore considéré comme atteint pour le dérèglement climatique.

La France, réservoir de 10% de la biodiversité

 

La France héberge environ 10% de la biodiversité mondiale. Selon l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN), elle abrite plus de 21.000 espèces endémiques, principalement en outre-mer. Or, selon les chiffres du ministère de l’Écologie, la France figure parmi les dix pays abritant le plus grand nombre d’espèces menacées à l’échelle mondiale (1.301 espèces). Cela représente 14% des mammifères, 24% des reptiles, 23% des amphibiens, 32% des oiseaux nicheurs et 19% des poissons d’eau douce.

Ce phénomène est mondial et on parle désormais de la sixième extinction de masse. Pour l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), les activités humaines ont causé la destruction de 892 espèces au cours des cinq derniers siècles. Les États se mobilisent pour contrer ce phénomène. La COP15 définira un nouveau cadre mondial pour avancer sur la voie de la régénération.

 

La mobilisation des acteurs de la finance

 

Les acteurs de la finance intègrent peu à peu l’impact et la dépendance de leurs investissements aux dimensions environnementales et, de ce fait, à la préservation de la biodiversité. L’article 173 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015 a mis en place, à la charge des investisseurs, une obligation légale de reporting sur la prise en compte des risques climatiques dans leur stratégie d’investissement et leur gestion des risques. En 2019, la loi énergie-climat a élargi cette obligation à la préservation de la biodiversité, signe de l’ambition forte de la place de Paris en faveur de la biodiversité.

Un enjeu de taille, puisque d’après les chiffres du FMI, les activités économiques dépendantes de la biodiversité représentent 44.000 milliards de dollars soit plus de la moitié du PIB mondial. Selon une étude exploratoire de la Banque de France, plus de 40% des actifs détenus par les institutions financières françaises sont directement affectés par l’érosion de la biodiversité, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la stabilité financière.

 

L’essentiel à retenir

 

  • Le seuil de risque en matière de biodiversité est franchi, un risque majeur pour notre vie sur Terre.
  • Avec la COP15 sur la biodiversité en avril 2022, ce sujet est inscrit à l’agenda international.
  • Les investisseurs et les sociétés de gestion se sont emparés de cette thématique.

 


Investissements alternatifs: de quoi s’agit-il?

Le 3 mai 2022

 

Il existe des classes d’actifs alternatives aux obligations et aux actions classiques. Il s’agit des fonds spéculatifs, du capital-investissement ou de l’immobilier, par exemple. Découvrons les avantages et les inconvénients de ces instruments.

 

Les actions, les obligations ou les fonds communs de placement ne sont pas les seules options d’investissement qui s’offrent à tous. D’autres choix permettent une bonne diversification du portefeuille, notamment pour les investisseurs à hauts revenus ou les investisseurs institutionnels. Différents types d’investissements alternatifs peuvent satisfaire tous les profils et tous les besoins, mais seulement sous certaines conditions. Découvrons-les.

 

De quoi parle-ton ?

 

La catégorie des investissements alternatifs recouvre les fonds spéculatifs, le capital-investissement, le capital-risque, l’immobilier et les matières premières, mais aussi des produits exclusifs tels que les œuvres d’art, les timbres et les alcools haut de gamme, pour ne citer que quelques exemples.

 

Autrement dit, tous les actifs qui diffèrent des méthodes plus classiques en termes de liquidité, de complexité et de stratégies de gestion. Une précision sur ce dernier point en particulier s’impose : étant donné qu’il s’agit d’une activité compliquée, très volatile et à haut risque, une gestion active est nécessaire pour suivre leurs performances en permanence, et ce, afin de prendre des mesures correctives si nécessaire. Par conséquent, des frais importants doivent être consentis en faveur des professionnels disposant de l’expertise nécessaire à la gestion de ces instruments.

 

Pourquoi envisager un investissement alternatif ?

 

Comme évoqué précédemment, les investissements alternatifs sont d’excellentes ressources pour diversifier son portefeuille, même s’ils sont moins réglementés que les actifs traditionnels. Du fait de leur faible corrélation avec les marchés traditionnels et leurs instruments, les investissements alternatifs sont moins influencés par les risques systémiques inhérents aux marchés. Dès lors, étant donné qu’ils présentent également un potentiel de rendement plus élevé que les investissements standard, les investissements alternatifs présentent des avantages indéniables sur le plan de la diversification.

 

En revanche, il convient de les manier avec précaution si l’on souhaite les intégrer aux classes d’actifs «standard», en particulier si l’on n’est pas un investisseur à revenu élevé ou très élevé, car ils présentent inévitablement des risques plus importants. Si une action ou une obligation est peu performante, un fonds spéculatif ou de capital-investissement peut compenser ces pertes sur le long terme.

 

Un investissement qui ne convient pas à tout le monde

 

Il convient de souligner que la nature même de ces actifs implique un faible niveau d’échange et donc de faibles volumes. Ceci provient principalement du fait qu’il n’existe pas de marché public les régulant et que les personnes alimentant le marché privé sont peu nombreuses à travers le monde. Du moins pas aussi nombreuses que pour les actions et les obligations. Ainsi, l’acheteur doit tenir compte d’un certain délai pour être en mesure de les vendre, à l’instar de ce qui se passe dans le secteur de l’immobilier. Ce faible volume d’échanges se traduit par une difficulté à obtenir des données, des prospectus, des analyses, des tendances historiques et des informations sur les investissements alternatifs.

 


Le potentiel émergent de l’eau

Le 4 avril 2022

 

Les entreprises privées ont un rôle clé à jouer dans l’amélioration de l’accès et le traitement de l’eau dans les pays émergents. Les investisseurs peuvent tirer parti de ce secteur de croissance. L’accès à l’eau est une problématique de plus en plus pressante, les ressources s’amenuisent tandis que la demande en eau potable et en solutions d’assainissement augmente. Selon l’ONU, seulement un tiers des pays du monde disposera de ressources en eau gérées de manière durable d’ici à 2030.1

 

Urgence d’investir dans ce secteur

 

Bien que le monde développé soit loin d’être immunisé, le problème est manifestement plus urgent dans les pays en voie de développement. En Amérique du Nord et en Europe, 96% de la population a accès à l’eau potable. Ce chiffre tombe à 75% en Amérique latine et dans les Caraïbes, à 62% en Asie centrale et du Sud et à seulement 30% en Afrique subsaharienne.2

 

La bonne nouvelle est que les investissements privés dans les ressources en eau augmentent dans les pays émergents.

 

Fig. 1 – Le besoin en eau

Utilisation mondiale d’eau douce (agriculture, industrie et ménages), billions de mètres cubes

 

Source: Global International Geosphere-Biosphere Programme (IGB), Our World in Data. Data covering period 01.01.1901-31.12.2014.

 

Des recherches montrent que la participation du secteur privé (PSP) dans le secteur de l’eau concerne désormais 21% de la population mondiale, contre 8% il y a vingt ans. Cette activité est vitale car les gouvernements sont de moins en moins en mesure de fournir les investissements nécessaires en raison de budgets serrés et d’infrastructures vieillissantes.

Une contribution nécessaire du secteur privé

 

Les investissements les plus notables ont été enregistrés sur les marchés émergents asiatiques. En Inde, par exemple, il y a 20 ans le secteur privé n’était pratiquement pas impliqué dans la gestion de l’eau et de l’assainissement. Aujourd’hui, il couvre les besoins en eau d’environ 150 millions de personnes, ce qui témoigne des efforts coordonnés du gouvernement et des institutions financières multilatérales. La Chine a également connu une très forte croissance de ses investissements privés. En dehors de l’Asie, c’est le Brésil et la Colombie se distinguent particulièrement.

 

La croissance des investissements a été particulièrement élevée dans le secteur des eaux usées – un domaine politiquement moins sensible que celui de l’accès à l’eau potable, mais néanmoins crucial pour notre bien-être et pour la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. L’ODD 6 prévoit l’accès universel à l’eau et aux solutions d’assainissement, ainsi que la réduction de moitié des rejets d’eau non-traitée et une plus grande efficacité dans l’utilisation de l’eau.

 

Importance des acteurs locaux

 

Nombre de ces initiatives privées ont en commun le fait qu’elles impliquent les compagnies des eaux régionales et locales. C’est un changement remarquable dans un secteur historiquement dominé par des mastodontes comme Veolia et Suez. Alors qu’entre 1991 et 2000, la moitié des contrats privés de traitement des eaux étaient attribués à des acteurs internationaux, cette proportion est tombée à 14% seulement au cours de la dernière décennie.

 

Le développement des relations internationales représente un réel potentiel de croissance pour les entreprises locales du secteur de l’eau. Cela se produit déjà en Asie du Sud-Est, avec de nombreuses entreprises de traitement d’eau basées à Singapour qui se développent en Chine et des entreprises malaisiennes en Indonésie.

 

Les populations augmentent, l’urbanisation progresse et les gens deviennent de plus en plus riches, ce qui entraîne une augmentation de la demande en eau, en solutions de traitement et d’assainissement et un besoin accru d’investissements. D’ici 2030, 400 à 500 millions de personnes supplémentaires seront couvertes par la PSP pour l’eau et « l’assainissement ».

[1]  https://unstats.un.org/sdgs/report/2021/
[2] Our World in Data, WHO/UNICEF Joint Monitoring Programme for Water Supply and Sanitation, data for 2020.

 


Comment les progrès dans le secteur de la santé vont-ils s’accélérer ?

Le 9 mars 2022

 

L’intelligence artificielle peut accélérer et réduire le coût de la découverte et du développement des médicaments. Qu’il s’agisse de détecter des tendances dans des masses de données pour identifier de nouveaux médicaments ou améliorer ceux qui existent déjà, ou de rationaliser le recrutement de testeurs et le processus de test lui-même, l’intelligence artificielle fait des vagues dans l’industrie pharmaceutique.

 

Loi d’Eroom

 

Cette injection d’énergie est cruciale, car sans elle, le secteur est en difficulté. Depuis les années 1950, le nombre de nouveaux médicaments approuvés, par milliard de dollars dépensé en recherche et développement (R&D), a diminué de moitié à peu près tous les neuf ans. Dans l’industrie pharmaceutique, ce phénomène est connu sous le nom de la « loi d’Eroom ». C’est l’exact opposé de la « loi de Moore », qui a observé que le nombre de transistors pouvant être installés sur une surface de silicium donnée double tous les deux ans. La baisse du rendement de la R&D dans l’industrie pharmaceutique a donc rendu les entreprises plus frileuses et moins enclines à rechercher des traitements pour les maladies rares.

 

« Même si nous disposons de technologies de plus en plus performantes, la mise au point de médicaments devient de plus en plus difficile et coûteuse à un rythme exponentiel. Cela est vraiment prohibitif et nous empêche réellement de nous lancer dans différents domaines de maladies où cela n’aurait pas de sens d’un point de vue économique », explique Carina Namih, partenaire chez Episode One Ventures, une société britannique qui investit dans des entreprises technologiques émergentes, au podcast New Foundations produit par The Economist Intelligence Unit.

 

L’intelligence artificielle à la rescousse

 

La solution, selon elle, pourrait venir de l’intelligence artificielle (IA) : « Le système d’IA a dessiné une sorte de carte pour nous. Ce qui nous permet de trouver cette aiguille dans la botte de foin plus rapidement ».

 

BenevolentAI est l’une des entreprises qui adoptent cette technologie. Elle utilise l’IA pour extraire et analyser des informations biomédicales provenant d’articles universitaires et d’essais cliniques afin de faire de nouvelles découvertes. Peter Richardson, vice-président du groupe chargé de la pharmacologie, estime que l’apprentissage automatique est crucial compte tenu des volumes d’informations à analyser.

 

« Nous recevons bien plus d’un million, probablement deux millions de rapports par an. Et il est tout simplement impossible pour l’homme seul de passer en revue toutes ces informations. Nous analysons donc, en utilisant la lecture automatique, autant de documents que possible », explique-t-il.

 

« [Nous] compilons tout cela et le mettons dans ce que nous appelons un graphique de connaissances, qui est une série de relations entre les gènes, les voies biologiques, les mécanismes, les tissus, les organes et les maladies. De cette manière, nous espérons non seulement donner aux scientifiques l’accès à toutes les informations, mais aussi leur permettre d’en tirer de nouvelles conclusions et d’élaborer ainsi de nouveaux médicaments répondant à des besoins non satisfaits ».

 

Un temps précieux

 

La rapidité est l’un des avantages. Le processus de découverte d’un médicament prend généralement une quinzaine d’années avant d’aboutir à une mise sur le marché. En période de crise sanitaire, telle que la pandémie de Covid-19, le temps est précieux. Grâce à l’apprentissage automatique, M. Richardson et son équipe ont découvert que le baricitinib, un médicament traditionnellement utilisé pour la polyarthrite rhumatoïde, pourrait potentiellement contribuer à accélérer le rétablissement des patients après une infection à la Covid-19.

 

Réduction des coûts

 

L’autre grand avantage de l’IA est de réduire le coût de la découverte de médicaments. Andrew Hopkins, PDG de la société Exscientia, leader dans le domaine des technologies pharmaceutiques, estime qu’une telle approche peut réduire les coûts moyens de mise sur le marché d’un médicament d’environ 30 %, soit 600 millions de dollars. Et surtout, ajoute-t-il, elle peut réduire considérablement le coût des premières étapes du processus.

 

« En moyenne, il faut une vingtaine de projets en phase initiale pour qu’un seul médicament aboutisse. Pourtant, la plupart des projets échouent », dit-il. « Nous pouvons réduire les coûts de manière significative, d’au moins 80 % environ, dans les premières phases de la découverte de médicaments. Et cela a ensuite un effet boule de neige ».

 

Essais cliniques plus rapides

 

Les machines peuvent également contribuer à la phase suivante, les essais cliniques, en rationalisant le recrutement des testeurs et en améliorant l’efficacité des essais eux-mêmes. À long terme, il sera peut-être possible de créer des jumeaux numériques pour les personnes participant à l’étude, qui serviront effectivement de « contrôles » individuels, ce qui réduira le nombre de recrues nécessaires.

 

Une procédure plus rationnelle, plus rapide et moins coûteuse pourrait encourager les entreprises à s’intéresser à un plus grand nombre des 7.000 maladies rares recensées dans le monde, dont seulement 5 % environ peuvent être traitées à ce jour.

 

« Si l’on peut éliminer les barrières qui empêchent la mise sur le marché au lieu d’en payer le prix, on peut alors se tourner vers des indications plus spécifiques et des maladies plus rares », explique M. Hopkins.  « Cela devient alors une véritable solution miracle qui peut favoriser l’innovation dans l’industrie pharmaceutique si nous pouvons changer la structure économique de ce secteur ».

 

Pour en savoir plus sur l’IA dans le secteur de la santé, consultez le podcast « New Foundations ».

 

 


Besoin de liquidités: comment bien vendre ses actions?

Le 10 février 2022

 

Pour vendre des titres en bourse, l’investisseur peut arbitrer entre plusieurs catégories d’ordre. L’ordre de vente de titres en bourse comporte des mentions obligatoires. En fonction de ses objectifs, l’investisseur peut arbitrer entre plusieurs catégories d’ordre.

 

Pour vendre des titres, il convient d’établir un ordre de bourse et de le transmettre à un intermédiaire financier chargé de l’exécuter.

 

Passer un ordre de bourse

 

Cet ordre doit comporter plusieurs mentions pour être valable. Il est d’abord nécessaire d’identifier l’entreprise dont les actions seront vendues, en précisant son code mnémonique ou son code Isin. Le sens de l’opération, ici une vente, doit également figurer dans l’ordre de bourse, ainsi que la quantité de titres à céder concernés.

Autre mention à y porter : la durée de validité de l’ordre. Il peut s’agir d’une journée, d’une semaine, d’un mois, ou porter sur une seule séance. S’il est toujours possible de prévoir une plus longue durée, avec un maximum de 365 jours, cette option ne retiendra pas l’attention de l’investisseur qui veut vendre rapidement.

L’ordre de vente doit également comporter le mode de règlement souhaité: au comptant ou différé, via le Service de règlement différé (SRD), si les titres concernés y sont éligibles. Enfin il doit préciser le type d’ordre donné, et le cas échéant mentionner un prix de vente. Il existe en effet plusieurs catégories d’ordre de bourse auxquelles recourir en fonction des objectifs de l’investisseur.

 

Choisir une catégorie d’ordre de vente

 

Lorsqu’il choisit de passer un ordre à cours limité, l’investisseur doit mentionner dans son ordre un prix de vente, c’est-à-dire une limite de cours, en deçà de laquelle l’ordre ne sera pas exécuté. Cette limite permet à l’investisseur de s’assurer d’un cours minimum de vente. Attention: suivant les prix observables en séance, ce type d’ordre ne peut qu’être partiellement exécuté, voire pas exécuté. L’ordre à cours limité est souvent utilisé pour sécuriser la vente de valeurs dont le cours est volatile.

 

L’ordre au marché peut, quant à lui, davantage correspondre à l’investisseur qui veut vendre très rapidement sans se fixer de limite de prix. Car cet ordre est prioritaire sur tous les autres. Et il est exécuté immédiatement et en totalité. Cependant, l’ordre au marché comporte une plus grande part de risque de pertes, notamment pour des actions faiblement liquides.

Avec l’ordre à la meilleure limite, qui constitue sans doute une solution de compromis, les titres sont vendus à la meilleure demande lors de sa transmission sur le marché. L’ordre peut n’être que partiellement exécuté si les quantités demandées sont limitées. Le solde restant des valeurs est alors vendu dans le cadre d’un ordre à cours limité. La cote à laquelle ont été vendus les premiers titres sert de référence pour cet ordre. Placé avant l’ouverture, il est exécuté sur la première cotation.

 

Enfin, les ordres à seuil de déclenchement ou à plage de déclenchement s’exécutent automatiquement en fonction d’un seuil de déclenchement avec, en outre, une limite de prix pour l’ordre à plage de déclenchement. S’ils permettent d’optimiser une vente en s’assurant d’un maximum de gains ou de limiter les pertes, ils ne sont pas nécessairement exécutés en totalité, voir non exécutés. En ce sens ils ne sont pas nécessairement adaptés pour répondre à un besoin de liquidité à très court terme.

 

L’essentiel à retenir

 

  • Un ordre de bourse comporte plusieurs mentions.
  • En fonction de l’ordre de bourse choisi, il comporte ou non un prix de vente.
  • Plusieurs catégories d’ordre de bourse peuvent être choisies en fonction des priorités du vendeur.

 

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L’apparition des jeunes vieux

 

Le 5  janvier 2022

 

Parmi toutes les forces à l’œuvre qui redéfiniront l’économie au cours des prochaines décennies, une dépasse toutes les autres, à l’exception du changement climatique : le vieillissement de la population mondiale.

 

Grâce à l’amélioration des soins, à l’avancée technologique et à des conditions de travail plus sures, un enfant né aujourd’hui peut espérer vivre 14 ans plus longtemps qu’une personne née 50 ans auparavant. Et ce phénomène ne se limite pas aux économies développées.

On constate en effet que la Chine enregistre depuis les années 1960 une des plus fortes progressions de la longévité. Ses habitants vivent désormais près de 33 ans plus longtemps qu’à l’époque et d’autres grands pays émergents, comme la Turquie, l’Inde et le Brésil, ne sont pas en reste. Si la tendance actuelle se poursuit, l’ONU estime qu’en 2050, 22% de l’humanité environ, soit 2 milliards de personnes, auront plus de 60 ans.

 

Soins de santé et productivité

 

L’allongement de l’espérance de vie confronte la société à plusieurs problèmes, dont celui de l’explosion des coûts de santé. En Europe, les gouvernements dépensent par exemple 70 à 100% plus pour la santé des personnes de 80 ans et plus que pour celles des sexagénaires.

 

Viennent s’ajouter les conséquences du recul de la population active. Alors que la population en âge de travailler, autrement dit les personnes entre 16 et 64 ans, devrait commencer à baisser à partir de 2030, des organisations comme le Fonds monétaire international prédisent une période de stagnation de la productivité économique. Mais le destin de notre Terre n’est pas de devenir une planète moins prospère. Il existe en effet plusieurs manières de s’adapter pour y échapper. Mais, pour cela, il faut se débarrasser de certaines idées reçues concernant la vieillesse. Il est contreproductif de décrire l’allongement de l’espérance de vie comme une «bombe à retardement démographique» ou un «raz-de-marée de cheveux blancs». De fait, cela empêche la société de voir les avantages et les opportunités économiques liés à ce phénomène.

 

Les  «jeunes vieux»

 

Une étude menée récemment par le cabinet de consulting McKinsey révèle parfaitement les aspects positifs. À la grande satisfaction de nombreux sexagénaires du monde entier, le rapport rejette l’idée que les personnes en âge de partir à la retraite ont leurs plus belles années derrière elles. En outre, il indique l’émergence d’un nouveau groupe démographique dynamique qui pourrait être décrit comme les «jeunes vieux».

 

Ce dernier correspond aux séniors toujours plus nombreux à être enclins et capables de travailler au-delà de leur 60e printemps. Ils affichent par ailleurs une incroyable propension à dépenser leur argent pour des biens et des services qui facilitent le quotidien et leur permettent de croquer la vie à pleines dents.

 

McKinsey déclare que si les gouvernements et les entreprises trouvent des moyens de satisfaire les attentes de ce groupe, alors l’économie mondiale pourrait faire un bond de 12.000 milliards de dollars d’ici 2040, ce qui correspond à une augmentation de 8%.

Cette conclusion peut pécher par optimisme, surtout parce qu’un tel avenir nécessite de revoir le système d’allocation et la législation sur le travail et que les gouvernements ne font que des progrès minimes sur ce front-là. Des signes laissent néanmoins présager que les entreprises commencent à changer leur fusil d’épaule.

 

Changement de paradigme

 

Dans le secteur médical, par exemple, les prestataires de santé, les entreprises pharmaceutiques et de la biotechnologie changent de paradigme concernant le vieillissement. Ils le soignent de plus en plus comme un problème de santé, une maladie presque comme toutes les autres pour lesquelles il est possible d’atténuer les symptômes. Ce changement radical par rapport à l’approche en cours jusque-là s’est traduit par l’apparition d’une multitude de nouveaux traitements médicamenteux à des problèmes liés au vieillissement, ainsi que de technologies permettant de détecter, suivre et gérer les maladies dont souffrent souvent les personnes âgées comme le diabète et la démence.

 

Des changements de réglementation pourraient faire les choux gras de l’industrie de la «maladie du vieillissement», mais les autorités de surveillance sanitaire comme la Food and Drug Administration aux USA ne l’entendent pas encore de cette oreille. Toutefois, alors que l’Organisation mondiale de la Santé commence à prendre des mesures pour classifier le vieillissement en tant que maladie, des chercheurs chez Barclays estiment que les entreprises médicales jouiront surement d’une plus grande latitude pour mettre au point des thérapies ciblant spécifiquement le vieillissement et les maladies liées à l’âge.

 

Dans son ouvrage Juvenescence, l’investisseur et milliardaire Jim Mellon explique que les technologies comme la transplantation animale chez l’homme, la régénération de tissus complets et l’intelligence artificielle arriveront à un point où elles seront en mesure de prolonger l’espérance de vie moyenne dans les pays développés de 40%.

 


La réponse chinoise à la Silicon Valley

 

Le 1er décembre 2021

Pékin figure souvent dans le premier tiers des écosystèmes d’innovation. Elle regroupe l’une des plus fortes densités de start-ups au monde. Elle est un terrain fertile pour les licornes de la tech (63 début 2019). Toutefois, dans une certaine mesure, la capitale chinoise n’affiche toujours pas le même niveau d’activité que d’autres villes. Autrement dit, elle reste un centre d’innovation «en devenir». Par exemple, si l’on prend les investissements en capital risque en faveur des nouvelles pousses de la tech entre 2015 et 2017 (les données complètes les plus récentes), le nombre absolu de contrats conclus est inférieur à tous les autres pôles décrits par The Economist Intelligence Unit. La valeur cumulée de ces contrats était néanmoins bien plus importante.

 

En y regardant de plus près, on peut voir émerger deux piliers technologiques à Pékin: l’intelligence artificielle (IA) et la fabrication de pointe, deux secteurs qui se complètent. Il s’agit de domaines technologiques choisis par le gouvernement central pour accélérer le développement de son plan stratégique ambitieux «Made in China 2025». Cette stratégie jouit du soutien multiple du gouvernement régional de Pékin. La capitale chinoise accueille déjà plus d’un millier d’entreprises spécialisées dans l’IA.

 

Des rapports indiquent que l’activité des start-ups de la tech dans les villes chinoises a baissé au cours des dernières années en partie à cause d’un ralentissement de la croissance économique nationale et de l’escalade des tensions commerciales entre les USA et la Chine. Ce dernier point et la levée de boucliers contre le secteur technologique chinois en particulier refroidiront peut-être à court terme les ardeurs des investisseurs internationaux pour Pékin. Cependant, les incitations du gouvernement en faveur du développement et de la commercialisation d’innovations issues du domaine de l’IA, de la fabrication de pointe et d’autres technologies émergentes ne risquent pas de faiblir.

 

Communautés et réseaux

 

À Pékin, les innovateurs locaux de la tech apprécient autant d’échanger des idées et des conseils avec leurs pairs que dans n’importe quelle ville occidentale. Toutefois, à Pékin (comme dans d’autres villes chinoises), le networking se fait plutôt dans un cadre social plus informel, ainsi que sur la plateforme de réseau social WeChat, alors qu’aux USA et en Europe ces activités prennent souvent la forme de manifestations et de rencontres organisées pour la communauté. Cela est néanmoins à relativiser, car la célèbre plateforme communautaire Meetup recense près de 130 groupes dans la capitale chinoise qui rassemblent des professionnels autour de différents thèmes technologiques, notamment l’IA et l’apprentissage automatique, des méthodes de fabrication comme l’impression 3D, et la blockchain.

 

L’épicentre des activités d’innovation technologique à Pékin, aussi bien pour ce qui est de la croissance des start-ups que de la recherche et développement d’entreprise, est le Zhongguancun Science Park au nord-ouest de la ville. Ce quartier en plein boom héberge plusieurs accélérateurs et incubateurs technologiques de premier plan de la ville, y compris Innovation Works, Legend Star, Tsinghua University Science Park et Microsoft Accelerator (qui se spécialise dans l’IA).

 

Le gouvernement régional de Pékin prévoit d’investir 2,1 milliards de dollars dans la construction d’un centre de développement de l’IA à Zhongguancun dans le cadre de l’objectif du gouvernement central de catapulter la Chine à la première place des puissances de l’IA au cours de la prochaine décennie. Une fois livré, ce centre devrait accueillir jusqu’à 400 start-ups issues de ce domaine.

 

Un environnement propice

 

La proximité avec plusieurs universités renommées et des recherches de qualité dans des domaines technologiques de pointe est essentielle aux pôles d’innovation d’envergure mondiale. Avec ses 91 universités, Pékin ne fait pas figure d’exception. Parmi elles se trouvent l’Université de Tsinghua qui a lancé récemment un institut de recherche dans l’IA ainsi qu’un programme de bourses de recherche dans la blockchain. L’Université de Pékin où le célèbre College of Engineering propose des cursus dans des domaines comme les sciences des matériaux et les nanotechnologies. L’Université de Beihang forme les étudiants et mène des recherches originales et appliquées dans les domaines de la fabrication de pointe comme l’aérospatial, les sciences des matériaux et l’automatisation industrielle.

 

Les compétences en recherche de haut niveau de la capitale sont de bon augure pour ses perspectives d’innovation à long terme. Aujourd’hui, 80% des étudiants chinois diplômés à l’étranger retournent dans l’Empire du Milieu alors qu’ils n’étaient qu’à peine un tiers en 2007. Cela montre une nouvelle fois que la Chine est un pays attractif pour les jeunes talents, alors que des villes comme Pékin ont toutes les cartes en main pour rivaliser avec la Silicon Valley. En Chine, la scène émergente de la tech est en train d’arriver à maturité et d’asseoir sa dominance.

 


Environnement : Les 9 limites à ne pas dépasser

Le 2 novembre 2021

 

En 2009, une équipe internationale de 26 chercheurs, menés par Johan Rockström du Stockholm Resilience Centre et Will Steffen de l’Université nationale australienne, publiait un article dans les revues Nature et Ecology and Society, dans lequel elle identifiait neuf limites planétaires (planetary boundaries) à ne pas dépasser si l’humanité veut pouvoir se développer dans un écosystème sûr, c’est-à-dire évitant les modifications brutales, non-linéaires, potentiellement catastrophiques et difficilement prévisibles, de l’environnement.

Les auteurs insistent sur la dimension systémique des impacts causés par le dépassement des limites planétaires. Ils rappellent aussi que l’interaction des limites entre elles ne doit pas être sous-estimée, de même que l’inertie des systèmes naturels. Par exemple, même si les émissions mondiales de gaz à effet de serre s’interrompaient demain, la concentration de ces gaz déjà émis dans l’atmosphère pourrait suffire à perturber durablement le climat.

Les 9 dimensions

 

Le modèle identifie les neuf dimensions les plus critiques pour l’environnement, qui sont essentielles pour le maintien d’une biosphère stable, une condition nécessaire au développement et à la prospérité de l’espèce humaine.

 

Ces neuf dimensions sont

 

  • l’utilisation de l’eau douce,
  • le changement climatique,
  • la biodiversité,
  • l’utilisation des sols,
  • le cycle de l’azote et du phosphore,
  • l’acidification des océans,
  • l’appauvrissement de la couche d’ozone,
  • la charge en aérosols,
  • la pollution chimique.

 

Le modèle spécifie les seuils respectifs que l’humanité ne doit pas franchir, sous peine de risquer des dommages environnementaux irréversibles, avec des conséquences potentiellement catastrophiques. La zone située à l’intérieur des limites, où les activités humaines peuvent se développer en sécurité, est appelée « espace d’exploitation sûr » (safe operating space), soit une « zone de sécurité » pour les activités humaines.

Limites planétaires et zone de sécurité pour les activités humaines

 

Voici un schéma reprenant les limites et zones de sécurité

 

Investir

 

Il est alors possible d’investir dans des sociétés offrant des produits et des services visant à répondre aux défis environnementaux et qui respectent elles-mêmes l’environnement. Pour ce faire, les gérants de fonds peuvent s’appuyer sur ce cadre scientifique unique des limites planétaires. Ce cadre prend en compte neuf grands facteurs environnementaux et spécifie les seuils respectifs que l’humanité ne doit pas franchir, sous peine de provoquer des dommages environnementaux irréversibles. Cette approche permet de réduire l’univers des quelque 40.000 sociétés cotées dans le monde à un univers d’environ 3.500 entreprises. Les gestionnaires peuvent ensuite se concentrer sur les sociétés qui fournissent des produits et des services qui répondent aux défis environnementaux par l’innovation, la technologie et l’utilisation intelligente des ressources naturelles, soit environ 400 sociétés. Une approche de type bottom-up peut aboutir ensuite à un portefeuille concentré d’environ 50 valeurs.


Ne pas oublier le défi de l’utilisation efficace des ressources en eau !

Par Marc-Olivier Buffle Senior Product Specialist chez Pictet AM

Le 4 octobre 2021

 

À l’heure de la raréfaction des ressources et de la prise de conscience croissante des questions environnementales, les entreprises ne peuvent plus se contenter de réduire leur empreinte carbone. Elles doivent également freiner leur consommation d’eau.

Le monde prend conscience du besoin de protéger l’environnement pour les générations futures. La réduction des émissions de CO2 est un pas dans la bonne direction, un élément sur lequel les entreprises doivent de plus en plus rendre des comptes, aussi bien aux autorités de réglementation, qu’aux consommateurs ou aux actionnaires. Ce n’est cependant pas la seule avancée qu’il faut obtenir. L’utilisation efficace des ressources en eau est un autre front de la lutte pour le développement durable.

 

Vers une pénurie d’eau

 

Ressources mondiales renouvelables d’eau potable (en m³)

Source: Our World In Data, Banque mondiale

 

La priorité numéro un consiste à mesurer et à comparer la consommation d’eau dans les différents secteurs. Le cadre des limites planétaires peut constituer un point de départ. Ce modèle établit des seuils quantifiables aux neuf phénomènes environnementaux les plus nuisibles pour la planète, depuis le changement climatique et l’utilisation de l’eau douce jusqu’à la perte de la biodiversité et l’utilisation des sols.

 

Mis au point par le Stockholm Resilience Center, ce cadre laisse entendre que l’on peut consommer de façon durable jusqu’à 4.000 milliards de mètres cubes d’eau douce par an, ce qui correspond au niveau d’utilisation actuel selon certaines estimations. Mais d’ici à 2030, la demande mondiale en eau pourrait atteindre 6.900 milliards de mètres cubes, soit bien plus que les ressources accessibles et fiables1.

 

Environ 20% de la consommation d’eau est issue de l’industrie, ce qui signifie que les entreprises ont un rôle clé à jouer dans la redéfinition de l’utilisation et du recyclage de cette ressource précieuse. Pour que le monde reste dans des limites durables, les recherches montrent que les entreprises ne doivent pas consommer plus de 52.915 mètres cubes d’eau pour chaque million de dollars de revenus générés2.

 

Les sociétés qui limitent ainsi leur utilisation profitent d’économies et d’une réduction du risque d’exposition à des chocs hydriques. Elles sont plus à même de susciter l’approbation de consommateurs et d’autorités de plus en plus au fait des questions environnementales.

 

Comparer ce qui est comparable

 

Tout comme dans la lutte pour limiter les émissions de CO2, le rôle joué par les investisseurs est essentiel. Ils peuvent encourager les sociétés dans lesquelles ils investissent à améliorer l’efficacité de leur utilisation des ressources en eau et rechercher de façon active des entreprises qui affichent un niveau d’innovation et de progrès particuliers en la matière.

 

Le Ceres, un groupe de recherche et de défense axé sur les questions de développement durable, a lancé une boîte à outils pour aider les investisseurs à comprendre les risques liés à l’eau et à les intégrer à leur processus d’allocation d’actifs grâce à l’identification des secteurs par niveau d’exposition (élevé, moyen ou faible) aux menaces qui pèsent sur les ressources hydriques. Le groupe installé à Boston propose également que les investisseurs mènent des efforts concertés pour exercer leur influence sur les sociétés en matière de risque hydrique au travers de leur engagement en tant qu’actionnaires.

 

Parallèlement, les Nations Unies ont créé le CEO Water Mandate et, au travers des objectifs de développement durable (ODD), plaident pour un accès universel à une eau et un assainissement sûrs. De grands noms comme Coca Cola, Nestlé, Unilever et Siemens sont impliqués dans ces initiatives. Les investisseurs ont la possibilité d’encourager les sociétés dans lesquelles ils investissent à suivre le mouvement.

 

L’ONU met l’accent sur une mesure qu’elle a baptisée utilisation efficiente de l’eau (UEE). Celle-ci calcule l’activité économique à valeur ajoutée brute par unité d’eau consommée par un pays, un secteur ou une société.

 

Avant de pouvoir utiliser les scores UEE pour justifier les décisions en matière d’investissement, il faut qu’elles soient comparables et reflètent fidèlement l’exposition de chaque société. Ce que l’on ne peut pas affirmer à l’heure actuelle. Les résultats en matière d’UEE varient fortement d’une société à l’autre, même au sein de chaque sous-secteur, sans parler des secteurs.

 

L’exemple de la bière

 

Penchons-nous sur la production de bière, une activité qui consomme beaucoup d’eau. De manière générale, ce secteur produit quelque 1,9 milliard d’hectolitres par an3, et consomme au moins 60 fois plus d’eau si l’on prend en compte l’ensemble du processus, depuis la culture des céréales jusqu’au consommateur4. Toutefois, la facture d’eau varie énormément d’un brasseur à un autre. Un brasseur international, par exemple, a indiqué que le score UEE de son activité économique était de 1.850 dollars de valeur ajoutée brute par mètre cube d’eau consommée, alors qu’il n’est que de 270 dollars pour un de ses concurrents.

Le problème est que, même si le brasseur mieux noté a déjà une avance évidente dans la course à l’utilisation efficace de l’eau, il est difficile, à l’heure actuelle, de mener des comparaisons dans de bonnes conditions, car de grandes disparités existent entre les méthodes de calcul.

 

Vision complète

 

Quantité moyenne d’eau nécessaire pour un t-shirt et étapes impliquées

 

Source: Institut pour l’éducation relative à l’eau IHE-Delft, Pictet Asset Management.

 

Pour que ces données aient un sens, les entreprises doivent tenir compte de leur consommation d’eau tout au long de la chaîne de production, ce que beaucoup ne font pas à l’heure actuelle. Aucune enseigne d’habillement, par exemple, n’utilise en elle-même beaucoup d’eau. C’est toutefois oublier que la production du coton, la matière première des vêtements, est très gourmande en eau. Ne prendre en compte qu’une activité de façon isolée, indépendamment de sa chaîne d’approvisionnement, minimise le rôle qu’une entreprise peut jouer dans l’efficacité hydrique globale (dans ce cas, en abordant le sujet avec ses fournisseurs). Cela fragilise aussi sa situation en cas d’éventuel problème d’approvisionnement en eau.

 

Le caractère local des problèmes d’eau est un autre élément qui vient encore compliquer la situation. De grandes réserves présentes dans un pays ne peuvent être efficacement transférées pour gérer la sécheresse dans un autre. L’emplacement d’une société peut donc fortement affecter la probabilité qu’elle soit soumise à un risque lié à l’eau ainsi que le niveau de priorité qu’elle doit accorder à l’utilisation efficace de cette ressource.

 

Les investisseurs peuvent contribuer à la création de normes et à la promotion de la responsabilité. C’est dans l’intérêt de tous ! Les entreprises qui ignorent la problématique de l’efficacité hydrique s’exposent non seulement à une augmentation des risques de pénurie d’eau, mais aussi à des problèmes entraînés par des changements de législation et par la prise de conscience croissante des consommateurs pour les questions environnementales. Tout comme l’empreinte carbone devient aujourd’hui un critère pour la construction de portefeuille, l’eau peut devenir, demain, un élément important.

 

Une approche circulaire

 

L’utilisation efficace de la ressource en eau signifie non seulement baisser la consommation, mais aussi recycler davantage. Les secteurs les plus en pointe à travers le monde adoptent déjà une approche économique circulaire. Autrement dit, ils considèrent les eaux usées comme une ressource plutôt que comme un déchet. Alors que, dans nos sociétés, des responsables politiques jusqu’aux consommateurs, tous prennent de plus en plus conscience des défis environnementaux, les entreprises qui sont en mesure d’appliquer une approche circulaire de l’utilisation de l’eau bénéficieront d’une meilleure image et d’un risque de réputation réduit.

 

La soif est de toute évidence plus importante dans certains secteurs que dans d’autres. Les marges de manœuvre sont ainsi plus grandes pour faire accepter ce changement et tirer profit des avantages qui en découlent. Ce sont les entreprises de l’agroalimentaire qui viennent immédiatement à l’esprit. Dans certaines régions, on note également une volonté de changement plus forte que dans d’autres, en raison de l’état de la ressource à l’échelle locale.

 

Ce problème est toutefois général. Tout le monde utilise de l’eau et, dans un monde de plus en plus interdépendant et interconnecté, pratiquement toutes les entreprises sont exposées aux risques de pénurie à un niveau ou un autre de leurs activités. Les investisseurs qui bénéficient d’informations précises sur l’utilisation de l’eau et l’efficacité disposent des atouts nécessaires pour identifier les risques et les opportunités masqués.

 

Une bonne gestion environnementale est un indicateur utile pour repérer une entreprise correctement dirigée. Cette vérité s’applique aux émissions de CO2, mais aussi à l’utilisation efficace des ressources en eau.

 

[1] 2030 Water Resources Group, «Charting Our Water Future»
[2] «Towards defining an environmental investment universe within planetary boundaries», C.Butz et al, 2018
[3] Barth Report Hops 2018-9
[4] «Water Futures», WWF, SABMiller, GTZ, 2010

 


Une vie épanouie comme objectif d’investissement

Le 1er septembre 2021

 

Les loisirs, l’éducation et les soins jouent un rôle majeur dans une vie épanouie. Ce sont également des domaines d’investissement prometteurs, auxquels peut répondre une stratégie d’investissement.

 

De quoi a-t-on vraiment besoin dans la vie ? La réponse à cette question a changé pour beaucoup de personnes en 2020. Lorsque le virus Covid-19 s’est rapidement propagé au printemps 2020, l’accent a été mis principalement sur les produits de première nécessité. Il suffit de repenser aux images des étagères vides des rayons d’épicerie et de papier toilette des supermarchés. Un garde-manger bien garni est une condition préalable, mais ne garantit pas une vie agréable.

Thématique d’investissement

Lorsque l’on pense aux besoins humains, on pense rapidement à la nourriture, à la boisson et à un toit au-dessus de sa tête. Mais des choses moins tangibles comme sa famille et des amis sont tout aussi importantes. On ne se sent vraiment heureux que lorsque l’on est apprécié et que l’on a l’espace nécessaire pour se développer dans toutes sortes de domaines. Une stratégie d’investissement « Human » peut répondre à la vaste gamme d’activités et de services qui permettent d’apporter du bonheur et de la satisfaction aux humains.

 

Formation tout au long de notre vie

 

De nombreux développements au sein de ce thème d’investissement ont été accélérés par le Covid-19. Les changements dans l’éducation en sont un bon exemple.

Dans le monde, 1,4 milliard d’écoliers et d’étudiants1 ont été touchés par les fermetures d’écoles en 2020. Les services vidéo permettent souvent de suivre sa formation. Mais la technologie qui permet aux étudiants de collaborer en ligne ou de passer des tests n’en est qu’à ses débuts. L’essor de la classe numérique n’est pas le seul changement dans le monde de l’éducation. La structure de vie traditionnelle de l’école, du travail et de la retraite est dépassée. Les différentes phases sont de plus en plus imbriquées. Par exemple, il est tout à fait normal de continuer à apprendre pendant sa vie professionnelle.

Outre l’éducation, on peut se concentrer également sur les soins et les loisirs.

 

Les mégatendances comme moteurs de la croissance

 

Ce n’est pas une coïncidence si tous ces changements se produisent en même temps et de manière similaire. Ils sont poussés par un certain nombre de grandes tendances. Les tendances démographiques telles que le vieillissement de la population, le fait de fonder une famille à un âge plus avancé et de travailler plus longtemps en sont des exemples. Un autre exemple de mégatendance est le rôle croissant des biens immatériels dans nos vies. Dans les années 1930, les fabricants d’électronique, en particulier, ont profité de la demande croissante de radios. Mais, dans la vague actuelle, l’essor d’Internet a déplacé l’accent de la rentabilité au sein de la chaîne vers des sociétés de services telles que Spotify. La même tendance conduit dans de nombreux pays à l’émergence de nouvelles solutions pour la garde d’enfants et l’accueil extrascolaire, entre autres.

Une stratégie « Human » répond très spécifiquement à la demande croissante de services qui rendent la vie plus facile, plus agréable et plus intéressante. Cela va des entreprises dans le domaine de la garde d’enfants et de l’éducation numérique et aux services vidéo etc. Le flux de revenus prévisible et croissant rend souvent ces entreprises attrayantes pour les investissements.

[1] United Nations, UNESCO: 1.37 billion students now home as COVID-19 school closures expand, ministers scale up multimedia approaches to ensure learning continuity – 24-3-2020
[2] Bloomberg, Pictet Asset Management – 30-09-2020

 


Comment le thème du numérique a-t-il évolué par rapport à 2020?

Par Anjali Bastianpillai, Senior Product Specialist chez Pictet Asset Management

Le1er  août 2021

 

Plusieurs études semblent indiquer qu’après la pandémie, les gouvernements, les entreprises et les consommateurs ne réduiront pas leur utilisation des services numériques interactifs. Cette utilisation a déjà fortement augmenté pendant les confinements.

 

Thématiques

 

Les logiciels qui facilitent la collaboration au sein des entreprises, les consultations médicales en ligne, les paiements numériques, le commerce électronique, l’enseignement à distance… Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses applications de la technologie numérique qui ont pris de l’ampleur au cours de l’année écoulée. Elles sont désormais devenues la norme. Au milieu de ce flot de solutions innovantes, il n’est toutefois pas facile d’identifier les opportunités d’investissement intéressantes.

 

Investir avec discipline et expertise

 

Dans le secteur technologique, on assiste aujourd’hui à des valorisations absurdes, où des soi-disant concept tech stocks, à savoir des actions d’entreprises sans modèle économique ni bénéfice avéré, vaudraient des milliards de dollars. L’investisseur doit impérativement garder la tête froide et ne pas se laisser emporter par le momentum ou l’enthousiasme excessif du marché.

 

Pour ces raisons, il vaut mieux investir dans des entreprises numériques financièrement robustes, dotées d’un modèle d’entreprise durable et d’une vision à long terme. Le gérant d’actifs doit noter les entreprises en fonction d’éléments tels que les flux de trésorerie, la rentabilité et la croissance de la part de marché. De cette façon, on peut dissocier la croissance spéculative de la croissance réelle et fondée. Il ne faudrait pas non plus être des suiveurs de tendance passifs comme un ETF ou un fonds indiciel. Il faut appliquer une discipline de fer pour prendre des bénéfices sur les actions qui montent trop et trop vite. Une longue expérience et une expertise approfondie aident à repérer les actions sous-valorisées et offrant un fort potentiel de hausse.

 

Des tendances numériques irréversibles

 

Malgré les valorisations actuellement tendues du marché technologique au sens large, on continue d’entrevoir un énorme potentiel dans l’univers sélectionné des entreprises innovantes dont les modèles d’affaires sont basés sur l’Internet. Les bénéfices de ces entreprises ont augmenté régulièrement depuis des années, ce qui justifie les valorisations. Bien sûr, des corrections peuvent survenir sur certains cours de bourse mais cela ne compromet pas la poursuite de l’avancée de la société connectée.

 

L’essor continu de la société numérique connectée est une tendance puissante et irréversible qui crée de grandes opportunités pour les entreprises et les investisseurs.

La pandémie du Covid-19 a donné un coup de fouet à la numérisation. Cet effet se poursuivra en 2021, même une évolution importante est prévisible. Pendant les confinements, on a observé une nette accélération de l’essor de l’intelligence artificielle, de la 5G, de la blockchain, du cloud computing et de l’Internet des objets (IoT). Une véritable révolution numérique qui a touché de nombreux domaines, notamment la FinTech, les RH et la médecine. Cette tendance reste forte. En outre, cette année, les entreprises se concentrent manifestement sur la manière dont elles peuvent tirer de ces technologies numériques des gains de productivité et des économies de coûts.

 

2021 et au-delà

 

L’innovation technologique fulgurante restera une mégatendance particulièrement puissante qui soutiendra le secteur de la numérisation dans les années à venir. Un puissant Wi-Fi en 5G accroît la connectivité à la maison comme au travail et rend l’IoT plus stable et plus rapide. Cela génère une quantité massive de données qui, grâce à une puissance de calcul accrue, sont disponibles pour des analyses prédictives et commercialement utiles. En traitant ces données en temps réel, les entreprises gagneront encore en efficacité. L’intelligence artificielle et les algorithmes d’auto-apprentissage joueront un rôle clé à cet égard. Tous ces nouveaux développements créent évidemment aussi pour les investisseurs des opportunités très intéressantes, que les gérants expérimentés suivent de près.

 

 


Alimentation : les leçons à tirer de la crise sanitaire

Par Mayssa Al Midani, gérante du fonds Pictet Nutrition chez Pictet AM

Le 8  juillet 2021

 

Circuits logistiques trop longs, sécurité alimentaire à revoir, effets de la malnutrition sur la résistance au virus… la crise sanitaire nous en dit long sur la façon dont nous nous alimentons. Voici les quelques leçons à en tirer, et les opportunités d’investissement qui en découlent.

 

La crise sanitaire nous rappelle, plus que jamais, l’importance de préserver sa santé. La plupart des malades qui ont succombé au virus affichaient des facteurs de comorbidité, tels que l’obésité, le diabète ou d’importants problèmes cardiovasculaires [1].

L’amélioration de la santé de tous passe par une meilleure alimentation, plus saine et plus équilibrée. Cela implique de consommer des produits de meilleure qualité nutritive.

Autre phénomène mis en avant par la crise liée au confinement, la chaîne d’approvisionnement est fragile. Nous avons pris conscience de certaines aberrations.

 

Nous devons nous approvisionner à proximité immédiate des grandes villes

 

Aux Etats-Unis par exemple, il faut jusqu’à onze mois entre le moment où une pomme est cueillie et celui où elle est effectivement consommée. Entretemps, la chaîne de conservation, de logistique et de distribution est nécessairement trop longue. Cette façon de consommer les produits les plus simples est non seulement énergivore (il faut stocker, réfrigérer et déplacer les produits), mais elle présente aussi des risques importants pour la sécurité des aliments. Plus le nombre d’intervenants est élevé dans cette chaîne, plus le risque de défaillance, à un moment ou à un autre, est élevé.

 

Nous avons compris, plus que jamais, la nécessité de nous approvisionner non pas au bout du monde, mais plutôt à la sortie immédiate des grandes agglomérations. Ceci implique de privilégier les circuits les plus courts possible, mais aussi les fermes verticales. Ces centres de production de fruits et de légumes, au lieu d’avoir une emprise au sol forte et d’utiliser un trop grand nombre de ressources en terres cultivables, sont disposés sur plusieurs étages. Cette technique permet de cultiver à proximité immédiate des grandes villes.

 

Il faut viser une meilleure qualité nutritive

 

Indépendamment de cette période de crise qui a accentué les prises de conscience, on estime que les besoins en alimentation vont croître de 50% au cours des trente prochaines années [2]. Dans le même temps, le défi climatique que nous connaissons fait diminuer les surfaces cultivables, et les ressources en eau sont limitées. De même que nous devons limiter les déperditions d’énergie, nous devons trouver une voie vers l’efficacité alimentaire, avec moins de pertes, tout en cherchant toujours une meilleure qualité nutritive.

 

Pour le moment, un tiers de la production alimentaire est gaspillée chaque année.

La quantité produite est en outre mal répartie. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), une personne sur cinq, dans les pays émergents, souffre de sous-alimentation chronique, et deux milliards de personnes sont carencées en micro-nutriments. Dans le même temps, les pays les plus riches font face à un fort taux de diabète, et le nombre de personnes en surpoids est élevé : 32% des plus de 20 ans aux Etats-Unis…

 

Et pour les investissements ?

 

Le secteur alimentaire devrait être en croissance permanente dans les prochaines années, en raison des besoins grandissants mais aussi de la nécessité de se nourrir plus sainement, avec des produits de meilleure valeur. En outre, ce secteur a un caractère défensif très fort. Il n’est que peu soumis aux cycles économiques puisqu’il répond à un besoin essentiel. Et les sociétés du secteur affichent, en règle générale, un ratio d’endettement moins fort que celles des autres marchés. Elles ont également davantage de liquidités et sont souvent plus profitables que la moyenne du MSCI World All Countries.

 

L’essentiel à retenir

 

  • Les besoins en produits alimentaires augmentent alors même que les ressources s’épuisent. Il faut donc une meilleure efficacité de la production.
  • Nombreuses sont les sociétés qui misent également sur une meilleure qualité nutritive des aliments, pour renforcer le système immunitaire et limiter les risques sur la santé.
  • Il est possible d’en faire un thème d’investissement fort, en privilégiant l’efficacité, et la logistique alimentaire et les aliments de qualité.

[1] Organisation Mondiale de la Santé, janvier 2021: https://www.who.int/westernpacific/emergencies/covid-19/information/high-risk-groups#

[2] Pictet Asset Management, janvier 2021

 


Comment l’industrie forestière se met-elle au service de la durabilité ?

Par Christoph Butz, gérant de la stratégie Bois de Pictet Asset Management

 

Le 10 juin 2021

 

L’industrie forestière s’implique activement dans le développement de nouvelles technologies d’utilisation du bois. On pourrait même aller jusqu’à dire que tout ce qui peut aujourd’hui être fabriqué à partir de matériaux fossiles pourra demain être fabriqué à partir d’un arbre.

Bien que ce développement soit tout récent, plusieurs entreprises européennes se sont déjà lancées dans la production d’une grande variété de nouveaux produits. A titre d’exemple, Stora Enso a mis sur pied une usine pilote pour la production de cathodes de carbone faites de lignine (sous-produit du processus de fabrication de la pâte de bois) à des fins de stockage d’énergie. La société finlandaise prévoit également de fabriquer des fibres de carbone, ainsi que plusieurs types de liants biosourcés.

 

Nouveaux matériaux, nouveaux produits

 

L’industrie forestière développe de nombreux autres projets visant à fabriquer de nouveaux matériaux et produits biosourcés qui ont jusqu’à présent été fabriqués à partir de matériaux extraits de ressources fossiles. L’entreprise finlandaise UPM investit, par exemple, dans la production de produits biochimiques, tels que le biomonoéthylène glycol (BioMEG) et les charges fonctionnelles renouvelables à base de lignine. Sa toute nouvelle bioraffinerie, dont la matière première principale sera le bois, produira également du biomonopropylène glycol (BioMPG) et des sucres industriels. Selon UPM, ces produits biochimiques pourront être intégrés dans la chaîne de production de divers produits de consommation. Plus écologiques, ils conviennent à une grande variété d’applications. En voici quelques exemples : textiles, bouteilles en PET, emballages, liquides de dégivrage, matériaux composites, produits pharmaceutiques, cosmétiques, détergents et charges fonctionnelles pouvant remplacer le carbone noir dans diverses applications du caoutchouc.

 

Carburants renouvelables

 

Les carburants renouvelables dans les transports constituent un autre emploi pleinement fonctionnel. UPM possède une bioraffinerie à Lappeenranta qui produit environ 100.000 tonnes de diesel et de naphta renouvelables, en utilisant comme matière première un sous- produit de la fabrication de la pâte à papier. Il est important de noter que, contrairement à la fabrication des biodiesels à partir de denrées alimentaires ou d’aliments pour animaux, la production de biodiesel à partir du bois n’entre pas en concurrence avec la chaîne alimentaire humaine.

La liste de produits ci-dessus n’est en aucun cas exhaustive, et elle ne fera probablement que s’allonger avec les innovations technologiques des prochaines années, qui multiplieront les types de produits pouvant être fabriqués à partir du bois.

 

Une nouvelle dynamique

 

La tendance à la réduction des émissions de CO2 au niveau mondial se traduira très probablement par un recours accru aux applications traditionnelles et nouvelles du bois en tant que matière première durable et renouvelable pouvant réduire l’utilisation de matières premières d’origine fossile.

Une fois que cette dynamique se sera répercutée sur les bénéfices, la valorisation des forêts gérées de manière durable devrait aussi augmenter. Les sociétés industrielles qui utilisent le bois pour fabriquer de nouveaux produits pourraient ainsi voir leur multiple de valorisation considérablement augmenter en raison d’une meilleure rentabilité et d’une croissance plus forte.

 

Recette durable

 

Tous les ingrédients sont réunis pour opérer un changement de cap durable dans l’utilisation des ressources en employant toujours plus de matériaux renouvelables à la place des matières fossiles. Et les entreprises de l’industrie forestière ont la recette d’un succès durable. Les efforts entrepris par de nombreuses entreprises pour chercher et créer de nouveaux produits et de nouvelles sources de revenus sont encourageants. Il reste certes encore beaucoup de chemin à parcourir. Ces nouveaux produits ne représentent aujourd’hui encore qu’un faible pourcentage du chiffre d’affaires des entreprises qui les fabriquent, mais ils ne cessent de se développer, et rapidement.

 

Nous ne pouvons aujourd’hui dire avec certitude qui seront les gagnants, mais les acteurs de la chaîne de valeur sylvicole en feront presque certainement partie, qu’il s’agisse des propriétaires forestiers, des développeurs de technologies ou encore des consommateurs finaux, qui obtiendront des produits respectueux de l’environnement fabriqués à partir d’arbres cultivés de manière durable.

 

 


Qu’est-ce que les marques de prestige ? Comment y investir ?

Par Pictet AM

Le 3 mai 2021

Les marques de prestige affichent une solide résistance à la crise économique. C’est historiquement durant les années post-crises (2009, 2010 et 2012) que ces valeurs montrent leur résistance. L’année 2021 pourrait être celle du rattrapage du luxe et des marques de prestige. Mais qu’entend-on par marque de prestige ?

 

Un concept d’excellence

 

On peut définir une marque de prestige selon les critères suivants :

Le concept de marque de prestige repose sur l’excellence des marques, c’est-à-dire :

  • Des produits différenciéset issus d’un savoir-faire bien établi qui permet une certaine authenticité de la marque.
  • Une expérience inspirante pour les clients, dans la sphère réelle et digitale, via un marketing innovant.
  • Des marques innovantes et créativesau travers de produits personnalisés.
  • Ces sociétés sont souvent centenaires et ont prouvé leur résilience dans des situations économiques complexes (crises, guerres, etc.).

 

On peut distinguer dans ces marques trois grands domaines :

 

 

 

Grandes tendances

 

Voici les grandes tendances qui soutiennent le thème des marques de prestige :

 

  • L’enrichissement des populations émergentes. La classe moyenne chinoise représente 9% de la population, en progression de 28% par an sur les cinq prochaines années d’après les prévisions.
  • L’importance de l’identité visuelle des nouvelles générations,véhiculée principalement au travers des réseaux sociaux.
  • La quête de satisfaction et de plaisir,notamment dans les secteurs du sport et des cosmétiques. Les consommateurs se dirigent vers des produits plus innovants, plus performants, et dont les ingrédients sont révolutionnaires et/ou naturels.

 

Les perspectives pour 2021

 

Voici les facteurs qui devraient soutenir la reprise de la consommation :

 

  1. Le déploiement des vaccins à travers le monde devrait permettre un retour progressif à la vie normale, la reprise du tourisme et la réouverture des boutiques, des restaurants et des bars (favorables aux spiritueux).On s’attend également à un effet de surconsommation des clients en 2021, en compensation de l’année 2020.

La Chine et les Etats-Unis, portés par les ventes en ligne, sont des marchés très profitables pour les marques de prestige, en forte croissance, et qui bénéficient d’un effet de base favorable. Le rebond en Europe ne devrait arriver qu’au deuxième semestre 2021, avec le retour du tourisme en fin d’année.

Les politiques monétaires et fiscales à travers le monde sont toujours très favorables au secteur de la consommation.

 

On prévoit une forte ré-accélération des ventes, couplée d’une hausse des marges opérationnelles, qui devraient avoir un impact positif sur la croissance des résultats nets.

 

  1. Les opérations capitalistiques :

Les OPA seront également un moteur de performances en 2021. Les marques plus faibles ou en besoin de liquidités auront recours aux marques dominantes.

 

  1. Le renforcement des tendances longues :

Les tendances long terme sortent renforcées de la crise de la Covid-19 :

  • Recherche de « plus de qualité » au détriment de « plus de quantité ».
  • Besoin renforcé de communiquer son identité et ses valeurs à travers les réseaux sociaux.
  • Recherche de bien-être et d’authenticité dans les produits.

 

  1. Les valorisations

 

Le secteur du luxe a toujours traité avec une prime d’environ 30%. Les performances des valeurs du luxe sont rarement liées aux niveaux de valorisation, à l’image de Ferrari et Hermès dont les cours sont en forte progression depuis plusieurs années malgré des valorisation très élevées.

Actuellement, les multiples (P/E, P/Sales) sont supérieurs aux multiples historiques.

On peut estimer que le consensus est trop conservateur. À titre d’exemple, les ventes et les marges anticipées de Kering et LVMH en 2021 sont encore inférieures à celles de 2019. La base de référence des résultats est sous-appréciée car elle porte sur 2020.

Les révisions de résultats à la hausse seront clés pour 2021, ainsi que la capacité des marques à ré-accélérer leurs ventes et leur profitabilité.


Qu’est-ce que l’énergie basée sur l’hydrogène ?

Le  14 avril 2021

Compte tenu de l’augmentation de la production et de la baisse des coûts, il semblerait qu’on puisse compter sur l’hydrogène à l’avenir. L’hydrogène est l’élément le plus ancien, le plus léger et le plus abondant de l’univers.

Mais ce n’est qu’en 1766 que le monde a pris conscience de son potentiel en tant que source d’énergie.

Dans le cadre d’une expérience révolutionnaire, le scientifique anglais Henry Cavendish a isolé le gaz en mélangeant le métal et l’acide pour obtenir ce qu’il appelait alors de «l’air inflammable», dont la combustion produit de l’eau. Malheureusement, les plus grands esprits de ce monde n’ont pas beaucoup progressé depuis. Les efforts déployés pour transformer l’hydrogène en source d’énergie propre ont régulièrement été entravés par les coûts implicites. Ce gaz était en effet très cher à produire, à stocker et à transporter. De nombreux experts l’ont donc écarté des alternatives viables aux combustibles fossiles.

 

Evolutions récentes

 

Les évolutions récentes indiquent cependant que ce point de vue n’a plus lieu d’être.

De l’Europe à l’Asie et au Pacifique, les gouvernements et les entreprises (producteurs d’électricité et de gaz, services publics et constructeurs automobiles) intensifient leurs investissements dans le développement de nouvelles technologies reposant sur l’hydrogène. Ces efforts ne sont pas à prendre à la légère. Ils témoignent des avancées qui permettent de penser que les coûts de production de l’hydrogène pourraient bientôt chuter aussi vertigineusement que ceux de l’énergie éolienne et solaire.

 

Les nombreuses couleurs de l’hydrogène

 

Si l’hydrogène est le gaz le plus abondant de la planète, il n’existe pas sous sa forme pure dans l’atmosphère. Il n’existe que peu de techniques pour l’extraire, toutes complexes et coûteuses. À l’heure actuelle, environ 95% de l’hydrogène est «brun» ou «gris» et extrait via un procédé qui consiste à l’isoler du charbon ou du gaz naturel par reformation de méthane ou de l’hydrocarbure. Ces procédés industriels génèrent jusqu’à 11 kg de dioxyde de carbone sous forme d’émissions indirectes pour seulement 1 kg d’hydrogène produit.

 

C’est là qu’intervient l’hydrogène «bleu», dont l’empreinte carbone est beaucoup plus faible. Dans un premier temps, le procédé utilisé pour produire l’hydrogène bleu est le même que pour l’hydrogène gris. La différence réside dans l’ajout d’une étape supplémentaire destinée à réduire les émissions de CO2 associées à la production de l’hydrogène. Elle met en œuvre la technologie de captage et de stockage du carbone (CSC), qui consiste à enfouir le bi-produit carbone dans des réservoirs souterrains. Cette technologie n’est pas bon marché. Elle n’est pas non plus totalement neutre en termes d’émissions.

L’hydrogène bleu devient compétitif à partir d’un prix du carbone (taxe demandée aux pollueurs) d’environ 60 à 70 euros par tonne de CO2 et à condition que le secteur intensifie la technologie commerciale de CSC.

 

Rendre l’hydrogène plus vert

Compte tenu des lacunes environnementales présentées par l’hydrogène brun, gris et bleu, c’est peut-être l’hydrogène «vert» qui offre la solution la plus durable.

L’hydrogène vert provient de l’électrolyse de l’eau, un procédé qui décompose l’eau en oxygène et en hydrogène, en utilisant un courant électrique généré par des sources renouvelables telles que l’énergie éolienne ou solaire. Ce procédé ne produit aucune émission de carbone, d’où sa qualification «verte».

À l’échelle de la planète, la capacité de l’hydrogène vert est passée de 1 MW en 2010 à 25 MW en 2019 selon l’AIE, grâce à une baisse spectaculaire des coûts des énergies renouvelables.

Problème: ce procédé représente moins de 0,1% de la production totale d’hydrogène actuelle2. Cependant, avec l’augmentation des investissements dans cette technologie, la situation pourrait considérablement évoluer dans les dix ans à venir.

L’Union Européenne, qui affiche un objectif de réduction de CO2 ambitieux, prévoit d’installer 6 GW de capacités de production d’hydrogène vert, d’un coût estimé entre 5 et 9 milliards d’euros et compte atteindre 80 GW d’ici 2030 (valeur de l’investissement : 44 milliards d’euros).

Les investissements cumulés dans l’hydrogène renouvelable en Europe pourraient atteindre 470 milliards d’euros d’ici 2050, ce qui porterait la part de l’hydrogène dans le mix énergétique européen à 13-14% d’ici 2050, contre moins de 2% aujourd’hui3.

L’hydrogène vert peut aussi être une solution viable et durable à grande échelle pour stocker l’excédent de la production d’énergie renouvelable. Il pourrait représenter un enjeu croissant dans les décennies à venir compte tenu du remplacement progressif des combustibles fossiles dans le mix énergétique.

 

Solution de stockage

 

L’hydrogène peut aussi être utilisé pour capter l’excédent d’énergie renouvelable. Les électrolyseurs peuvent être utilisés 24 heures sur 24 pour produire de l’hydrogène vert avec l’énergie renouvelable excédentaire pour éviter le «curtailment». L’hydrogène peut être stocké sous forme gazeuse ou liquide dans un réservoir haute pression ou à très basse température prêt à être déployé. Si de nombreux progrès sont encore nécessaires pour rendre le stockage de l’hydrogène compétitif, il peut s’agir d’une niche importante pour l’hydrogène dans le mix énergétique.

 

Voitures à hydrogène en circulation

 

Les mandats et les politiques actuels (une cinquantaine dans le monde) se concentrent principalement sur l’introduction de l’hydrogène vert dans le secteur des transports. C’est tout à fait compréhensible. Le transport représente environ un cinquième des émissions annuelles et constitue la principale cause de pollution dans les villes.

Dans ce domaine, les progrès en matière de piles à combustible, qui fonctionnent comme des batteries mais n’ont pas besoin d’être rechargées, sont cruciaux pour l’accélération de l’utilisation de l’hydrogène dans les véhicules.

C’est là qu’il convient de modérer l’optimisme des défenseurs de l’hydrogène. Les piles à combustible convertissent généralement le carburant hydrogène en électricité, qui alimente ensuite les véhicules. Cependant, leur efficacité énergétique, mesurée par la quantité d’électricité finale qu’elles peuvent extraire pour 100 unités d’énergie renouvelable, se situe à un faible 26% contre 69% pour les batteries (les piles à combustible font toutefois mieux que les moteurs à combustion interne, qui affichent une efficacité de 13%4).

Les piles à combustible sont désavantagées par la perte de puissance subie pendant les processus de conversion (transmission, électrolyse et transport) ainsi que par le moteur électrique et les applications mécaniques.

Pour autant, les coûts du système de piles à combustible s’effondrent grâce au perfectionnement de la technologie et aux économies d’échelle. Ce facteur pourrait favoriser une plus large utilisation de ces piles dans certains types de véhicules, pour lesquels les batteries ne peuvent pas rivaliser en raison de la durée des temps de charge.

Il y a quelques années de cela, la production d’un seul kilowatt de puissance avec des piles à combustible à hydrogène coûtait plus de 1 000 dollars. En 2019, ce coût était tombé à 53 dollars selon le département américain de l’énergie.

On s’attend à ce que les véhicules à pile à combustible à hydrogène, utilisés dans des segments de niche de poids moyens et lourds tels que les bus et les camions, puissent atteindre la parité du coût total de possession avec le diesel d’ici 2028-2033.

 

Il faut aussi développer les infrastructures

 

Fin 2019, 470 stations de ravitaillement en hydrogène étaient en service dans le monde, soit une progression de plus de 20% par rapport à 2018.

On peut tabler sur une poursuite de cette croissance, notamment en Asie. Le Japon dispose de la plus vaste infrastructure d’alimentation en hydrogène au monde, avec 113 stations de ravitaillement. Le gouvernement japonais fait un énorme pari sur l’avenir de l’hydrogène, menant une politique industrielle et réalisant des investissements ambitieux dans ce domaine.

En Chine, le nombre de stations de ravitaillement a triplé en 2019 pour atteindre 61. Les autorités chinoises explorent de nouvelles possibilités pour le rail alimenté à l’hydrogène après un programme pilote réussi en 2019.

L’hydrogène a souvent fait l’objet d’attentes déçues. Mais la course féroce au développement de nouvelles technologies, soutenue par les investissements importants des gouvernements, change la donne. La lutte contre le changement climatique par la décarbonisation est un défi qui doit mobiliser toutes les forces. L’hydrogène devrait bientôt jouer un rôle considérable dans cette transition.

 


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