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Comment concilier investissements « value » et inflation ? 

Le 26 janvier 2023

Les investisseurs sont actuellement confrontés à deux défis liés : l’inflation galopante et la réponse agressive des banquiers centraux qui tentent d’enrayer la hausse des prix en augmentant les taux d’intérêt et en mettant fin à leurs programmes d’achat d’actifs.  

 

Les stratégies d’actions procurant des dividendes peuvent aider les investisseurs à faire face à ces pressions du marché. En effet, elles distribuent des liquidités aujourd’hui plutôt que promettre une croissance future. Bien que ces stratégies d’investissement basées sur la valeur ne soient pas sans pièges, une approche de gestion active des actifs qui intègre des critères ESG et se concentre sur la capacité des entreprises à verser des dividendes peut aider les investisseurs à les éviter. 

 

De ‘Growth’ à ‘Value’ 

 

Novembre 2021 a été un moment important pour les investisseurs en actions. Après avoir soutenu pendant des mois que l’accélération de l’inflation était causée par des forces ‘temporaires’, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a déclaré qu’il était probablement temps d’abandonner ce terme. En reconnaissant que l’inflation se révélait plus persistante que prévu, Powell a marqué un changement d’orientation par rapport à la politique monétaire accommodante qui avait prévalu pendant plus d’une décennie. Pour les investisseurs, cela signifiait la fin d’un marché caractérisé par des taux d’intérêt ultra-bas qui avaient favorisé les stratégies de croissance axées sur les bénéfices futurs des entreprises et leur potentiel à surperformer le marché au fil du temps. L’investissement ‘value’ a ainsi opéré un retour en force. 

 

Impact des banques centrales 

 

La décision de la Fed et d’autres banques centrales de resserrer leur politique monétaire et de démanteler les programmes d’assouplissement quantitatif a confronté les investisseurs à des choix difficiles. Si la détermination des banques centrales à juguler l’inflation conduit à un resserrement excessif et à une récession économique, celles-ci pourraient réagir en adoptant une politique monétaire plus accommodante qui relancerait à nouveau l’investissement de croissance. En revanche, si nous nous dirigeons vers des anticipations d’inflation plus élevées et une normalisation des taux d’intérêt, cette combinaison soutiendrait les stratégies ‘value’, qui investissent dans des sociétés qui se négocient actuellement en dessous de leur valeur fondamentale. 

 

Lorsque le cycle croissance/value s’inverse, généralement à la suite de changements politiques majeurs en réponse à une crise mondiale, cette tendance peut persister pendant des années, comme le montre le graphique ci-dessus. Dans cette optique, les investisseurs peuvent envisager d’augmenter leurs positions en stratégies ‘value’, d’autant plus que les perspectives restent incertaines. 

 

Historique des cycles de croissance/value 

 

 

Source : NN Investment Partners 

 


1,4 milliard d’adultes sans compte bancaire : Comment combler le fossé de l’inclusion financière ?

Le 6 décembre 2022

Pour les investisseurs d’impact, la poussée mondiale vers une plus grande inclusion financière ouvre une multitude d’opportunités pour promouvoir le développement durable – si vous savez où chercher. Les entreprises technologiques innovantes ont un impact social énorme qui peut être difficile à discerner car elles créent les conditions dans lesquelles les autres peuvent prospérer. En trouvant et en finançant ces entreprises, les investisseurs d’impact peuvent contribuer à stimuler la croissance là où elle est le plus nécessaire.

 

 

Promouvoir les comptes bancaires

 

L’extension de la portée des services financiers est fondamentale pour une croissance inclusive et un développement durable. La première étape consiste à promouvoir la possession de comptes bancaires, permettant aux gens de recevoir des salaires et des envois de fonds en toute sécurité. C’est plus qu’une commodité : les comptes bancaires ouvrent la porte à une épargne plus efficace, à des emprunts moins chers, à l’assurance et à l’investissement dans des services qui améliorent la vie comme la santé et l’éducation.

 

Belle progression

 

La possession d’un compte bancaire a fait des gains encourageants, passant à 76% de la population mondiale en 2021 contre 51% une décennie plus tôt, selon la dernière base de données Global Findex de la Banque mondiale. Dans les économies en développement, ce chiffre s’élève désormais à 71 %. De plus, l’accès aux comptes bancaires se généralise, contrairement aux années précédentes où la Chine et l’Inde représentaient l’essentiel de la croissance. Malgré tous ces progrès, cependant, un quart des adultes dans le monde restent non bancarisés, comme nous pouvons le voir dans le graphique ci-dessous  et la majorité d’entre eux sont des femmes

 

 

Dans le monde, 1,4 milliard d’adultes ne sont pas bancarisés

Autonomiser les femmes 

 

Il est essentiel de réduire cet écart pour parvenir à une plus grande égalité et autonomiser les femmes. De nombreuses femmes gèrent les finances de leur ménage ou travaillent à l’étranger pour envoyer des fonds vers leur pays d’origine. Avoir un compte bancaire les relie à l’économie formelle et améliore leur vie privée et leur sécurité. Les femmes qui reçoivent des paiements directement sur leurs propres comptes sont plus susceptibles d’acheter des aliments, des médicaments et une éducation, créant ainsi un meilleur mode de vie pour elles-mêmes et leurs familles.

 

Augmenter les transactions aussi

 

L’augmentation de la possession d’un compte bancaire offre de nombreux avantages, mais cela n’équivaut pas à une augmentation des transactions numériques. Environ un titulaire de compte sur quatre dans le monde n’a effectué aucun paiement numérique en 2021, selon le rapport de la Banque mondiale. Pourtant, les services financiers tels que l’argent mobile contribueront à éliminer les obstacles à une finance plus inclusive, en offrant une alternative plus sûre, moins chère et plus transparente à l’argent liquide.

 

De nombreux adultes non bancarisés ayant déjà des téléphones portables, le défi consiste donc maintenant à développer un accès Internet fiable dans les zones mal desservies. Cela nécessitera des investissements pour étendre l’inclusion numérique en développant la couverture du réseau et l’infrastructure des télécommunications, en rendant les procédures d’identification plus sûres et en améliorant les connaissances financières et numériques.

 


Prêt de titres : Dissiper les mythes

Le 29 novembre 2022

Qu’entend-on exactement par prêt de titres ? Il ne faut pas confondre le prêt sur titres et le prêt de titres. On parle de prêt de titres lorsque les fonds qui détiennent des titres en portefeuille les prêtent à des acteurs financiers contre une rémunération (loyer) et avec des garanties (collatéral) dont le montant est supérieur à celui du prêt. Dans la majorité des cas, ces prêts de titres permettent à ceux qui empruntent les titres de les shorter, c’est à dire de les vendre à découvert. Cette pratique fait l’objet de nombreuses critiques.

Les investisseurs ont quelques idées fausses sur le prêt de titres, en lien avec la crise financière mondiale, l’intégration ESG et les facteurs de risque. Abordons dix de ces mythes.

Mythe 1 : Le prêt de titres fait baisser le prix des actifs

Certains pensent que le prêt de titres alimente la vente à découvert et pourrait dès lors avoir un impact négatif sur le prix des actifs des investisseurs.
La vente à découvert joue un rôle crucial pour garantir un fonctionnement efficace des marchés. Sans vente à découvert, les investisseurs ne sont pas en mesure d’exprimer leur opinion sur les actifs surévalués. Les marchés sans provisions pour prêts sont systématiquement confrontés à des niveaux d’efficacité inférieurs, des écarts acheteur-vendeur supérieurs et à des bulles spéculatives. Les principaux fournisseurs d’indices tels que MSCI considèrent le prêt de titres comme un critère important pour mesurer l’accessibilité au marché.
De nombreuses études, parmi lesquelles l’enquête de la Réserve fédérale sur la crise financière de 2008, ont montré que la vente à découvert améliorait la stabilité du marché. Dans son document de travail de janvier 2018 intitulé « Short-selling bans and bank stability », le Comité européen du risque systémique concluait que, contrairement à l’intention, les actions soumises à des interdictions de vente à découvert étaient plus vulnérables aux défauts et à la volatilité, ce qui entraînait un risque accru pour les investisseurs.

Mythe 2 : Le prêt de titres n’est pas compatible avec les normes ESG

Les inquiétudes concernant l’engagement actif sur les titres prêtés et le contrôle sur les garanties reçues ont conduit certains à supposer que le prêt de titres n’était pas compatible avec l’investissement responsable.
Les gestionnaires d’actifs et les groupes de pairs tels que l’International Securities Lending Association (ISLA) ont établi des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) claires et efficaces pour les prêts de titres. Ces normes fournissent des orientations sur le vote et l’engagement, le traitement des garanties et la transparence pour les participants aux prêts de titres.
L’actionnariat et l’engagement actifs auprès des entreprises sont une composante essentielle de l’investissement responsable. En rappelant les actifs prêtés et en empêchant tout prêt de titres avant les assemblées d’actionnaires ou les opérations de sociétés, les gestionnaires d’actifs peuvent s’assurer que le propriétaire de l’actif est en mesure d’exercer ses droits de vote.
Les investisseurs peuvent garder des listes d’exclusion dans le cadre de leur approche en matière d’investissement responsable. Les agents de garanties peuvent intégrer ces listes d’exclusion aux actions ainsi qu’aux titres à revenu fixe, garantissant de cette manière que seuls les titres éligibles sont remis en garantie. Les exclusions peuvent englober des pays, des secteurs, des entreprises, voire des émissions spécifiques au niveau de l’émetteur.

Mythe 3 : Le prêt de titres a contribué à des pertes importantes pendant la crise financière mondiale

Après la crise financière, certains communiqués de presse ont accusé les prêts de titres d’être source de pertes pour les investisseurs.
Certaines parties utilisaient le prêt de titres pour lever des liquidités, qui ont ensuite été réinvesties dans des actifs dont le profil d’échéance ou de liquidité ne correspondait pas à la négociation de prêts de titres sous-jacents. Lorsque Lehman Brothers s’est retrouvé en défaut et que les marchés se sont immobilisés, ces parties n’ont pas pu vendre ces actifs pour remplir leur obligation de restituer les liquidités empruntées. Les pertes qui en ont résulté étaient donc liées à l’utilisation préjudiciable de l’effet de levier plutôt qu’au marché du prêt de titres en lui-même. La plupart des programmes de prêt de titres ont pour but d’améliorer le rendement, en échangeant les titres contre des garanties, ce qui évite totalement ce risque.

Mythe 4 : Le prêt de titres comporte des risques cachés

Le prêt de titres est souvent mal compris des investisseurs et plusieurs idées fausses sur ses risques circulent.
Le prêt de titres est essentiellement un prêt garanti à une contrepartie bien notée. Le risque principal est donc le risque de contrepartie, ou la probabilité que l’emprunteur soit en défaut alors qu’il est en possession du titre prêté. Ce risque est atténué par la garantie reçue, dont la valeur est supérieure à la valeur de marché du titre. Cette « décote » supérieure protège contre la volatilité du marché pendant la courte période de clôture en cas de défaut de la contrepartie. La garantie est fréquemment constituée, en intrajournalier, dans une structure de garantie tripartite où un agent de garantie est utilisé.
Pour atténuer davantage les risques, un gestionnaire d’actifs doit prendre trois mesures :

  • Sélection de la contrepartie : Prêter uniquement à des contreparties qui présentent une qualité de crédit élevée, par exemple G-SIBS (Global Systematically Important Banks).
  • Risque de contrepartie : Appliquer des limites à la quantité en circulation auprès de chaque contrepartie.
  • Admissibilité de la garantie : S’assurer que la garantie est de haute qualité, liquide et diversifiée.

D’un point de vue opérationnel, le prêt de titres n’est pas plus compliqué que les flux de gestion de portefeuille typiques. La garantie est effectuée par un gestionnaire de garantie indépendant. Les fluctuations de la valeur du titre prêté sont automatiquement compensées par la garantie, de sorte que la marge ne crée pas de charge opérationnelle supplémentaire pour le prêteur.

Mythe 5 : Le prêt de titres est un marché opaque

Le prêt de titres n’est pas un marché public, de sorte que l’accès limité aux données de marché et de tarification peut être considéré comme une barrière à l’entrée pour les investisseurs institutionnels.
Le prêt de titres est devenu plus transparent au cours de la dernière décennie en réponse aux nouvelles réglementations. Chaque transaction est signalée aux régulateurs dans le cadre du Règlement relatif aux opérations de financement sur titres (Securities Financing Transactions Regulation ou SFTR). De nombreux fournisseurs de données proposent désormais des données de marché telles que la tarification de prêts de titres et l’analyse comparative.
En outre, les grandes associations professionnelles telles qu’ISLA ( International Securities Lending Association)et la Risk Management Association (RMA) servent de plateformes pour la transparence et le partage des connaissances du marché, ce qui aide à mieux comprendre le marché.
Mythe 6 : En prêtant des actifs, le prêteur peut perdre l’avantage économique et le rendement

Le prêteur cède temporairement la propriété juridique du titre à l’emprunteur, mais conserve la propriété économique. Le prêteur est donc appelé « bénéficiaire effectif ». L’emprunteur du titre verse tous les coupons et autres distributions au prêteur, de sorte que le positionnement sur les taux d’intérêt et les autres paramètres du portefeuille restent inchangés. L’emprunteur s’engage également à restituer le titre en cas de rappel par le prêteur.
Comme il n’y a pas de transfert du risque économique de l’actif prêté, l’actif reste au bilan du prêteur et la garantie reçue est hors bilan.
Mythe 7 : Le prêt d’actifs restreint la capacité de négociation

Les investisseurs institutionnels peuvent craindre que le prêt de titres n’ait un impact négatif sur la flexibilité de négociation du portefeuille.
Le prêteur se réserve le droit de vendre des titres à tout moment. Le règlement sur la négociation de prêts de titres correspond au cycle de règlement standard du marché.
Pour les opérations à terme, lorsque le prêteur accepte de prêter un titre pour une période déterminée, les prêteurs peuvent inclure un « droit de substitution ». Cela signifie que le prêteur peut vendre le titre en prêt, à condition qu’il puisse être remplacé par un titre similaire.
L’alignement des activités de prêt de titres et de gestion de portefeuille permet au prêteur de tirer parti de portefeuilles d’actifs stables en prêtant à plus long terme et en obtenant des commissions de prêt plus élevées.
Mythe 8 : Le prêteur ne peut jamais être sûr de ce qu’il recevra comme garantie

Les prêteurs peuvent s’inquiéter de recevoir des garanties qui sortent de leur profil de risque ou qui sont contraires à leur politique d’investissement.
Chaque opération de prêt de titres spécifie une politique de garantie qui définit les catégories d’actifs éligibles comme garantie pour le prêteur. Les paramètres incluent les notations minimales, le volume d’émission minimal, les limites de concentration, les paramètres de liquidité et les limites de contrepartie. Cette politique garantit que le prêteur a le contrôle sur la garantie reçue. Il peut également inclure des exclusions telles que des listes restreintes et des paramètres ESG par pays, secteur ou dénomination unique. Un mandat de prêt de titres peut être entièrement adapté à la propension au risque et aux restrictions de l’investisseur.

Mythe 9 : Le prêt de titres profite principalement aux gestionnaires d’actifsPar le passé, la répartition des commissions et des revenus de certaines plateformes entre le prêteur et les gestionnaires d’actifs était opaque, ce qui donnait l’impression que les prêteurs n’étaient pas suffisamment rémunérés.
Les revenus générés par les prêts de titres contribuent à améliorer les rendements du portefeuille pour le propriétaire de l’actif. L’augmentation des rendements peut aider à compenser les commissions de gestion associées aux activités de gestion de portefeuille.
Une configuration typique implique une répartition des commissions, où les prestataires de services sont rémunérés en recevant un pourcentage prédéfini du revenu généré, le propriétaire de l’actif recevant une part majoritaire. Cela permet d’aligner l’intérêt avec l’investisseur et de s’assurer que la plupart des revenus reviennent au prêteur de manière transparente. La répartition des commissions varie entre les gestionnaires d’actifs.
Mythe 10 : Le prêt de titres est réservé aux plus grands investisseurs institutionnelsLes plus grands pools d’actifs du monde s’engagent publiquement dans le prêt de titres. Les petits acteurs professionnels estiment souvent qu’ils manquent d’envergure pour s’engager dans l’activité.
Selon ISLA, plus de 20.000 investisseurs institutionnels prennent part au prêt de titres. Ils comprennent des fonds de pension, des fonds souverains, des compagnies d’assurance, des OPCVM et des ETF.
En externalisant le prêt de titres auprès de gestionnaires d’actifs qui disposent d’une expertise et d’une infrastructure, même les plus petits acteurs peuvent prendre part au prêt de titres. Une fois qu’un programme de prêt de titres est mis en œuvre, le gestionnaire d’actifs s’occupe de tous les aspects opérationnels et de reporting, sans alourdir les ressources limitées supplémentaires du prêteur. Le gestionnaire d’actifs est également en mesure de prendre en charge la configuration initiale, y compris la documentation juridique, et de s’assurer que le programme intègre des éléments ESG.

Le Royaume-Uni dans une tourmente digne d’un marché émergent


Le 18 octobre 2022

L’un des développements les plus spectaculaires de ces derniers mois a été la décision du nouveau gouvernement britannique, dirigé par le Premier Ministre Liz Truss, d’appliquer une économie de l’offre à la manière des années 1980 pour lutter contre la crise économique actuelle.

 

En voulant réduire agressivement les impôts, principalement pour les plus hauts revenus, le gouvernement aurait effectivement accru les inégalités à un moment où de plus en plus de personnes appartenant à des groupes à revenu faible ou moyen ne peuvent plus se permettre de payer leurs factures.

 

 

Cette décision faisait partie d’une très grande impulsion budgétaire représentant 4 à 5 % du PIB qui intervenait à un moment où l’offre était limitée et l’inflation élevée. De plus, l’élargissement spectaculaire du déficit budgétaire attendu l’année prochaine en raison de cette nouvelle politique du gouvernement aurait mis en jeu la viabilité budgétaire.

 

Marche arrière de Liz Truss

 

En effet, les marchés n’ont pas adhéré au plan du chancelier Kwasi Kwarteng selon lequel une baisse des impôts conduirait à une croissance potentielle plus élevée et que cela finirait par financer l’augmentation de la dette publique. Pour financer les importants déficits commerciaux du Royaume-Uni, les investisseurs imposent une prime de risque plus élevée. La chute de la demande d’actifs britanniques s’est également traduite par une forte dépréciation de la monnaie. La livre sterling a déjà atteint un plus bas historique face au dollar américain (1£ = 1,13$ au 03/10/22). Une livre plus faible rendra également plus difficile le contrôle de l’inflation. Sous cette pression, finalement, Liz Truss a dû abandonner son idée de réduire la taxation des plus gros revenus.

 

Intervention plus agressive de la Banque d’Angleterre inévitable

 

Pour éviter une crise de la balance des paiements semblable à celle des marchés émergents, la Banque d’Angleterre devra, quant à elle, intensifier son resserrement. Dernièrement, les anticipations de taux ont fortement augmenté, 400 points de base de hausses supplémentaires d’ici la mi-2023 ayant déjà été intégrés. Parallèlement, le rendement du gilt à cinq ans a augmenté de plus de 150 points de base. Une action plus agressive de la Banque d’Angleterre est devenue inévitable. Une hausse d’urgence entre les réunions ne peut être exclue, en particulier lorsque les agences de notation commenceront à déclasser la dette souveraine britannique.

 

Royaume-Uni : rendements en hausse, monnaie en chute libre

 

5-year Gilt yield, GBP/USD exchange rate

Source :  Bloomberg

 

Récession attendue en 2023

 

Des hausses de taux agressives ne feront qu’augmenter la douleur économique au Royaume-Uni. Elles conduiront probablement à une profonde récession l’année prochaine. Le marché du logement est le plus exposé au risque de taux fortement plus élevés puisque 25 % des hypothèques sont à taux variable et plus de 50 % des hypothèques restantes à taux fixe expireront dans les deux prochaines années. Après le choc majeur sur les revenus disponibles de la population dû à la hausse des prix de l’énergie, les ménages britanniques doivent désormais se préparer à un nouveau choc sous la forme d’une hausse des taux hypothécaires.


Banques centrales campées sur leur position et prévisions moroses pour les bénéfices

Le 20 septmebre 2022

Alors que la Fed et la BCE confirmaient leur détermination à maintenir une politique monétaire restrictive pour éviter que les prévisions d’inflation ne deviennent incontrôlables, les actifs à risque continuent de chuter. Pour le moment, la pression croissante sur la croissance économique ne suffit pas à pousser les banquiers centraux à modérer leur position de durcissement. Les discours agressifs prononcés par le président de la Fed, Jerome Powell, et le membre du directoire de la BCE, Isabel Schnabel, lors du sommet de Jackson Hole, ont une fois de plus montré qu’un assouplissement de la politique avant la fin de l’année était peu probable. Aux États-Unis, l’inflation globale pourrait être modérée dans les prochains mois, mais elle restera probablement trop élevée pour être confortable. Dans la zone euro, la hausse des prix de l’énergie signifie que le pic d’inflation semble loin d’être atteint.

 

 

La Fed veut éviter un retour aux années 1970

 

Au cours des semaines qui ont précédé le sommet de Jackson Hole, les marchés avaient déjà abandonné l’idée que la Fed allait être moins agressive. Plusieurs gouverneurs de la Fed avaient expliqué que le risque d’un désancrage des prévisions d’inflation était encore trop élevé pour que les autorités monétaires ralentissent le durcissement. Jerome Powell a confirmé ce message. La Fed continuera à agir comme si l’économie passait à un régime à forte inflation jusqu’à ce qu’il y ait des preuves évidentes du contraire. Elle souhaite attendre une baisse significative, durable et généralisée de la dynamique inflationniste avant d’envisager un assouplissement de la politique. Ce que cela signifie exactement reste flou, mais avec une inflation bien supérieure au niveau cible et un marché du travail toujours tendu, il est clair que le taux actuel des Fed Funds de 2,5 %, qui reste un niveau qui peut être considéré comme inférieur à neutre, est loin du niveau que la Fed estime suffisant pour endiguer l’inflation. Le président Jerome Powell a également déclaré qu’il s’attendait à ce que la politique restrictive doive être maintenue pendant un certain temps.

 

La principale préoccupation de la Fed concerne les prévisions d’inflation. Plus l’inflation est longue et bien supérieure au niveau cible, plus le risque d’un désancrage des prévisions d’inflation est élevé. Le président Jerome Powell craint un scénario similaire à celui des années 1970, lorsque la Fed n’a pas agi avec détermination et que l’inflation est devenue incontrôlable. Aujourd’hui, la situation est différente des années 1970, principalement parce que les travailleurs ont désormais moins de pouvoir de négociation et que l’inflation est principalement due à des contraintes liées à l’offre. Néanmoins, la Fed veut éviter de répéter l’erreur qu’elle a commise en 1975, lorsqu’elle a baissé les taux en réponse à la récession, même si l’inflation avoisinait encore les 10 %. Le président Jerome Powell et ses collègues sont prêts à risquer une récession à court terme, car ils estiment que la perte de production cumulée serait beaucoup plus importante si le génie de l’inflation sortait de sa lampe.

 

Les faucons sont également aux commandes à la BCE

 

La BCE adopte la même approche. Les taux d’intérêt vont probablement encore augmenter dans la zone euro, malgré la faiblesse des données économiques et le fait que les perturbations de l’approvisionnement énergétique expliquent la majeure partie du problème de l’inflation. La BCE veut tout mettre en œuvre pour remettre rapidement l’inflation sous contrôle. Isabel Schnabel a réaffirmé à Jackson Hole un désancrage des prévisions d’inflation, ce qui menace de saper la confiance dans les autorités monétaires. La question centrale de la réunion de politique de septembre est maintenant de savoir si le taux de dépôt sera relevé de 50 points de base ou de 75 points de base, et il est plus que probable qu’il clôturera l’année nettement au-dessus de 1 %.

 

Les faucons au sein du Conseil d’administration ont clairement le dessus et ils savent qu’ils n’ont pas beaucoup de temps pour relever les taux avant que l’économie ne tombe en récession. En raison de la hausse rapide des prix du gaz naturel et de la très faible confiance des consommateurs et des entreprises, la probabilité d’une récession profonde a considérablement augmenté ces dernières semaines.

 

Des perspectives moroses pour les bénéfices

 

Sur les marchés d’actions, les actions de croissance ont reculé en raison de la hausse des rendements obligataires, tandis que le secteur de l’énergie a échappé à la vague de ventes grâce à la hausse des prix du pétrole et du gaz. Les commentaires de l’OPEP+ sur une possible réduction de la production plus tard dans l’année et l’incertitude persistante quant à l’approvisionnement de l’Europe en gaz russe ont été les causes de la hausse des prix de l’énergie.

 

Le marché général des actions a souffert, principalement en raison des discours agressifs à Jackson Hole qui ont noyé les espoirs de certains acteurs du marché d’un début de tournant conciliant. Par conséquent, la croissance des bénéfices, plutôt que des multiples de valorisation plus élevée, devrait devenir le principal moteur des rendements des actions.

 

Malheureusement, les perspectives de bénéfices ne sont pas bonnes. Les marges des entreprises sont toujours proches de leurs sommets historiques. Mais elles subissent de plus en plus de pression en raison de l’inflation toujours élevée. Jusqu’à présent, la plupart des entreprises ont pu répercuter les coûts des intrants plus élevés sur les consommateurs et ainsi protéger leurs marges. Mais comme l’inflation reste élevée, les coûts des intrants devraient continuer à augmenter car les politiques de couverture doivent être renouvelées et de nouveaux accords salariaux sont en cours de règlement. En outre, les entreprises ont une marge de manœuvre limitée pour continuer à augmenter les prix en raison du risque de destruction de la demande.

 

Certaines industries à forte intensité énergétique en Europe, par exemple, ont décidé d’arrêter temporairement la production parce qu’elles ne peuvent plus répercuter la hausse des coûts de production sur leurs clients. L’inflation a également un impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs, en particulier en Europe, où l’augmentation des factures d’énergie anéantit le revenu disponible.

 

Bien que les estimations consensuelles des bénéfices pour l’année prochaine soient drastiquement tombées à 8 % aux États-Unis et à 3 % dans la zone euro (voir le graphique), elles pourraient encore baisser. Les bénéfices européens sont les plus menacés en raison de la crise du gaz et de la récession quasi-inévitable. Et cela n’a pas été suffisamment pris en compte par les marchés d’actions. Le ratio cours/bénéfice à terme sur 12 mois pour les actions mondiales n’est que 5 % inférieur à sa moyenne sur 10 ans. Jusqu’il y a peu, les multiples de valorisation étaient gonflés par un soutien sans précédent de la politique monétaire qui ne devrait pas se représenter de sitôt, ce que le sommet de Jackson Hole n’a fait que confirmer la semaine dernière.

 

 

Évolution des prévisions de croissance des bénéfices en 2023 (%)

 

 

 

Source: Refinitiv Datastream, NN Investment Partners

 


L’engagement : quels thèmes pour l’avenir ?

Le 3 août 2022

Pour investir de manière active et engagée, le gestionnaire d’actifs doit se concentrer sur des thèmes spécifiques qui sont en mesure de faire bouger les choses. Il doit ensuite les aborder avec les entreprises et pays dans lesquels il investit.

 

Ces thèmes sont définis en conciliant les engagements et les défis à relever. Les défis sont analysés et quantifiés, les réglementations examinées et les régions et entreprises concernées passées au crible. On peut par exemple considérer les thèmes suivants.

La gouvernance

 

Le premier thème est lié à la gouvernance d’entreprise qui garantit au mieux le respect des règles éthiques. La gouvernance couvre des thèmes comme la politique de rémunération, la corruption ou la fraude, les membres et la diversité des membres des conseils d’administration. La diversité des administrateurs est essentielle et impacte la manière dont les entreprises font face aux risques politiques, régulatoires, environnementaux et sociaux. Un focus sur les marchés émergents peut également être ajouté à cette thématique.

 

Les conditions de travail

 

Un second thème concerne les conditions de travail. Eliminer la pauvreté reste l’un des plus grands défis de l’humanité. La crise du coronavirus a mis en lumière de nombreuses inégalités sociales et ce, à tous les niveaux. La mise en place de standards sociaux qui dépassent les minima légaux profitent à l’entreprise et à la société au sens large. Il faut encourager les entreprises à mettre en place des procédures d’inclusions dans leurs politiques de ressources humaines et de sous-traitance. Il faut également se concentrer sur le travail des enfants et l’esclavage moderne. On peut considérer que, dans le monde, 40 millions de personnes vivent encore dans une forme d’esclavage (p.ex. les travaux préparatoires de la Coupe du monde de football au Qatar, le travail forcé des Ouïghours dans l’industrie cotonnière chinoise).

 

Les ressources naturelles et le changement climatique

 

Le troisième exemple concerne les ressources naturelles et le changement climatique. Nous sommes conscients que la planète a atteint ses limites environnementales. Nos écosystèmes, nos ressources en eau et notre santé sont menacés. Les investissements ne sont pas épargnés non plus, ce qui nous pousse encore plus à l’action.

 

Dans cette thématique, on peut considérer par exemple, les sociétés d’utilité publiques, les sociétés énergétiques, la déforestation et les plastiques. En effet, certaines sociétés pétrolières font le choix d’évoluer vers un modèle à émission zéro dans un horizon de temps défini (investissement dans des programmes d’énergies renouvelables, la plantation d’arbres ou des technologies liées à la capture du carbone). Ou on peut également tenter d’établir un dialogue avec des sociétés actives dans la production d’électricité et les pousser à développer des plans de transition alignés sur les accords de Paris.

 

Fixer les objectifs

 

Un fois le thème choisi, le gestionnaire d’actifs contacte les entreprises et, ensemble, ils fixent des objectifs. Le sujet est discuté en détail pendant les entretiens. Lorsque les entreprises s’engagent à atteindre les objectifs fixés, elles sont suivies de près et aidées lorsque c’est possible. Le processus prend fin lorsque l’entreprise a suffisamment progressé.

 

Il vaut toujours mieux privilégier l’inclusion et la discussion par rapport à l’exclusion, mais si le dialogue n’aboutit pas, le gestionnaire a alors la possibilité d’utiliser son vote lors de l’assemblée générale des actionnaires. Il peut également vendre sa participation dans l’entreprise. Mais, c’est en dernier recours car dans ce cas, il devient beaucoup plus difficile d’avoir un impact.

 


L’engagement, ou comment dialoguer avec les entreprises

 Le 12 juillet 2022

La meilleure façon de contribuer à un monde plus équitable et durable est d’investir de manière responsable. Et le dialogue autour des critères ESG avec les entreprises peut aider à résoudre certains problèmes.

 

Un gestionnaire d’actifs responsable se doit d’être un investisseur actif et engagé dans la vie des entreprises qu’il soutient et dans lesquelles il investit pour le compte de ses clients. Ceci peut se faire à différents niveaux et notamment via l’actionnariat actif et la participation aux assemblées générales.

Le dialogue par le vote

 

Le soutien actif des propositions d’actionnaires autour des questions environnementales et sociales sont cruciales pour l’avenir de l’entreprise et de toutes ses parties prenantes. Le gestionnaire d’actifs doit utiliser son influence lors du vote de l’assemblée pour encourager l’entreprise à prendre ses responsabilités et à devenir plus durable. S’il n’est pas satisfait des progrès accomplis à l’égard des engagements pris, il peut, par exemple, voter contre les administrateurs ou contre les recommandations du management.

 

Les votes peuvent être liés à des politiques de rémunération, à l’appointement de nouveaux administrateurs, à la mise en place de politiques sociales et climatiques,… Il a été constaté que c’est principalement dans la sphère de la gouvernance que des votes contre des propositions de la direction sont émis.

 

Il est également courant de s’associer à d’autres groupes d’investisseurs ayant les mêmes considérations afin d’augmenter l’influence exercée en tant qu’actionnaire actif et engagé.

 

Des pistes d’amélioration

 

La question de l’engagement est en constante évolution. Voici 10 ans, lorsqu’on parlait d’ESG, on se limitait souvent à la gouvernance. Cet intérêt a ensuite principalement basculé vers les enjeux climatiques. Désormais, ce sont les aspects sociaux qui font de plus en plus partie des préoccupations des investisseurs.

 

Les questions environnementales et sociales ne sont pas structurellement ancrées dans les assemblées d’actionnaires. En 2020, cependant, on a pu voir pour la première fois une entreprise mettre spontanément son plan de transition climatique à l’agenda de l’assemblée pour le faire approuver formellement par les actionnaires. Depuis lors, plusieurs sociétés gazières et pétrolières comme Shell et Total, mais aussi des groupes alimentaires comme Nestlé et Unilever, lui ont emboité le pas.

 

Il est judicieux d’inclure systématiquement les sujets importants relatifs à la durabilité à l’agenda des assemblées. Le vote sur les rémunérations du management est devenu obligatoire dans de nombreux secteurs, ce qui permet d’avoir des contacts structurés avec les entreprises. Il serait judicieux d’également inscrire les sujets environnementaux et sociaux à l’ordre du jour de chaque assemblée.

 

 


Devenir ESG : de l’importance de la transparence vers un réel impact

Le 14 juin 2022

Les investisseurs veulent savoir quelles entreprises s’engagent réellement en faveur de la durabilité. Et preuves à l’appui. Jusque-là perçue comme un ‘plus’ appréciable, la transparence s’est hissée au statut de composante essentielle de l’investissement durable ces dernières années.

 

La transparence est de plus en plus souvent ancrée dans les valeurs des investisseurs, qui veulent à juste titre pouvoir évaluer l’impact ou les conséquences sociétales de leurs décisions d’investissement. Ceci passe par une transparence accrue de la part des gestionnaires d’actifs.

Une composante essentielle

 

Pour ceux qui veulent investir durablement, l’accès à des données de qualité est crucial. On parle ici de quelles entreprises sont sur la bonne voie pour atteindre les objectifs climatiques, par exemple, ou celles qui se distinguent par leur sérieux en matière de diversité. En effet, il est facile d’adhérer du bout des lèvres aux principes de l’investissement responsable, mais si l’on ne fournit pas de preuves tangibles, solides et effectives, l’effort s’arrête là. Même s’il existe de plus en plus de produits durables – dont les obligations vertes – sur le marché, les investisseurs peuvent ainsi savoir exactement à quel projet leur argent est destiné, et cet argument les séduit toujours autant.

 

Accessibilité et qualité des données

 

Une transparence de haut niveau exige beaucoup d’efforts. Si les entreprises ne peuvent ou ne veulent pas fournir certaines données, il faut solliciter des tiers pour les obtenir, souvent des sociétés commerciales.

 

Il peut exister une forte disparité des données fournies par les entreprises, ainsi qu’une faible corrélation entre les données reçues par certaines bases de données externes.

 

En effet, selon le fournisseur, une entreprise peut se voir attribuer un score ESG (Environnemental, Social, Gouvernance) différent. Il ne faut donc pas se contenter d’accepter ces données, mais il faut vérifier que la méthodologie qui les sous-tend est acceptable. Dans ce contexte, il est essentiel d’avoir une vue critique sur ces chiffres, d’effectuer des contrôles et calculs propres afin de savoir exactement comment chaque score a été obtenu.

 

Les scores ESG et la réglementation européenne

 

La réglementation est de plus en plus insistante envers les entreprises et les investisseurs en ce qui concerne leur responsabilité vis-à-vis de la société et de ses différentes parties prenantes.

 

Les entreprises sont dorénavant soumises à l’obligation de fournir un rapport sur leurs données environnementales, sociales et de gouvernance. En effet, les nouvelles réglementations européennes exigent plus de transparence de la part des entreprises et règlent la publication des données dites non financières des grandes entreprises qui doivent les publier dans leurs rapports annuels. Cela concerne actuellement 11.000 entreprises en Europe, mais dans quelques années, 50.000 sociétés européennes seront soumises à ces obligations.

 

Tout un flux d’informations est maintenant disponible et aide à évaluer encore plus efficacement les placements verts, notamment les obligations vertes. De fait, il y a des activités que l’on peut spontanément classer comme plus ou moins vertes. Mais dans certains cas, il faut aussi évaluer la façon dont l’activité est réalisée. Cette donnée est essentielle.

 

Ces dernières années, la transparence est donc devenue l’un des piliers de l’investissement responsable. Il ne s’agit plus là d’un simple “plus” appréciable. Par le passé, le simple fait de savoir qu’une entreprise consentait des efforts dans le domaine ESG suffisait. Désormais, les investisseurs veulent savoir quelles entreprises agissent réellement, preuves à l’appui. Et celles qui ne sont pas transparentes font face à un risque réputationnel majeur. Cette conscience incite de nombreuses entreprises à agir, et cela ne peut que profiter aux investisseurs.


Les matières premières comme protection contre l’inflation : Investir via les futures ou via les actions ?

Le 25 mai 2022

L’inflation s’avère plus persistante que prévu. L’inflation globale, mesurée par les augmentations d’une année sur l’autre de l’indicedes prix à la consommation (IPC) américain, est en hausse depuis mai 2020 et a atteint 8,5 % le mois dernier. Les troubles géopolitiques en Ukraine ont encore exacerbé les perspectives d’inflation, incitant les investisseurs à rechercher une protection contre l’inflation pour leurs portefeuilles.

 

Les matières premières sont passées au premier plan en tant que couverture efficace contre l’inflation. Toutefois, pour bénéficier d’une telle protection, les investisseurs doivent décider de la meilleure manière d’obtenir une exposition aux matières premières.

 

Contrats à terme

 

Le graphique ci-dessous montre qu’historiquement, un panier diversifié de contrats à terme sur les matières premières s’est avéré être plus sensible à l’inflation que les actions des producteurs de matières premières. Il compare la sensibilité à l’inflation des rendements des contrats à terme sur les matières premières et des rendements des actions des producteurs de matières premières. Le marqueur indique le coefficient bêta estimé : plus le coefficient bêta est élevé, plus l’instrument est sensible à l’inflation.

 

Les rendements des contrats à terme sur les matières premières ont un bêta d’inflation élevé et positif qui est statistiquement significativement différent de zéro, comme le montrent les barres représentant l’intervalle de confiance à 95 % des estimations. Ce résultat atteste de leur sensibilité à l’inflation sur le long terme.

 

VS actions

 

En revanche, la sensibilité à l’inflation des rendements des actions des producteurs de matières premières est légèrement négative. Au même intervalle de confiance, les barres couvrent à la fois la plage positive et la plage négative. Cela implique que le signe du coefficient bêta est indéterminé.

 

Par conséquent, l’exposition aux actions des producteurs de matières premières est historiquement insensible à l’inflation, alors que les contrats à terme sur les matières premières sont le candidat viable pour fournir une protection contre l’inflation à long terme.

 

Les contrats à terme sur les matières premières présentent de nombreuses qualités attrayantes, telles que leur liquidité, leur transparence et leur faible coût. Leur capacité à aider les investisseurs à résister aux pressions inflationnistes les rend d’autant plus attractifs dans le contexte macroéconomique actuel.

 

 

 

Bêta estimé à partir de la régression de l’inflation globale (Year-on-Year Consumer Price Index, CPI YOY) sur les rendements d’un indice d’actions de producteurs de matières premières ou d’un panier de contrats à terme diversifiés sur les matières premières (Bloomberg Commodity Index Total Return, BCOM TR) . Relevés mensuels du 31 juillet 1963 au 28 février 2022.

L’indice des producteurs de matières premières est construit à partir des rendements sectoriels pondérés en fonction de la valeur téléchargés à partir de la bibliothèque de données de Kenneth R. French. Nous pondérons également le portefeuille de 49 secteurs, qui comprend les rendements des actions des producteurs de matières premières cotées sur le NYSE, l’AMEX et le NASDAQ, dans les secteurs suivants : agriculture, métaux précieux, extraction de métaux non métalliques et industriels, pétrole et ressources naturelles. Gaz. Le 31 juillet 1963 marque la première disponibilité des déclarations pour tous les secteurs. Les résultats sont robustes à d’autres pondérations sectorielles qui se rapprochent des pondérations sectorielles de l’indice Bloomberg Commodity. Kenneth R. French – Data Library [en ligne] disponible ici ([consulté le 19 avril 2022].

 

Source: NN IP, Kenneth R. French – Data Library, Bloomberg, Bureau of Economic Analysis.

 


Les émissions de carbone devraient encore diminuer en 2022

Le 19 avril 2022

Encouragées par les obligations réglementaires et les attentes sociétales, de plus en plus d’entreprises fixent des objectifs de réduction des émissions conformes à l’Accord de Paris.

 

Selon un modèle de prévision carbone développé par NN IP, les entreprises devraient publier des progrès significatifs en matière d’émissions de carbone en 2021. Ce modèle, qui récolte les données de plus de 4.000 entreprises mondiales, indique que l’intensité carbone agrégée devrait avoir diminué de 6,4% sur l’ensemble de l’année. Pour les entreprises qui publient des informations depuis l’Accord de Paris (à partir de 2016), l’intensité carbone moyenne devrait avoir baissé de 8,7% durant la même période. L’intensité carbone moyenne devrait ainsi être redescendue à son niveau le plus faible depuis l’Accord de Paris.

Résultat de mesures ciblées

 

Cette amélioration semble refléter les mesures prises par de nombreuses entreprises pour réduire leur intensité carbone afin de respecter les obligations réglementaires et de répondre aux attentes sociétales.

 

En outre, la réouverture de l’économie après le confinement causé par la pandémie, ainsi que l’évolution de l’inflation ont entraîné une forte hausse des revenus dans de multiples secteurs, alors que le niveau des émissions n’a augmenté que légèrement, ce qui a entraîné une amélioration des chiffres de l’intensité carbone. Actuellement, une amélioration de l’intensité carbone est attendue dans tous les secteurs, mais il y aura des différences substantielles entre les meneurs et les retardataires.

 

Évolution de l’intensité carbone des entreprises depuis l’Accord de Paris de 2015

 

Sur base de 1.141 entreprises ayant publié régulièrement des chiffres depuis 2015.

Source : NN Investment Partners

Des différences sectorielles

 

Dans le secteur de l’énergie, la hausse des prix pétroliers a fait grimper les chiffres d’affaires, ce qui a entraîné des chiffres d’intensité carbone beaucoup plus faibles, même si le niveau réel des émissions n’a guère changé.

 

Néanmoins, une intensité plus faible résultant d’une augmentation des profits pourrait avoir un impact néfaste sur l’environnement étant donné que la hausse des prix de l’énergie est susceptible d’entraîner un glissement vers une production d’énergie générant davantage d’émissions.

 

Du côté opposé de l’équation, le secteur des assurances affiche des émissions absolues beaucoup plus faibles, mais fait partie des meilleurs élèves en matière d’amélioration de l’intensité carbone, en procédant à des changements de nature à entraîner une baisse structurelle des émissions. Les émissions des compagnies d’assurances sont liées en grande partie aux déplacements, qui ont fortement diminué pendant la pandémie et qui n’ont augmenté que lentement depuis lors. Ces derniers pourraient désormais rester structurellement inférieurs aux niveaux prépandémiques, alors que dans le même temps, de nombreuses entreprises de ce secteur se sont engagées à réduire leurs émissions, avec une focalisation sur la compensation du carbone.

 

Évolution estimée de l’intensité carbone moyenne des secteurs en 2021 (top/bottom 5)

 

L’intensité carbone est définie comme les émissions par unité de chiffre d’affaires. Sur base de 1.141 entreprises ayant publié régulièrement des chiffres depuis 2015.

Source: NN Investment Partners.

 


Quel rôle jouent les obligations sociales dans le financement des politiques sociales ?

Le 1er mars 2022

La pandémie de Covid-19 a stimulé la demande en obligations sociales. En effet, les obligations sociales pourraient jouer un rôle clé à l’avenir, car elles permettent de financer des projets ayant un impact social positif.

La pandémie de Covid-19 a marqué un tournant majeur pour les obligations sociales. En 2020, nous avons assisté à la première émission d’obligations sociales pendant la pandémie. Ces obligations sociales ont été émises spécialement pour faire face à l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la société.

 

Quelques exemples

 

À titre d’exemple, la Banque africaine de développement a émis une obligation sociale de 3 milliards de dollars. En 2020, l’Équateur a également été le premier pays à avoir émis une obligation sociale. Quant à la Fondation Ford, elle a été la première organisation à but non lucratif à émettre une obligation sociale aux États-Unis afin de lutter pour la justice raciale, de promouvoir l’égalité des sexes et de soutenir des organisations pour la justice sociale dans les régions défavorisées des États-Unis. Ces différents exemples montrent le large spectre de problématiques sociales pour lesquelles il est possible d’émettre des obligations sociales.

L’émission d’obligations sociales pourrait permettre de gérer l’exposition des chaînes d’approvisionnement mondiales à la géopolitique, de prévenir les mauvaises conditions de travail et de faire face aux changements sociétaux négatifs dus à la guerre, de soutenir les droits humains ou encore de lutter contre la pauvreté.

 

Au-delà des indicateurs financiers

 

Un investisseur-type en obligations tiendrait compte de différents facteurs comme l’évolution des taux d’intérêt, ainsi que les risques de défaut et de maturité lorsqu’il investit dans une obligation d’entreprise ou d’État. Avec les obligations sociales, il n’y a pas que les paramètres financiers qui entrent en jeu, le type de projet qu’elles financeront compte aussi. À l’instar des obligations ordinaires, les obligations sociales impliquent toujours un risque d’inflation et de défaut pour les investisseurs.

D’après climatebonds.net, en 2020, l’émission d’obligations sociales a connu la plus forte augmentation dans le domaine de l’ESG. Rien que lors du premier semestre de cette année, avant même l’émission de la plupart des obligations sociales liées à la reprise épidémique, les volumes ont presque quadruplé, atteignant 146,6 milliards de dollars (contre 36,8 milliards de dollars l’année passée).

En 2021, d’après les données de Bloomberg, les émissions ont de nouveau augmenté, pour atteindre 180 milliards de dollars au 21 décembre. La dimension sociale de l’ESG a ainsi consolidé sa position parmi les obligations, permettant aux investisseurs avec une certaine sensibilité aux questions sociales de déployer le risque et le capital dans les secteurs de notre société qui en ont le plus besoin.


Quel est l’impact potentiel des politiques sociales sur la croissance et la rentabilité ?

 Février 2022

Les politiques sociales pourraient stimuler la croissance économique. Les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies incluent de nombreux enjeux sociaux comme la lutte contre la pauvreté, la réduction des inégalités au sein et entre les pays, ou encore la promotion de la croissance économique et d’un travail décent pour tous.  

 

 

Indicateur de ressenti social

 

Le graphique ci-dessous montre l’indicateur du climat social. Cet indicateur s’étend de -4 à +4 et se concentre principalement sur la perception des inégalités sociales et économiques dans les médias. Il indique une tendance à l’aggravation du sentiment d’inégalité aux États-Unis sur le long terme et montre la nécessité d’agir sur ces questions. On constate cependant un léger rebond par rapport aux niveaux bas enregistrés depuis le début de la pandémie.

 

 

Source : NN Investment Partners (NN IP)

 

Equilibre entre croissance économique et cohésion sociale

 

Les économistes attribuent traditionnellement la hausse des inégalités à la mondialisation et à la technologie, qui sont considérées comme responsables d’une baisse de la part du revenu du travail non qualifié. Ce n’est que récemment que les experts ont commencé à prêter attention à une troisième source : l’équilibre entre la croissance économique et la cohésion sociale.

 

Les économistes attribuent généralement l’augmentation des inégalités à la mondialisation et aux technologies, qui sont considérées comme responsables de la baisse de la part des revenus de la main-d’œuvre non qualifiée. Ce n’est que récemment que les experts ont commencé à s’intéresser au déséquilibre entre croissance économique et cohésion sociale.

En théorie, les marchés sont censés garantir que les prix des biens et services restent compétitifs et que le bien-être est réparti à travers l’ensemble de l’économie. Mais, dans les faits, le pouvoir et les bénéfices de nombreuses grandes entreprises n’ont cessé d’augmenter en raison de la hausse des rendements d’échelle.  

La solidité des grandes entreprises est l’une des raisons pour lesquelles la croissance globale des salaires a ralenti aux États-Unis et dans d’autres économies développées depuis les années 80. Parallèlement, les inégalités de revenu et de richesse – par exemple, entre les plus riches qui représentent

0,1 % et les plus pauvres qui représentent 90 % – se sont considérablement aggravées.

 

Politiques gouvernementales…

 

Les gouvernements du monde entier font face à une pression croissante pour lutter contre les inégalités. Parmi les nombreuses propositions pour lutter contre les inégalités figurent des politiques publiques fortes en matière d’offre qui visent à réduire les inégalités, à renforcer le pouvoir de négociation des salariés et à améliorer la compétitivité. Les politiques qui sont actuellement discutées dans divers pays développés concernent l’augmentation des salaires minimums et des lois antitrust plus contraignantes.

Non seulement ces politiques s’attaquent aux inégalités, mais elles ont également un impact sur l’économie et la rentabilité. Rééquilibrer les pouvoirs entre capital et travail permet de faire progresser le PIB grâce à une croissance durable de la demande globale. Cette stratégie pourrait fonctionner car les salariés épargnent moins et dépensent une plus grande part de leurs revenus que les détenteurs de capitaux. L’augmentation des dépenses pourrait même créer un cercle vertueux : la croissance soutenue du chiffre d’affaires des entreprises permettrait d’améliorer le rendement des capitaux propres.

 

…VS part des bénéfices dans le PIB

 

Mais d’un point de vue macroéconomique, l’inconvénient des politiques publiques fortes est qu’elles réduisent la part des bénéfices dans le PIB et risquent ainsi de freiner l’investissement privé et le potentiel de croissance à long terme. Cela pourrait exercer une pression à la baisse sur les marges bénéficiaires des entreprises qui, toutes choses égales par ailleurs, réduiraient le retour sur capital.

D’un point de vue macroéconomique, les discussions actuelles sur d’éventuelles politiques publiques fortes auront un impact sur les indicateurs sociaux de différentes catégories d’actifs en 2022. Les scénarios basés sur ces politiques publiques fortes prennent en compte l’incertitude quant à la mesure dans laquelle elles émergeront et l’effet mitigé que cela aura sur la rentabilité.

 


La pandémie a été un catalyseur pour les problèmes sociaux

Janvier 2022

 

La crise du coronavirus a changé la donne concernant les questions sociales. Pour trois raisons, les investisseurs devront prendre les facteurs sociaux en compte en 2022.

 

Premièrement, la pandémie a bousculé le programme social des responsables politiques du monde entier. Aux États-Unis et en Allemagne, les nouveaux gouvernements ont été élus en partie pour leurs promesses en matière de lutte contre les inégalités. Le rôle de l’État aura un impact majeur sur les politiques fiscales, les investissements et la croissance.

 

Rattraper le retard et obligations sociales

 

Deuxièmement, la composante sociale du programme environnemental, social et de gouvernance (ESG) rattrape son retard sur les deux autres composantes. Les questions environnementales, en particulier celles liées au climat, ont connu une résurgence depuis l’accord de Paris sur le climat en 2015, et les critères de bonne gouvernance ont été largement appliqués au début des années 2000 suite aux scandales impliquant des sociétés. L’évolution récente vers les questions sociales se remarque tout particulièrement dans les efforts actuels de l’Union Européenne qui vise à établir une taxonomie sociale pour les investissements durables, en s’inspirant de sa taxonomie environnementale.

 

Troisièmement, l’augmentation des émissions d’obligations sociales montre que les investisseurs prennent en compte les considérations sociales et que des capitaux sont nécessaires pour les projets sociaux.

 

Les indicateurs sociaux peuvent-ils contribuer à une surperformance ?

 

Les facteurs sociaux sont utiles pour la génération d’alpha. Par exemple, la recherche académique dans le domaine des fonds propres analyse des facteurs sociaux tels que la gestion du capital humain en entreprise, la diversité de la main-d’œuvre et la diligence raisonnable de la chaîne d’approvisionnement. Bon nombre de ces facteurs contribuent à prédire les surperformances futures.

 

Par exemple, des chercheurs universitaires ont découvert que la gestion du capital humain était un des moteurs de rendements boursiers. Alex Edmans, professeur de finance à la London Business School, a publié un article influent en 2012, dans lequel il a montré que le portefeuille des 100 meilleures entreprises pour lesquelles travailler aux États-Unis offrait un alpha de 2,3 % supérieur aux indices de référence du secteur pour la période allant de 1984 à 2011[1]. Suite à cette étude, Boustanifar et Kang (2021)[2] ont constaté que la surperformance persistait sur la période 2012-2020.

 

De même, diverses études ont montré qu’un personnel plus diversifié prend des décisions plus objectives et a tendance à être plus innovant. Ainsi, des organisations diversifiées peuvent avoir un avantage concurrentiel durable à long terme. Les investisseurs doivent tenir compte de ces facteurs lorsqu’ils prennent des décisions d’investissement.

 

Les deux questions de diversité et d’inclusion et de gestion du capital humain sont étroitement liées à la question macroéconomique des inégalités. Cela signifierait que, à mesure que les investisseurs poussent les entreprises à se concentrer davantage sur la gestion du capital humain et la diversité, les ODD des Nations Unies relatifs à la réduction des inégalités, au travail décent et à la croissance économique deviennent plus accessibles.

 

[1] ] Edmans, A., 2012. The Link Between Job Satisfaction and Firm Value, With Implications for Corporate Social Responsibility. Academy of Management Perspectives, 26(4), pp.1-19.

[2] Boustanifar, H. and Kang, Y., 2021. Employee Satisfaction and Long-run Stock Returns, 1984-2020. SSRN Electronic Journal.