Regards croisés

Dans ce corner, chaque mois, les analystes de DNCA présentent de façon synthétique leurs attentes et leurs appréhensions sur l’économie et les marchés.

Valeurs technologiques : Un avertissement de rentrée !

Le 8 septembre 2020

219 milliards de dollars de capitalisation boursière : c’est la perte de valeur d’Apple entre mardi et jeudi soir la semaine dernière. Durant ces trois jours de baisse du Nasdaq, la volatilité de l’indice a finalement convergé vers les anticipations induites par les options depuis plusieurs semaines. 

Symbolique, cette baisse de plus de 10% en quarante-huit heures du cours du champion technologique équivaut à plus de la totalité de la valeur de marché du géant pétrolier Exxon Mobil, longtemps considéré comme l’un des plus grands groupes industriels au monde. Ce rapport de force illustre l’écart de valorisation entre les valeurs technologiques et les composants plus traditionnels du S&P500. Le différentiel atteint en 2020 est désormais supérieur à celui qui précéda l’éclatement de la bulle des années 2000 et nourrit les craintes d’un destin similaire. 

A l’époque, les valeurs technologiques avaient bénéficié de l’injection de liquidités orchestrée par une Fed qui luttait contre les conséquences systémiques de la chute du mastodonte LTCM. Le retrait de liquidités qui s’en suivit précipita l’éclatement de la bulle technologique. Aujourd’hui, le risque d’un retour des politiques monétaires restrictives est faible. Surtout, la profitabilité et la génération de flux de trésorerie des grandes valeurs technologiques sont à un niveau auquel nul n’aurait pu rêver en 2000. Microsoft rejoint Apple en intégrant pour la première fois en 2020 la liste des 10 plus grands payeurs de dividendes au monde.

Mais le fabuleux destin de ces grands leaders n’est pas l’apanage de l’ensemble des constituants des indices technologiques. De nombreuses licornes demeurent encore endettées. Elles consomment plus de trésorerie qu’elles n’en génèrent. Les investisseurs, charmés par les mêmes effets séduisants de réseaux et d’échelle qui ont constitué les principaux déterminants de la viabilité économique d’Alphabet, Facebook, Amazon, peuvent se laisser enjôler. « La seule façon de résister à la tentation est d’y céder » écrivait Oscar Wilde. A la rentrée, cet avertissement du marché nous invite à relativiser certains axiomes littéraires ou financiers.


Qu’est-ce que l’ESG ?

Le 18 août 2020

Dans l’univers des placements, le terme ESG est de plus en plus souvent utilisé. Quelle est sa signification ? Quelle différence avec les placements ISR ? La réponse dans cette vidéo.


Surfer sur les vagues

Par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion chez DNCA

Le 1er juillet 2020. 

Ce très beau livre illustré d’AD Djungo qui relate l’histoire du surf pourrait servir de préambule à ce que les marchés et les économies vont connaitre.

La première vague à affronter est sanitaire car les États du Sud des États-Unis connaissent une recrudescence des cas de contamination au Covid-19. Deux régions allemandes ont par ailleurs reconfiné. Il semble donc que la planète ne soit pas débarrassée de cette pandémie et que des mesures de confinement ciblées sur des clusters identifiés continueront d’être appliquées. L’Europe, dans son ensemble, reste pourtant le continent qui retrouve un rythme d’activité normale avec une reprise de la consommation dopée par les mécanismes de protection du revenu disponible.

Encore deux vagues

La deuxième vague est bien sûr économique. Le FMI a annoncé que le PIB mondial régresserait de 4,9% en 2020, soit un niveau presque proche de la récession de 2009. La France fait figure de très mauvais élève comme l’Italie et l’Espagne au niveau de la croissance et du déficit public. Le plan de relance actuellement en discussion est de nature à soutenir ces économies percluses de rigidités et de dettes publiques et sociales.

Enfin la dernière vague est commerciale car la tension entre les deux grandes puissances économiques continuent à la suite des déclarations contradictoires de Peter Navarro sur l’accord avec la Chine.

Et les marchés ?

Où en sont les marchés dans cet océan agité ? Lorsqu’il y a une bonne nouvelle économique (indices de confiance favorables en Europe), l’appétit pour le risque revient. Lorsque la situation sanitaire se dégrade, les marchés corrigent et les indices de volatilité s’envolent. Il faut toutefois noter que les corrections sont limitées dans leur ampleur et dans leur durée. Tant que les taux d’intérêt sont bas, les actifs risqués seront d’une certaine mesure « protégés ».

Mais comme le surfeur qui doit passer la barre avant de prendre la vague au pic, l’économie mondiale doit encore traverser quelques déferlantes pour retrouver un fonctionnement normal. Le Covid transformera les modèles économiques en profondeur en accélérant la digitalisation et en modulant les cycles d’investissement qui deviendront moins lourds et moins dépendants du facteur humain. La trésorerie restera, comme à chaque crise, la véritable mesure de résistance des entreprises et des consommateurs.

Texte achevé de rédiger le 26 juin 2020


Le retour du Royaume des Francs ?

Par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion, DNCA Investments

Le 2 juin 2020

En l’an 800, Charlemagne régnait sur un territoire qui recouvrait notamment la France et l’Allemagne. Unifiant un nombre important de pays au sein de cet empire. Il lui avait même donné une monnaie unique (le denier d’argent). L’initiative d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron pour créer un fonds de soutien à la zone euro résonne comme une réminiscence de l’histoire.

Réponse budgétaire

Le Recovery Fund représentera 3,6% du PIB de la zone et malgré l’absence de détails précis, on comprend que son utilisation ne sera pas sous conditions. Les règles budgétaires internes de la zone euro doivent évoluer pour permettre à ce nouvel outil de se déployer mais son fonctionnement nécessitera l’accord à l’unanimité des États membres. On estime son montant à 500 milliards d’euros. Cette réponse budgétaire commune doit permettre de relancer la zone économique après cet arrêt brutal. Les marchés financiers ont accueilli la nouvelle avec circonspection même s’ils avaient peut-être déjà en tête la nécessité d’un nouveau mécanisme d’aide.

Résistance des marchés

Le déconfinement des populations n’éloigne pas encore totalement le virus (certains pays comme Singapour et la Chine annoncent encore des mesures de reconfinement) et le redémarrage des économies est lent. Les problématiques de fermeture de sites industriels (ex : Renault) et de hausse du chômage (le vrai pas le chômage partiel) vont s’inviter dans le discours des décideurs. Pour autant, les marchés financiers ont montré leur volonté de résister sans pour autant pouvoir bien estimer les dégâts sur la profitabilité des entreprises et les pressions futures sur leurs marges. Le dollar et l’or affichent eux aussi leur solidité tout comme les marchés actions américains.

Pas d’optimisme

Les réponses budgétaires et monétaires sont en place. On peut souligner la certaine rapidité des autorités à les imaginer et à les annoncer. La comparaison avec 2008, de ce point de vue, donne plutôt du crédit aux banques centrales et aux gouvernements.

Il est pourtant difficile d’être très optimiste sur les semestres à venir. Les coûts sociaux d’une telle baisse d’activité sont inévitables. Le rythme de croissance ne peut qu’être ralenti durablement surtout dans des économies rigidifiées par les normes et par les déficiences structurelles.

 


Reprise et risque 

Par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion, DNCA Investments

Le 7 mai 2020

Il est difficile de se réjouir en ce début du mois de mai, de la situation économique à l’heure où tant d’employés sont encore en chômage partiel. Les marchés actions ont décidé que la crise économique ne ferait pas dérailler le système financier international. En effet, les liquidités injectées par des banques centrales tenues par leur mandat de protection de l’écosystème monétaire et par des gouvernements aux abois agissent comme une perfusion propre à entretenir le malade dans l’illusion d’une santé recouvrée.

Vers le déconfinement

La volatilité baisse et les entreprises recommencent à échafauder des prévisions chiffrées certes  parfois très sibyllines. La situation sur le pétrole américain essaie de se normaliser. L’Europe, comme d’habitude, se retrouve au cœur de la tornade des doutes et des risques comme prisonnière éternelle de l’incurie de son fonctionnement institutionnel. Le déconfinement progressif va offrir les premières informations sur les changements de comportement des consommateurs et des entreprises. L’épargne constituée par les individus pendant ces deux mois d’arrêt risque d’être encore conservée quelque temps. L’accumulation de déficits budgétaires n’augure pas de moments agréables sur le plan fiscal.

Quid de l’inflation ?

Il y a beaucoup de thèses qui circulent sur le type de reprise économique, sur l’évolution du prix de certaines classes d’actifs (immobilier…) et sur le régime d’inflation. Sur ce dernier point, on comprend que les chaînes logistiques étant plus complexes, un surcoût est à prévoir pour les industries dont les chaînes de production sont complexes, délocalisées avec des bases de consommation mondialisées. Ce serait donc un indicateur inflationniste. Pourtant, certaines entreprises vont sûrement devoir baisser les prix de leurs biens et services pour appâter le chaland. Ce serait dans ce cas un puissant facteur déflationniste.

Les grands gagnants

Certains secteurs continuent d’être les grands gagnants de cette crise (pharmacie et technologie). Ce n’est pas étonnant finalement car cette crise n’a pu être vécue par des milliards d’individus confinés que grâce aux outils technologiques. Quant à la pharmacie, c’est elle qui est censée nous sauver avec des traitements ou un vaccin. Dans une reprise, le réflexe naturel de l’investisseur consiste à reprendre du risque. Mais dans cette forme si inédite, ne faut-il pas encore attendre encore un peu…? L’incertitude est encore forte quoiqu’on puisse penser à la lumière de la forte progression des indices actions américains depuis le point bas. En témoignent les prévisions des économistes de la BCE qui tablent sur une baisse de PIB pour la zone euro variant entre 5% et 12%.

 


Faire preuve de résilience

Par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion, DNCA Investments

Le 2 avril 2020

Emmy Werner, psychologue américaine a, pour la première fois, utilisé le terme de résilience pour définir la capacité d’un individu à rebondir après un choc. Cette théorie reprise par le neuropsychiatre français Boris Cyrulnik pourrait décrire ce qui est demandé aux économies après l’arrêt brutal imposé par la crise sanitaire actuelle. Ce terme a, d’ailleurs, donné son nom à l’opération militaire destinée à aider les hôpitaux en France.

La capacité à traverser ce cataclysme inédit et la vigueur de la reprise dépendront de la vélocité et de la masse de liquidités apportées aux agents économiques : 750 milliards d’euros pour le plan de la BCE, 300 milliards d’euros de prêts garantis par l’État français, 2 000 milliards de dollars pour le plan de stimulus budgétaire américain, 5 000 milliards de dollars annoncés pour les pays du G20.

L’impact sur l’économie

Les marchés saluent chaque oscillation négative de la courbe des infections et des décès, chaque intervention financière musclée mâtinée d’un discours martial bien trempé. Pourtant, il est aujourd’hui difficile de quantifier l’impact réel sur l’économie. Après les aides, les reports d’échéances de prêts et les dispositifs de chômage partiel/technique, beaucoup d’entreprises vont tout de même devoir licencier notamment dans les secteurs cycliques longs (aéronautique). Le nombre  d’inscriptions au chômage aux États-Unis a littéralement explosé (près de 3,3 millions soit presque 2% de la force de travail totale) et pulvérisé le chiffre de 2008.

On essaie de trouver des points de comparaison pour analyser cette crise :

  1. certains comparent la situation à une économie de guerre mais dans une économie de guerre l’appareil productif n’est pas stoppé. Il est réorienté. Ainsi, même l’industrie soviétique avait réussi à produire les fameux chars T34 en pleine opération Barbarossa pour venir à bout de la Wehrmacht.
  2. la crise de 2008 est une bonne approximation en termes de baisse du PIB (-5% sur quelques trimestres) mais c’est la finance qui avait fait basculer l’économie réelle dans le rouge et non l’inverse.
  3. enfin les épisodes d’agitation sociale de mai 1968 en France avait aussi mis la production industrielle à l’arrêt pendant plusieurs mois. Aucun de ces scénarios ne colle à la crise actuelle. Et c’est pour cela qu’il est ardu de donner un jugement documenté sur l’avenir à moyen terme.

L’impact sur les marchés

Les marchés actions représentent des opportunités mais les entreprises vont devoir réduire les coûts, amasser plus de capital et supprimer les dividendes. Certaines entreprises et secteurs seront nationalisés. La rentabilité du capital risque d’être altérée pendant quelques temps. Personne ne peut donc estimer l’atterrissage des résultats avant le deuxième semestre 2020. Les conséquences fiscales de cette manne publique sont, elles aussi, imprévisibles. Il ne faut pas non plus oublier que le virus n’est pas encore vaincu. Singapour a refermé ses bars en annonçant de nouvelles mesures de restriction et une deuxième vague de cas est redoutée à Hong Kong. La Chine a, par ailleurs, temporairement fermé en partie ses frontières aux étrangers (limitation des vols internationaux).

Plus philosophiquement on peut s’interroger sur l’évolution de l’échelle de valeurs des sociétés car, comme le rappelle le philosophe André Comte-Sponville, si la santé est un bien très précieux, des valeurs comme la liberté (de circulation des biens et des personnes) et la justice/l’égalité entre individus paraissent aussi déterminantes pour assurer la survie des économies et donc celle des communautés humaines. Ce n’est évidemment pas un débat simple mais un sujet d’interrogation auquel chaque citoyen confiné a l’occasion et un peu plus de temps de penser.

 


Paralysie et supplice de Tantale

Par Par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion, DNCA Investments

Le 3 mars 2020

La correction des marchés commence à prendre une tournure beaucoup plus agressive. Le S&P 500 a perdu 12% en six séances. Source de multiples craintes et incertitudes, le coronavirus a aussi entamé et contaminé la confiance des investisseurs. Les journées de bourse commencent à ressembler à certaines époques noires des marchés. Le VIX a bondi à presque 40 contre 17 la semaine dernière. La crise sanitaire qui se mondialise (Europe, Amérique du Nord, Moyen-Orient…) met au défi les gouvernements et les entreprises pour parvenir à maintenir l’activité économique et quotidienne des collectivités et des individus.

Globalisation

La globalisation des économies demeure le vecteur principal de cette pandémie. La place de la Chine comme plateforme de production mondiale pour certaines industries (l’industrie pharmaceutique par exemple) doit être repensée. Ainsi, le groupe Sanofi a-t-il récemment annoncé vouloir rapatrier ses centres de production en France. Le coronavirus éclipse les résultats annuels des entreprises qui sont aujourd’hui obligées de communiquer sur son impact. Le groupe Suez Environnement a ainsi prévenu les investisseurs que ses comptes seront amputés de 30-40 millions d’euros sur le premier trimestre 2020 si les usines en Chine étaient rouvertes (comme cela semble le cas actuellement).

Tantale

Les investisseurs subissent un véritable supplice de Tantale. Dans la mythologie grecque, Tantale, ayant offensé les dieux, est condamné à mourir de faim et de soif et à ne jamais obtenir ce qu’il désire. C’est ce qu’il est en train de se passer notamment aux Etats-Unis où, après des années de performance positive, les investisseurs ne vont peut-être pas obtenir ce qu’ils désirent (une année supplémentaire de performance positive). Ainsi, ils ont retiré près de 18 milliards de dollars des fonds actions, soit le montant le plus important des neuf dernières semaines. Le COVID-19 est un signal du pic de la globalisation mais pas un risque structurel en lui-même. Il faut souhaiter, même si personne ne le sait, que sa propagation s’arrête dans les mois prochains. La maîtrise de la chaine de production des biens doit être repensée.

Croissance revue

L’équilibre géographique sera le maître mot. Si les pays et les économies sont de plus en plus interdépendantes, le constat « trumpien » prend toute sa mesure aujourd’hui : les gouvernements doivent d’abord s’occuper de leur propre population. Cela passe donc par plus de production nationale et un protectionnisme assumé ou subi (le protectionnisme entraînant le protectionnisme) même au prix d’une croissance globale atrophiée. Les estimations de la croissance globale pour 2020 vont être revues en baisse (probablement sous les 3%) et l’impact sur les profits des entreprises sera visible et sensible selon les industries. La baisse des marchés actions n’est donc pas incohérente même si elle paraît violente et un peu tardive. Les marchés ajustent le prix des actifs en fonction du risque anticipé sur le cycle économique d’autant que les performances des indices actions évoluaient entre 35 et 45% depuis début 2019.


Le mouton et le chameau

Par Par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion, DNCA Investments

Le 17 février 2020

Les comparaisons animalières constituent une source inépuisable d’inspiration. Depuis dix ans, le marché, comme la politique, s’est littéralement polarisé entre un certain type d’investisseurs (les moutons) et un autre (les chameaux). Ces deux animaux ont la particularité d’être des herbivores vivant dans des milieux naturels différents. Là où le mouton a besoin d’herbe grasse (argent facile et peu cher) et de ses congénères, le chameau, lui, est solitaire voire taiseux (pour ne pas dire désagréable) dans un environnement désertique dépourvu d’eau et d’aliments comestibles.

Les moutons

Depuis 2009 (mise à part l’année 2016, année de l’élection de Donald Trump), la plupart des investisseurs ont en effet adopté un comportement assez moutonnier. La dernière décennie a vu un courant acheteur extrêmement fort sur les valeurs technologiques (les cours respectifs d’Apple et de Tesla ont récemment franchi respectivement la barre des 300 dollars et 500 dollars). Par ailleurs, la domination de la gestion passive et indicielle est sans partage pour l’instant. BlackRock a collecté 1milliard de dollars par jour en 2019. Le propre du mouton, quand il prend peur, est la fuite collective. Tout comme la masse des fonds investis sur des supports obligataires souverains, ces flux sur les valeurs technologiques, sur les valeurs américaines et plus généralement sur les valeurs de croissance risquent de partir très vite en cas de scénario adverse. C’est généralement l’esprit grégaire qui entraîne d’ailleurs les moutons à sauter ensemble dans le précipice en haute montagne. L’éclatement des bulles technologiques y ressemblerait certainement à l’instar de ce qui s’était passé dans les années 2000.

Les chameaux

La gestion active, européenne et value ressemble plutôt à un chameau qui erre depuis (trop ?) longtemps dans les dunes ensablées de performances médianes. Pourtant, le camélidé a une grande capacité de résistance. Les actions décotées présentent l’avantage de pouvoir offrir un potentiel de revalorisation sur la prochaine décennie notamment si cette dernière est marquée par une hausse progressive des taux d’intérêt et par une pression inflationniste. Cela n’empêche pas, en ce début d’année, les émissions obligataires de rencontrer une vive demande de la part des investisseurs et d’atteindre des records journaliers en montant. L’environnement porteur en raison de bonnes nouvelles économiques (signature de l’accord commercial sino-américain, croissance mondiale autour de 3% en 2020) incite les émetteurs à profiter de conditions de taux attractives pour solliciter le marché. Ensuite, les premiers retours des managements de sociétés rencontrés lors de récents séminaires confirment le scénario d’une stabilisation voire d’une reprise notamment en Europe. Cette opinion positive commence à prendre la forme d’un consensus. Il faut rester vigilant. En effet, le consensus s’avère aussi un trait de caractère du mouton. Le chameau peut, certes, vivre une traversée du désert au sens propre comme au sens figuré. Mais à la fin, il finit toujours par trouver une oasis pour se désaltérer et se rassasier.

 


Les Big Five pour 2020

Par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion, DNCA Investments

Le 8 janvier 2020

Dans la « savane » financière, les investisseurs ont aussi à surveiller et observer leur « Big Five », terme qu’on utilise, en paraphrasant Ernest Hemingway dans sa nouvelle « Les neiges du Kilimandjaro » pour désigner les cinq animaux les plus symboliques et majestueux d’Afrique (éléphant, buffle, rhinocéros, léopard et lion). Ces cinq « animaux » sont essentiels pour un investisseur afin de construire un portefeuille ou une allocation une fois que le scénario macro-économique aura été dessiné.

Pour 2020, les prévisionnistes s’accordent sur une croissance qui se normalise par le haut avec un risque de récession quasi-nulle aux États-Unis comme ailleurs (zone euro et Chine). Les taux d’intérêt sont le premier Big Five par la taille de pachyderme de leur marché. Bouée de sauvetage en cas de retraite vers la sécurité (fly to quality), tous les investisseurs sont aujourd’hui confrontés à des taux d’intérêt trop bas et une inflation qui tarde à se réveiller même si le volcan qui dort pourrait donner des signes d’éruption en 2020. Il semble aujourd’hui difficile de penser à une baisse des taux mais aussi osé de penser à une rapide hausse des taux.

Le deuxième Big Five est le crédit. Plus petit comme le buffle, le crédit n’est en effet pas une classe d’actifs profonde mais elle est cruciale pour l’écosystème financier car elle donne des niveaux d’indication du levier des agents économiques et de son pricing. Là aussi, le parcours positif vertigineux du crédit invite à la prudence car à la moindre volte-face économique, les spreads vont s’écarter violemment. Le crédit est toutefois assez varié dans sa composition pour toujours offrir quelques belles performances.

Le marché des changes pourrait être le rhinocéros de ce safari financier. Très gros et très rapide dans ses changements d’humeur et de réaction, les changes constituent la bascule de valeurs macro-économiques entre plusieurs zones. Très impactée par les décisions politiques et monétaires (les banques centrales), c’est sûrement la classe d’actifs la plus imprévisible mais la plus puissante lorsqu’elle change de direction. En 2020, le dollar devrait s’affaiblir mais c’était déjà le scénario en 2019.

La volatilité constitue elle aussi la classe d’actifs la plus difficile à prévoir et aussi la plus dangereuse. Comme le léopard qu’il est ardu d’apercevoir et d’admirer, le changement de régime de volatilité soudain ou durable provoque des dégâts dans les portefeuilles comme le félin prédateur dans les troupeaux de bovidés. La fin d’année 2019 a montré une baisse de la volatilité à des niveaux insoutenables sur le long terme. Le début d’année 2020 pourrait voir cette volatilité remonter drastiquement à la faveur de nouvelles en apparence moins bonnes qu’attendu.

Enfin, les actions constituent le dernier Big five et pourraient être symbolisées par le lion. En haut de l’échelle de risque et la chaîne financière, les actions sont un condensées de l’écosystème financier. Elles sont aussi la classe d’actifs à pouvoir survivre à presque tous les scénarii car ce sont des actifs réels et puissants dans leur composition : croissance, dividende, technologie, industrie… Les actions sont si diversifiées qu’elles peuvent et doivent toujours faire partie d’une allocation.

Bien sûr, il existe plein d’autres « animaux » ou paramètres (commodities, immobilier…) mais sans bonne observation et vision des Big Five il n’y a pas de « safari » financier réussi.


Actions : Sommes-nous à la veille d’un changement de cycle ?

Par Damien Lanterner, gérant du fonds DNCA Invest Centifolia et co gérant de la partie actions de DNCA Invest Eurose, DNCA Investments

Le 4 décembre 2019

Depuis la crise financière de 2008, les actions « value » affichent un niveau de sous-performance historique par rapport aux actions « croissance ». L’incertitude géopolitique, une croissance économique molle et des rendements obligataires réels devenus négatifs expliquent en grande partie cette sousperformance. Pour autant, le long cycle « croissance» initié en 2007 n’a-t-il pas atteint un sommet ?

La différence de valorisation entre les actions « croissance » et « value » est historiquement élevée. Elle est proche du pic atteint lors de la bulle Internet de 2000 et présente un potentiel de rattrapage important.

L’évolution relative des bénéfices par actions (BPA) affichent déjà une dynamique favorable au style « value », les BPA des titres « croissance » ayant été significativement révisés à la baisse pour rattraper ceux de la « value ».

Les valeurs de « croissance » se traitent aujourd’hui à des multiples historiquement élevés malgré un ralentissement de leur croissance bénéficiaire. Les investisseurs semblent donc payer cher des valeurs de « croissance » pour leur statut de valeur refuge plus que pour la croissance escomptée de leurs bénéfices futurs.

Rebond du cycle value à moyen terme

Même si les actions « value » sont aujourd’hui fortement sous-valorisées et affichent des P/E relativement bas et des rendements élevés, il est difficile de se prononcer sur l’émergence à court terme d’un nouveau cycle « value ». En revanche un certain nombre d’indicateurs militent en faveur d’un rebond à moyen terme de cette thématique.

  • Au niveau macro-économique, la conjoncture semble moins dégradée que ne le laisse supposer le pessimisme des investisseurs. La croissance de la zone euro se stabilise proche de son potentiel de long terme malgré une dynamique internationale il est vrai moins porteuse.
  • Sur le front de l’emploi, les données sont également rassurantes et ne corroborent pas un scénario de récession prochaine. Cette bonne santé du marché du travail pourrait amener à plus long terme un phénomène de retour de l’inflation pouvant avoir un impact négatif sur les valeurs de croissance et donc in fine participer au retour en grâce du style « value ».
  • L’indicateur de surprise économique pour la zone euroqui compare les statistiques macroéconomiques aux anticipations des investisseurs montre un pessimisme sans réel fondement. Les indicateurs économiques révèlent plutôt une conjoncture en zone euro meilleure que celle anticipée par les investisseurs. Un « retour à la moyenne » pourrait être favorable au style « value ».

Catalyseurs du rebond d’une action

Un investisseur « value » recherche avant tout des entreprises jugées sous-évaluées par le marché et dont le cours de bourse ne reflète pas leur valeur intrinsèque i.e. leur valeur réelle. Les raisons de cette sousvalorisation peuvent être multiples : controverses, résultats décevants, restructurations, environnement difficile, faible croissance…

Les catalyseurs comme un changement du management, une réorganisation, un nouveau plan stratégique, l’entrée de nouveaux actionnaires au capital, pourront entraîner à terme le rebond de l’action.

Les entreprises « value » sont des entreprises généralement « établies » distribuant des dividendes généreux et réguliers ce qui est particulièrement appréciable dans les périodes de taux d’intérêt faibles voire négatifs. On les trouve dans les secteurs comme la finance, l’énergie, les matières premières, les télécoms, l’industrie et plus généralement dans les situations boursières caractérisées par des prix nettement inférieurs aux valeurs.

« Value » et « Croissance », une question de cycle ?

Le style « Croissance » surperforme quand la croissance économique est faible, quand les taux d’intérêt sont bas et durant des périodes de forte innovation. Dans les phases de hausse des marchés actions, les valeurs de croissance ont tendance à amplifier la hausse des marchés.

Le style « Value » surperforme quand la croissance économique est forte et la progression des bénéfices importante, quand l’inflation redémarre (reflation) et quand les taux réels remontent. Dans les phases de hausse des marchés actions, les valeurs « value » ont tendance à profiter de la hausse mais moins que d’autres catégories d’actions. En revanche dans les phases de baisse, compte tenu de la décote, elles offrent le plus souvent un effet d’amortisseur.


Le retour des morts-vivants

Par Igor de Maack,  gérant porte-parole de la Gestion chez DNCA Investments

Le 4 novembre 2019

Les premiers jours de novembre sont généralement consacrés à la célébration des défunts dans le monde occidental. Les marchés financiers ont, quant à eux, une fâcheuse tendance à réveiller les morts…vivants à cette période de l’année.

L’échec patent de l’introduction en bourse de WeWork (et la polémique du départ de son dirigeant) ou le scandale Bio On en Italie rappellent à l’investisseur que certains modèles économiques ne sont ni viables ni dignes de confiance.

Certaines entreprises (Wirecard, Eurofins, Solution 30) sont désormais cataloguées comme «zombies » par des fonds activistes de plus en plus puissants. Ces croque-morts financiers sont probablement utiles pour peu que leurs informations soient fiables et vérifiables et sans stratégie déguisée de vente à découvert massive.

Dans cette ambiance de chambre mortuaire, l’investisseur orienté value doit se délecter de secteurs considérés comme des cadavres exquis (télécoms, médias et retail). Pénitent, il gravit le mont Golgotha à chaque publication décevante (TF1, Orange) en espérant une résurrection aussi incertaine que prochaine.

Quelques publications de bonne facture (BNP Paribas, Sanofi..) fleurissent toutefois cet environnement funeste et macabre. L’investisseur orienté growth, lui, prospère sur des publications trimestrielles divines (LVMH, L’Oréal, Airbus…). Si la gestion value doit souvent se rendre au cimetière depuis quelques années pour y déposer des chrysanthèmes, la gestion growth, elle, continue de se réjouir en allumant des bougies à l’instar de la tradition hindoue qui fut célébrée la semaine dernière lors de la fête des lumières (Diwali).

L’année 2019 continue de plébisciter donc les véhicules d’investissement les plus chers et qui sont favorisés par une politique monétaire morbide (obligations, actions de secteurs en super croissance…). Les taux d’intérêt réels négatifs s’avèrent aujourd’hui inutilement accommodants et structurellement déséquilibrants. La nouvelle Présidente de la BCE (Christine Lagarde) semble concentrer son discours sur l’arme budgétaire plus que sur l’arme monétaire, bien qu’elle répète l’utilité de cette dernière. Elle le fait peut-être par pur respect de façade pour son prédécesseur auréolé de son succès pour avoir réanimé la zone euro plongée dans un coma plus qu’artificiel. Cette permanence de la performance des actifs les plus onéreux est particulièrement rageante car un début de rotation sectorielle avait été entraperçu ces dernières semaines. En cette période d’Halloween, il faudra tout de même se méfier que les carrosses rutilants qui scintillent de mille feux de Bengale ne se transforment en citrouilles dans les portefeuilles.


Tout se complique !

Par Igor de Maack, gérant porte-parole de la Gestion chez DNCA Investments

Le 1eroctobre 2019

La publication des indices PMI européens en début de semaine a subitement refroidi les marchés qui s’étaient décidés à repartir de l’avant notamment grâce au sursaut de secteurs jusqu’alors malaimés tels que les banques en Europe.

Alors que les investisseurs pariaient sur un scénario de ralentissement économique avec des soubresauts, les risques de récession, même technique, même limitée géographiquement, s’avèrent de plus en plus prégnants. Si la croissance mondiale frise encore les 3%, des zones de fragilités sont apparues en Allemagne, au Royaume-Uni, en Chine et aux Etats-Unis. Si l’incertitude commerciale demeure difficile à quantifier, la plupart des économistes affirment qu’elle est responsable du ralentissement actuel et particulièrement du ralentissement industriel.

Comme la remise en cause du multilatéralisme et de la globalisation constitue un événement inédit et inconnu, il est impossible de lui appliquer une matrice usuelle des risques. Dans l’incertitude et l’impossibilité d’appliquer un coût à un risque, l’industriel et le consommateur auront tendance à se retenir dans leurs investissements ou dans leurs dépenses. C’est aujourd’hui peut-être la plus grande menace sur l’économie mondiale.

La politique commerciale américaine ne produit pas les fruits escomptés pour l’instant sur le plan économique. Tout au plus, elle confirme que les deux plus grandes puissances n’ont plus les mêmes intérêts. Ce qui est finalement logique au vu de la divergence idéologique de leur système politique propre.

Si les Chinois intéressent beaucoup Donald Trump, cette semaine aura confirmé qu’il est aussi assez proche de l’ex-Union Soviétique. Il aura en effet traversé son mandat de Président en compagnie des deux peuples slaves « ennemis » bien que l’Histoire confonde leurs origines communes. D’abord soupçonné de collusion avec la Russie et son dirigeant Vladimir Poutine, il est désormais accusé de subornation et de pression diplomatique avec l’Ukraine et son dirigeant Volodymir Zelensky. Sans rentrer dans les subtilités des deux langues cousines slaves, on doit aujourd’hui s’interroger sur les conséquences de la procédure d’impeachment lancée par la cheffe de file des Démocrates (Nancy Pelosi). Si les chances d’aboutir juridiquement et institutionnellement sont minces, il faudra, pour Donald Trump, vivre avec cette nouvelle enquête jusqu’à sa campagne et son éventuelle réélection. Cependant, dans l’histoire des Etats-Unis, aucune procédure d’impeachement n’a abouti : Andrew Johnson en 1868 a été sauvé d’une voix au Sénat. Richard Nixon lors du Watergate en 1974 a préféré démissionner avant que la procédure n’aille à son terme. Bill Clinton y a aussi échappé pour des frasques plus personnelles en 1998. Par ailleurs, ces procédures de destitution ne sont pas toujours appréciées du grand public car elles ternissent l’image de l’Amérique à l’extérieur. Au vu du comportement outrancier et provocateur du Président actuel, il était cependant presque étonnant que les Démocrates n’aient pas encore déclenché cette procédure auparavant. 


Regards croisés sur l’économie et les marchés. Juillet 2019

Par Igor de Maack, gérant porte-parole de la Gestion chez DNCA Investments

Le 10 juillet 2019

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus

  • Le G20 marque une trêve dans la guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis et la Chine.
  • Les investisseurs anticipent une baisse des taux d’intérêt de la Réserve Fédérale américaine de 25 points de base fin juillet.
  • Les taux bas attisent l’appétit des prédateurs et soutiennent les opérations de fusions-acquisitions. 

Les moins

  • La croissance américaine reste fragile et de nombreux désaccords persistent entre la Chine et les Etats–Unis.
  • La BCE est sous pression et pourrait emboiter le pas à la Fed et baisser ses taux.

 

En bref. Chercher l’erreur…

 

Les politiques monétaires rendent complexe voire impossible la lecture du cycle économique actuel. Alors que la croissance mondiale frôle le niveau des 3%, elles ne cessent de vanter la baisse des taux directeurs pour maintenir la croissance et stimuler l’inflation.

Ces taux d’intérêt bas ne semblent réellement remplir aucun des deux objectifs. Ce n’est certainement pas le cas en Europe. Sans hausse salariale marquée et sauf tension sur le prix du pétrole, l’inflation demeure faible et rend inopérantes les politiques monétaires. Sur les marchés financiers, on retrouve des thèses contradictoires qui s’affrontent.

Les investisseurs obligataires, par nature plus prudents, parient sur un ralentissement de la croissance globale et font baisser toujours plus vite les taux longs. De l’autre côté du spectre, les investisseurs proches de la micro-économie, continuent d’acheter des actions d’entreprises créatrices de valeur.

Petit signe d’espoir, les actions européennes retrouvent un peu la faveur des investisseurs puisque c’est enfin une semaine de collecte (100 M$), la première sur les vingt dernières semaines.

Texte achevé de rédiger le 4 juillet 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion.

Consultez aussi la vidéo avec la vision de Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV).


Regards croisés sur l’économie et les marchés. Juin 2019

Par Igor de Maack, gérant porte-parole de la Gestion chez DNCA Investments

Le 14 juin 2019

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus

  • La Réserve Fédérale américaine ouvre la voie vers une possible baisse de ses taux directeurs en septembre prochain.
  • Les FANGMAN (Facebook, Apple, Netflix, Google, Microsoft, Amazon, Nvidia), sont sur-représentées dans les indices boursiers (3.000 milliards de dollars de capitalisation boursière). Or, elles sont sous pression à la suite de possibles enquêtes anti-trust américaines. C’est donc une opportunité pour que cette bulle se dégonfle un peu et profite ainsi à d’autres secteurs. 

Les moins

  • Après la Chine, le Mexique se voit reprocher sa politique de contrôle de ses frontières. Ce pays demeure sous le coup d’une hausse de tarifs douaniers américains.
  • La situation inédite des taux d’intérêt prend à revers les investisseurs. Elle inquiète car elle signale une nouvelle fois l’anticipation d’une récession ou tout au moins un ralentissement de la croissance mondiale. 

En bref. Keep America Great and Europe Small

A force d’endosser le rôle de douanier en chef (« Tariff Man »), Donald Trump risque de créer des turbulences sur l’économie mondiale qui n’en a pas vraiment besoin puisqu’elle oscille toujours autour du rythme de 3%. L’Europe, elle, rétrécit à vue d’œil. Les marchés actions européens enchaînent ainsi une 63ème semaine de décollecte sur les 65 dernières.

Texte achevé de rédiger le 11 juin 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion.

Consultez aussi la vidéo avec la vision de Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV). 


Regards croisés sur l’économie et les marchés. Mai 2019

Par Igor de Maack, gérant porte-parole de la Gestion chez DNCA Investments

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus

  • Les publications des résultats montrent, globalement des deux côtés de l’Atlantique, un nombre assez élevé de bonnes surprises.
  • Après la hausse à deux chiffres enregistrée sur les marchés depuis de le début d’année, la correction de la semaine dernière offre de nouveaux points d’entrée aux investisseurs audacieux qui croient encore courageusement à l’Europe.

Les moins

  • Les désaccords entre les Etats-Unis et la Chine sur les discussions douanières et l’ultimatum du 10 mai ont effrayé les marchés.
  • Les marchés européens continuent de souffrir du désintérêt des investisseurs. Les actions européennes enchaînent leur 59ème semaine de sortie de flux.

En bref. Le doigt de Dieu

Après la hausse à deux chiffres enregistrée sur les places financières depuis de le début d’année, Donald Trump n’en finit pas de faire trembler les marchés. Nul autre Président n’avait auparavant autant « assouvi » les marchés financiers par sa stratégie de reconquête des échanges commerciaux mondiaux et sa volonté ferme de captation des flux de capitaux internationaux. Les investisseurs s’en remettent au « doigt de Donald » qu’on pourrait qualifier de « doigt de Dieu » si l’on se réfère aux performances quasi célestes ou divines de la bourse et de l’économie américaines qui ont, toutes les deux, atteint un pic historique. Il est probable que, avec des faibles volumes (le mois de mai est un mois à faible volume en général) et avant les élections européennes, peu d’investisseurs prendront le risque d’investir dans des actifs risqués sauf accord définitif sur la guerre commerciale.

 

Texte achevé de rédiger le 13 mai 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion.

 

Consultez aussi la vidéo avec la vision de Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV) 


Regards croisés sur l’économie et les marchés. Avril 2019

Par Igor de Maack, gérant porte-parole de la Gestion chez DNCA Investments

Le 15 avril 2019

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus

  • Les marchés ont touché leur plus haut niveau annuel et ont ainsi corrigé leurs excès de 2018.
  • La récession n’est pas pour demain et les Banques Centrales restent accommodantes.
  • L’épilogue du Brexit pèse sur les marchés européens et sur la confiance des investisseurs. 

Les moins

  • Les marchés européens sont sous-valorisés et souffrent du désintérêt des investisseurs. Les actions européennes enchaînent leur 54ème semaine de sorties de flux.
  • L’inversion de la courbe des taux indique un ralentissement économique d’ici à deux ans.  

En bref : Harmonie et Paix

Les marchés ont touché leur plus haut niveau annuel et ont ainsi effacé les pertes de l’année dernière. Les investisseurs continuent de voir dans la sous-valorisation des marchés d’actions européens des opportunités d’investissement. L’Europe souffre d’une sous-valorisation et d’un désintérêt manifeste et les actions européennes enchaînent leur 54ème semaine de sortie de flux sur les 56 dernières semaines. L’épilogue du Brexit pourrait ramener une certaine dynamique sur les flux domestiques. Les marchés de taux, après avoir anticipé une récession, se réalignent sur un scénario de potentielle fin de cycle d’ici deux ans.

Texte achevé de rédiger le 9 avril 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion.

Consultez aussi la vidéo avec la vision de Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV)


Regards croisés sur l’économie et les marchés. Mars 2019

Par Igor de Maack, gérant porte-parole de la Gestion chez DNCA Investments

Le 18 mars 2019

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus

  • En ce début d’année, les marchés ont rebondi et ont corrigé une partie des excès à la baisse de l’année dernière. 
  • La Banque Centrale Européenne (BCE) prend acte du ralentissement et soutient massivement l’économie avec la mise en place d’un troisième TLTRO.

Les moins

  • La croissance européenne ralentit plus que prévu (1,1% vs 1,7%) et les craintes de « japonisation » de l’économie pèsent sur les marchés.
  • En absence de catalyseurs et après deux mois de hausse, les marchés marquent une pause.

En bref : Ralentissement et attentisme 

Après un début d’année haussier, les marchés européens manquent de carburant macro-économique et marquent le pas. Le ralentissement de la croissance acté par la Banque Centrale Européenne et la mise en place d’un troisième TLTRO inquiète plus que ne rassure. En l’absence de catalyseurs macroéconomiques solides, l’actualité, faite de tensions commerciales, du Brexit, et d’élections européennes à venir, devrait rythmer les prochaines semaines.

Texte achevé de rédiger le 11 mars 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion.

Consultez aussi la vidéo avec la vision de Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV)


Regards croisés sur l’économie et les marchés

le 8 février 2019

Par Igor de Maack, gérant porte-parole de la Gestion chez DNCA Investments

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus

  • La Réserve Fédérale américaine (FED) rassure les marchés et infléchit sa politique de hausse des taux d’intérêt et de réduction de la taille de son bilan. Son objectif est de protéger la croissance et éviter une récession.  
  • Les révisions à la baisse des bénéfices des entreprises semblent déjà bien intégrées par les investisseurs.
  • Le S&P500 vient de boucler son meilleur mois depuis 2015 et son meilleur mois de janvier depuis 1987. 

Les moins

  • Les publications des résultats des entreprises témoignent du ralentissement de l’activité amorcé au cours du deuxième semestre 2018.
  • L’économie chinoise ralentit vers un rythme de croissance entre 6 et 6,5% mais piloté par les autorités.
  • La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis vont continuer à peser sur la tendance des marchés financiers.

En bref. Patience, Persévérance et Pénitence 

Patience, voici le mot employé par la Réserve Fédérale américaine qui a récemment enchanté les marchés. Jérôme Powell,Président du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédéralea aussi un peu capitulé devant Donald Trump mais surtout beaucoup devant les marchés financiers. Le brouillard économique caractérisant l’économie américaine s’est épaissi en raison du manque de statistiques fédérales lié au shutdown. Les publications des résultats des entreprises témoignent bien du ralentissement global mais sans affolement non plus. Même si la Chine ralentit vers un rythme de croissance piloté autour de 6-6,5%, des entreprises exposées au consommateur chinois comme LVMH ont publié des chiffres excellents. Il faut donc être mesuré sur les prévisions catastrophistes de récession américaine, chinoise ou mondiale pour 2019-2020. Les relations commerciales sino-américaines constitueront cependant le prochain métronome des marchés financiers.

Texte achevé de rédiger le 5 février 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion.

Consultez aussi la vidéo avec la vision de Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV)


Regards croisés sur l’économie et les marchés. Janvier 2019

Par Igor de Maack, gérant porte parole de la Gestion chez DNCA Investments

Le 17 janvier 2019

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus

  • Pas de risque de récession aux Etats-Unis. Après le pic de croissance atteint en 2018 grâce à l’impact positif des réformes fiscales, l’économie américaine devrait rester vigoureuse en 2019.
  • Les Banques Centrales, préoccupées par le décrochage des marchés, veulent éviter une erreur de politique monétaire et suspendent leur politique de normalisation.
  • Les relations Chine-Etats-Unis semblent se détendre et laissent entrevoir un espoir d’accord dans la guerre économique qui les oppose.

Les moins

  • Les risques identifiés en 2018 sont toujours présents en 2019 : guerres commerciale Etats-Unis-Chine, Brexit, protectionnisme,…  
  • Les investisseurs continuent de douter du cycle économique.

En bref : Pause et correction des excès

Le début d’année ressemble à s’y méprendre à une correction des excès du dernier trimestre. 2018 s’était terminée sur fond de pessimisme généralisé et d’angoisse de récession. Mais Donald Trump et ses tweets encourageants sur les négociations commerciales avec les Chinois ont redonné de l’espoir concernant le plus grand risque pour l’année 2019. Parallèlement, la Fed a balisé le chemin pour 2019 en annonçant une pause dans sa hausse des taux d’intérêt et a ainsi rassuré les investisseurs. La BCE, aussi, s’est mise au diapason des demandes des Etats en maintenant des taux très bas.

Texte achevé de rédiger le 14 janvier 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

Consultez aussi la vidéo avec la vision de Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV)


Regards croisés sur l’économie et les marchés

Par Igor de Maack, gérant et porte parole de la gestion chez DNCA Investments

Le 19 décembre 2018

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie. 

Les plus

  • Les  actions des gilets jaunes n’ont pas d’impact réel sur les marchés. Les mouvements des marchés sont essentiellement dus à d’autres facteurs plus internationaux et géopolitiques. L’écart de rendement (le « spread») entre le taux à 10 ans allemand et le taux à 10 ans français reste stable.
  • Nous n’observons aucun signal de récession et la baisse des prix du pétrole devrait redonner du pouvoir d’achat aux ménages.

Les moins

  • Les opérations des gilets jaunes vont peser sur la croissance française du quatrième trimestre. Certains secteurs comme l’hôtellerie, les transports ou encore la distribution seront plus durement impactés sur leurs chiffres d’affaires et donc sur leurs cours de bourse.
  • La croissance économique mondiale reste à un niveau élevé mais elle ralentit.
  • La guerre sino-américaine concernant les échanges commerciaux et le leadership mondiale pèse durablement sur les marchés.  

En bref : 

  • Malgré une croissance mondiale qui reste soutenue, les risques géopolitiques liés à la guerre commerciale sino-américaine, le Brexit et l’Italie  pèsent sur les marchés et hypothèquent un rallye boursier de fin d’année. 

Consultez aussi la vidéo avec la vision d’Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV).


Regards croisés sur l’économie et les marchés

Par Igor de Maack, gérant et porte parole de la gestion chez DNCA Investments

Le 19 novembre 2018

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus

  • Les incertitudes qui planaient sur les élections américaines de mi-mandat est levée. Le scrutin a abouti à une forme de cohabitation. La Chambre des Représentants à majorité démocrate devrait rééquilibrer le débat politique sur la dérive du déficit public. 
  • Après un mois d’octobre noir, novembre démarre sous de meilleurs auspices avec, en moyenne, des prévisions de croissance des bénéfices des entreprises globalement maintenues tant aux Etats-Unis qu’en Europe.  
  • Les taux d’intérêt sont toujours à des niveaux bas aux Etats Unis et également en Europe malgré la politique de normalisation de la FED. Ces taux d’intérêt soutiennent la croissance économique.

Les moins

  • Des risques singuliers et bien identifiés subsistent encore en Europe (fonctionnement des budgets dans l’UE avec l’Italie, Brexit…) et limitent le retour des investisseurs sur les marchés.
  • Nous vivons un moment historique singulier avec des gouvernances et des mandatures uniques notamment en Italie, en Allemagne et aux Etats-Unis qui favorisent l’incertitude.
  • L’écart important entre les taux d’intérêt longs américains et européens peut entrainer des corrections de valorisation.

En bref : 

  • Les marchés saluent le résultat des élections américaines de mi-mandat après un mois d’octobre noir.

Malgré l’incertitude politique, le momentum macroéconomique n’est pas si pire 

Texte achevé de rédiger le 12 novembre 2018 par Igor de Maack, Gérant et Porte Parole de la Gestion. 

 

Consultez aussi la vidéo avec la vision d’Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV).


Regards croisés sur l’économie et les marchés en octobre

Par François Collet, Gérant, chez DNCA Investments

Le 16 octobre 2018

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie. 

Les plus

  • L’économie américaine semble en pleine forme avec un rythme de croissance record (4% attendu en 2018) et des indicateurs positifs grâce notamment au dumping fiscal.
  • Les turbulences sur les marchés actions ont fait rebaisser les taux d’intérêt américains, les investisseurs venant se réfugier sur les US Treasuries.
  • Les marchés européens résistent mieux que les marchés émergents et américains.

Les moins

  • Les craintes resurgissent concernant un durcissement attendu de la politique monétaire de la FED en réponse à une économie américaine jugée en surchauffe et qui pourrait aller au-delà du taux neutre ( de 3%) sur un horizon de 12 mois. 
  • On peut s’attendre à une révision à la baisse des perspectives de la croissance mondiale par le FMI pour 2018, principalement dans les pays émergents qui font face à une hausse du dollar, des taux d’intérêt et du prix des matières premières. 
  • Un signal négatif est envoyé par l’Italie sur le budget et sur son objectif de déficit public. Une dégradation de la note de l’Italie par les agences de notation est attendue. 

En bref : 

  • Un risque de surchauffe de l’économie aux Etats-Unis.
  • Une croissance soutenable et équilibrée en Zone Euro.
  • La réapparition de contraintes externes fragilisent les économies émergentes. 

Consultez aussi la vidéo avec la vision de François Collet sur les marchés (source BFM TV)


Regards croisés sur l’économie et les marchés en septembre

Par François Collet, gérant chez DNCA Investments

Le 11 septembre 2018

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie. 

Les plus

        Les Banques Centrales sont probablement prêtes à tolérer temporairement un niveau d’inflation supérieur aux objectifs et, de ce fait, à rester accommodantes. Les actions et les titres « value » en particulier devraient bénéficier du retour de l’inflation.

        La dynamique de flux de capitaux vers les marchés européens semble redevenir favorable et les indicateurs économiques s’annoncent meilleurs qu’attendus.

        L’Italie change de discours et devrait respecter ses objectifs de déficit public à 2.5%. 

Les moins

        L’inflation accélère un peu partout dans le Monde. Elle est au plus haut depuis quasiment dix ans notamment en France (+2.3%) et ce, principalement sous l’effet de la hausse des prix du pétrole. Les tensions sur le marché du travail aux Etats Unis, en Europe et au Japon et l’instauration de nouvelles barrières douanières vont peser sur les prix et maintenir un risque inflationniste important dans les prochains mois. 

        On assiste à un écart important entre le S&P 500 et l’Eurostoxx 50 qui s’explique, d’une part, par une divergence du « momentum » macroéconomique entre les Etats Unis et la zone Euro, et, d’autre part, par la surpondération des valeurs « value » et des actions bancaires dans l’Eurostoxx. Le rachat d’actions mis en place par les entreprises américaines (800 milliards de dollars depuis le début 2018) explique aussi cet écart entre les deux indices.

En bref : Vers un rattrapage de la Zone Euro ?

Le risque inflationniste va perdurer dans les prochains mois alimenté par les tensions sur le marché du travail et la mise en place des barrières douanières. Les Banques Centrales devraient néanmoins rester conciliantes et maintenir une politique monétaire accommodante.  Les marchés de la zone euro, qui accusent aujourd’hui un retard important, devraient bénéficier d’indicateurs économiques meilleurs qu’attendus et de la normalisation de la politique budgétaire italienne.

Consultez aussi la vidéo avec la vision de François Collet sur les marchés (source BFM TV)

 


Regards croisés sur l’économie et les marchés en juillet

Par François Collet, gérant obligataire chez DNCA Investments

Le 12 juillet 2018

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie. 

Les plus :

  • Les mesures protectionnistes ont été assez contenues pour l’instant. Elles n’auront pas d’impact sur les résultats des entreprises au second trimestre même si certaines sociétés pourraient revoir leurs perspectives d’activité.
  • Depuis un peu plus d’un mois, le dollar s’apprécie davantage que le yuan ne se déprécie. Personne n’a intérêt à une dépréciation rapide du yuan. La légère dépréciation de la devise chinoise depuis le début de l’année est d’ailleurs plutôt dictée par les fondamentaux de l’économie chinoise. 
  • Sur le moyen terme, ce sont les fondamentaux qui vont dicter les marchés. Les données macroéconomiques qui vont être publiées peuvent rassurer les marchés après le léger trou d’air que la zone euro a connu en début d’année. On s’attend à des publications plutôt bonnes avec des effets de change qui vont maintenant jouer positivement. 

Les moins :

  • L’année avait très bien commencé, avec une croissance globale synchronisée. Mais, finalement, les États-Unis accélèrent et l’Europe a plutôt tendance à ralentir. Le différentiel de momentum économique se traduit par une appréciation du dollar, par une remontée des taux d’intérêt américains plus importante que celle des taux européens et par une légère surperformance des actions américaines. 
  • Ce que les marchés craignent, c’est le risque d’escalade de la guerre commerciale. Donald Trump a déjà évoqué qu’il pourrait remonter ses barrières douanières jusqu’à 200 milliards de dollars. Mais, aujourd’hui,  l’impact est encore limité.

En bref : 

Notre scénario est celui d’une guerre commerciale qui restera raisonnée. Personne n’a intérêt à un dérapage. Les mesures que Donald Trump annoncera (probablement par tweets) dans le courant de l’été ne seront d’ailleurs pas mises en place avant mi-mandat. Les Italiens n’ont pas intérêt, non plus, à un dérapage trop important de leur déficit budgétaire.

La croissance reste largement au-dessus du potentiel en zone euro. Il y a des risques, des nuages à l’horizon, mais le ciel est toujours bleu. 

Consultez aussi la vidéo avec la vision de François Collet sur les marchés (source BFM TV)  ici


Regards croisés sur l’économie et les marchés en juin

Par Igor de Maack, gérant et porte parole de la gestion chez DNCA Investments

Le 12 juin 2018

Comme chaque mois, nous vous présentons en un coup d’œil les risques et opportunités sur les marchés et dans l’économie.

Les plus :

  • Après de nombreuses péripéties, l’Italie a finalement un nouveau gouvernement. Cette annonce est de nature à rassurer les marchés à court terme même si le risque de nouvelles élections va perdurer. Mais la situation économique de ce pays est meilleure que dans les années 2011-2013 avec un taux de croissance du PIB de 1,5 %. Par ailleurs, le bilan des banques italiennes est en partie nettoyé.
  • L’Europe s’adaptera à la guerre commerciale avec les Etats-Unis. Le cours du dollar et le renchérissement du prix du baril de pétrole ont aujourd’hui plus d’impact sur les marchés que les mesures protectionnistes décidées par Donald Trump. Les effets induits par la robustesse du dollar aboutissent à une faiblesse de l’euro qui est très favorable aux exportations européennes.
  • Les marchés réagissent à la dynamique favorable de l’économie américaine et à la suprématie du dollar. Tant qu’il n’y a pas de ralentissement de l’économie américaine – le point de démarrage de toutes les récessions mondiales – les marchés resteront à peu près sereins.

Les moins :

  • Le risque d’une nouvelle crise souveraine et financière en Europe perdure. Outre la gestion du Brexit, une nouvelle page s’ouvre en Espagne et le déficit public et de la balance courante en France créent des déséquilibres.
  • Le mandat de Trump à la présidence des Etats-Unis va continuer à déstabiliser le monde. Chaque mesure protectionniste vient grignoter un peu de croissance mondiale.
  • Les investisseurs se réfugient dans les zones de sécurité, c’est-à-dire les États-Unis, le Bund (obligation souveraine allemande) et les actions solides (style croissance). 

En bref : Vers un ralentissement généralisé de la croissance mondiale ?

Si l’on additionne les difficultés chroniques de certains pays émergents (Argentine, Turquie et Brésil), les menaces protectionnistes de l’administration Trump, la suprématie du dollar et le coût global de la facture pétrolière pour l’économie mondiale, il est légitime de se poser la question d’un possible ralentissement généralisé de la croissance mondiale.

L’Europe, potentiellement engluée dans une nouvelle crise souveraine et financière (venant d’Italie voire d’Espagne), en serait une nouvelle fois la grande perdante. Les décideurs politiques sont désormais prévenus des risques potentiels.

Texte achevé de rédiger le 1er juin 2018 par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion.

Consultez aussi la vidéo avec la vision d’Igor de Maack sur les marchés (source BFM TV)