Réflexions économiques – Page 20 – MoneyStore

Le marché est-il devenu trop dangereux pour les investisseurs privés ? (3)

Par Pierre Nothomb, Deminor

Nous présentons ici une chornique en plusieurs volets de Pierre Nothomb, Deminor

L’architecture ouverte et les rétrocessions

En théorie, l’architecture ouverte est une belle invention. En effet, elle encourage les gestionnaires d’actifs à mettre en avant et à proposer à leur clients des fonds de leurs concurrents, parfois actifs dans un secteur non couvert par le gestionnaire ou bien simplement plus performants que les siens. En situation idéale, cela éliminerait le conflit d’intérêt du gestionnaire qui a tendance à promouvoir son produit plutôt qu’un autre éventuellement meilleur.

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Le marché est-il devenu trop dangereux pour les investisseurs privés ? (2)

Par Pierre Nothomb, Deminor

Nous présentons ici une chronique en plusieurs volets de Pierre Nothomb, Deminor

Les « dark pools »

La profondeur du marché est une des informations les plus importantes pour quelqu’un qui investit en bourse. Les grandes banques d’investissement comme Morgan Stanley, Deutsche Bank ou Goldman Sachs disposent de « dark pools ». Ces banques passent quotidiennement un très grand nombre de transactions, souvent dans les deux sens sur une même valeur. Elles ont maintenant la possibilité de réaliser les transactions par compensation interne au moyen de ces « Dark Pools ».

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Le marché est-il devenu trop dangereux pour les investisseurs privés ? (1)

Par Pierre Nothomb, Deminor

Nous présentons ici une chronique en plusieurs volets de Pierre Nothomb, Deminor.

Qui garantira l’intérêt général quand les Etats seront devenus plus faibles que les opérateurs ? Si la crise financière nous a appris quelque chose, c’est que les états souverains ont perdu une partie du pouvoir qui leur permettait de réguler les marchés. Leur endettement d’une part, mais aussi la sophistication des marchés financiers globalisés d’autre part, les placent maintenant sous le joug des agences de notation, celles-là même qui ont largement contribué à créer cette crise.

Cette faiblesse des états est évidemment une mauvaise nouvelle, dans la mesure où ils étaient les derniers à incarner la notion d’intérêt général. Leur faiblesse momentanée donne plus de marge de manœuvre aux opérateurs financiers, leur permettant de maximiser leur intérêt personnel, parfois en perdant de vue l’intérêt de l’ensemble du marché et de la société.

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Le prix de la crise

Par Etienne de Callataÿ, Chargé de cours invité à l’UCL et aux Facultés de Namur et Senior Fellow de l’Itinera Institute

La double crise, du système financier et du financement des Etats, induit une perte de bien-être matériel pour la collectivité, une perte qu’il convient de répartir au mieux. Préciser les causes de cet appauvrissement et réfléchir à la moins mauvaise des répartitions, telle est le double objet de ce qui suit.

Pourquoi la crise appauvrit

Le premier coût de la crise financière a été celui de la récession qui a suivi son éclatement. A l’échelle belge, chaque point de pourcentage perdu en matière de croissance économique coûte près de 4 milliards d’euro en amputation du PIB, c’est-à-dire à la fois en perte de valeur ajoutée créée dans l’économie et de revenu pour les habitants. Quand la croissance s’affiche pour une année donnée à -3% au lieu du 2% habituel, cela fait donc un différentiel de revenu de près de EUR 20 milliards, un coût partagé entre entreprises, individus et secteur public.

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Trois bonnes raisons pour faire sauter la banque universelle

Par Olivier Lefebvre, Chargé de Cours invité à l’Economic School of Louvain

Malgré la gravité de la crise bancaire, les autorités européennes, du moins celles de la zone Euro, ont refusé d’ouvrir le débat sur le retour à la séparation des métiers entre banques de dépôts et banques d’investissement. Elles ont tort pour au moins trois raisons.

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A la croisée des chemins

Une opinion de Roland Gillet, Professeur de finance à la Sorbonne ainsi qu’à l’ULB et expert au niveau international

A défaut de trouver des solutions concrètes, la situation de la Grèce appelle quelques commentaires. Avec environ 350 milliards d’euros de dettes pour 240 milliards d’euros de PIB, nous sommes face à des déséquilibres qui n’ont plus rien à voir avec ceux de l’après-crise de 2008, environ 280 milliards de dettes et de PIB.

« Au niveau européen, les politiciens maintiennent qu’ils veulent sauver la Grèce mais on manque à chaque fois l’opportunité d’agir collectivement de manière décisive, solidaire et responsable, en les aidant véritablement avec de l’argent frais, en contrepartie d’efforts raisonnables à valider sur place à chaque ouverture du carnet de chèque européen. Pratiquer uniquement des taux d’usure, même encore réduits le 21 juillet, sur des prêts comme nous l’avons fait jusqu’à aujourd’hui n’a aucun sens et empire continuellement la situation. Tout au plus, la peur de défaut des créanciers aboutit-elle à faire pression permanente sur la consommation intérieure dans un climat de récession économique grandissant. Ce pays ne pourra pas s’en sortir avec un tel scénario. Bien sûr, il y a indéniablement des réformes structurelles à mener. Mais cela prendra du temps et ne pourra se faire qu’avec un réel soutien et nos apports techniques dans bien des situations. Il faut prendre les choses en mains à la base défaillante du business plan grec plutôt que d’accroître les déséquilibres par des prêts dans le vide», estime Roland Gillet, Professeur de finance à la Sorbonne ainsi qu’à l’ULB et expert au niveau international.

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Le PIB : indicateur de richesse ?

Par Olivier Lefebvre, Chargé de Cours invité à l’Economic School of Louvain

Le fameux PIB (Produit Intérieur Brut) est généralement considéré comme un bon indicateur de la richesse d’une nation. C’est en effet la variation réelle du PIB qui va indiquer si une économie est en croissance ou en récession et lorsqu’on compare la richesse des pays, on va comparer le PIB par habitant.

On sait depuis longtemps que le PIB ne mesure pas le bien-être ni la qualité de vie. C’est pour cela que les Nations Unies par exemple, ont développé des indicateurs de bien-être ou de développement humain. Mais on se rend compte aujourd’hui que le PIB ne mesure même pas correctement la richesse ! En effet, c’est un peu comme si on gérait une entreprise en ne regardant que le chiffre d’affaire, mais en omettant de mesurer certains coûts et en ignorant entièrement le bilan.

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Etre pondéré

Par Etienne de Callataÿ, Chargé de cours invité à l’UCL et aux Facultés de Namur et Senior Fellow de l’Itinera Institute

Souvenez-vous ! Quand le tsunami du 11 mars dernier a frappé la centrale de Fukushima, d’aucuns imaginaient Tokyo (ir)radié de la carte. Quand la grippe A (H1N1) s’est répandue au printemps 2009, la peur d’une nouvelle grippe espagnole a saisi la population et les autorités. Quand la crise financière s’est propagée en Europe, ils n’ont pas été rares ceux qui ont vidé leurs carnets d’épargne d’institutions malmenées en bourse pour dormir sur un matelas de billets. Quand le prix du pétrole a grimpé jusqu’à environ 150 dollars par baril à l’été 2008, des experts ont annoncé un baril prochainement à USD 250. Quand les marchés d’actions avaient déjà derrière eux deux décennies de vive progression, en 1999, des spécialistes ont publié un livre affirmant que les cours allaient être multipliés par 4 en l’espace de quelques années !

Oui, les prévisionnistes se trompent. Oui, c’est l’imprévu qui finit toujours par arriver. Dans ses « Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur », publiés en 2000, Edgar Morin consacre un chapitre à l’incertitude et l’ouvre par une citation d’Euripide : « Les dieux nous créent bien des surprises : l’attendu ne s’accomplit pas, et à l’inattendu un dieu ouvre la voie ». Mais attention à ne pas commettre de faute de logique : si la prévision tempérée, qu’il s’agisse de croissance économique, d’inflation ou de bourse, a de bonnes chances d’être invalidée, cela ne valide pas tous les scénarios extrêmes, comme le montrent les exemples repris ci-dessus.

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