Chroniques d’experts

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Investissement à impact : Un levier pour une société plus durable

Par Funds for Good

Le 29 juin 2020

L’investissement à impact social (impact investing) consiste à investir dans des sociétés rentables dont l’activité a pour but d’améliorer certains pans de la société. Ces entreprises peuvent proposer des solutions pour diminuer la pauvreté, mettre à l’emploi des personnes fragilisées, offrir une aide aux personnes handicapées. Elles peuvent aussi développer des techniques pour lutter contre le réchauffement climatique et favoriser la transition énergétique.

Cette notion a vu le jour en 2007 à l’initiative de la Fondation Rockefeller. L’impact investing permet de financer des contrats sociaux innovants portés par différents acteurs. Il s’agit essentiellement d’investissements dans des sociétés non cotées. Le rendement de ces investissements est double. D’une part, il y a un rendement financier et, d’autre part, un rendement social. Dans certains cas, un objectif de rendement social peut être défini. Si cet objectif est atteint, le rendement financier de l’investissement peut être accru.

Quelques exemples concrets

Un des premiers projets à impact date de 2010 et concerne la prison de Peterborough au Royaume-Uni. Le rendement de ce Social Impact bond était lié au nombre de prisonniers réinsérés dans la société à leur sortie de prison. Investir avec impact  permet donc de donner à son épargne une dimension sociale. Il y a différentes façons d’investir dans ce domaine. On peut le faire par l’intermédiaire de fonds spécialisés. Cependant, ceux-ci sont généralement destinés aux institutionnels ou aux détenteurs de capitaux importants car les investissements se font dans de petites structures non cotées.

Par les green bonds (obligations vertes) on peut aussi avoir un impact ciblé sur l’environnement. Il est également possible d’investir dans des fonds qui ont un impact environnemental ou social avec des thématiques plus ciblées. Même en gestion discrétionnaire, on peut investir avec impact. Dans le secteur des investissements, certaines sociétés comme Funds for Good présente une initiative plus particulière. Dans ce cas, les fondateurs rétrocèdent une partie de leurs commissions de gestion à une fondation qui finance des projets sociaux en Belgique. D’autres projets sont aussi développés en Belgique comme la plateforme de crowdfunding Lita.co (aussi très active en France), Crédal, Incofin ou la Banque Triodos. Tous ces acteurs d’attachent à financer des projets à dimension sociétale grâce à des sommes récoltées auprès d’investisseurs.

Quelle mesure ?

Mais comment mesure-t-on l’impact social d’une entreprise, d’un projet ou d’un investissement ? Il y a un grand débat sur la mesure de l’impact social. En réalité, il n’existe pas encore de méthode acceptée de façon unanime. Il y a trop de composantes différentes à prendre en compte et à intégrer : sociale, environnementale, gouvernance,… Chaque dimension nécessite une mesure qui lui est particulière. Cependant, des techniques se développent. On parle aujourd’hui de SROI pour Social Return on Investment. Il s’agit d’une méthodologie qui permet de calculer combien d’euros d’impact social sont générés pour chaque euro investi. On peut utiliser cette méthode pour prédire l’impact d’un projet ou pour évaluer des projets déjà mis en œuvre. Cette méthodologie facilite aussi la discussion entre toutes les parties prenantes d’un projet à impact. Elle intègre les coûts et les rendements sociaux, environnementaux et économiques d’un projet. Il s’agit d’un outil assez complexe qui nécessite une approche rigoureuse. On peut aussi comparer le retour social entre plusieurs projets ou organisations. Cet outil devient alors une aide à la décision d’investissement.

Et demain ?

L’investissement à impact doit devenir un levier de première ligne pour favoriser une société plus durable. Nous devons tirer les enseignements de la crise du Covid-19. Il faut impérativement orienter davantage de flux financiers vers des projets à impact social. Il existe déjà des initiatives pour les promouvoir. La France a une longueur d’avance dans ce domaine. Par le biais de l’épargne salariale, le salarié peut investir dans des fonds 90/10 qui permettent d’investir 10% dans du « non-côté ».  Dans ce cadre, certains acteurs ont alors développé des fonds solidaire dans lesquels ils utilisent les 10% pour soutenir l’économie sociale et solidaire. Il convient cependant d’être toujours attentifs à la qualité sociale et solidaire de ces fonds.

Mais, il reste encore du chemin à parcourir pour que les investisseurs particuliers puissent accéder à des produits d’investissement soutenant l’économie sociale. La Commission européenne tente de faire avancer les choses. Elle a publié en 2019 une étude sur les investissements à impact social.  Cette étude a pour but de soutenir le développement de ce marché. Cependant, il faut à la fois que l’offre et la demande pour ces produits financiers à impact se renforcent. Une impulsion politique est également attendue pour soutenir et encourager ces investissements durables sur le long terme. L’investissement à impact attend donc un soutien de la part de toutes les parties prenantes de la société. Affaire à suivre donc …

 


Assurance-vie et déclaration fiscale : quelles modalités ?

Par Nicolas MILOS, Senior Wealth Planner chez OneLife compagnie d’assurance-vie luxembourgeoise

Le 17 juin 2020

Le mois de juin rime avec l’obligation, pour le contribuable belge, de s’atteler à la préparation et l’introduction de sa déclaration fiscale. Que faire si l’on est titulaire d’un contrat d’assurance-vie à l’étranger ?, Voici quelques informations à ce sujet.

  1. Contrat d’assurance-vie détenu par une personne physique

Conformément aux dispositions du Code d’Impôt sur le Revenu, tout contribuable belge personne physique doit mentionner l’existence d’un contrat d’assurance-vie étranger qu’il aura conclu. Cette déclaration d’existence du contrat d’assurance-vie fait partie intégrante du contexte général de l’échange automatique d’informations (CRS, Common Reporting Standard).

En effet, dans le cadre de cet échange d’informations, la compagnie d’assurance-vie, a l’obligation de faire parvenir aux autorités fiscales de son pays les informations concernant les titulaires de contrats d’assurance-vie. Ce sont ensuite les autorités étrangères (par exemple, luxembourgeoises) qui ont pris l’engagement de communiquer ces informations au pays de résidence du souscripteur au contrat (i.e. la Belgique). Cet échange automatique d’informations permettra ainsi aux autorités fiscales belges de vérifier si oui ou non le contribuable a rempli son obligation déclarative.

Qui doit déclarer le contrat en cas de la cession de droits du contrat d’assurance-vie dans le cadre d’une planification patrimoniale ?

Le mécanisme de la cession de tous les droits au contrat permettra au souscripteur de « donner » à un tiers déterminé les droits matérialisant le contrôle sur les actifs sous-jacents au contrat d’assurance-vie. Face à ce mécanisme, les autorités fédérales belges, dans une position datée du 28 juin 2019, requièrent que désormais, autant le preneur original du contrat (souscripteur) que le bénéficiaire de la cession des droits (cessionnaire), mentionnent l’existence du contrat d’assurance-vie dans leur déclaration fiscale à l’impôt des personnes physiques.

Qui dit « assurance-vie », dit « simplicité »

L’enveloppe assurantielle présente sans aucun doute, en matière de déclaration fiscale, un avantage indéniable en comparaison avec une détention en direct de comptes-titres.

En effet, seule l’existence du contrat d’assurance devra être mentionnée, alors que dans le cas d’une détention directe de compte-titres (portefeuille-titres bancaire), plusieurs étapes laborieuses nécessitant souvent l’intervention d’un professionnel seront inévitables, à savoir notamment :

  • La détermination du montant de revenus à déclarer
  • La déclaration des revenus à proprement parler
  • Une éventuelle déclaration supplémentaire concernant la taxe sur les opérations de bourse.

A ces étapes s’ajouteront également, dans le cas d’intérêts ou de dividendes d’origine étrangère perçus par une personne physique résidente fiscale belge :

  • La détermination des revenus d’origine étrangère.
  • Une détermination de la Convention préventive de la double imposition applicable et son analyse.
  • La demande d’exonération des revenus étrangers déjà taxés, ou du moins l’application du pourcentage réduit en vertu de la Convention applicable.
  • Le suivi avec les administrations fiscales compétentes.

Finalement, il est sans doute pertinent de mentionner à ce stade que cette obligation déclarative de l’existence du contrat d’assurance-vie ne conduira, en rien, à l’application d’une quelconque imposition dans le chef du contribuable.

  1. Demandes de renseignements de la part du fisc belge ?

Nombreux sont les contribuables ayant reçu une demande de renseignements de la part des autorités fiscales mentionnant un défaut de déclaration. L’administration fiscale leur renseigne qu’elle pense qu’ils sont titulaires d’un compte bancaire à l’étranger, alors qu’ils sont effectivement titulaires d’un contrat d’assurance-vie qu’ils avaient correctement renseigné dans leur déclaration.

Il est important de noter que les documents standardisés relatifs à l’échange automatique d’informations ne font pas la distinction entre les comptes bancaires et les contrats d’assurance-vie (tout est compris sous la notion de « compte financier »). Ainsi la compagnie d’assurance, dans le cadre du CRS, ne peut pas faire mention de contrat d’assurance-vie spécifiquement.

Afin de résoudre ce malentendu, il conviendra de mentionner au fisc belge qu’il s’agit bien d’un contrat d’assurance-vie tel que mentionné dans la déclaration fiscale à l’IPP. L’administration fiscale ne fera pas obstacle à cette remarque, qui peut même être réalisée par email.

Un défaut de déclaration, par contre, pourra notamment conduire à une amende administrative allant d’EUR 50 à 1.250.

En résumé, ce qu’il faut retenir :

Pour le contrat d’assurance-vie (personne physique) :

  • Le titulaire, et le cas échéant le cessionnaire également, déclare uniquement « l’existence » du contrat. Aucune autre information n’est requise.
  • Les revenus issus des contrats d’assurance-vie branche 23 (sans aucune garantie de rendement) demeurent fiscalement non-imposables.

En cas de demande de la part du fisc mentionnant un « défaut de déclaration »:

  • Afin de dissiper tout malentendu, il suffira de clarifier auprès du fisc belge qu’il s’agit bien d’un contrat d’assurance-vie tel que mentionné dans la déclaration fiscale à l’IPP (et non d’un compte bancaire). Cela peut se faire par l’envoi d’un simple email.

Assurance-vie et gestion de patrimoine : Quels avantages fiscaux ?

Par OneLife (compagnie d’assurance-vie luxembourgeoise)

Le 14 mai 2020

L’assurance-vie fait souvent partie intégrante de la stratégie de planification patrimoniale des particuliers. Elle peut être utilisée pour transmettre une somme forfaitaire aux membres d’une famille en cas de décès, mais également pour assurer le versement d’un capital ou d’un revenu régulier au moment de la retraite. Elle comporte également des avantages fiscaux notables par rapport à un portefeuille d’investissement classique. Lorsque le contrat arrive à maturité, le preneur d’assurance ou les bénéficiaires reçoivent une somme forfaitaire majorée de la croissance des actifs. S’il décède avant la maturité, les bénéficiaires reçoivent le montant accumulé ou le montant garanti, selon le type de contrat.

Revenus et plus-values

Les contrats d’assurance-vie sont destinés à des investisseurs avec un horizon de placement à moyen ou long terme. Ils bénéficient de régimes fiscaux de faveur dans la plupart des pays. Contrairement à un portefeuille d’investissement classique, dans lequel la vente et l’achat d’actifs engendrent une imposition au titre des plus-values réalisées les personnes qui investissent au travers de contrats d’assurance-vie peuvent gérer leurs investissements au sein du contrat sans subir d’imposition sur les ventes ou les arbitrages des actifs sous-jacents tant qu’il n’y a pas de rachat. Ce traitement fiscal favorable permet de capitaliser, au sein de leur portefeuille, sur une base brute sans que l’impôt n’entame les rendements.

De la même manière, en l’absence de rachat, les revenus (découlant de dividendes d’actions ou d’intérêts obligataires, par exemple) sont capitalisés et ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, ce qui signifie là encore que les investisseurs bénéficient d’un report d’impôt. D’après une étude réalisée par le gestionnaire d’investissement britannique Schroders un investisseur qui aurait placé 1.000 dollars sur l’indice MSCI World le 1er janvier 1993 disposerait d’un capital d’un montant de 3.231 dollars au 7 mars 2018, soit un taux de croissance annuel de 5,9 %. Toutefois, s’il avait réinvesti l’intégralité des dividendes, le même investissement de 1.000 dollars aurait atteint 6.416 dollars, soit un taux de croissance de 8,3 % par an.

Transmission

Sur le plan civil, le bénéfice du contrat d’assurance est versé par la compagnie d’assurance au bénéficiaire défini dans le contrat au décès du preneur du contrat d’assurance (s’il en est bien la tête assurée). L’avantage est que le bénéfice de ce contrat revient au bénéficiaire et ce, même si la succession est bloquée. Sur le plan fiscal, le bénéfice versé au bénéficiaire du contrat au décès du preneur du contrat d’assurance est soumis à des droits de succession dans la succession du preneur. 

Neutralité fiscale

Le traitement fiscal des produits du contrat, même s’il varie en fonction de la juridiction, est généralement plus avantageux que celui d’un portefeuille d’investissement classique.Les contrats d’assurance-vie luxembourgeois sont conçus pour être fiscalement neutres, c’est-à-dire adaptés au pays de résidence du preneur d’assurance. Pour les preneurs d’assurance non-résidents, le Luxembourg n’impose pas les primes ni les plus-values réalisées à la fin du contrat. Cet aspect peut être un facteur important à prendre en compte pour les expatriés considérant les différentes options de structuration de leur patrimoine. La double imposition internationale des revenus mobiliers est un exercice connu pour sa complexité. Cet aspect n’est cependant pas applicable lorsque l’un des pays concernés (par exemple, le Luxembourg) ne pratique pas d’imposition. Les contrats d’assurance-vie peuvent constituer un outil de choix pour la planification et la transmission patrimoniale. Ils peuvent être adaptés et répondre aux besoins de chacun tout en assurant la continuité des stratégies patrimoniales.


La gestion de patrimoine doit être innovante

Par Jurgen Vanhoenacker, Executive Director, Sales and Wealth Structuring Solutions, Lombard International Assurance

Le 27 avril 2020

L’innovation est, aujourd’hui, devenue un terme incontournable dans le secteur de la gestion de patrimoine. En réponse aux critiques pointant leur lenteur à s’adapter aux nouvelles technologies, qui pendant ce temps disruptaient d’autres secteurs, les professionnels du patrimoine se sont plongés dans l’innovation. Ils ont ainsi considérablement investi dans leur capacité à offrir les technologies les plus récentes et les plus en vue. Toutefois, dans leur détermination à conserver une longueur d’avance, beaucoup ont oublié la raison première d’investir dans l’innovation : mieux servir les clients dans un environnement en évolution rapide. Innover judicieusement implique une fine compréhension des facteurs d’évolution, mais aussi des défis et des opportunités qu’ils soulèvent pour les clients. Car cela influe également sur leurs attentes envers leurs conseillers.

Particuliers fortunés

Il n’y a jamais eu autant de Millennials, de femmes ou de ressortissants de pays émergents parmi les particuliers fortunés et ultra-fortunés qu’aujourd’hui. Et la tendance devrait se poursuivre. Au cours de cette année, les femmes devraient contrôler 72 000 milliards de dollars, soit environ 32 % de la richesse mondiale, contre 51 000 milliards de dollars en 2015. Les Millennials vont, quant à eux,  hériter de 30 000 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années. La Chine devrait compter un million de millionnaires de plus d’ici 2023.

Ces particuliers nouvellement fortunés ont des attentes, des ambitions et des objectifs d’investissement très différents des particuliers fortunés issus des générations précédentes. Par exemple, les Millennials ultra-fortunés sont davantage susceptibles de demander des services numériques.

Et pourtant, lors d’une enquête réalisée par MyPrivateBanking, 73 % des Millennials ultra-fortunés ont déclaré ne pas être convaincus par l’application numérique de leur gestionnaire de patrimoine. Preuve que le secteur est encore loin du niveau technologique attendu par les natifs de l’ère numérique en matière de communication. 

Si les relations personnelles et la confiance continuent d’occuper une place importante pour les Millennials, ils attendent – et exigent même – une offre numérique fiable, qu’il s’agisse de consulter leur portefeuille sur une application ou de communiquer via un chat avec leur conseiller. Les professionnels du patrimoine doivent investir dans ce type d’outils technologiques afin de fournir le niveau de service attendu par ce segment de population.

Avantages de ce type d’innovation

 La clientèle issue des marchés émergents est en plein essor et exigera également une expérience numérique qui lui apportera sérénité et commodité, en mettant constamment à sa disposition des conseillers, où qu’elle se trouve dans le monde. Toutefois, l’innovation technologique à elle seule ne suffit pas à garantir une réponse aux besoins des particuliers, dont les préoccupations se concentrent autant sur le caractère durable de leurs choix d’investissement que sur la protection et la préservation de leur patrimoine.

Les Millennials et les femmes ultra-fortunés sont connus pour attacher une importance particulière au caractère durable d’un investissement, mais aussi pour leur volonté d’investir dans un but précis. Selon l’Economist Intelligence Unit, 56 % des femmes ultra-fortunées au Royaume-Uni pensent que la capacité à générer des changements à travers des investissements à impact sociétal (impact investing) devient inhérente à la définition de la richesse patrimoniale, contre 38 % pour les hommes ultra-fortunés.

Afin de s’adapter aux exigences en constante évolution de ces segments de population en plein essor, les professionnels du patrimoine devront être en mesure d’offrir la gamme complète des options et opportunités d’investissement répondant aux critères ESG (environnement, social et gouvernance) et à la notion d’impact investing. À défaut, ils risquent de se désolidariser de la prochaine génération de particuliers fortunés au profit de concurrents ou d’autres canaux d’investissement.

Mobilité croissante à l’échelle internationale.

Le fameux Knight Frank Wealth Report nous apprend qu’en 2019, 26 % des particuliers ultra-fortunés prévoyaient d’émigrer cette année et que 36 % d’entre eux détenaient déjà un deuxième passeport. Il est désormais courant pour des particuliers fortunés de détenir des intérêts commerciaux ou financiers dans un pays, de vivre dans un autre et d’envoyer leurs enfants faire leurs études dans un troisième. Gérer le patrimoine de ces individus à travers plusieurs juridictions est très compliqué pour les professionnels du patrimoine, à la fois d’un point de vue fiscal et d’un point de vue réglementaire. Et ce n’est qu’un aspect des nombreux défis auxquels sont confrontés les clients mobiles à l’échelle mondiale.

Veiller à ce que les membres de leur famille, où qu’ils se trouvent dans le monde, bénéficient du nec plus ultra en matière d’assurance et de protection est également une composante essentielle de ce que les particuliers fortunés attendent de leurs conseillers. D’ailleurs, étant donné la constante incertitude politique et financière mondiale, ces derniers auront également besoin de l’expertise nécessaire pour signaler à leurs clients dont la mobilité n’a pas de frontière quelles sont les évolutions réglementaires probables et comment elles pourraient les affecter.
 Afin de préserver une relation de confiance avec leurs clients et de leur proposer les solutions les plus efficaces, les professionnels du patrimoine doivent s’efforcer d’acquérir une expertise régionale à l’échelle mondiale. En ce sens, être innovant signifie développer les expertises régionales adéquates ainsi qu’acquérir les compétences linguistiques et culturelles requises. C’est en cela que réside l’innovation pour mieux servir les clients. Ces investissements sont indispensables à la bonne compréhension des facteurs qui incitent les particuliers fortunés à émigrer, afin de les orienter vers les solutions patrimoniales les plus appropriées.

L’innovation : un processus permanent. 

Les investisseurs continueront à changer, tout comme leurs besoins et leurs aspirations. Alors que la génération Z a déjà commencé à entreprendre et construire son patrimoine, il faudra se poser les questions suivantes : Quelles vont être les priorités en matière d’investissement ? Quels services et quelle expérience de conseil la nouvelle vague de femmes ultra-fortunées va-t-elle attendre ? Comment les opportunités et les défis soulevés par la mondialisation et l’incertitude politique vont-ils influencer les investisseurs internationaux dans les années à venir ? Ce sont des questions fondamentales auxquelles les professionnels du patrimoine doivent répondre afin de s’adapter au mieux à la mosaïque en constante évolution que forment les nouveaux particuliers fortunés.

L’innovation en matière de technologie, d’expertise et de service à la clientèle est essentielle pour que les professionnels du patrimoine restent compétitifs. Mais ceux d’entre eux qui cherchent à « innover pour innover » pourraient s’égarer bien loin des solutions les plus adaptées à leurs clients. Il faut s’attacher à mieux comprendre ces nouveaux particuliers ultra-fortunés, une génération plus diversifiée, plus jeune et plus mobile à l’échelle mondiale, et investir dans les nouveaux outils nécessaires pour les accompagner dans la définition et la construction du patrimoine qu’ils transmettront. 

 


10 facteurs qui pourraient transformer les économies et les marchés

Par Pauline Grange, Portfolio Manager chez Columbia Threadneedle

Le 20 avril 2020

La crise du Covid-19 éprouve les citoyens, les familles, les entreprises, les gouvernements et les marchés de capitaux du monde entier. Cette épreuve pourrait transformer en profondeur le comportement des consommateurs et des entreprises, mais aussi le fonctionnement des marchés financiers. Dans cette perspective, voici les dix tendances qui résulteront de la pandémie de Covid-19 et qui changeront à jamais les économies et les marchés. 

Le pic de la mondialisation

Qu’il s’agisse de consommation ou de chaînes d’approvisionnement, les pays commenceront à accorder davantage d’attention à la provenance des produits, ainsi qu’à leur dépendance excessive à l’égard de certaines économies. Cela va clairement inciter les entreprises à diversifier les chaînes d’approvisionnement. Les petites structures locales pourraient également bénéficier d’une vague de soutien dans la mesure où les consommateurs se détourneront des marques « historiques » qu’ils avaient l’habitude d’acheter. 

Accélération de la transition de l’argent liquide vers les cartes

Un plus grand nombre de personnes étant contraintes d’abandonner les magasins traditionnels au profit du commerce en ligne, et alors que les magasins « en dur » de nombreuses régions n’acceptent plus les paiements en espèces pour des raisons d’hygiène, la transition des paiements en espèces vers les paiements par carte pourrait s’accélérer.

Santé et hygiène

Les règles et réglementations vont se durcir, en particulier en Chine où les pressions en faveur d’une formalisation de l’industrie agroalimentaire du pays vont s’intensifier, compte tenu de l’origine de l’épidémie. 

Avancées de la communauté médicale

La population sera surprise par les progrès rapides, obtenus grâce à la communauté médicale et de la génétique en termes d’enrayement de la maladie et de conclusions des essais cliniques. Le génome de la maladie a été cartographié à la mi-janvier. Le mécanisme de liaison aux protéines a été identifié il y a deux semaines. Le virus a été reproduit dans un laboratoire canadien il y a une semaine. Moderna, une entreprise américaine de biotechnologie, teste un vaccin depuis quinze jours. C’est prodigieusement rapide par rapport à « l’ancien temps », où les tests auraient pris des années et non des semaines. Il est possible que les populations sous-estiment l’évolution de la science et ses conséquences. En cas d’espoir prochain d’un enrayement de la maladie plus tôt que prévu, une bonne surprise est à prévoir.

Une meilleure acceptation du travail intelligent

Les entreprises étant obligées de permettre le travail à domicile, le télétravail pourrait devenir une pratique plus acceptable. Une telle transition aura des répercussions sur les investissements dans le cloud, avec un abandon accéléré des infrastructures informatiques existantes.

Les géants technologiques, désormais considérés comme un service public, sont moins attaqués

Cette période de confinement met clairement en lumière le soutien indispensable qu’apportent les plateformes technologiques, y compris les médias sociaux. Si des plateformes en ligne telles que Google Search, YouTube et Facebook/Instagram pourraient voir leurs revenus publicitaires plonger à court terme, elles bénéficieront à plus long terme d’une croissance plus robuste de leurs utilisateurs et d’un engagement accru. Les personnes qui avaient quitté les plateformes par souci de protection de la vie privée pourraient bien revenir, tandis que les attaques des gouvernements pourraient perdre en virulence compte tenu du rôle clé que les sociétés technologiques ont joué dans cette crise en soutenant les communautés.

Croissance de la consommation en ligne

Qu’il s’agisse de produits d’alimentation, d’éducation ou de commerce de détail au sens plus large, la consommation en ligne a augmenté, avec une base élargie d’utilisateurs désormais plus à l’aise avec ce mode de consommation. Il est possible que ce qui a débuté par nécessité pour beaucoup puisse devenir la norme. Une nouvelle accélération des investissements en ligne de la part des détaillants et des services traditionnels sera également observée. 

Accélération des principales tendances technologiques

Les usines d’intelligence artificielle (IA) ont déjà connu une croissance rapide. Ces dernières utilisent des algorithmes basés sur les données pour la prise de décision automatisée plutôt que des processus à forte intensité de main-d’œuvre reposant sur la communication en face à face. Elles sont bien adaptées à un monde où les interactions humaines sont moins nombreuses, ce qui, comme indiqué plus haut, pourrait accélérer encore les investissements dans les « clouds » publics. 

L’essor des priorités « vertes »

Alors que les pays constatent les avantages d’un air et de voies d’eau plus propres (à Venise, l’eau des canaux est bien plus claire et des bancs de poissons sont maintenant visibles), pourraient-ils avoir envie de conserver ces bienfaits ? Sous l’impulsion des mesures de relance budgétaire, nous pourrions assister à un renforcement de l’agenda vert et à une augmentation des investissements dans les énergies renouvelables, les infrastructures relatives aux véhicules électriques, etc.. 

Le développement du capitalisme moral 

Les entreprises connaissent-elles une « crise » existentielle, qui les conduit à se concentrer davantage sur leur finalité, à savoir leur impact sur l’environnement et leurs clients, la communauté, les employés et la chaîne d’approvisionnement ? Dans un contexte d’inégalité sociale croissante dans les marchés occidentaux, le recours par les entreprises à des opérations de rachat pour gonfler le cours des actions au détriment des investissements et des bilans fait déjà l’objet d’une attention croissante. Mais une fois la crise du Covid-19 dépassée, est-il possible que cette attention se renforce encore ? S’agissant des consommateurs, il est possible que l’ordre des valeurs auxquelles nous sommes attachés soit modifié en profondeur, puisque nous avons été privés dans les faits de notre liberté. Soudain, les possessions perdent de leur intérêt tandis que les expériences, la santé/forme physique et l’engagement social « remontent » dans les priorités des consommateurs.

 


Comment envisager ses placements : en privé ou via sa société?

Par la Banque Nagelmackers

Le 10 mars 2020

Voici trois vidéos qui expliquent les avantages et inconvénients d’investir en privé ou via une société.

Dans la première vidéo, les différences de principe entre investir en personne physique et investir via sa société sont abordées. Il y est surtout mis l’accent sur le coût fiscal de l’une ou l’autre voie choisie.

Dans les deux vidéos suivantes, la fiscalité des placements en société ainsi que le traitement fiscal des SICAV RDT, produit-phare pour les personne morales, sont expliqués.

 

 

  


L’Intelligence Artificielle est-elle une thématique d’investissement porteuse ?

Par Rolando Grandi, La Financière de l’Echiquier

Le 14 février 2020

L’économie a toujours été portée par l’innovation. Les trois premières révolutions industrielles – la machine à vapeur, le pétrole/l’électricité, les NTIC – ont permis l’industrialisation de l’économie puis son virage vers les services. Aujourd’hui, l’or noir, c’est le Big Data. C’est grâce à une constellation de technologies que l’intelligence artificielle (IA) a pu émerger, en premier lieu grâce au cloud et à ses capacités de calcul quasi-infinies. De la plus grande à la plus récente, les entreprises sont aujourd’hui en mesure d’exploiter les données pour créer de la valeur ajoutée. La propagation de l’IA s’est accélérée sous l’effet du développement des réseaux neuronaux. Ceux-ci la dotent de capacités d’auto-apprentissage. Et les applications d’IA qui prolifèrent aujourd’hui mettent en mouvement cette thématique porteuse. On y trouve les voitures autonomes les algorithmes prédictifs en passant par l’e-santé ou l’agriculture intelligente. L’ère de l’IA ne fait que commencer. Les gisements de croissance y sont prodigieux.

 L’IA et les entreprises

Les pionniers et géants de l’IA se trouvent bien sûr aux Etats-Unis et en Chine. Cependant, dans leur sillage, c’est tout un écosystème innovant qui se crée et d’autres pays s’illustrent dans les applications d’IA notamment. L’IA sera incontournable pour les entreprises du monde entier. Et, dans le contexte actuel de ralentissement de la croissance mondiale et d’inflation atone, les sociétés qui tirent leur épingle du jeu sont celles qui maintiennent leur dynamique d’innovation et de leadership. La société chinoise PING AN HEALTHCARE en est un très bon exemple. Son application Good Doctor permet d’avoir accès jour et nuit à un médecin via un smartphone. Ce médecin réalise plus de 656 000 consultations quotidiennes, prouesse possible puisqu’il s’agit d’une IA ! Un médecin humain valide ensuite bien sûr le diagnostic et l’ordonnance. Ce recours à l’IA permet de fluidifier l’accès à la médecine. Depuis le début de l’épidémie du coronavirus, le titre s’est d’ailleurs fortement apprécié, reflet de l’anticipation du succès de cette application par le marché.

Quelles sont les perspectives pour l’IA sur le terrain de l’investissement ?

Les perspectives restent porteuses sous l’effet de la prolifération de l’IA au sein de l’économie mondiale. L’IA est une technologie universelle. Elle n’a pas de frontières, comme en témoigne par exemple l’accélération du développement d’applications d’IA dans les pays émergents, en Asie Pacifique et en Amérique Latine notamment. La transformation digitale de l’économie, dont l’IA reste la clé de voûte, continue de soutenir la croissance des entreprises.

L’apport de l’IA à l’économie planétaire est estimé par PwC à 15 700 milliards de dollars d’ici 2030. Nous sommes à l’aube d’une profonde révolution !


L’eau : quelles opportunités d’investissement ?

par Cédric Lecamp, Senior Investment Manager, Pictet Asset Management.

Le 15 janvier 2020

L’eau est une ressource naturelle essentielle dont la demande augmente rapidement.

L’eau est une ressource essentielle à la vie – nul ne peut s’en passer. Or, bien que renouvelable, l’eau n’est pas une ressource inépuisable. Les grands défis mondiaux comme l’urbanisation, l’évolution démographique et le changement climatique viennent en outre accroître les pressions pesant sur les ressources en eau existantes. La nécessité de sécuriser l’offre d’eau actuelle et d’accroître sa capacité par le biais de technologies et de services innovants constituera par conséquent un thème majeur – soutenu par des milliards de dollars d’investissements – ces prochaines années. Les sociétés capables de proposer des solutions répondant à la problématique mondiale de l’eau devraient donc constituer des opportunités intéressantes pour les investisseurs au cours des décennies à venir.

La stratégie thématique de l’eau investit dans tous les segments du secteur, avec un intérêt particulier sur l’offre d’eau, les technologies liées à l’eau et les services environnementaux. Compte tenu du rôle croissant des entreprises privées dans la gestion du cycle de l’eau, les opportunités d’investissement à long terme sont appelées à se multiplier.

  1. Les infrastructures liées à l’eau

En matière d’offre d’eau, le secteur privé se compose d’entreprises desservant la population via l’offre et le stockage d’eau potable. D’ici à 2050, jusqu’à 4 milliards d’êtres humains pourraient vivre dans des régions soumises à un fort stress hydrique, contre 1,2 milliard aujourd’hui1. La croissance économique accentue la pénurie d’eau, en dopant la richesse individuelle et en entraînant une consommation accrue de produits tels que les protéines animales, dont la production exige davantage d’eau. Ainsi, produire un kilogramme de bœuf requiert 15 000 litres d’eau, soit six fois plus que le volume nécessaire pour produire une quantité équivalente de riz2.

Confrontés à des budgets serrés et à des infrastructures vieillissantes, les Etats sont de moins en moins aptes à assurer l’offre d’eau, malgré les risques encourus. Les sociétés privées seront par conséquent appelées à jouer un rôle toujours plus important dans le cycle humain de l’eau, particulièrement Amérique du Nord et en Europe centrale et orientale, où elles devraient accroître leur part de marché de plus de 10% entre 2013 et 20253. Sachant que d’autres régions, comme l’Amérique du Sud et l’Asie, nécessiteront jusqu’à 14.000 milliards de dollars d’investissements d’ici à 2030 pour assurer leur offre d’eau, d’innombrables opportunités de profits se présenteront aux sociétés proposant des solutions innovantes, notamment en matière de recyclage et de désalinisation de l’eau4.

  1. Les technologies liées à l’eau
  • Les fournisseurs de solutions de traitement des eaux

Le secteur des technologies de l’eau se compose d’entreprises développant des outils et des systèmes permettant une efficience accrue en matière d’utilisation d’eau. Par exemple, jusqu’à 75% de l’eau de source disponible sur la planète est impropre à la consommation car contaminée ou polluée5. Si les Etats peuvent mettre en œuvre des mesures visant à protéger les sources d’eau contre les polluants, ce sont des sociétés privées actives dans le développement de systèmes de filtrage innovants, tels que la filtration par membrane ou le filtrage par ultraviolets, qui offrent les réponses à ces problèmes.

  • La prévention de fuites

Dans les pays émergents, plus de 45 millions de mètres cubes d’eau6 sont perdus chaque jour à cause des fuites. A l’échelle mondiale, le coût de restauration des infrastructures publiques existantes entre 2005 et 2030 devrait excéder les 20.000 milliards de dollars4. Les sociétés proposant des solutions novatrices en matière de technologies de l’eau, telles qu’une prochaine génération de détecteurs et des équipements de contrôle capables d’accroître notre efficience en termes d’utilisation d’eau et de prévenir le gaspillage dû à des fuites, représentent de très belles opportunités d’investissement.

  • L’irrigation

Sachant que 70% de l’eau douce disponible sur la planète est utilisée à des fins de production agricole7, les Etats s’efforcent de limiter les gaspillages dans ce secteur, notamment en sanctionnant l’arrosage des cultures en journée lors des périodes de sécheresse par des amendes (comme c’est le cas en Californie). Cette focalisation sur le gaspillage crée des opportunités pour les sociétés travaillant à l’optimisation des technologies hydriques à usage agricole, telles que les systèmes d’irrigation goutte à goutte, permettant une humidification par intermittence des racines des plantes uniquement, avec à la clé des niveaux d’humidité supérieurs pour une utilisation d’eau réduite.

  1. La gestion des déchets

Alors qu’en Chine, près de 60% des eaux souterraines et un tiers des eaux de surface ont été répertoriées comme « impropres au contact humain »8, la nécessité de répondre aux problèmes découlant d’une mauvaise gestion des déchets fait l’objet d’une prise de conscience croissante, notamment dans les pays émergents.

Le gouvernement chinois a démontré sa détermination à assainir la situation par le biais de son programme 2015 « Water Ten Plan », imposant aux industries polluantes des objectifs très rigoureux en matière de protection écologique et environnementale9. Le traitement des eaux usées industrielles en Chine atteignant un taux de pénétration d’environ 90%, l’attention est désormais appelée à se tourner vers l’augmentation des déchets domestiques10. Les sociétés actives dans le secteur des services environnementaux et proposant des solutions de collecte devraient donc en bénéficier.

[1] OCDE
[2] Réseau Empreinte de l’eau (Water Footprint Network)
[3] Envisager
[4] OCDE Morgan Stanley Pictet Asset Management
[5] UNESCO
[6] Banque mondiale
[7] Programme des Nations Unies pour l’environnement Pictet Asset Management
[8] Ministère chinois de la terre et des ressources
[9] Initiative China Water Risk Conseil d’Etat chinois
[10] Nomura