Bons conseils

Ce corner « Les bons conseils » est animé par la Deutsche Bank

 

Secteur technologique : trois raisons de rester confiants

Le 4 septembre 2020

Le secteur technologique affiche de superbes résultats depuis le début de l’année et a aussi battu le marché à de nombreuses reprises dans le passé. Analyse.

En résumé :

  • Le secteur technologique fait non seulement la course en tête depuis le début de l’année, mais il a aussi battu le marché à de nombreuses reprises dans le passé.
  • La valorisation du secteur IT peut, a priori, sembler tendue mais les prévisions de bénéfices sont restées relativement résilientes.
  • On peut s’attendre à une poursuite de la surperformance du secteur technologique soutenue par les tendances liées à la digitalisation, des fondamentaux relativement solides et un différentiel de valorisation plus serré.

La technologie continue de stimuler les marchés d’actions
Les marchés boursiers ont rebondi de façon remarquable depuis leurs planchers du mois de mars. De nombreux marchés se rapprochent progressivement de niveaux records ou, à l’instar du Nasdaq, les ont déjà atteints. Au niveau mondial, le gain de 29,7% de l’indice MSCI ACWI Information Technology au 2e trimestre a largement dépassé la baisse de 13,9 % du 1er trimestre induite par le Covid-19. Le secteur n’affiche pas seulement la meilleure performance depuis le début de l’année (+22,3%) mais il a également battu le marché régulièrement dans le passé (voir graphique 1), soulignant l’inclinaison structurelle claire des investisseurs à privilégier la qualité et la croissance.

Sans la forte contribution à la performance du secteur technologique, les marchés boursiers afficheraient un visage sensiblement différent. Les dix actions de croissance à méga-capitalisation (1) qui composent l’univers technologique élargi (environ 30% de la capitalisation boursière totale) ont largement contribué à la performance de l’indice S&P 500 depuis fin mars. Sans ces dix valeurs, l’indice S&P 500 aurait évolué dans une fourchette étroite depuis début avril et aurait même chuté lorsque la situation sur le front de la pandémie aux États-Unis s’est à nouveau aggravée (voir graphique 2).

Les revenus du secteur technologique s’avèrent relativement résilients

Si la valorisation du secteur IT semble à première vue tendue, il convient toutefois de l’apprécier dans le contexte des prévisions de bénéfices futurs par rapport aux prévisions pour l’ensemble du marché. Le rallye boursier au cours du 2etrimestre a été caractérisé par un découplage extrême de l’évolution des cours par rapport au consensus des prévisions de bénéfices des 12 prochains mois, qui a connu au 2e trimestre les plus fortes révisions à la baisse jamais enregistrées. En revanche, le consensus des prévisions de bénéfices des 12 prochains mois pour le secteur IT a, quant à lui, connu des révisions à la baisse beaucoup plus faibles.

Pour ce qui est de la saison des résultats du 2e trimestre 2020, le secteur technologique a, jusqu’à présent, enregistré la meilleure croissance du chiffre d’affaires par rapport à l’an dernier pour l’indice S&P 500 et la meilleure croissance du bénéfice par action pour l’indice STOXX Europe 600. L’ampleur des surprises positives au niveau des revenus et des bénéfices a également été supérieure à celle observée pour les indices plus larges.

Croissance structurelle

En dépit de certains risques évidents, tels que, par exemple, la perturbation des chaînes d’approvisionnement, les très fortes valorisations de certaines actions individuelles, le conflit commercial et une réglementation plus stricte, en particulier sous une administration Biden, il y a trois raisons principales susceptibles de soutenir une poursuite de la surperformance du secteur technologique.

  1. Le secteur IT profitera davantage des nombreuses tendances à la digitalisation (commerce électronique, paiement sans contact, travail à domicile, etc.). Les changements structurels de l’économie mondiale associés à la pandémie de Covid-19 pourraient rendre les technologies de l’information encore plus importantes. Des industries durement touchées par la crise pourraient, par exemple, y avoir davantage recours pour accroître leur productivité. Le secteur IT pourrait aussi fortement bénéficier d’une augmentation des dépenses d’investissement, peut-être stimulées par de nouvelles mesures de relance budgétaires.
  2. Le secteur technologique se caractérise généralement par d’importantes barrières à l’entrée sur le marché et des fondamentaux relativement robustes, notamment en ce qui concerne les bénéfices et les marges. Ces derniers sont soutenus par des prévisions de croissance bénéficiaire à long terme qui sont les plus élevées de tous les secteurs. Des bilans solides, avec des trésoreries abondantes et des niveaux d’endettement relativement faibles, offrent également un soutien supplémentaire au secteur IT.
  3. Du point de vue des valorisations, la prime actuelle du secteur technologique par rapport au marché au sens large (sur base du rapport cours/bénéfices estimés à 12 mois) semble raisonnable, d’autant plus qu’elle était beaucoup plus importante avant la crise. Dans l’ensemble, la valorisation du secteur IT n’est certes plus bon marché, mais le secteur est très diversifié et il comprend des entreprises qui occupent des positions de premier plan sur leurs créneaux respectifs, offrant souvent un potentiel de croissance structurelle à des valorisations plus raisonnables.

Graphique 1 : Performances de l’indice MSCI ACWI Information Technology (IT) par rapport à l’indice mondial MSCI ACWI.

Source : Bloomberg, Deutsche Bank AG, données au 10 août 2020.

Graphique 2 : Performance des actions de croissance à méga-capitalisation par rapport au reste du S&P 500.

  • Les 10 actions de croissance à méga-capitalisation sont les suivantes : Adobe, Alphabet, Amazon, Apple, Facebook, Mastercard, Microsoft, Netflix, NVIDIA et Visa.

Comment emprunter avec un compte-titres en garantie?

Par Deutsche Bank Belgique

Le 5 août 2020

La période de confinement semble avoir boosté les projets des Belges auprès d’une frange de la population de plus en plus jeune. Constructions de piscines ou d’étangs naturels, secondes résidences à but locatif ou non, les demandes sont reparties à la hausse1. En tant qu’investisseur, les conditions sont réunies pour financer certains projets. En mettant en gage un compte-titres, l’emprunteur bénéficie de taux compétitifs. Mais comme il conserve ses placements, il continue aussi à en percevoir les rendements potentiels. On peut financer différents types de projets : immobilier (seconde résidence, immeuble de rapport…), mobilier (old timer, œuvre d’art, bateau…), une profonde rénovation ou la construction d’une piscine…

Une solution

Grâce à l’actuelle modicité des taux, emprunter de l’argent est devenu intéressant. Et sans doute plus intéressant que de vendre ses actifs. A ce titre, certains types de crédits constituent une solution idéale pour financer :

  • Une seconde résidence,
  • Un investissement dans un immeuble locatif ou un kot,
  • La construction d’une piscine / étang naturel,
  • Un projet de rénovation,
  • Un « crédit-pont »,
  • Le paiement de droits de succession,
  • Un ancêtre (old timer),
  • Une œuvre d’art,
  • ..

Des crédits à taux fixe peuvent être taillés sur mesure pour les investisseurs qui disposent déjà d’un portefeuille de titres ainsi que de liquidités.

Un projet concret

Pour financer une acquisition immobilière via une formule hypothécaire classique, l’acheteur devra probablement vendre une partie de son portefeuille de titres. Ce serait dommage, puisqu’il renoncerait ainsi au rendement potentiel d’une partie de son portefeuille d’investissement. Sans oublier que certaines banques rechignent à mettre une inscription hypothécaire sur un bien immobilier qui serait situé à l’étranger2.

Certaines formules peuvent répondre justement à ce dilemme. Elles permettent de financer un projet (mobilier ou immobilier) tout en conservant son portefeuille d’investissements… et les rendements potentiels qui y sont assortis. Intéressant en ces temps où le compte d’épargne consiste à perdre du pouvoir d’achat.

Un crédit couvert par des titres

Le montant emprunté pour financer le projet immobilier est couvert par un portefeuille de titres (éventuellement complété par des liquidités). On dit alors que celui-ci est en ‘nantissement’ ou en gage. Le portefeuille est valorisé en fonction du niveau de risque que représente chaque actif qui le compose. Les revenus potentiels du portefeuille d’investissement3 pourraient être affectés à payer tout ou partie des intérêts du crédit. Ce type de formule est encore plus avantageux dans un contexte de taux bas, tel que nous le connaissons actuellement, en particulier lorsque le rendement espéré du portefeuille est potentiellement supérieur au taux d’intérêt du crédit.

Avec ce type de prêts, l’emprunteur conserve son portefeuille d’investissements dont les revenus potentiels peuvent servir à payer tout ou partie des intérêts du crédit 

Atouts majeurs de ce type de crédits

1. Faibles taux, faibles coûts

Lorsqu’on tient compte de tous les paramètres, un tel crédit est généralement plus avantageux qu’un prêt avec affectation hypothécaire ou un prêt personnel. D’abord parce que le taux d’intérêt appliqué est sensiblement plus faible. Ensuite parce que l’emprunteur économise de nombreux frais. Si le projet financé est de type ‘immobilier’, il ne devra pas être fait appel à un notaire pour le volet financier de l’achat. Pas nécessaire non plus de conclure une assurance solde restant dû, ni de remplir toutes les obligations imposées généralement par les banques : souscription d’une assurance incendie, versement obligatoire des revenus…

2. On conserve ses investissements

L’emprunteur conserve son portefeuille, et donc aussi les rendements potentiels de ses actifs. Techniquement, le compte-titres mis en garantie est bloqué pendant la durée du crédit, ce qui n’empêche cependant pas de vendre/acheter certains titres dans l’intervalle. Ces achats/ventes restent possibles moyennant accord de la banque, en tenant compte des délais de transmission et d’exécution des ordres d’achat/vente. La garantie, et donc la valorisation de crédit attribuée au portefeuille, est recalculée régulièrement.

3. Différentes finalités

Tous les types d’immobiliers peuvent être financés via un tel type de crédit : un appartement à la Côte belge, un immeuble à kots à Bruxelles, une seconde résidence au soleil, etc.

On peut aussi faire construire une piscine ou effectuer des travaux de rénovation dans son habitation. Ou encore pour acheter une voiture ancienne (old timer), une œuvre d’art ou un bateau. Ou pour un « crédit-pont » ou le paiement de droits de succession.

1 Sources : Le Soir Immo, 3 juin 2020, « Avec le confinement, les commandes de piscines explosent » et La Libre Belgique, 1er juillet 2020 : « Les secondes résidences, objets de rentabilité ».

2 Source : L’Echo – Mon Argent, 27/01/2020, « Où emprunter pour financer sa résidence secondaire au soleil ? »

3 Les produits d’investissement sont sujets à risques. En termes de rendement futur, ils peuvent évoluer à la hausse mais aussi à la baisse et les investisseurs peuvent dans certains cas ne pas récupérer le montant de leur investissement

 


Intelligence artificielle : de la fiction à la science

Par Dieter Vandewiele, Fund Analyst, Deutsche Bank Belgique

Le 6 juillet 2020

L’intelligence artificielle (IA) est appelée à régenter nos vies. En tant qu’investisseur, comment en tirer parti ? L’intelligence artificielle (IA) pourrait être l’évolution la plus disruptive de cette décennie. Elle peut être un thème d’investissement intéressant dans le cadre d’un portefeuille dynamique et largement diversifié.

On a coutume de dire que la machine à vapeur a entraîné la première révolution industrielle, l’électricité et le moteur à combustion interne la deuxième et l’ordinateur la troisième. La quatrième révolution industrielle pourrait bien être celle de l’intelligence artificielle.

Un énorme potentiel

Si l’on en croit des études récentes de McKinsey et PWC1, 72% des dirigeants d’entreprise pensent que l’intelligence artificielle sera l’avantage commercial de l’avenir. Cette technologie possède tous les ingrédients voulus pour être la force la plus disruptive des prochaines années. L’IA peut changer la face du monde. Avec un formidable effet de levier sur l’économie. Internet, c’est déjà du lourd, mais l’intelligence artificielle encore plus.

Des applications au quotidien

Pour trouver des exemples concrets d’intelligence artificielle, il ne faut plus chercher loin. Cette technologie s’est déjà immiscée dans de nombreux aspects de notre vie. Depuis votre portable, il vous suffit de commander un pull-over pour recevoir de multiples suggestions d’articles assortis. Si vous entamez un dialogue avec votre fournisseur d’énergie, un robot informatique vous expliquera à coup sûr comment optimiser votre plan tarifaire. En voiture, d’innombrables applis vous aident à éviter les embouteillages.

L’IA mise à contribution dans la lutte contre le coronavirus

Les applications actuelles de l’IA vont bien au-delà du commerce en ligne et des embouteillages. Elles peuvent aussi nous aider à prévoir et à combattre les pandémies. Par exemple, dans la nuit du 30 décembre 2019, une plateforme canadienne d’intelligence artificielle a détecté un groupe de « cas inhabituels de pneumonie » se produisant autour d’un marché à Wuhan. Ainsi, cette plateforme, conçue pour détecter, localiser et conceptualiser la propagation des maladies infectieuses, a repéré les premières traces de Covid-19, et ce, neuf jours avant que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne publie son avertissement.

En outre, des applications d’IA sont utilisées pour développer des médicaments et un vaccin, pour surveiller la pandémie et pour diagnostiquer le coronavirus. Dans ce contexte, une société belge a, par exemple, développé un moyen de diagnostiquer les patients assez rapidement sur la base d’un scanner. Ce sont autant de développements qui pourront avoir de multiples débouchés médicaux à l’avenir.

Dans tous les secteurs

L’intelligence artificielle transforme de plus en plus des industries entières. Pensez aux véhicules autonomes dans le secteur automobile, aux robots conseillers (robo advisors) dans le monde financier, à la gestion des stocks dans les entrepôts, aux traductions en temps réel et à la reconnaissance vocale dans le monde de la communication, etc…
Un thème qui comporte 3 axes

L’IA peut donc être un thème d’investissement intéressant, dans le cadre d’un portefeuille dynamique et largement diversifié. L’investissement dans l’intelligence artificielle peut se faire selon trois axes : la collecte de données, le traitement ou l’analyse des données et les applications pratiques:

  1. La collecte de données: En 2020, le volume de données que nous produisons sera 20 fois supérieur à celui de 2010. Ces données ne sont pas seulement générées par les humains (applications mobiles, médias sociaux, programmes de fitness et d’activité,…), mais aussi par des machines et infrastructures (par exemple, concept des villes intelligentes).
  2. Le traitement et l’analyse des données: Bien entendu, les flux de données (le « big data ») sont les principales sources d’approvisionnement de l’intelligence artificielle. Encore faut-il ensuite pouvoir les analyser et les traiter. Pour ce faire, il faut disposer d’algorithmes, d’une grande puissance de calcul et d’une énorme capacité de stockage.
  3. Les applications pratiques: Les assistants virtuels (comme Alexa et Siri), l’assistance à la conduite, la reconnaissance faciale, la chirurgie robotisée, les applications de l’IA s’étendent de jour en jour. Les entreprises qui optent pour l’intelligence artificielle acquièrent un avantage concurrentiel.

La 5G : un pas de géant pour l’intelligence artificielle

La vitesse d’envoi des données propre à la nouvelle norme 5G offrira la possibilité de connecter entre eux des appareils intelligents (supportant l’IA). Pour la première fois, la communication entre différents objets, produits, machines et serveurs sera fiable et fluide avec la 5G, ce qui permettra d’obtenir une bonne expérience utilisateur. Cela crée en soi de nombreuses nouvelles opportunités.

Ainsi, les « usines intelligentes » comme les « villes intelligentes » ne sont plus de la science-fiction mais la réalité de demain. La norme actuelle (4G) offre un taux de transfert de données ne dépassant pas un gigaoctet par seconde. Mais selon les experts de l’industrie, des pics de transmission allant jusqu’à 20 gigaoctets par seconde² sont envisageables avec la 5G.

L’intelligence artificielle en chiffres

Au cours du premier trimestre 2020, 8,4 milliards de dollars ont été injectés dans le monde entier dans des start-ups spécialisées dans l’intelligence artificielle3. C’est 645% de plus qu’en 2016.

Sur l’ensemble des dollars investis dans ces start-ups en 2020, 46% sont allés à des start-ups chinoises et 40% à des start-ups américaines.

Selon Accenture, l’IA aura, en 2035, une valeur économique ajoutée de:

  • 93 milliards de dollars en Belgique,
  • 311 milliards de dollars aux Pays-Bas,
  • 589 milliards de dollars en France,
  • 814 milliards de dollars au Royaume-Uni,
  • 079 milliards de dollars en Allemagne,
  • 068 milliards de dollars au Japon,
  • 305 milliards de dollars aux États-Unis.

1 Étude disponible sur www.pwc.es/es/publicaciones/tecnologia/assets/ai-predictions-2018.pdf

2 Source : https://www.thefuturefactory.com/blog/19

3 Source : CB insights – https://www.cbinsights.com/reports/CB-Insights_State-of-Artificial-Intelligence-2020.pdf

4 Source: Accenture https://www.accenture.com/t20170202T122451Z__w__/us-en/_acnmedia/PDF-33/Accenture-Why-AI-is-the-Future-of-Growth–Country-Spotlights.pdfla=en?la=en

5
Le terme ‘fonds’ est l’appellation commune pour un organisme de placement collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d’OPCVM (UCITS) ou d’OPCA (non UCITS). Un OPC peut se composer de compartiments. Les fonds sont exposés à des risques. Leur valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.

 


Existe-t-il un risque d’avalanche sur la montagne de dettes ?

Par Wim D’Haese, Head of Investment Advisory chez Deutsche Bank

Le 8 juin 2020

Ces derniers mois, la majorité des gouvernements et des banques centrales ont eu recours à des mesures de soutien parfois massives afin de maintenir une économie vacillante pour cause de coronavirus. Dans l’intervalle, des pans entiers de l’économie roulent depuis plusieurs mois en quelque sorte sur des roues de secours.

Les citoyens bénéficient, eux aussi, de toute une série de mesures prises à la hâte par les Etats. Même si ce soutien est bien conçu et indispensable pour éviter une récession économique encore plus importante, la question reste de savoir comment maintenir cette accumulation de dettes à un niveau supportable.

Chaque jour un nouveau record du monde

La bonne nouvelle – ou la mauvaise, selon les points de vue – est qu’aujourd’hui, il n’y a théoriquement aucune restriction à imprimer de la monnaie et à émettre des instruments de dette. Une banque centrale peut créer de l’argent d’une simple pression sur un bouton, ce qui fera mécaniquement augmenter la montagne de dettes. Il n’en a pas toujours été ainsi. Jusque dans les années 1970, c’étaient surtout les réserves nationales d’or et de dollars qui déterminaient la cadence de production de la presse à billets.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’au cours de ces dernières décennies, les autorités monétaires et fiscales ont profité de cette possibilité pour contracter des dettes et imprimer de l’argent. À tel point que, ces 50 dernières années, la dette privée et publique cumulée des pays du G7 est passée d’environ 130% à 270% du PIB en 2019. Ce niveau d’endettement élevé du G7 est d’ailleurs représentatif de l’ensemble de l’économie mondiale. Fin 2019, la dette privée et publique totale de tous les pays du monde représentait plus de 300% du PIB mondial. Cette dette correspond donc à la valeur totale de tous les biens et services produits dans le monde pendant une période de plus de 3 ans.

Que faire en cas de reprise en V ?

Imaginons que l’économie se redresse selon un scénario en V (chute rapide et reprise rapide) et que le plus gros risque de contamination ait disparu. Dans ce cas, le ratio dette publique/PIB augmentera cette année d’environ 10 à 15% dans la plupart des pays développés, creusant un trou considérable dans les finances publiques. Une hausse des impôts pourrait le combler. Mais, en même temps, le robinet de liquidités devrait également rester ouvert et les banques centrales devraient financer la majeure partie de leurs mesures en multipliant les achats d’obligations d’État.

Si une embellie se profile en 2021, tant que les banques centrales pourront maintenir des rendements obligataires bas, tant que les taux d’intérêt resteront inférieurs aux taux de croissance et tant que le refinancement de ces dettes ne posera pas de problème, l’endettement élevé pourra donc rester supportable.

Un triple défi est à relever, manifestement. Mais c’est un exercice qui peut fonctionner à plus long terme, comme le montre le Japon. Troisième économie mondiale, le Japon a vu sa dette publique passer de 135% à environ 240% du PIB en 20 ans. Une croissance modérée, combinée à d’importants déficits budgétaires et à une inflation quasi nulle, a contribué à creuser la dette publique. La banque centrale du Japon a elle-même contracté des emprunts à hauteur de plus de 100% du PIB nippon. Malgré cette situation, le Japon parvient à maintenir l’équilibre. Cela s’explique par le fait que le Japon finance la majeure partie de ses dettes à l’échelon national via les banques, les fonds de pension et sa propre banque centrale. En outre, les Japonais sont des épargnants frénétiques et le pays affiche un excédent de sa balance des comptes courants, ce qui le place au niveau des exportateurs nets de capitaux.

Quid en cas de pandémies prolongées et récurrentes ?

Aux États-Unis, les marchés s’attendent à ce que la banque centrale (Fed) intervienne toujours en procédant à des achats directs d’obligations ou en ajustant les taux d’intérêt. Une situation de dettes élevées et de taux d’intérêt bas y est possible si la demande en obligations d’État reste forte et si l’inflation est faible. En revanche, si l’inflation commence à grimper, la demande en obligations d’État diminuera et les banques centrales éprouveront beaucoup plus de difficultés. Il y a alors de fortes chances que la Fed doive encore acheter davantage d’obligations d’État américaines. Non seulement de nouvelles émissions, mais aussi les obligations d’État dont les investisseurs ne veulent plus.

Le bilan en Europe est bien plus complexe. Dans un scénario de pandémie de longue durée et récurrente, les dettes des 4 principales économies de la zone euro passeront de 92% à 148% en 2021. L’Italie présente la situation la plus préoccupante. Dans un scénario négatif, le rapport entre la dette souveraine et le PIB pourrait grimper à un peu plus de 200% d’ici fin 2021. Une question importante est de savoir comment l’Europe restera unie dans un tel cas. Les pays nord-européens vont-ils tolérer le financement de la dette italienne par la BCE en cas de hausse de l’inflation ? L’Italie va-t-elle continuer à accepter le contrôle de sa politique nationale en échange du financement permanent de sa dette ? Quelle que soit la voie empruntée, l’équilibre est relativement instable et l’implication de la BCE porte, pour l’instant, surtout sur l’achat de temps pour une solution plus structurelle.

Et maintenant ?

Continuer à accumuler l’endettement en créant de nouvelles dettes entraînera-t-il une avalanche ? Il n’y a pas de réponse toute faite, car nous nous trouvons en terrain inconnu. À mesure que la dette augmente, elle devrait rendre notre système économique plus vulnérable aux crises financières. Depuis les années 1970 (après la suppression des taux de change fixes par rapport au dollar), les crises financières sont devenues plus régulières. Avant les années septante, il y a eu des crises financières (souvent liées aux périodes de guerre ou d’après-guerre), mais leur fréquence n’était pas aussi élevée que ces 50 dernières années. Bien entendu, cela ne doit pas être considéré comme la cause principale de la montagne de dettes, mais cette perspective historique peut nous donner des pistes de réponse par rapport à ce que nous réserve l’avenir.


Quels secteurs privilégier dans le contexte de marché actuel ?

Le 12 mai 2020

En résumé :

  • La pandémie de coronavirus a fait souffler un vent de panique sur les places financières mondiales.
  • Elle a également provoqué une augmentation spectaculaire de la volatilité boursière.
  • Sur quels secteurs convient-il de mettre l’accent dans cet environnement de marché hautement incertain ?

La propagation du coronavirus à l’échelle planétaire a provoqué des secousses d’une violence extrême sur les marchés d’actions mondiaux. Après avoir bouclé le premier trimestre 2020 sur des pertes historiques, les grands indices boursiers ont repris de la hauteur depuis le début du printemps mais ils restent dans le rouge depuis le début de l’année.

Se montrer sélectif

Dans ce contexte de marché chahuté, il est plus que jamais essentiel de se montrer sélectif dans ses choix d’investissements. Cette recommandation vaut également pour les secteurs sur lesquels miser. Deux secteurs paraissent particulièrement attrayants : le secteur des soins de santé et le secteur de la technologie.

Les soins de santé au premier plan

Le secteur des soins de santé est logiquement au centre de toutes les attentions en ce moment, non seulement évidemment en raison des soins prodigués aux patients atteints du COVID-19, mais aussi au vu de la course contre la montre engagée dans la recherche d’un traitement et d’un vaccin contre le coronavirus.

Il peut cependant aussi compter sur de nombreux autres catalyseurs qui vont au-delà de la crise actuelle. Le vieillissement de la population, et l’augmentation structurelle des dépenses de santé qui est liée à cette tendance démographique, constitue notamment un facteur de soutien majeur.

Des fondamentaux qui restent solides

De plus, le secteur des soins de santé est bien placé pour profiter d’une innovation continue et du développement de nouvelles technologies. Sur le plan fondamental, il se caractérise aussi par des bilans riches en liquidités. Ceci devrait permettre à de nombreuses entreprises du secteur d’une part de maintenir leurs dividendes ou leurs rachats d’actions propres et, d’autre part, de poursuivre des opérations de croissance externe.

Par ailleurs, l’évolution des revenus et des bénéfices du secteur des soins de santé est relativement peu sensible à l’évolution de la conjoncture. Ce côté non-cyclique constitue un atout alors que la pandémie de coronavirus affecte très sévèrement la croissance économique et les résultats des sociétés. Malgré ses qualités défensives, les valorisations restent intéressantes, le secteur des soins de santé se négociant avec une prime inférieure à sa moyenne à long terme par rapport au marché global.

Last but not least, le secteur ne se limite pas aux seuls grands groupes pharmaceutiques, puisqu’il comprend également la biotechnologie, les équipementiers médicaux ou encore les fournisseurs de services de soins de santé. Il offre donc de ce fait une vaste diversification.

Le secteur technologique tire son épingle du jeu

Le secteur de la technologie a pour sa part étonné positivement par sa surperformance depuis le 1er janvier 2020, certains géants technologiques évoluant même franchement dans le vert. Il se pose aussi comme l’un des principaux bénéficiaires d’une reprise de l’activité économique à moyen et long terme.

Le secteur de la technologie pourrait dans ce cadre profiter de l’augmentation des dépenses d’investissement IT, qui ont été inférieures à la tendance depuis plusieurs années, ainsi que des mesures de relance budgétaires. Le secteur peut également se targuer d’afficher des fondamentaux robustes :

  • Les bilans y regorgent de liquidités et les taux d’endettement restent relativement faibles.
  • En règle générale, les modèles d’entreprises sont aussi résilients et très rentables.

Les valorisations du secteur, sans être bon marché, sont revenues à des niveaux plus raisonnables. Enfin, le secteur technologique devrait profiter de façon encore plus manifeste des tendances structurelles imposées par la crise du COVID-19 à l’économie mondiale.

La digitalisation devrait encore s’accélérer

Nous devrions ainsi observer un recours accru à la digitalisation – par exemple dans des domaines comme les soins de santé ou le télétravail – ainsi qu’au commerce en ligne. D’autres activités à fort potentiel comme le cloud computing (la fourniture de services informatiques via Internet) et l’intelligence artificielle devraient pour leur part également poursuivre leur essor et rester des moteurs de croissance structurelle pour le secteur technologique.

Pour conclure, rappelons que ces deux secteurs – qui ont entre autres en commun de receler de nombreuses entreprises à la santé financière robuste – ne sont évidemment pas à l’abri en cas de regain des turbulences boursières.

 


Comment investir en ces temps de plus grande volatilité ?

Le 9 avril 2020

Grâce aux fonds mixtes flexibles, l’investisseur ne doit pas choisir entre les investissements en actions ou en obligations. Acheter ou vendre, maintenant ou plus tard… Ces choix, il les laisse à un gestionnaire professionnel. Une volatilité accrue, des investisseurs passant rapidement de l’optimisme au pessimisme, l’incertitude sur l’évolution de la pandémie, des tensions géopolitiques (pétrole, conflit commercial USA – Chine…) : c’est le scénario par excellence où les gestionnaires de fonds mixtes flexibles peuvent révéler leurs talents. En passant rapidement d’un investissement plus ou moins risqué à un autre en fonction de l’évolution des conditions du marché, ils peuvent prouver leur valeur ajoutée. Les fonds mixtes flexibles méritent certainement leur place dans un portefeuille d’investissement bien diversifié. 

  1. Vous avez dit ‘fonds mixtes flexibles’ ?

Les fonds d’actions investissent dans des actions et les fonds d’obligations dans des obligations. Dans le cas d’un fonds mixte flexible, cette contrainte ne s’applique pas : le gestionnaire professionnel du fonds décide d’accorder plus ou moins de poids aux actions, aux obligations ou aux liquidités. Si le gestionnaire de fonds craint des turbulences sur les marchés d’actions, il est donc libre de réduire ses positions en actions et d’augmenter ses liquidités. Voilà pour l’approche des fonds mixtes flexibles.

D’autre part, il existe aussi des fonds mixtes ‘classiques’. Ils investissent à la fois en actions et en obligations, mais selon des pondérations fixes : par exemple 50% en actions et 50% en obligations.

  1. Quels en sont les avantages ?

Avec un fonds mixte flexible, l’investisseur n’a pas à se soucier de savoir quand ni combien investir dans des actions ou des obligations. Et encore moins décider quelles actions ou obligations choisir. Il confie cette gestion à un expert qui prend pour lui les décisions de manière rationnelle. Dans un contexte de volatilité accrue, cette approche représente une vraie valeur ajoutée. 

  1. Existe-t-il différents types de fonds mixtes flexibles ?

Oui, il existe plusieurs catégories de fonds mixtes flexibles. Les principales sont les suivantes : 

  1. Fonds mixtes flexibles défensifs.

Ces fonds ont eu une volatilité historique relativement faible. Ces fonds possèdent un indicateur synthétique de risque et de rendement (SRRI3) inférieur ou égal à 3 depuis leur lancement ou définissent dans leur politique d’investissement un objectif clair de préservation du capital. 

  • Fonds mixtes flexibles modérés.

Ces fonds ont une stratégie équilibrée visant à faire croître le capital investi à long terme tout en prenant un risque moyen. Le SRRI3 de ces fonds a été inférieur ou égal à 4 depuis leur lancement. 

  • Fonds mixtes flexibles dynamiques.

Les gestionnaires de ces fonds se concentrent également sur le profil baissier, mais ont pour mandat de prendre plus de risques. L’exposition aux actions peut atteindre jusqu’à 100%. Le SRRI3 le plus élevé de ces fonds depuis leur lancement est supérieur ou égal à 5. 

  • Fonds mixtes flexibles générateurs de revenus (Income).

Ces fonds ont une stratégie dynamique visant tout d’abord à générer des revenus réguliers et ensuite à bénéficier de la croissance potentielle de certains marchés, tout en acceptant un risque moyen à relativement élevé. Le SRRI3 de ces fonds a été inférieur ou égal à 5 depuis leur lancement. 

  1. Quelle place l’investisseur peut-il réserver aux fonds mixtes flexibles dans son portefeuille ?

Tout dépend de son Financial ID, c’est-à-dire de son profil d’investisseur. Eu égard à leur vaste diversification, les fonds mixtes flexibles sont généralement considérés comme la base idéale d’un portefeuille d’investissement. Au-delà de ce socle de fonds mixtes flexibles, l’investisseur peut opter pour des fonds d’actions ou d’obligations géographiques (pays émergents, États-Unis, Japon, etc.) ou thématiques (climat, robotique, sécurité…). 

  1. Les fonds mixtes flexibles présentent-ils des inconvénients ?

Les fonds mixtes flexibles ne constituent pas une solution miracle. Le gestionnaire d’un fonds mixte flexible peut aussi commettre des erreurs. Entre le fonds mixte le plus performant et le moins performant, on peut parfois observer un écart de rendement de 10% sur un an. Un mandat plus flexible élargit les opportunités, mais augmente aussi le risque de se tromper de temps à autre. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de diversifier ses fonds mixtes flexibles au moment de constituer son portefeuille. Garnir son portefeuille avec 11 fonds mixtes flexibles offensifs équivaut à installer 11 attaquants dans une équipe de football, en oubliant les milieux de terrain, les défenseurs ou le gardien de but.

 


Comment investir dans 7,8 milliards de consommateurs ?

Le 23 mars 2020

Des pantalons ‘pattes d’éléphant’ au Rubik’s Cube, les modes se font et se défont. En matière de consommation, certaines tendances de fond se démarquent toutefois. Et elles sont riches en opportunités pour les investisseurs.

  • Dans les pays occidentaux, les dépenses de consommation alimentent l’économie à raison de 60 à 70%, contre 50 à 55% dans les pays émergents.
  • Pour investir judicieusement, on peut miser par exemple sur l’essor du digital, les grandes marques ou l’accroissement de la consommation dans les pays émergents.

Une disquette, un walkman, un téléphone à cadran. Autant d’objets jadis d’usage courant, mais que les ados d’aujourd’hui auraient beaucoup de mal à utiliser. Normal, direz-vous, car notre monde évolue à un rythme accéléré. Un objet usuel il y a 25 ans est désormais une antiquité.

Nos habitudes de consommation changent, à mesure que les nouvelles tendances et technologies s’immiscent dans nos vies. En 2020, nous pensons être à la pointe du progrès en achetant une voiture électrique. Dans 100 ans, on évoquera avec amusement le temps où les autos avaient des roues et un volant.

La consommation, épine dorsale de l’économie
Dans les pays occidentaux, les dépenses de consommation alimentent l’économie à raison de 60 à 70%, contre 50 à 55% dans les pays émergents (source : Banque Mondiale). Investir dans les tendances de consommation, c’est donc une bonne idée. D’année en année, la consommation mondiale globale est en progression stable, mais avec de nettes différences selon les secteurs.

  1. L’essor du digital

L’écran de notre smartphone est devenu notre fenêtre sur le monde. Aujourd’hui, c’est de manière connectée que nous travaillons, jouons, achetons, vivons et interagissons avec autrui.

Quelques exemples :

  • La vidéo à la demande(VOD) a acquis droit de cité. Netflix représente désormais 11,4% du trafic internet total1. Le streaming musical a aussi le vent en poupe. En 2002, le CD générait encore 95% des revenus du secteur musical2. Depuis lors, la donne a complètement changé et les services de streaming s’y taillent la part du lion.
  • Dans la plupart des pays du monde, les paiements en cash sont encore la norme. Mais sans doute plus pour très longtemps. Avec l’essor de l’e-commerce et des nouvelles technologies de paiement– sans contact ou via smartphone – ce paysage devrait radicalement changer.
  • Les jeux vidéo (le ‘gaming’) et l’e-sport sont en plein développement. À tel point qu’aujourd’hui, Twitch.tv, la célèbre plateforme de streaming de jeux vidéo, attire quotidiennement davantage de téléspectateurs que CNN3.
  1. Nouvelles habitudes de consommation dans les pays émergents

Selon les dernières projections de l’OCDE, les dépenses de consommation augmenteront de 571% en Asie entre 2009 et 2030. Dans d’autres régions du monde – Amérique latine, Moyen-Orient, Afrique du Nord – la consommation fera plus que doubler. À l’inverse, cette progression sera beaucoup plus restreinte en Europe et en Amérique du Nord. Cette croissance à deux vitesses ouvre des perspectives aux entreprises capables de s’adapter à cette nouvelle réalité et d’étendre leur champ d’action au-delà du marché occidental classique.

Il y a quelques années encore, la Chine était considérée comme ‘l’usine du monde’. En raison de l’émergence d’une classe moyenne, la consommation y a fortement progressé depuis lors.

Quant à l’Inde, elle suit les traces de la Chine, fût-ce avec un peu de retard. Dans ces pays en développement, le comportement des consommateurs change à mesure que leurs revenus augmentent. Ils n’acquièrent plus seulement des produits et services de base, mais aussi des biens et prestations moins essentiels.

  1. Grandes marques

Certains produits sont immanquablement associés à une marque. Comme le Coca, les Pampers ou le Nutella. Ces marques étant ‘top of mind’ (elles viennent immédiatement à l’esprit) et synonymes de qualité, elles sont plus robusteset le consommateur est prêt à payer un peu plus cher pour les acheter. Ce dernier est aussi plus fidèle à ces marques, avec un impact direct sur la fiabilité et la rentabilité de l’entreprise.

Les grandes marques se distinguent aussi par leur proactivité. Elles s’adaptent aux nouvelles tendances. Parfois, elles les créent. Comme cette marque de limonades gazeuses qui étend sa gamme aux eaux, boissons-santé et boissons sans sucre. Citons aussi l’exemple des marques d’articles de sport qui misent aussi sur le wellness. Ces marques, vous les trouverez dans les segments ‘produits de luxe’, ‘cosmétiques’ et ‘boissons alcoolisées’.

Un immense univers d’investissement

Le monde évoluant à grande vitesse, les gagnants d’aujourd’hui peuvent très rapidement devenir les perdants de demain. Kodak a ainsi raté le virage du numérique, ce qui a précipité sa faillite. Quant au constructeur finlandais Nokia, il n’a pas su préserver sa longueur d’avance et a été rattrapé par d’autres constructeurs de smartphones. Le secret consiste donc à garder la tête froide et les idées claires, pour repérer dès aujourd’hui les gagnants de demain.

Investir dans les futures tendances de consommation peut paraître simple, mais il n’en est rien. Parmi un gigantesque univers d’investissement, vous devez en effet identifier les entreprises susceptibles de croître, qui possèdent un bon modèle de valeur ajoutée et qui sont prêtes à affronter l’avenir. Voilà pourquoi un fonds d’actions à gestion active4, axé sur ce thème, pourrait s’avérer une bonne solution pour saisir ces opportunités, en évitant les pièges.

1 Source : www.sandvine.com/press-releases/sandvine-releases-2019-global-internet-phenomena-report

2 Source : https://www.visualcapitalist.com/music-industry-sales/

3 Source : https://www.businessinsider.com/twitch-is-bigger-than-cnn-msnbc-2018-2

4 Le terme “fonds “ est l’appellation commune pour un Organisme de Placement collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d’OPCVM (UCITS) ou d’OPCA (non–UCITS), et prendre diverses formes juridiques (SICAV, FCP, etc.). Un OPC peut comporter des compartiments. Les fonds sont sujets à risques. Ils peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.

 


5 tendances majeures dans les investissements durables

Le 5 février 2020

Dans quelques années, tout investissement ne sera-t-il pas nécessairement ‘durable’ ? Analyse des tendances d’aujourd’hui et des réalités de demain…

  1. Bon pour la planète. Bon pour le portefeuille.

Jadis, l’investissement durable était considéré comme une œuvre de bienfaisance financière, dans le registre : « Bravo pour ce noble geste, mais n’en attendez pas de rendement digne de ce nom ». Depuis lors, les choses ont changé. Des chercheurs ont épluché 2.250 études universitaires consacrées aux investissements durables depuis les années 70. Leur conclusion? L’investissement durable offre souvent un rendement identique – voire supérieur – à un investissement non durable1.

  1. Attentif au rendement. Attentif aussi à l’impact.

L’investissement durable peut se faire selon différentes stratégies :

  • Best-in-class

Vous investissez exclusivement dans des entreprises affichant un score ESG (potentiel) supérieur à la moyenne du secteur. Le ‘score ESG’ exprime la performance de l’entreprise dans 3 domaines : Environnemental, Sociétal et Gouvernance (d’où l’acronyme ESG). Le constructeur automobile A score mieux en termes de diversité, d’empreinte carbone, de rémunération équitable… que ses concurrents B et C ? C’est dans ce constructeur A que vous investissez.

  • Thématique

Vous investissez dans un domaine bien défini. Ces thématiques sont multiples : approvisionnement en eau, énergies renouvelables, éthique de la chaîne alimentaire…

  • Impact investing

Via votre investissement, vous visez un impact – environnemental et/ou sociétal – précis. Citons par exemple les entreprises qui cherchent à réduire l’empreinte des emballages, à généraliser la disponibilité de l’eau potable, etc.

Depuis quelque temps, l’impact investing recueille de plus en plus de suffrages. Les investisseurs voient cet angle d’investissement comme une manière de générer un impact concret sur des enjeux qui leur tiennent à cœur : le réchauffement climatique, l’injustice sociale… Le choix d’un type d’impact plutôt qu’un autre n’est pas une question de performance, mais de sensibilité personnelle.

Dans un portefeuille, ces trois stratégies peuvent être combinées. Elles ne sont pas antagonistes, mais complémentaires. L’impact investing peut notamment se faire via un fonds ou un produit structuré.

  1. L’investissement durable n’est pas seulement ‘vert’

Dans quel domaine ESG anticipez-vous le plus grand potentiel de rendement : dans les investissements liés à l’environnement (E), aux enjeux sociétaux (S) ou à la gouvernance (G)?

Si vous répondez ‘l’environnement’, vous rejoignez d’innombrables autres investisseurs pour lesquels les enjeux écologiques sont la priorité des priorités. Dans une optique de diversification et de potentiel de rendement, ne négligez cependant pas pour autant le sociétal et la gouvernance. Un exemple ? Il paraît logique d’investir dans une entreprise spécialisée dans le photovoltaïque ou l’éolien, mais peut-on encore parler d’investissement responsable lorsque cette société s’approvisionne en matières premières auprès d’entreprises qui maltraitent leur personnel, ou qui soudoient les pouvoirs publics locaux ? Sur le long terme, c’est en combinant le ‘E’, le ‘S’ et le ‘G’ que l’on obtiendra un impact maximal.

  1. Les actions, et aussi d’autres actifs

Pour l’instant, les stratégies d’investissement durables sont les plus développées dans les actions. Les autres classes d’actifs évoluent aussi dans cette direction, comme le marché obligataire. Une évolution illustrée par la popularité des green bonds (obligations ‘vertes’). Ces obligations financent des projets très concrets : la construction d’abris pour vélos, de parcs éoliens, d’immeubles sobres en énergie, etc. Bien qu’elles ne représentent pour l’instant que 1% du marché des obligations, les green bonds ne cessent de progresser et de se diversifier. Sans oublier l’éventail de fonds obligataires ESG, lui aussi en pleine progression.

  1. Les investisseurs exigent de la transparence. À juste titre.

Qui détermine si un investissement est durable, éthique ou éco-responsable ? Tous les produits étiquetés ‘durables’ ne le sont pas nécessairement. Pour garantir davantage de transparence, diverses initiatives ont été prises ces dernières années, tant par le secteur bancaire que par les instances publiques. Quelques exemples :

  • Un nombre croissant de maisons de fonds font appel à des agences de certification externes pour assurer la supervision de leurs fonds.
  • Les acteurs financiers sont de plus en plus nombreux à adhérer aux Principes pour l’Investissement responsable des Nations Unies.
  • Les investisseurs institutionnels encouragent de plus en plus les entreprises et les pouvoirs publics à rendre leurs activités plus durables et plus responsables. Climate Action 100+, par exemple, est un collectif de gestionnaires de fonds (plus de 35.000 milliards USD de fonds en gestion) qui met la pression sur les 100 entreprises émettant le plus de CO2 au monde.

1 Friede G., Bush T. & Bassen A. – ESG and Financial Performance : aggregated evidence from more than 2000 empirical studies – 2015.


L’effet de capitalisation, 8e merveille du monde ?

9 janvier 2020

Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Cet adage s’applique à merveille aux investissements, grâce au mécanisme de la capitalisation.

Lorsque vous choisissez de capitaliser vos intérêts, c’est-à-dire de ne pas les dépenser mais de les ajouter à vos actifs, vous percevrez l’année suivante des intérêts sur les intérêts. C’est ce qu’on appelle dans le jargon financier les « intérêts composés ». C’est le principe même de l’effet de capitalisation. Grâce à ces intérêts composés, votre capital s’accroît plus vite. L’effet de la capitalisation s’accentue avec les années. Et lorsque la vitesse de croisière est atteinte, la boule de neige fait pleinement son effet.

Bien que l’on utilise souvent le terme ‘intérêts composés’, il serait plus exact de parler – en matière d’investissements – de ‘rendement sur le rendement’. Là où le rendement d’un livret d’épargne vous rapporte des intérêts, le rendement de vos investissements se concrétise sous la forme d’une hausse du cours de vos actifs, ainsi que des éventuels dividendes qu’ils génèrent. Si vous réinvestissez ces dividendes, ces derniers généreront à leur tour un rendement potentiel.

Le mécanisme du ‘rendement sur le rendement’, fonctionne lorsque vous investissez une grosse somme en une fois. Mais il fonctionne également lorsque vous scindez cet investissement en montants plus restreints, qui seront investis à intervalles périodiques. C’est ce qu’on appelle les ‘investissements périodiques’. En effet, tout le monde ne peut pas se permettre d’immobiliser 10.000 euros d’une traite pendant 10 ou 20 ans. Grâce aux investissements périodiques, il est possible d’investir pas à pas et à votre rythme, afin de bénéficier également de l’effet de capitalisation.

Albert Einstein a qualifié ce mécanisme de huitième merveille du monde. Pour comprendre pourquoi, il suffit d’observer les chiffres. Dans la simulation ci-dessous, vous investissez en une fois 10.000 euros dans un fonds1 dont le rendement annuel est de 5% 2.

Via les investissements périodiques, vous versez régulièrement (tous les mois, trimestres…) une somme dans un fonds d’investissement, qui est immédiatement investie sur les marchés. Dans la simulation ci-dessous, vous investissez tous les mois un montant de 100 euros.

Le temps joue en faveur de l’investisseur à long terme. Plus on commence tôt, plus le résultat final sera impressionnant. Ce mécanisme fait penser à la fable du lièvre (qui paresse et tente de rattraper son retard via un sprint final) et de la tortue (qui démarre tout de suite et finit par gagner la course).

Un exemple ? Dans la simulation ci-dessous, un investisseur place mensuellement 250 euros pendant 20 ans, et un autre investisseur 500 euros pendant 10 ans. Dans les deux cas, le rendement utilisé pour la capitalisation est de 5%. Vous constaterez qu’il valait mieux commencer plus tôt, même avec des montants plus faibles.

“Time in the market is better than timing the market” 
Warren Buffett

En résumé ?

  1. Le mécanisme des intérêts composés (ou ‘rendement sur le rendement’) génère un effet boule de neige.
  2. Cet effet profite aussi aux petits montants investis.
  3. Plus on commence tôt, plus le rendement potentiel à long terme est élevé.

Les investissements verts : mode d’emploi

Le 15 novembre 2019

Les investissements « verts » sont bons pour la planète, mais pas seulement. Ils offrent également un potentiel de rendement dans un portefeuille. Quelles options s’offrent aux investisseurs  particuliers ?
En résumé :

  • Les obligations vertes permettent d’investir dans des projets durables.
  • Le financement des projets verts peut également se faire par l’intermédiaire de fonds d’investissement ou de produits structurés.
  1. Qu’est-ce qu’une obligation verte ?

Tant les entreprises que les gouvernements peuvent émettre des obligations vertes (‘green bonds’en anglais). Avec les fonds ainsi collectés, elles s’engagent à investir dans des projets durables. Dans l’efficience énergétique des bâtiments, par exemple, ou bien encore dans des infrastructures de transport public ou de voies cyclables, dans la construction de parcs d’éoliennes, dans la gestion durable des eaux et des déchets, etc.

Une obligation verte est un titre de créance, à l’instar d’une obligation traditionnelle. En échange de la mise à disposition d’une somme d’argent, le souscripteur reçoit des intérêts de la part de l’émetteur. L’émetteur est tenu de lui rembourser le montant nominal après une période convenue.

Dans le cas d’une obligation verte, l’argent sert exclusivement à financer des projets durables. C’est une tierce partie qui est chargée de vérifier si l’argent investi est bel et bien consacré, en toute transparence, à ces projets.

  1. Pourquoi les obligations vertes sont-elles de plus en plus populaires ?

En avril, le gouvernement flamand a récolté 750 millions d’euros en un clin d’œil pour une obligation durable. Quelques semaines plus tard, le gouvernement néerlandais a facilement levé 6 milliards d’euros pour une obligation verte, notamment pour la construction du plus grand parking de vélos du monde, à Utrecht. Les obligations vertes des entreprises suscitent également l’appétit des investisseurs. C’est ainsi que les obligations vertes qui ont déjà été émises par Apple, Verizon, Ahold Delhaize, Philips, PostNL et d’autres grandes entreprises ont remporté un franc succès.

Aujourd’hui, la performance en termes de rendement n’est plus le seul élément qui compte aux yeux de nombreux investisseurs. La plus-value non financière que les entreprises et les gouvernements apportent à la société et à l’environnement gagne en importance. C’est pourquoi le nombre des investisseurs optant pour la durabilité est en constante augmentation. Alors que les investissements durables s’élevaient à 20.000 milliards de dollars en 2016, ils dépassaient 30.000 milliards de dollars en 2018. Les obligations vertes gagnent plus particulièrement en popularité. En 2011, la taille du marché était de 1,5 milliard de dollars, en 2016, de 78 milliards de dollars et en 2018, elle atteignait déjà 135 milliards de dollars.

  1. Qui détermine qu’une obligation verte est effectivement « verte » ?
    L’International Capital Markets Association (ICMA) a élaboré ce que l’on appelle les Green Bond Principles1. Il s’agit de directives pour une communication transparente au moment de l’émission d’obligations vertes. Ces normes portent notamment sur l’utilisation et la gestion des revenus, le processus de sélection et d’évaluation des projets, les rapports aux parties prenantes,etc.
    Cependant, l’application de ces directives de l’ICMA se fait sur une base volontaire. Le danger de ‘greenwashing’(présenter quelque chose comme étant plus vert qu’il ne l’est en réalité) n’est pas inconcevable. Pour cette raison, de plus en plus d’émetteurs collaborent également avec d’autres organismes indépendants, tels que la « Climate Bonds Initiative », qui supervise strictement la certification. Les investisseurs exigent de la transparence, à juste titre. Les obligations vertes obligent les entreprises et les gouvernements à exposer très précisément ce qu’ils font. C’est la raison pour laquelle la plupart des émetteurs sont certifiés.
  2. De quelles autres façons puis-je investir de manière durable ?

Une deuxième option consiste à investir dans un produit structuré vert2. Il s’agit d’un investissement dont le rendement dépend d’un scénario prédéterminé. Le rendement peut, par exemple, être lié à l’évolution d’un panier d’actions durables. Le rendement est versé sous la forme d’un coupon régulier (à l’instar des obligations vertes) ou d’un coupon unique à l’échéance de la durée de l’investissement. À l’échéance de cette période, l’investisseur reçoit le capital investi (sauf en cas de faillite de l’émetteur) s’il a souscrit à un produit proposant une garantie ou une protection de capital.

Avec un produit structuré vert, on peut combiner le meilleur des deux mondes : on peut viser un rendement potentiellement plus élevé que celui des obligations vertes et investir dans des projets verts clairement définis, comme c’est le cas avec les obligations vertes.

Outre les obligations et les produits structurés verts, il existe également des fonds durables. Une partie de ces fonds durables investit spécifiquement dans un ou plusieurs thèmes environnementaux. On peut ainsi investir dansl’utilisation durable de l’eau, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, la gestion intelligente des déchets, les bonnes pratiques agricoles, etc. Ce faisant, on peut viser des rendements potentiellement plus élevés que ceux des obligations vertes. L’inconvénient ? On ne finance plus directement un projet vert spécifique comme c’est le cas pour les obligations vertes.

Chaque produit d’investissement comporte des caractéristiques et des risques qui lui sont propres. Chaque décision d’investissement doit être prise sur la base des informations essentielles pour l’investisseur et du prospectus et doit être conforme au profil de l’investisseur.

1Pour de plus amples informations, veuillez consulter la publication de l’ICMA « The Green Bond Principles 2017 ». www.icmagroup.org/assets/documents/Regulatory/Green-Bonds/GreenBondsBrochure-JUNE2017.pdf

2Les instruments financiers structurés verts, également connus sous le nom de Green Structured Notes, existent sous la forme d’« instruments de créance structurés » ou « instruments dérivés ». Un instrument financier structuré est un instrument financier à durée limitée, habituellement émis par des institutions financières, qui offre un rendement lié à un ou des actifs sous-jacents (p. ex., un taux d’intérêt ou un indice boursier) par l’intermédiaire de coupons fixes ou variables versés au cours de la durée ou à l’échéance du titre. Dans le cas des titres de créance structurés, l’émetteur s’engage à rembourser à l’investisseur au moins 90% du capital souscrit (hors frais) à l’échéance (sauf en cas de faillite ou de risque de faillite de l’émetteur). Dans le cas d’un « instrument dérivé », l’émetteur d’une Structured Note ne s’engage toutefois pas à rembourser à l’investisseur 100% du capital souscrit (hors frais) à l’échéance. Les instruments financiers structurés verts sont soumis à une validation par l’International Capital Markets Association (ICMA) sur la base des Green Bond Principles.


La quête de rendement se complexifie

Le 7 octobre 2019

Depuis le début de l’année et malgré quelques turbulences, les bourses se portent bien. Dans votre quête de rendement, la prudence reste cependant de mise.

En résumé :

  • Malgré la hausse substantielle des actions et des obligations depuis le début de l’année, une petite marge de progression subsiste.
  • Il est conseillé de réduire légèrement l’exposition aux actions et de diversifier une partie des positions au profit de fonds mixtes flexibles et de thèmes d’investissement qui vont au-delà des cycles économiques traditionnels.

Concernant les obligations, 3 scénarios sont envisageables : opter pour des obligations d’entreprises libellées en euros dont la qualité de crédit se situe à la limite entre l’Investment Grade et le High Yield, les obligations d’entreprise Investment Grade libellées en dollars américains, et les obligations des pays émergents libellées en dollars US.

Au cours du 3etrimestre 2019, le ralentissement de la croissance économique et des bénéfices des entreprises s’est poursuivi. Sur les bourses, la tendance 2019 est néanmoins à la hausse, avec deux périodes de consolidation, en mai et en août.

Les tweets de M. Trump

Cette tendance se prolongera-t-elle jusqu’à la fin de l’année ? Difficile à dire. Pour l’instant, les évolutions de ces deux marchés sont dictées par Donald Trump. À chaque fois que le président des États-Unis publie un tweet menaçant à l’adresse de la Chine, les investisseurs se réfugient dans les obligations (les marchés passent en mode « risk-off »). Quelques jours plus tard, lorsqu’un second tweet contredit le premier, ces mêmes investisseurs font la démarche inverse, cette fois au bénéfice des actions (on évolue en mode « risk-on »). C’est donc au gré de l’activité de M. Trump sur les réseaux sociaux que ce schéma s’est imposé sur les marchés : une alternance permanente entre prise de risque et recherche de sécurité.

Les investisseurs ont aussi été effrayés au 3etrimestre par l’inversion de la courbe des taux aux USA. Depuis toujours, le fait que les obligations de courte durée rapportent davantage que les titres à longue échéance – c’est ce que l’on appelle une ‘inversion de la courbe des taux’ – est un prédicteur fiable de récession. Précisons que les récessions en question ne se sont pas produites immédiatement : 22 mois se sont écoulés en moyenne entre l’inversion de la courbe des taux et le début de la récession. Au cours de cette même période, l’indice S&P 500 a progressé en moyenne de 10%. L’inversion de la courbe des taux n’est certainement pas une raison de céder à la panique ni de vendre en masse. Pour les 12 prochains mois, on anticipe pour les actions un rendement total de 5%, dividende compris.

 Le spectre du Brexit

Un Brexit dur – c’est-à-dire une sortie sans accord – aurait un impact négatif non seulement sur la bourse britannique, mais aussi dans l’ensemble de la zone euro. La valorisation des actions européennes ne tient pas compte de ce scénario du pire.

Dans ce contexte d’incertitude généralisée, les grandes banques centrales sont passées à l’action, tant aux États-Unis qu’en Europe. Leur politique monétaire ‘tout en souplesse’ donne un ballon d’oxygène non seulement à l’économie, mais aussi aux marchés boursiers et obligataires.

Le rendement ou l’inaccessibleGraal ?

Les récentes décisions des banques centrales indiquent que les taux extrêmement faibles ne sont pas près de remonter. Les rendements dignes de ce nom se font très rares, et s’apparentent de plus en plus à un inaccessible Graal. Quelle attitude adopter dans un tel environnement ? Bien que les valorisations des actions et des obligations aient fortement progressé ces derniers mois, un potentiel de hausse limité subsiste.

Mais la prudence est de mise. Pour prendre les bonnes décisions, il faut se livrer à un arbitrage entre ses objectifs de rendement et sa tolérance au risque, en tenant compte des risques et opportunités sur les marchés financiers.

Actions

L’investissement en actions implique l’acceptation de risques et une vision à long terme. Pour autant que le portefeuille soit basé sur une philosophie d’investissement à long terme, les actions méritent d’y recevoir une place structurelle et substantielle. Cependant, il convient de réduire quelque peu l’exposition aux actions, en particulier dans les zones géographiques traditionnelles telles que les États-Unis, l’Europe et les pays émergents.

Diversifier une partie de votre portefeuille d’actions vers des thèmes d’investissement qui vont au-delà du cycle économique traditionnel (comme les soins de santé, la sécurité, l’intelligence artificielle et le développement durable) peut être une bonne idée.  Enfin, un atout additionnel pour les actions est que le rendement de dividende est souvent largement supérieur au rendement des obligations.

Obligations

Les obligations ont le vent en poupe. Les foucades de Donald Trump incitent régulièrement les investisseurs à chercher refuge dans la qualité. La politique monétaire plus souple des banques centrales européenne et américaine donne une vigueur supplémentaire à cette tendance. Le résultat est éloquent : plus de 15.300 milliards de dollars d’obligations – soit 27% du total des obligations en circulation – génèrent un rendement négatif. En d’autres termes, il est plus intéressant de vendre ces obligations aujourd’hui que de les conserver jusqu’à leur échéance.

Dans le contexte actuel, citons trois catégories d’obligations dignes d’intérêt :

  1. Les obligations d’entreprises libellées en euros, dont la qualité de crédit se situe à la limite entre l’Investment Grade (haute qualité de crédit) et le High Yield (faible qualité de crédit). La politique de la Banque centrale européenne soutient ce type d’obligations.
  2. Les obligations d’entreprises Investment Grade libellées en dollars américains. Ces obligations offrent encore un rendement attractif.
  3. Les obligations des pays émergents libellées en dollars US. Bien que le conflit commercial ait un impact négatif sur ce type d’actifs, les baisses de taux de la Fed jouent à leur avantage. L’impact positif de la Fed est plus important que l’impact négatif de la guerre commerciale.

Dollar

Le taux de change du dollar américain se situe actuellement (septembre-octobre 2019) dans le bas de la fourchette de variation de 1,10 à 1,15 en place depuis quelque temps par rapport à l’euro. Le rendement le plus élevé des devises du G10, le différentiel de taux avec l’euro et son statut de valeur refuge sont autant de facteurs qui jouent en faveur du dollar.

Néanmoins, le fait que la Fed abaisse ses taux d’intérêt a pour effet de réduire l’écart de taux avec l’euro. De plus, le dollar n’est pas bon marché de sorte qu’une intervention de l’administration Trump – qui estime que le dollar est trop cher – n’est pas exclue. Le billet vert devrait évoluer vers un niveau de 1,15 par rapport à l’euro au cours des 12 prochains mois.

Fonds mixtes flexibles

Dans le contexte actuel, deux arguments majeurs plaident pour les fonds mixtes flexibles.  Certains de ces fonds ont explicitement pour objectif de distribuer leurs revenus aux investisseurs. Ils sélectionnent donc des produits financiers qui offrent encore un rendement attrayant. Au travers de ces fonds, il est possible d’investir de manière diversifiée dans ces produits. Pour réduire le niveau de risque du portefeuille, on peut arbitrer une position en actions contre un investissement en fonds mixtes flexibles. Dans le cadre de cette démarche, il est préférable d’opter pour des fonds qui cherchent prioritairement à maîtriser les risques et à limiter les pertes de capital potentielles.


Où peut-on encore trouver du rendement ?

Le 5 septembre 2019

Les investissements traditionnels (épargne, bons de caisse, etc.) ne rapportent presque plus rien. Quelles sont les alternatives ?

En résumé :

  • Le taux d’intérêt du compte d’épargne est à un plancher historique. Sans amélioration en vue.
  • Rendement famélique également pour les obligations de qualité en euros avec coupons fixes. Les obligations en dollars sont un peu plus intéressantes.
  • Pour générer un rendement digne de ce nom, il faut investir en actions. Tout en sachant qu’un surcroît de rendement potentiel va toujours de pair avec un risque accru.
  1. Le compte d’épargne

Dans presque toutes les banques, les taux des comptes d’épargne classiques flirtent avec le minimum légal. Une embellie s’annonce-t-elle à court terme ? Hélas non.

La Banque centrale européenne (BCE) n’augmentera certainement pas son taux directeur avant juin 2020. Ce n’est qu’après qu’elle normalisera éventuellement peu à peu ses taux, mais sachant que le taux de dépôt est de -0,40%, il ne faut pas s’attendre à grand-chose non plus. Au contraire, la probabilité d’une baisse de 0,1% (de -0,40% à -0,50%) en septembre 2019 a même sensiblement augmenté.

Cette évolution de la politique monétaire et des anticipations de marché se reflète également dans les taux d’intérêt à long terme : le taux allemand à 10 ans est tombé en juillet 2019 à -0,40% et ne devrait pas augmenter fortement pour l’instant. Les taux d’intérêt à long terme et à court terme devraient rester faibles, voire négatifs, surtout en euros.

Les investisseurs qui souhaitent rester liquides n’ont donc aucune solution et ne doivent pas espérer du rendement. En outre, la valeur réelle de leur capital diminue. Depuis 2010, l’inflation est sensiblement supérieure au taux d’intérêt des comptes d’épargne.

2.Les obligations en euros

Les obligations sont une solution, à condition de privilégier le rendement et la sécurité, sans avoir un besoin immédiat de son argent. À l’échéance, l’investissement est en effet remboursé à sa valeur nominale (sauf en cas de faillite de l’émetteur). Il faut cependant savoir qu’à l’instar des comptes d’épargne, le rendement des obligations est étroitement lié à l’évolution des taux d’intérêt, majoré d’un supplément qui rémunère le risque de crédit lié à l’émetteur. En d’autres termes, lorsqu’il s’agit d’obligations de qualité à coupons fixes et libellées en euros, le rendement est faible.

Parmi les alternatives aux obligations, épinglons les produits structurés dont le rendement est lié à la performance d’un indice d’actions ou d’un fonds d’investissement sous-jacent. Le coût d’opportunité de ces produits est assez faible. Si vous souhaitez une protection de capital en euros (sauf en cas de faillite ou défaut de l’émetteur) en visant malgré tout un certain rendement, les produits structurés sont une piste à envisager.

3. Les obligations en dollars

Les obligations libellées en dollars offrent davantage de rendement qu’en euros. Il s’agit par exemple d’obligations d’entreprises américaines de qualité, de durée relativement courte. Si vous acceptez davantage de risques, vous pourriez opter pour les obligations des pays émergents. Elles offrent davantage de rendement, mais au prix d’un risque accru. Leur rapport risque-rendement reste toutefois correct.

Lorsque vous investissez en dollars, vous devez toujours tenir compte du risque de change. Selon les perspectives (juillet 2019), le dollar devrait évoluer dans une fourchette restreinte au cours des 12 prochains mois. Autrement dit, vous ne devez pas vous attendre à un rendement additionnel substantiel, mais les prévisions n’annoncent pas non plus de perte notable.

  1. Les actions

Pour obtenir du rendement, mieux vaut se tourner vers les actions. À une condition cependant : avoir conscience que l’investissement en actions comporte toujours une part de risque, et que les actions doivent être considérées comme des investissements à long terme. Pourquoi ? Parce que le long terme lisse les fluctuations propres à cette classe d’actifs.

Le contexte économique reste favorable (juillet 2019). La croissance a dépassé son sommet, mais reste robuste. Les États-Unis, qui servent de locomotive à la croissance mondiale, continuent à mieux se comporter que la moyenne. Et quand le premier de cordée montre l’exemple, les autres régions du monde en profitent.

Les perspectives en termes de bénéfices des entreprises restent positives, bien qu’en léger recul par rapport à 2018. Par ailleurs, les banques centrales ont assoupli leur politique monétaire, ce qui a souvent un impact positif sur les bourses

 Comment investir en actions ?

Si vous décidez d’investir directement en actions ou en fonds d’actions, il convient de privilégier la diversification dans différentes thématiques d’investissement, plutôt que la diversification géographique. Les actions thématiquesgarantissent non seulement davantage de diversité, mais elles ne calquent pas nécessairement leur évolution sur les cycles économiques classiques. Parmi les thèmes envisageables, citons la sécurité, le vieillissement de la population, l’intelligence artificielle et le développement durable.

 

Une autre stratégie consiste à ne pas investir exclusivement en actions, mais à opter pour des fonds mixtes flexibles. Les gestionnaires de ces fonds veillent à y intégrer des ‘pare-chocs’ censés protéger le fonds contre tout excès de volatilité, mais il faut savoir que le capital n’est pas protégé. Bien entendu, il vous est toujours loisible d’opter pour la gestion discrétionnaire, une formule par laquelle vous déléguez la gestion de votre argent à un gestionnaire de portefeuille professionnel. Cet expert adapte alors l’exposition aux risques en fonction de votre profil d’investisseur.


La BCE ouvre la voie à des mesures de relance supplémentaires

Le 6 août 2019

La BCE a laissé son taux directeur inchangé, mais a laissé entrevoir une baisse des taux d’intérêt en septembre et une relance du programme d’achat d’actifs plus tard cette année. Analyse.

En résumé :

  • La Banque centrale européenne (BCE) a laissé son taux directeur inchangé, mais a laissé entrevoir une baisse des taux d’intérêt en septembre et une relance du programme d’achat d’actifs plus tard cette année.
  • La BCE a déclaré que son objectif d’inflation était symétrique. Si l’on considère la cible de 2% comme une moyenne plutôt que comme un plafond, on peut conclure que les stimuli monétaires seront accrus et étendus dans le temps.
  • Une politique monétaire plus accommodante va intensifier la chasse au rendement pour les titres à revenu fixe. Il convient de privilégier le segment dit « cross-over », à la frontière entre les titres ‘Investment Grade’ et ‘High Yield’.

Sur le plan tactique, la prudence envers les actions européennes est recommandée, car l’environnement macroéconomique et politique reste difficile.

  1. Le fil des événements

Comme prévu, la BCE a laissé ses taux directeurs inchangés lors de sa dernière réunion de juillet. Toutefois, la déclaration officielle et la conférence de presse sont venues rappeler les préoccupations de la banque centrale au sujet du faible niveau de l’inflation. De plus, selon Mario Draghi, les perspectives économiques se sont encore détériorées, surtout dans le secteur industriel. Les trois messages principaux de la réunion sont les suivants :

– Les perspectives en matière de taux d’intérêt se sont durcies. Selon la BCE, ses taux d’intérêt devraient rester « à leurs niveaux actuels ou inférieurs, au moins jusqu’au premier semestre 2020 ». L’ajout du mot « inférieurs » ouvre la porte à une baisse des taux en septembre. Les comités compétents ont été chargés d’examiner la possibilité d’un système progressif visant à exempter certains dépôts bancaires des taux d’intérêt négatifs.
– Le Conseil des gouverneurs a également chargé les comités de l’Eurosystème d’examiner les options relatives à la taille et à la composition des nouveaux achats d’actifs éventuels. Par conséquent, il semble probable que le programme d’achat d’actifs sera relancé dans le courant de l’année.

– La BCE a déclaré que son objectif d’inflation est symétrique. Cela signifie que les périodes où l’inflation se situe en dessous de l’objectif doivent être suivies de périodes où l’inflation remonte au-dessus de l’objectif. Jusqu’à présent, la BCE a toujours visé une inflation « inférieure mais proche de 2% ». Si l’on considère ces 2% comme une moyenne plutôt que comme un maximum, il est probable que cela entraînera une détente monétaire plus longue et plus intense.

  1. Comment les marchés ont-ils réagi ?
    L’allusion à une relance du programme d’achat d’actifs dans la déclaration de la BCE a porté les rendements des emprunts d’Etat à un nouveau plancher. Le taux à 10 ans du Bund allemand est tombé à -0,42% et le taux à 10 ans en France à -0,18%. L’Eurostoxx 50 a progressé de 1%, tandis que la réaction hors zone euro a été plus modérée. L’euro a initialement perdu environ 0,3% de sa valeur par rapport au dollar.

Toutefois, les rendements obligataires et l’euro se sont redressés et ont limité les pertes antérieures lors de la conférence de presse de Mario Draghi. Inversement, les gains des marchés d’actions se sont réduits lors de la conférence de presse, Mario Draghi ayant évité une communication « dovish »* supplémentaire.

  1. Quel impact pour les investisseurs ?

– La BCE reste préoccupée par la détérioration de la situation macroéconomique, les tensions inflationnistes modérées et la baisse des anticipations d’inflation. Compte tenu des perspectives macroéconomiques plutôt sombres et de l’incertitude politique, il n’est pas surprenant que la BCE envisage de nouvelles mesures de relance monétaire. Toutefois, leur impact sur la croissance et l’inflation est discutable. Les entreprises de la zone euro hésitent à investir, principalement en raison des perspectives politiques et économiques incertaines, et non en raison des coûts de financement élevés. Cela dit, un assouplissement plus marqué de la politique monétaire ne devrait pas entraîner une hausse significative de la croissance ou de l’inflation

Les conséquences sur les marchés financiers sont plus sensibles. De nombreuses obligations d’État de la zone euro présentent déjà des rendements négatifs, et une politique plus souple de la banque centrale intensifiera encore la recherche de rendements dans le segment obligataire. Dans un tel environnement, les obligations d’entreprises européennes offrent un portage attrayant (de l’anglais « carry », qui signifie le rendement ou le coût de conserver un actif financier).

En ce qui concerne les titres ‘Investment Grade’ libellés en euros, une des pistes à suivre pourrait être les obligations émises par des institutions financières, plutôt que celles d’autres secteurs. Pour les obligations non financières, la pondération des sociétés éligibles au programme de rachat de la BCE pourrait être augmentée. Dans le segment légèrement plus risqué, les obligations qui se situent à la limite entre les obligations de première qualité et les obligations à haut rendement (notations S&P BBB- / BB+) peuvent être une piste de diversification.

Les marchés financiers resteront sensibles à une volatilité accrue, malgré les anticipations de nouveaux stimuli monétaires. Les marchés boursiers ne semblent pas faire montre de beaucoup d’inquiétudes mais, sur le plan tactique il convient de rester prudent à l’égard des actions européennes, étant donné l’environnement macroéconomique et politique toujours difficile.

– En ce qui concerne les marchés des changesle potentiel de baisse de l’euro reste limité. La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait assouplir sa politique monétaire dans le courant du mois et l’écart de rendement entre l’euro et le dollar se réduira. Le taux de change EUR/USD devrait continuer d’évoluer au sein d’une fourchette similaire.

 

  • Faisant référence à la colombe, le terme « dovish » signifie qu’une banque centrale est plutôt encline à abaisser ses taux d’intérêt – ou qu’elle n’est pas pressée de les relever rapidement – pour stimuler la croissance économique.

Comment garder la tête froide lorsque les bourses dévissent ? Suivez nos 5 conseils

Le 2 juillet 2019

  1. Investissez sur le long terme, surtout si vos actifs sont à risque. La règle d’or est très simple : plus vous prenez de risques, plus votre horizon d’investissement doit être éloigné. Les actifs à risque sont plus volatils, avec des hauts et des bas plus marqués. Le long terme a pour effet de lisser ces fortes fluctuations.
  2. Soyez attentif aux fondamentaux.Si le contexte économique ne justifie pas une correction, le recul devrait être suivi d’un rétablissement.
  3. Collectez des informations tous azimuts, mais n’en perdez pas le nord pour autant. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une pléthore d’informations boursières. Conséquence, les investisseurs sont beaucoup plus souvent incités à modifier leurs décisions. Et – malheureusement – à laisser libre cours à leurs émotions, plutôt qu’à leur raison.
  4. Connaissez-vous vous-même. La volatilité des bourses vous rend nerveux ? Vous avez tendance à prendre hâtivement des décisions que vous regrettez par la suite ? Dans ce cas, peut-être est-il préférable de déléguer la gestion de vos investissements à des professionnels, qui laissent moins de place à l’émotionnel. Envisagez par exemple la gestion discrétionnaire, par laquelle vous confiez la gestion de votre portefeuille à un professionnel.
  5. Vous souhaitez suivre l’évolution de votre portefeuille, sans avoir à ajuster en permanence la répartition des actifs ? Optez pour les fonds mixtes flexibles. Leurs gestionnaires disposent de la souplesse pour actualiser, quotidiennement s’il le faut, l’allocation de leurs actifs sous-jacents. Bien entendu, vous conservez la faculté de modifier à tout moment le choix de votre gestionnaire de fonds.

La règle d’or de l’investisseur à long terme : rester investi !

Le 11 juin 2019

L’année 2018, et particulièrement le 4etrimestre, n’ont pas été enthousiasmants. Face à la baisse de leurs actifs, de nombreux investisseurs ont vendu. S’ils avaient gardé la tête froide, quelle aurait été leur plus-value aujourd’hui ?

En résumé :

  • Les investisseurs qui ont vendu leurs actifs en décembre n’ont pas profité de la remontée qui a suivi début 2019.
  • Sur le long terme, les variations de cours ont tendance à se lisser et le conseil serait dès lors de conserver ses positions.

Le dernier trimestre de 2018 a donné des sueurs froides à de nombreux investisseurs. La chute brutale des bourses était surtout la conséquence de la crainte d’une récession économique et d’une aggravation des conflits commerciaux, alors que les fondamentaux ne donnaient aucune raison de céder à la panique.

Une fois de plus, réagir sous le coup de l’émotion n’était pas une bonne idée. Les investisseurs qui ont vendu n’ont pas bénéficié du substantiel rallye boursier du début 2019. Par contre, ceux qui ont gardé la tête froide ont souvent récupéré leurs pertes de 2018. Voire même davantage.

Ceux qui ont vendu fin 2018 ont raté le rebond

À titre d’illustration, voici l’évolution du cours de l’Euro Stoxx 50®jusqu’au 30 avril 2019 (source: Bloomberg)

 

 

La ligne en bleu clair : vous avez investi 1.000 euros dans l’Euro Stoxx 50® le 1eraoût 2018, puis vous avez vendu cette position le 27 décembre 2018.

La ligne en bleu foncé: vous n’avez pas vendu votre position le 27 décembre 2018.

– Si vous avez vendu vos actions le 27 décembre 2018, vous avez raté une hausse de 18,94%.

– Si vous avez vendu le 31 octobre, votre manque à gagner est de 9,26%.

– Et même si vous avez anticipé le recul des marchés et vendu le 28 septembre (c’est-à-dire avant la lourde chute des bourses), vous n’avez pas profité d’une progression de 2,78%.

Bref, dans tous les cas la conclusion est la même : quel que soit le timing choisi, la vente de vos actifs n’aura pas été une bonne décision. Au début 2019, les investisseurs qui ont conservé leurs positions ont rapidement récupéré les lourdes pertes subies à la fin 2018.

Le timing reste un art difficile

L’épisode vécu par les investisseurs ces derniers mois n’a rien d’exceptionnel. En bourse, le timing est un art très délicat à maîtriser : personne ne peut (pré)dire si l’on a touché le fond ou atteint le sommet, ni si c’est le moment d’acheter ou de vendre.

Le facteur émotionnel joue aussi un rôle : la plupart des investisseurs conservent un certain temps leurs actifs en chute libre, avant de les vendre malgré tout… juste avant qu’ils entament leur remontée. Sur le long terme, les hausses et les baisses sont progressivement lissées. Le cap est donc clair : conserver ses positions. Si vous vendez au creux de la tempête, vous raterez généralement l’embellie qui suivra.

L’effet est encore plus marquant à long terme

Prenons un autre exemple : l’indice S&P 500 sur la période comprise entre 1996 et août 2017 (graphique 2). Cette période de 21 ans aura été marquée à la fois par l’explosion de la bulle technologique (les « TMT ») en 2000-2001 et par la crise financière de 2008, au cours de laquelle l’indice a perdu 50% de sa valeur. Or, que constate-t-on ? Quelqu’un qui aurait investi 10.000 dollars US dans le S&P 500 en 1996 se retrouve 21 ans plus tard à la tête d’un magot de 59.738 USD. Soit près de 600% de progression.

À titre d’illustration: la performance d’un investissement de 10.000 USD dans l’indice S&P 500 entre le 2 janvier 1996 et le 25 août 2017 (Source: Bloomberg).

 

Encore plus marquant : les investisseurs qui se sont risqués au timing et n’ont pas bénéficié des 10 jours de plus forte hausse boursière ont vu leur bénéfice réduit de moitié : il a été multiplié par 3 au lieu d’être multiplié par 6. Le bénéfice reste substantiel, bien sûr, et il y a peu de chances qu’un même investisseur ait manqué tous ces jours fastes, mais cet exemple illustre à quel point il peut être dangereux de s’essayer au market timing.

Tenez-vous à votre stratégie

La conclusion ? Ne dérogez pas à votre plan d’action. Rassemblez des informations puis, sur la base de ces données et de votre profil d’investisseur, définissez une stratégie d’investissement. Ensuite, tenez-vous à cette stratégie. Veillez à la diversification et réévaluez votre stratégie à intervalles réguliers en fonction de l’évolution de votre situation personnelle, mais ne laissez jamais vos émotions vous dicter vos décisions. L’investissement boursier doit s’envisager sur le long terme.


Les tendances dans le secteur des fonds

Le 9 mai 2019

  • Les investissements impliquent toujours des risques. Lorsque les marchés financiers sont à la baisse, les investisseurs peuvent subir des pertes. Les fonds mixtes flexibles peuvent adapter l’équilibre entre les actions, les obligations et les liquidités (cash) en fonction des fluctuations de marché actuelles et futures. A cet effet, ils se focalisent souvent sur la maîtrise du risque à la baisse. 
  • A part les aspects financiers tels que la protection et le rendement, de plus en plus de personnes se rendent compte que les facteurs non financiers (tels que les investissements responsables) sont également importants. Dans ce contexte, on parle souvent d’ESG [‘Environmental’ (environnement), ‘Social’ (société) et ‘Governance’ (bonne gouvernance)] dans le secteur des investissements. De plus en plus de maisons de fonds vont également intégrer ces facteurs non financiers dans leur politique d’investissement parce qu’elles comprennent que ces éléments ajoutent une plus-value à la gestion générale de leurs fonds.
  • Les fonds thématiques investissant dans des actions concernant certains thèmes à long terme deviennent également de plus en plus populaires aujourd’hui. Quelques exemples: la robotique, l’intelligence artificielle, l’écologie et le vieillissement de la population. Toutefois, il pourrait tout aussi bien s’agir de battage médiatique. Ce phénomène pourrait donc disparaître aussi rapidement qu’il a émergé. Voilà pourquoi on privilégie les thèmes disposant d’un univers étendu.

La durabilité et le rendement sont-ils compatibles?

Opter pour un fonds durable ne signifie pas nécessairement que vous deviez vous contenter d’un rendement inférieur. DWS, la maison de fonds de Deutsche Bank, a réalisé une analyse de plus de 2.000 études ESG et celle-ci a démontré que 92% d’entre elles ont montré une relation positive ou au moins neutre entre l’ESG et les performances financières. Ceci n’est pas vraiment surprenant. En effet, les collaborateurs satisfaits pourront être plus productifs et les investissements dans une efficacité énergétique accrue pourront réduire les frais généraux afin d’augmenter la rentabilité des entreprises (ceci ne sont que quelques exemples).

Vous souhaitez en savoir plus au sujet des investissements dans les fonds durables et mixtes? Vous pouvez demander ici – gratuitement et sans aucun engagement – l’édition spéciale « Fonds » du Money Expert, le magazine financier de Deutsche Bank.


Quelle attitude peut-on adopter après le récent rallye boursier?

Le 9 avril 2019

La correction boursière de fin 2018 a fait place à un puissant rallye. Comment l’investisseur peut-il se positionner sur les marchés ? Et quelles sont les options ?

[en résumé]

En résumé:

  • Aux USA et en Europe, les marchés d’actions ont déjà effectué une bonne partie de la hausse escomptée pour 2019.
  • Il semble indiqué de rester investi, mais d’adopter un positionnement un peu plus défensif.

Pour ce faire, voici trois options, sans négliger la pertinence d’une approche thématique des placements.

Alors que le 1ertrimestre 2019 touche à sa fin, les investisseurs en actions peuvent se montrer globalement satisfaits. Il était recommandé de ne pas sortir des marchés et de garder son sang-froid face à la correction brutale du mois de décembre 2018 qui reflétait un pessimisme exagéré par rapport aux perspectives de croissance globale et de bénéfices des entreprises.

Un rallye boursier a succédé au vent de panique

Cette correction, qui avait fait souffler un vent de panique sur les places financières mondiales, a depuis lors laissé place à un puissant rallye boursier. Deux éléments ont largement soutenu le regain d’appétit pour le risque observé sur les marchés financiers :

  • la posture plus accommodante de la Réserve fédérale (Fed) dans la conduite de sa politique monétaire ;
  • l’espoir de voir les Etats-Unis et la Chine enterrer bientôt la hache de guerre suite aux avancées dans les négociations commerciales entre les deux camps.

Résultat : aux Etats-Unis, l’indice S&P 500 a, par exemple, rebondi de 19% depuis son point bas de la veille de Noël et se situe actuellement plus haut qu’au début de 2018.

En Europe, malgré une conjoncture plus morose et une incertitude politique persistante, l’indice DJ Stoxx 600 a, pour sa part, engrangé un gain de 11,7% et a presque entièrement récupéré ses pertes considérables de l’an dernier.

Restez investi, mais avec un positionnement plus défensif

Fondamentalement, on peut maintenir un avis constructif sur les actions à moyen terme étant donné que le cycle économique actuel, bien que mature, n’est pas encore fini. Il est par conséquent conseillé de toujours de rester investi sur les marchés. Sur le plan tactique, c’est-à-dire à plus court terme, le rebond rapide et marqué des marchés boursiers appelle cependant une certaine réflexion. L’opportunité de valeur présente fin 2018 suite au plongeon des cours a largement disparu et une consolidation des gains ne semblerait pas anormale après la forte progression de ces derniers mois.

Les marchés d’actions ayant déjà effectué une bonne partie de la hausse escomptée pour 2019, il semble indiqué de revoir en partie l’allocation d’actifs au sein des portefeuilles et d’adopter un positionnement un peu plus défensif.

3 options se présentent aux investisseurs

Concrètement, cet exercice peut s’effectuer de 3 façons différentes, selon votre appétit pour le risque.Voici  ici quelques options, classées par niveau de risque décroissant.

1èreoption : réinvestir dans un fonds d’actions investissant dans un secteur défensif comme par exemple les soins de santé. La demande et les dépenses de soins de santé continuent à augmenter de façon structurelle et l’innovation en matière de médicaments et de technologies devrait également offrir de nouvelles opportunités de croissance pour l’industrie des soins de santé.

2eoption : opter pour un fonds mixte flexible. Cette option permet de continuer à bénéficier en grande partie d’une éventuelle hausse supplémentaire des cours boursiers, mais aussi de diminuer les risques en cas de retournement des marchés grâce à une gestion active et flexible.

3eoption : s’orienter vers des produits structurés avec protection de capital à l’échéance. Une telle démarche revient en fait à sécuriser son profit, sans pour autant renoncer, dans le futur, à des bénéfices potentiels en cas de nouvelles hausses des cours.

Ne pas négliger l’approche thématique

Au-delà de ces considérations, une approche thématique a du sens. Des thèmes d’investissement à long terme comme la sécurité, l’intelligence artificielle ou encore le développement durable constituent des mégatendances qui dépassent le cadre du cycle économique traditionnel.

Pour les investisseurs, il s’agit d’autant de pistes intéressantes pour diversifier davantage la partie actions des portefeuilles et qui sont susceptibles d’apporter de la valeur ajoutée à plus long terme.


Quel horizon d’investissement faut-il privilégier ?

Le 8 mars 2019

En résumé :

  • Votre horizon d’investissement dépend du produit d’investissement, de vos objectifs financiers et de votre âge.
  • Plus vous commencez à investir tôt, plus le rendement potentiel que vous pouvez en attendre sera élevé.

La norme est de 3 ans selon votre voisin, de 5 ans d’après le journal et de 10 ans au dire de votre ancien professeur d’économie. Mais qui a raison ?

Tous les trois, à vrai dire… Car la période de placement « idéale » est fonction de plusieurs facteurs.

1. Le produit d’investissement en lui-même

En règle générale, plus le produit est risqué, plus l’horizon d’investissement est lointain. Un horizon d’investissement à long terme est en effet nécessaire pour que votre investissement puisse se remettre d’une moins bonne performance de la Bourse.

Vous investissez dans des actions individuelles ? Dans ce cas, il est recommandé d’avoir un horizon d’au moins 10 ans. Si vous investissez en actions uniquement, il est essentiel de prévoir un horizon plus lointain. Vous avez également tout intérêt à suffisamment répartir votre argent entre plusieurs actions, régions et secteurs. Les fonds d’investissement représentent souvent une option plus judicieuse à cet effet.

Pour les fonds, tablez sur un horizon d’au moins 5 à 8 ans. Cela dépend en grande partie du fonds lui-même. De fait, chaque fonds suit sa propre stratégie et politique de risque. Pour ceux qui présentent un niveau de risque supérieur (soit un score de 5, 6 ou 7, le maximum sur l’échelle de risque – souvent des fonds d’actions ou des fonds mixtes dynamiques), mieux vaut prévoir un horizon lointain.

@Pexels

Bien entendu, il y a des exceptions à la règle générale. Les obligations et les produits structurés, par exemple, ont généralement une échéance. Entre une obligation à 5 ans et une autre à 15 ans, votre horizon d’investissement change complètement si vous souhaitez la conserver sur sa durée totale. Avec certains produits d’assurance, comme un investissement dans un produit de Branche 21 ou de Branche 23, vos projets pour la pension et votre âge détermineront pour beaucoup votre horizon de placement.

  1. Vos propres objectifs financiers

Vous souhaitez acheter une maison l’année prochaine ? Ou votre fille commence bientôt ses études d’architecture (5 ans) ? Mieux vaut alors jouer la carte de la sécurité en investissant l’argent que vous comptez affecter à cet objectif. Car les actifs à risque peuvent fortement fluctuer sur une période relativement courte (par exemple 5 ans).

Si vous avez besoin de votre argent à une date précise dans un délai relativement court, il est préférable de choisir des placements avec protection ou sans risque. En revanche, si vous disposez d’un horizon d’investissement à long terme (par exemple jusqu’à votre départ à la retraite), vous pouvez opter pour des actifs à risque, comme les fonds mixtes, voire les fonds d’actions. À mesure que l’âge de la retraite approche, vous aurez tout le temps pour passer progressivement à des investissements protégés ou sans risque.

Vous vous contentez d’un rendement inférieur pourvu que le risque diminue ? Dans ce cas, un horizon d’investissement à court terme vous conviendra. Vous visez un rendement supérieur ? Vous avez alors tout intérêt à opter pour un horizon d’investissement à long terme.

  1. Votre âge

Plus on est jeune, plus on a le temps de viser un retour sur investissement plus élevé. Mais en pratique, c’est justement dans sa jeunesse qu’on met le moins d’argent de côté. Par exemple, parce qu’on veut vivre seul ou en colocation, parce qu’on est en train de fonder une famille ou parce qu’on fait des plans immobiliers.

Il s’agit donc de faire les bons choix à un jeune âge. Cependant, plus vous pouvez investir tôt, plus le rendement potentiel que vous pouvez en attendre sera élevé (effet de capitalisation). La simulation suivante clarifie les choses :

  • Laura (30 ans) place 100 euros tous les mois dans un fonds d’investissement, au moyen d’un plan d’investissement périodiquesur 15 ans. Au total, elle aura investi 18.000 euros. Elle cesse ensuite les versements mensuels, mais laisse la Bourse faire son œuvre pendant encore 10 ans. À 55 ans, son capital s’élèvera à 43 312,88 euros, à raison d’un rendement annuel moyen de 5 %.
  • Thomas (40 ans) place lui aussi 100 euros par mois dans un fonds d’investissement, au moyen d’un plan d’investissement périodique. Comme pour Laura, son investissement s’étend sur 15 ans et lui rapportera 18 000 euros au total. Au terme de cette période, il vend ses placements pour acheter une voiture de collection. À 55 ans, son capital s’élèvera à 26 590,35 euros, à raison d’un rendement moyen de 5 %.

Laura et Thomas investissent chacun 18.000 euros : Laura pendant 25 ans et Thomas pendant 15 ans. À long terme et à rendement annuel moyen égal, Laura peut compter sur un rendement supérieur.

On n’investit donc pas seulement à long terme pour gommer les fluctuations de la Bourse : on le fait aussi, et dans l’idéal, pour le retour sur investissement. Avec 10 années supplémentaires au compteur et le même montant, l’investissement dans la simulation ci-dessus rapporte 16 722,53 euros de plus.
Avec l’âge, il est préférable, pour beaucoup de gens, d’investir de manière plus défensive. Vous conservez ainsi davantage de liquidités sous forme d’épargne, par exemple pour des dépenses de santé imprévues ou en cas de moins bonne performance boursière. Gardez par ailleurs à l’esprit qu’après avoir connu un creux, la Bourse met souvent plusieurs années à se rétablir pleinement.


Comment choisir le bon timing pour investir ?

Le 6 février 2019

Pour un rendement maximal, choisissez le bon moment pour investir, puis pour vendre. Mais quel est ce ‘bon moment’ ? Et comment limiter les risques de mauvais timing ?

En résumé :

  • Lorsque vous investissez, vous devez tenir compte de circonstances imprévisibles. Si cette question de timing vous préoccupe, optez plutôt pour l’investissement périodique.
  • Via l’investissement périodique, vous placez tous les mois une petite partie de votre patrimoine à investir. Vous évitez de cette manière d’investir tout votre patrimoine en une fois, avec les risques de timing que cela comporte.
  • Hormis l’étalement dans le temps, il est très important de diversifier vos instruments d’investissement. Là aussi, il existe des solutions.
  1. Brexit, tensions commerciales, politique monétaire des banques centrales… N’est-il pas plus sage d’attendre que les turbulences se calment?

La marche du monde a toujours été pavée d’incertitudes. Des incertitudes qui sont donc, par essence, liées aux investissements. Il y aura toujours la perspective d’élections dans un pays ou un autre. Il y aura toujours des évolutions dans les rapports de forces entre les grandes puissances. En d’autres termes, vous serez toujours amené, au moment d’investir, à prendre en compte des circonstances, par définition, imprévisibles. Et vous devrez être prêt à accepter les fluctuations. Sachez toutefois que certains événements qui vous dissuadent d’investir aujourd’hui pourraient ne plus être demain qu’un minuscule soubresaut dans l’histoire. En attendant inutilement longtemps, vous pourriez manquer des opportunités.

Si vous considérez au contraire leur évolution sur le très long terme, les actions et les obligations se comportent de manière assez prévisible. Bien que les marchés aient connu beaucoup de hauts et de bas ces dernières années, on observe une nette tendance à la hausse sur le long terme. Le Crédit Suisse analyse tous les ans le rendement de diverses formules d’épargne et d’investissement et ce, depuis 1900 et sur la base de leur rendement réel. Cette analyse révèle que les actions génèrent depuis le début du 20esiècle un rendement annuel de 6,5%, en tenant compte de toutes les guerres, crises et krachs. Le rendement des obligations est de 2% et celui du livret d’épargne de 0,8%1.

  1. Investir aujourd’hui, est-ce trop tôt, trop tard ou le moment idéal ?

Pour le moment, le livret d’épargne ne rapporte rien. Au contraire. En tenant compte de l’inflation, votre épargne perd de son pouvoir d’achat. Cette situation ne devrait pas évoluer positivement à court terme. Or, il est possible de commencer à investir de petites sommes, par exemple vos économies mensuelles, pour autant que vous n’ayez pas de projet immobilier et que vous acceptiez un risque accru. L’option qui consiste à épargner d’abord un capital, puis à l’investir, est généralement moins rentable que l’investissement immédiat.

Si la question du timing vous préoccupe, l’investissement périodiqueest sans doute la solution idéale. Quel en est le principe? Tous les mois ou tous les trimestres, vous versez une somme dans un fonds d’investissement. Cette formule est idéale pour éviter d’investir ‘trop tôt’ ou ‘trop tard’. Ce qui compte, c’est la régularité, y compris quand la bourse se porte moins bien. L’inverse est également vrai : augmenter le montant de ses investissements sous le coup d’une euphorie boursière passagère, ce n’est pas davantage une bonne idée. Outre l’aspect du timing, il faut aussi tenir compte de l’aspect émotionnel. Bien que la plupart des investisseurs pensent agir rationnellement, on constate qu’ils sont nombreux à investir après une période de hausse ou à sortir de la bourse après une période de baisse. À terme, ces volte-face leur coûtent beaucoup de rendement. En investissant périodiquement, vous évitez de fonder votre décision d’entrée uniquement sur des facteurs émotionnels.

  1. Investir à court terme, est-ce une bonne idée ?

Certaines personnes investissent en bourse dans le but de faire fortune rapidement. Pour y parvenir, il faudrait qu’ils achètent et vendent à chaque fois au moment idéal. Or,si le portefeuille de ces spéculateurs pourrait avoir le vent en poupe pendant quelques semaines ou quelques mois, il sera immanquablement rattrapé par la réalité à long terme. Les produits d’investissement à risque sont généralement assortis d’un horizon d’investissement recommandé de 5 ans ou davantage. Ils ne conviennent donc pas pour le court terme. Si vous souhaitez malgré tout faire fructifier votre capital à court terme, optez plutôt pour le livret d’épargne ou les obligations de qualité en euros. Deux formules dont le rendement actuel est très faible.

Investir sur le long terme, voilà la règle d’or pour les investisseurs disposés à courir un certain risque. Diversifier son portefeuille, c’est essentiel. Cette diversification doit se faire dans le temps, en fractionnant vos moments d’investissement, par exemple via les investissements périodiques. Mais elle doit aussi se faire sur le contenu de votre portefeuille, par exemple en diversifiant vos instruments financiers. Vous souhaitez investir en actions? N’optez pas pour les actions individuelles, mais pour les fonds d’actions. Ces fonds regroupent des dizaines ou des centaines d’actions différentes. L’idéal pour absorber le choc lorsqu’une action individuelle vient à dévisser. Idem pour les obligations: les fonds d’obligations bien diversifiés sont généralement plus sûrs.
Que choisir entre les fonds d’actions et les fonds d’obligations? Si vous ne parvenez pasà trancher, envisagez les fonds mixtes flexibles.Comme leur nom l’indique, les fonds d’actions investissent en actions et les fonds d’obligations en obligations. Cette restriction n’est pas de mise avec les fonds mixtes. Le gestionnaire professionnel de ce fonds est libre de mettre l’accent sur les unes ou les autres. S’il redoute des turbulences sur les marchés, il peut réduire sa position en actions, au profit des liquidités. En optant pour un fonds mixte flexible, vous ne devez pas vous inquiéter de savoir s’il vaut mieux investir en actions ou en obligations, ni dans quel produit en particulier. Vous confiez la gestion du fonds à un professionnel, qui ne tient pas compte des émotions passagères qui agitent les marchés.

1 ‘Credit Suisse Global Investment Returns Yearbook 2018’ (Elroy Dimson, Paul Marsh, Mike Staunton), Février 2018. L’étude complète est disponible (pdf) sur www.credit-suisse.com/giry-summary-2018.pdf


Les marchés sont-ils en train de s’ajuster à la réalité ?

Le 9 janvier 2019

L’année boursière 2018 a fini en net repli. Les marchés semblent évoluer davantage au gré des risques (géopolitiques, fin de la politique accommodante des banques centrales,…) qu’au gré des fondamentaux économiques encore solides. A quoi l’investisseur doit-il s’attendre en 2019 ?

En résumé :

  • Les marchés financiers ont accuseé fortement le coup fin 2018.
  • Il n’y a pas d’anticipation de récession aux Etats-Unis ou au niveau mondial en 2019.
  • La réaction des marchés semble excessive mais il faut rester attentif à ce que les perceptions ne deviennent pas réalité.

L’année financière 2018 s’est terminée sur une note chaotique. Aux Etats-Unis, les chutes de cours récentes ont fait passer le Dow Jones et le S&P 500 en territoire négatif(les chiffres dans cet article vont du 1/1/2018 au 20/12/2018), avec des replis respectifs de -7% et -7,5%. Les actions européennes ont encore fait pire, le Stoxx Europe 600 perdant -13,5% depuis le début 2018. Les marchés émergents n’ont pas davantage été épargnés avec, par exemple, en Asie, une chute de 23,9% de l’indice chinois CSIdepuis le 1erjanvier 2018.

La volatilité en hausse, élément central en 2018

Au début de 2018, il fallait s’attendre à des niveaux de volatilité plus élevés dans un contexte de fin de cycle, et il avait été suggéré de reconfigurer les portefeuilles pour s’y préparer. Malgré la volatilité et les inquiétudes politiques persistantes, la croissance mondiale devait prendre le dessus : selon les termes, «La croissance l’emporte sur les risques géopolitiques». Ce fut clairement le cas pendant la majeure partie de l’année et même actuellement, la dynamique économique est forte aux États-Unis et ailleurs, suffisamment pour provoquer la hausse de taux de la Réserve fédérale (Fed). Mais, en dépit de cela, l’histoire d’investissement est-elle en train de changer fondamentalement ?

Des marchés plutôt influencés par les risques que par les fondamentaux

Les marchés financiers sont toujours mûs par les attentes concernant l’avenir. Et, pour l’instant, les marchés choisissent manifestement de se concentrer sur des problèmes géopolitiquesapparemment insolubles (le plus important étant le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine), mais aussi sur les risques politiques en Europe et ailleurs. Toute évaluation de ce genre de problèmes peut souvent être affectée par des informations temporaires ou par des espoirs non fondés quant à l’orientation future, ce qui signifie que les points de vue peuvent changer rapidement, avec pour conséquence de déstabiliser les marchés.

Les marchés sont-ils en train de succomber à la morosité en intégrant dans les cours une future récession? On peut considérer à la fois les actions et le prix du pétrole. Pour ce qui est des actions, les récentes baisses de cours, comparées aux bénéfices actuels, ont entraîné une baisse des ratios cours / bénéfices selon une ampleur (S&P 500: moins 17% depuis le début 2018) généralement observée uniquement autour des récessions (baisse médiane de 25%). Sur le marché pétrolier, les révisions à la baisse modérées des prévisions de demande mondiale de pétrole ont été suffisantes pour faire chuter lourdement les prix, les investisseurs envisageant une situation d’excédent durable de l’offre de pétrole.

Pas d’anticipation de récession

Une récession aux Etats-Unis ou au niveau mondial n’est toujours pas anticipée en 2019. En ce qui concerne les données macroéconomiques récentes,la croissance américaine reste convaincante. Nous n’observons aucun des indicateurs classiques d’une récession imminente, comme une augmentation des licenciements. Le revenu total du travail – un bon prédicteur des dépenses de consommation – continue de croître autour de 5% par an. La croissance du PIB est nettement moins vigoureuse dans les autres marchés développés, mais les indices des directeurs d’achats (indices PMI) de la plupart des économies restent au-dessus du seuil des 50 points. Des marchés de l’emploi tendus et des taux de chômage bassoutiennent également la croissance de la consommation privée, même dans les pays où la croissance du PIB est faible.

Une situation à suivre de très près pour les investisseurs…

Ceci étant, la volatilité de marché, si elle se maintient à des niveaux élevés, peut limiter la croissanceen décourageant les décisions d’investissement ou de consommation, mais elle ne semble pas susceptible de faire basculer la croissance dans le rouge. Dans un tel environnement, il est cependant essentiel de suivre cette évolution. En particulier, la révision à la baisse de la croissance des bénéfices pour 2019 de l’indice MSCI AC World s’est accélérée à -0,9 point de pourcentage en novembre, par rapport à -0,1 point de pourcentage en octobre. La croissance bénéficiaire devraitrester solide, mais elle devrait être inférieure aux niveaux récents.

Rester vigilants en attendant d’être rassurés ?

En résumé, les mouvements de marché à la fin de 2018 ont peut-être représenté un réajustement à une nouvelle réalité perçue, mais de telles perceptions peuvent s’avérer excessivement pessimistes. Nous devons être vigilants que ces perceptions ne se métamorphosent pas en réalité. Pour commencer à stabiliser les marchés en 2019, nous avons probablement besoin de preuves que les bénéfices évoluent globalement conformément aux attenteset des indications supplémentaires des décideurs politiques selon lesquelles les banques centralesseront disposées, si nécessaire, à ajuster leur politique en fonction de la croissance économique. Il s’agit là de conditions importantes à remplir, mais nous devrions être rassurés sur ces deux plans.


Pourquoi les marchés craignent-ils une remontée des taux ?

Le 6 décembre 2018

Par deux fois cette année, les bourses mondiales ont tremblé lorsque les taux d’intérêt ont soudainement rebondi. Et par deux fois, cette hausse a d’abord eu lieu aux Etats-Unis, avant de se propager à l’ensemble des places financières.

En résumé :

  • Les taux d’intérêt augmentent suite à la hausse de l’inflation et à la fin des mesures de soutien exceptionnelles des banques centrales.
  • Une hausse des taux d’intérêt n’est pas nécessairement synonyme de moins bons résultats de sociétés.
  • Vu la volatilité sur les marchés boursiers, certains investisseurs se tournent déjà vers les obligations, mais on ne peut pas encore parler de mouvement structurel.

Qu’est-ce qui provoque la hausse des taux d’intérêt ?

Cela fait presque 40 ans que les taux obligataires baissent de manière graduelle. Cette tendance a récemment atteint son paroxysme, suite aux conséquences de la crise financière de 2008. Pour remettre l’économie sur les rails, les grandes banques centrales ont opté pour des politiques monétaires inédites et ultra-accommodantes. Les baisses des taux directeurs et les injections de liquidités ont ainsi enfoncé les taux obligataires à des niveaux historiquement bas, certains taux se trouvant même en territoire négatif.

Les grands argentiers se félicitent aujourd’hui de ces initiatives, car elles ont permis de donner un coup de fouet à une confiance fragile, de relancer la croissance mondiale et de soutenir fortement les marchés financiers. Les taux d’intérêt ont, dans la foulée, amorcé une remontée mais pas partout et pas avec la même intensité. Ces dix dernières années, les taux ont baissé suite à la crise économique et à l’intervention des banques centrales. Aujourd’hui, ils remontent suite à la remontée de l’inflation et à la fin des mesures exceptionnelles des grands argentiers.

Une remontée des taux est-elle mauvaise pour l’économie ?

Qui dit remontée des taux, dit renchérissement des crédits, que ce soit pour les entreprises ou pour les ménages. La première réaction des marchés à une remontée des taux est donc plutôt négative car les investisseurs anticipent des jours plus compliqués. Pourtant, une hausse des taux n’induit pas obligatoirement une baisse des résultats des entreprises. Des taux plus élevés traduisent très souvent la bonne santé de l’économie et donc la perspective de bénéfices plus importants pour les sociétés.

Tout est cependant une question de timing, de niveaux des taux et d’intensité de la hausse. De trop fortes anticipations d’inflation feraient remonter les taux et obligeraient les banques centrales à opter pour des politiques monétaires plus contraignantes, ce qui pourrait asphyxier l’économie. Une hausse graduelle des taux (le scénario que nous privilégions) serait par contre mieux digérée. La Fed a ainsi annoncé le 28 novembre dernier que son taux directeur était proche du niveau neutre, ce qui étaye notre scénario.

Quel impact, sur quelles classes d’actifs ?

Actions:les taux d’intérêt devraient augmenter en raison de la poursuite de la croissance et de la normalisation en douceur des politiques monétaires. Ce constat, combiné à des résultats de sociétés solides, soutient les marchés d’actions. Par conséquent, l’impact de la hausse des taux d’intérêt, bien que s’accompagnant d’une volatilité accrue sur les bourses, devrait rester limité. De plus, le rendement de dividende en Europe reste bien supérieur au rendement obligataire. Il faudrait donc que le niveau général des taux d’intérêt augmente sérieusement avant que les obligations fassent davantage de concurrence aux actions et pèsent sur les valorisations boursières.

Obligations:les rendements et les prix des obligations évoluant en sens opposé, une hausse des taux d’intérêt a donc un impact négatif sur la valeur des obligations en portefeuille. Ceci étant, comme les obligations sont remboursées à leur valeur nominale à la date d’échéance, l’investisseur ne réalise pas de pertes, à moins qu’il ne vende avant l’échéance à un prix inférieur à la valeur nominale. Pour les obligations nouvellement émises, un coupon plus élevé sera offert, ce qui les rendra encore plus intéressantes. Cependant, les taux d’intérêt en euro restent extrêmement bas, de sorte que pour le moment peu d’investisseurs retrouveront le chemin des obligations. De plus, le taux d’intérêt offert ne couvre pas ou fort peu l’inflation, ce qui signifie que l’investisseur perd du pouvoir d’achat.

À mesure que les taux d’intérêt remontent et qu’un certain seuil est dépassé, seuil qui diffère d’un individu à l’autre, de plus en plus d’investisseurs seront enclins à passer d’un investissement risqué à un investissement plus sûr. La volatilité sur les marchés boursiers laisse déjà certains investisseurs se poser la question de prendre ce tournant, mais un mouvement structurel vers les obligations n’est pas encore visible.


Comment naviguer entre craintes et opportunités ?

Le 12 novembre 2018

La volatilité continue à dominer les marchés financiers. Elle ne doit cependant pas vous dissuader d’investir. Voici une radiographie des marchés.

En résumé :

  • Les actions sont encore préférées aux obligations.
  • L’aversion des investisseurs pour les pays émergents a rendu la valorisation de leurs actions plus attrayante.
  • Les fonds d’investissement mixtes flexibles traversent une période de turbulences. Ils restent néanmoins l’épine dorsale d’un portefeuille.

Cette année, les marchés d’actions peinent à trouver le chemin de la hausse. Le retour à la volatilité constitue la tendance marquante.

Cette volatilité plus importante est caractéristique d’une phase de fin du cycle économique. De plus, la Fed (la banque centrale américaine) poursuit sa hausse des taux, ce qui mettra fin à une longue période d’argent bon marché. La volatilité offre aussi des opportunités aux investisseurs avertis. Les actions sont toujours préférées aux obligations : les taux d’intérêt restent bas et les bénéfices des entreprises sont bien orientés.

  1. Actions – États-Unis

Les bourses américaines ont toujours le vent en poupe. Cette année encore, elles ont battu de nouveaux records. La croissance économique aux États-Unis est plus élevée que dans d’autres grands pays développés et les résultats des entreprises sont excellents. Les perspectives pour les actions américaines restent positives.
Même si les attentes de bénéfices sont élevées, les entreprises américaines ont prouvé à maintes reprises leur capacité à surprendre positivement. Néanmoins, certaines incertitudes subsistent, comme le conflit commercial latent – qui n’a eu, jusqu’à présent qu’un impact limité sur les bourses américaines – et les prochaines élections de mi-mandat.

2.Actions – zone euro

En zone euro, le conflit commercial et les remous politiques en Italie ont freiné les marchés boursiers, en particulier les actions bancaires, qui ont un poids significatif dans l’indice européen. Les actions du secteur technologique ont fortement progressé, mais pèsent moins dans l’indice.

On s’attend toujours à un revirement de tendance, qui pourrait se matérialiser si le conflit commercial s’atténue quelque peu, ce qui est essentiel pour une économie fortement exportatrice comme la zone euro.

  1. Actions – pays émergents

L’appétit des investisseurs pour les actions des pays émergents s’est considérablement réduit, conséquence de la crise en Turquie et en Argentine. Les pays émergents constituent cependant un groupe très hétérogène et il ne faut donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Aujourd’hui, de nombreux pays émergents sont en meilleure situation financière que lors de la crise précédente.

L’aversion des investisseurs pour les pays émergents a rendu les valorisations de leurs marchés d’actions beaucoup plus attrayantes.

4. Obligations

Le rendement des obligations d’entreprises de bonne qualité en euro reste négligeable. Vous souhaitez avant tout protéger votre capital? Pourquoi ne pas envisager les produits financiers offrant une protection de capital, mais dont le coupon dépend de l’évolution d’un indice ou de fonds d’investissement sous-jacents ?

Si vous êtes plutôt à la recherche de rendement, votre choix peut se porter sur les obligations des pays émergents. Elles rémunèrent plus correctement le risque plus élevé qui y est lié. Les rendements sont redevenus nettement plus attrayants après les prestations décevantes des derniers mois. Ici aussi, il convient de se montrer sélectif

5. Fonds mixtes flexibles


Les fonds mixtes flexibles traversent une période de turbulences. Les marchés financiers (actions, obligations) affichent des performances très variables et, même au sein des actions, les écarts entre les différents secteurs et régions sont significatifs. Chaque fonds mixte est flexible à sa manière et les performances peuvent donc varier considérablement à court terme. Néanmoins, ces fonds mixtes flexibles peuvent toujours constituer  le noyau central d’un portefeuille d’investissement équilibré. On veillera toutefois à bien diversifier, de façon à obtenir des stratégies et des styles d’investissement qui se complètent.
En conclusion, vu la volatilité ambiante, il n’est pas simple de programmer correctement les achats et les ventes quand on commence à investir. Surtout si l’on se laisse guider par des arguments émotionnels. Agir sur le coup de l’émotion peut faire subir des pertes.


Retour sur 10 années marquées du sceau de la BCE

Le 8 octobre 2018

Devrons-nous encore longtemps nous contenter de 0,11% sur notre épargne? Flash-back sur dix ans de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et ce que l’avenir nous réserve.

En résumé :

  • Dix ans après la crise financière, la BCE a profondément redessiné l’environnement de l’épargne et de l’investissement (mais aussi du crédit, que nous ne traiterons pas dans cet article) en Belgique.
  • Découvrez l’impact que les événements de la décennie écoulée peuvent avoir sur vos rendements futurs.

En 2008, la Banque centrale européenne (BCE) prend des mesures exceptionnelles, en réaction à la crise bancaire qui touche le cœur de l’Europe. La crise des « subprimes », ces prêts hypothécaires à haut risque imaginés aux États-Unis, se propage via des produits financiers toxiques qui polluent le bilan de la plupart des banques du Vieux Continent.

  1. La BCE éteint les incendies

Après les premières ondes de choc, qui provoquent notamment la faillite de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, le marché interbancaire est virtuellement à l’arrêt. Les banques n’osent plus se prêter mutuellement de l’argent. La BCE réagit et décide de fournir aux banques des liquidités à taux fixe et en quantité illimitée. Elle se substitue en quelque sorte au marché interbancaire.

  1. Plongeon à 1%, puis remontée à 1,5%

En mai 2009, le taux auquel les banques se prêtent de l’argent chute à 1% (il était encore de 3,75% à l’automne 2008). L’économie européenne entre pour la première fois en récession depuis l’entre-deux-guerres. Tous les paramètres indiquent une baisse prochaine des prix à la consommation, au lieu de l’habituelle hausse. Pendant deux ans, le taux directeur reste rivé à 1%.

C’est à ce moment que la BCE commet ce qui est probablement sa seule erreur. Alors qu’après avoir sauvé ses banques, la zone euro s’était progressivement engluée dans la crise des dettes souveraines, la gardienne de l’euro se focalise sur sa mission de maîtrise de l’inflation. Dès le printemps 2011, l’inflation dépasse les 2,5%. Cette surchauffe incite la BCE à augmenter à deux reprises son taux directeur, jusqu’à 1,50%. Une erreur.

  1. Un nouveau président et une salve de baisses

Dès son entrée en fonction (en novembre 2011), Mario Draghi décide de baisser à plusieurs reprises le taux directeur dans la zone euro. Comme l’inflation commence à reculer – faisant naître une menace de déflation (une baisse continue des prix) – la BCE réduit progressivement son taux directeur à 0%.

  1. Place aux taux négatifs

Bien qu’un taux directeur de 0% soit inédit dans la zone euro, la BCE va encore plus loin au début de l’été 2014. Pour forcer les banques à prêter de l’argent aux entreprises et aux particuliers, elle décide d’appliquer un taux négatif aux liquidités excédentaires que les institutions financières lui confient à la fin de chaque journée. Autrement dit, les banques perdent de l’argent lorsqu’elles parquent des liquidités auprès de la BCE. Ce ‘taux de dépôt’ est d’abord fixé à -0,10% en juin 2014, avant de descendre progressivement jusqu’à -0,40% au printemps 2016. Un niveau qui est toujours d’actualité aujourd’hui.

  1. Rachat d’obligations souveraines

C’est durant l’été 2012 que la crise de la dette atteint son apogée en Europe. Les taux d’intérêt des emprunts d’État ne cessent de grimper : plus de 10% sur les emprunts à 10 ans irlandais et portugais, et même 30% sur les emprunts grecs. La situation devient intenable et la zone euro tremble sur ses bases. Une fois de plus, la BCE vole au secours de la zone euro. Cette fois en recourant à une arme nouvelle: le rachat massif d’obligations souveraines dans toute la zone euro.

  1. « Whatever it takes… »

En juillet 2012, le Président de la BCE prononce à Londres un discours marquant. Il déclare que la BCE mettra tout en œuvre pour sauver la zone euro. « Whatever it takes », en anglais dans le texte. Les marchés financiers réagissent immédiatement à cette détermination: les investisseurs reviennent à l’achat sur la dette européenne et les taux d’intérêt se mettent à diminuer.

Dans un premier temps, la simple promesse d’achat suffit. En 2015, la BCE doit joindre le geste à la parole. Le fantôme de la déflation plane plus que jamais sur le vieux continent. L’institution de Francfort décide donc de mettre la pression sur les taux à court terme, mais aussi sur les taux à long terme, via le rachat d’emprunts d’État de maturités de deux ans au moins. Ça marche: les taux baissent sur tous les marchés. Il faut toutefois attendre l’automne 2016 pour voir l’inflation remonter enfin à plus de 0,5%, après avoir flirté pendant plus de deux ans avec un niveau proche de la déflation.

  1. Bulles spéculatives ?

Bien que la BCE ait fait du bon travail, sa politique fait l’objet de vives critiques. Cette politique serait en effet une source de bulles spéculatives, notamment sur le marché immobilier et celui des actions. La modicité des taux encourage les emprunts hypothécaires et pousse les investisseurs à opter pour les actions, potentiellement plus rémunératrices. La BCE se défend en faisant référence à des études qui démontrent qu’en l’absence d’achats d’actifs, la situation de l’inflation aurait été pire.

  1. Pendant ce temps, sur votre livret d’épargne…

Quelles que soient les convictions de chacun, il est incontestable que la politique de la BCE a eu un impact considérable sur tous les Belges au cours de cette décennie. Là où, avant 2008, l’on obtenait jusqu’à 3% (voire plus) d’intérêts sur les comptes d’épargne réglementés, le taux s’est réduit aujourd’hui à peau de chagrin, généralement à 0,11%. Idem pour les bons de caisse, les obligations, les comptes à terme : tous les placements à revenu fixe ont vu leurs rémunérations fondre. Pour trouver du rendement, il faut aujourd’hui accepter de prendre des risques et miser par exemple sur des actions. C’est la voie choisie par de nombreux investisseurs, ce qui a dopé les indices des marchés d’actions ces dernières années.

  1. Que nous réserve l’avenir?

À l’heure actuelle, l’inflation dans la zone euro est proche des 2%, l’objectif de la BCE. Reste à savoir si la hausse des prix sera durable. Quoi qu’il en soit, la Banque centrale européenne peut désormais se permettre de lâcher un peu de lest sur les mesures de soutien. Elle a donc réduit ses rachats d’actifs, avant sans doute de clôturer complètement ce programme avant la fin de l’année.

Une première hausse des taux directeurs n’est pas attendue avant l’été 2019. Or, il faut généralement plusieurs mois pour que la politique monétaire impacte la courbe des taux, c’est-à-dire aussi les taux à plus long terme. Autrement dit, la remontée des taux des comptes réglementés et autres placements populaires en Belgique n’est pas pour demain.


Comment obtenir des revenus réguliers d’un capital ? Mode d’emploi

Le 14 septembre 2018

Vous venez de toucher un capital important, par exemple une assurance-vie, un capital pension, une succession ou le produit de la vente d’un bien immobilier ? Vous pouvez transformer ce capital en une rente régulière, afin de compléter vos revenus. Analyse.

Lorsqu’approche l’âge de la retraite, les priorités financières évoluent. D’une logique de constitution d’une réserve financièrependant la vie active, vous passez à un autre besoin : celui de générer des revenus complémentaires réguliers, qui vous aideront à maintenir votre niveau de vie. La raison est simple : après l’âge de la retraite, les revenus ont tendance à chuter drastiquement (lire l’encadré).

Certes, la constitution d’une épargne-pension complémentaire du 2epilier (via votre employeur) ou 3epilier (à titre privé) vous permettra de toucher une jolie somme au moment de prendre votre pension. Mais que faire après avoir empoché votre assurance-groupe ou le capital constitué dans le cadre d’une assurance-vie, si vous souhaitez en tirer un complément de revenus régulier ? Le raisonnement vaut également après une succession. Est-il possible de transformer ce capital en rente ? Analysons différents cas de figure.

L’épargne : zéro risque, mais…

Première piste à envisager : le compte d’épargne réglementé. En Belgique, les avantages du « livret » sont nombreux. Primo, les comptes d’épargne réglementés sont couverts par la garantie d’Etat à hauteur de 100.000 euros par déposant et par institution financière. A l’heure actuelle, l’épargne reste le placement le plus sûr. Secundo, la première tranche d’intérêts de 960 euros (année de revenus 2018), par an et par contribuable, est exonérée du précompte mobilier de 30%. C’est donc une solution fiscalement avantageuse. Tertio, le compte d’épargne reste un produit extrêmement liquide : en cas de besoin, votre argent est immédiatement disponible.

Le compte d’épargne réglementé demeure sans aucun doute la solution la moins risquée pour sécuriser un capital. Revers de la médaille : le contexte actuel de taux historiquement bas ne permet pas d’envisager des rendements suffisamment élevéspour générer des revenus réguliers décents. Pour obtenir des revenus complémentaires, il va donc falloir accepter de s’exposer à une certaine part de risque.

Les produits structurés : une stratégie à la carte

S’ils correspondent à votre profil d’investisseur et à votre tolérance au risque, certains produits structurés peuvent vous aider à atteindre votre objectif de revenus récurrents. Il s’agit en général de titres de dette structurés, dont le rendement dépend d’un scénario présenté à l’avance. Il peut par exemple être lié à l’évolution d’un indice boursier, d’un fonds ou d’un panier de fonds, d’un taux d’intérêt ou même de l’inflation.

Bien souvent, ce rendement est distribué sous la forme d’un coupon brut (comme pour les obligations classiques) annuel ou unique à l’échéance du produit. N’oubliez pas que ces coupons sont soumis à la retenue du précompte mobilier de 30%.

Dans la grande majorité des cas, les produits structurés présentent une maturité fixée à l’avance (par exemple 5 ou 10 ans). Pour se protéger contre le risque de perte sur le capital investi, les investisseurs privilégieront les produits structurés avec droit au remboursement à 100% à l’échéance. Attention : cette protection n’est pas une garantie absolue, car vous n’êtes jamais à l’abri d’un défaut de l’émetteur. Vous devrez également tenir compte des éventuels frais d’entrée.

Les produits structurés présentent plusieurs avantages. D’une part, leur rendement potentiel est plus élevé que celui des produits bancaires classiques. De l’autre, en fonction de votre stratégie et des scénarios de rendements que vous avez choisis, vous pouvez prédire avec plus ou moins de précision les revenus récurrents que vous obtiendrez. Par ailleurs, l’offre est suffisamment variée pour répartir votre investissement sur plusieurs produits aux stratégies différentes, plusieurs durées et plusieurs émetteurs, et ce afin de diversifier vos risques.

En effet, les produits structurés ne sont pas sans risque. Vous devez toujours tenir compte du risque de perte sur le capital en cas de défaut de l’émetteur. De même, les produits libellés en devises comportent un risque supplémentaire lié à l’évolution des taux de change.

Ne perdez pas de vue le risque de liquidité : si vous souhaitez récupérer une partie de votre capital avant l’échéance, vous serez tributaire des cours sur le marché secondaire et courrez un risque de rendement si le coupon est lié à la performance de la valeur de référence (indice, fonds, courbe des taux, etc.). Enfin, le risque de réinvestissement n’est pas à négliger : à l’échéance de votre produit, vos opportunités de réinvestissement dépendront du contexte général des taux sur les marchés.

Marchés boursiers: la flexibilité a un prix

Si les produits structurés présentent un certain confort, ils pourraient également refroidir les ardeurs des investisseurs qui cherchent avant tout la flexibilité. Devrez-vous dès lors vous tourner vers les marchés d’actions ? Pourquoi pas… si vous faites partie des investisseurs qui disposent de l’expérience, des connaissances et de l’horizon d’investissement nécessaires pour affronter la volatilité des marchés. Vous pourriez ainsi privilégier les actions qui distribuent habituellement un dividende régulier (dépendant de leurs résultats). Néanmoins, les actions individuelles demeurent un terrain extrêmement risqué pour les investisseurs particuliers.

Une solution intermédiaire consiste à vous orienter vers des fonds mixtes flexibles. Ceux-ci investissent à la fois en actions, obligations et autres classes d’actifs. Leur politique d’investissement est suffisamment souple pour revoir leur exposition aux marchés en fonction des risques anticipés par le gestionnaire. Double objectif : profiter du potentiel haussier des bourses tout en se protégeant des risques baissiers. Parmi ces fonds mixtes flexibles, certains privilégient une stratégie de distribution des revenus. Leur terrain de prédilection va des actions générant un dividende de manière durable aux obligations publiques ou d’émetteurs de qualité en passant par les obligations à haut rendement plus risquées, voire les devises.

Bien entendu, avant de souscrire à l’un de ces fonds, vous prendrez soin de vérifier leur compatibilité avec vos objectifs et votre profil de risque. Même s’ils sont diversifiés et gérés par des professionnels, les fonds demeurent des produits risqués qui n’offrent aucune garantie sur le capital investi.

Avant de vous lancer sur les marchés, posez-vous quand même cette question essentielle : acceptez-vous d’exposer au risque une partie, voire l’entièreté, d’un capital durement constitué pendant de longues années dans l’espoir d’en tirer un revenu régulier ?

Un produit de rente à vie

Une autre solution consiste à souscrire à un produit qui vous garantit une rente minimale à vie, calculée en fonction de votre âge lors de la souscription, le montant de la prime et la périodicité de la rente. Ce type de produit, qui se présente sous la forme d’une assurance-vie (branche 21 ou branche 23), vous permet dès lors de générer un revenu régulier – par exemple mensuel – en complément de votre pension légale et d’éventuels autres ressources complémentaires (revenus immobiliers, etc.). Pendant toute la durée du produit – c’est-à-dire jusqu’à votre décès –, le capital de départ est investi dans une structure sous-jacente, par exemple un fonds.

L’avantage de ce genre de solution saute immédiatement aux yeux : vous connaissez dès la souscription le montant minimum de la rente qui vous sera versée à vie. Que vous viviez encore 10, 20 ou 40 ans n’y changera rien. Dans certains cas, cette rente peut même être revue à la hausse, notamment en cas de bonnes performances boursières de l’actif sous-jacent. La rente périodique bénéficie souvent d’un régime fiscal favorable, et dans certains cas elle n’est soumise à aucune taxation.

Après le décès de l’assuré, il est mis fin au paiement de la rente. L’avenir du capital restant va dépendre des conditions du produit. Si vous avez opté pour un produit viager classique, le capital est abandonné à la compagnie d’assurance. Par contre,pour certainstypesd’assurances-vie,le capital restant éventuel sera versé aux bénéficiaires en cas de décès. Le capital investi qui n’a pas encore été consommé est transféré aux bénéficiaires que vous avez désignés ou dévolus à votre succession. Ce dernier type de produit répond à la crainte de voir une partie de votre patrimoine échapper à vos héritiers en cas de décès précoce. Une certitude : vous bénéficiez d’une rente minimale jusqu’à la fin de vos jours.

Un revenu complémentaire : oui, mais pourquoi ?

En Belgique, la pension de retraite au taux d’isolé après une carrière complète est de 1.220,86 euros (source : SPF Pensions, année 2017). Néanmoins, compte tenu du faible taux d’activité après 60 ans, la pension moyenne réellement perçue n’atteint que 1.065 euros pour un salarié. Pour un indépendant, ce montant moyen chute même à 740 euros ! Or, c’est à la même période que vous risquez d’être confronté à l’explosion de certaines dépenses. Personne ne vous le souhaite, mais vos frais de santé risquent d’augmenter. Les moins alarmistes pointeront également la probable augmentation des dépenses liées aux loisirs. Vous n’avez pas travaillé toute votre vie pour rester cloîtré chez vous après la retraite !

Alternative pour les « mangeurs de coupons »

De même, nombreux sont les investisseurs qui, durant les décennies qui ont précédé la crise de 2008, privilégiaient la distribution des coupons d’obligations (ou de bons de caisse) pour se constituer des revenus réguliers. Or, avec des taux obligataires en chute libre depuis 10 ans, cette option est devenue plus hasardeuse – toutefois si l’on veut opter pour des émetteurs solides de premier rang et des émissions en euros.

 


Trois risques potentiels pour les bourses dans les prochains mois

Le 14 août

Après des mois de hausses consécutives, qui ont vu les bourses atteindre en janvier 2018 de nouveaux sommets historiques, la volatilité s’est rappelée au bon souvenir des investisseurs.

En résumé

  • Les premiers droits de douane promis par Washington sont entrés en vigueur.
  • La croissance mondiale garde le cap, tirée par les Etats-Unis et la Chine.
  • Les élections de mi-mandat seront cruciales pour Donald Trump.

Naviguant entre tensions politiques et guerre commerciale, les marchés d’actions ont jusqu’à présent trouvé du soutien dans les fondamentaux économiques. Certains risques restent cependant bien présents, et pourraient faire tanguer les marchés dans les prochains mois. En voici trois.
1. Guerre commerciale

Il ne se passe pas un jour sur la planète boursière sans que Donald Trump ne soit cité, et associé au terme « protectionnisme ». A ce propos, le 6 juillet dernier, les premiers droits de douane promis par Washington sont entrés en vigueur, à l’encontre de 34 milliards de dollars US de biens chinois importés. Ces derniers ont immédiatement répliqué en taxant l’équivalent de leur côté. Les bourses ont peu réagi car ces annonces étaient déjà reflétées dans les cours.

En revanche, les menaces du président américain de vouloir taxer les voitures européennes et d’augmenter sa cible taxable de biens importés chinois à 500 milliards de dollars US (soit pratiquement tous les biens en provenance de Chine), a rendu les investisseurs plus nerveux. S’il est certain que Pékin ne se laissera pas intimider, ces tensions ne devraient pas déboucher sur une « guerre commerciale » de grande ampleur. Néanmoins, des rebondissements, menaces, compromis, contre-menaces, ne sont pas à exclure et pourraient provoquer des remous au niveau des bourses.

  1. Ralentissement économique mondial

La croissance mondiale est toujours bien orientée et devrait atteindre 3,9% cette année, tirée par ses deux grandes locomotives que sont les Etats-Unis et la Chine.

Cependant, après près de 10 ans d’expansion, l’économie américaine arrive tout doucement en fin de cycle. La réforme fiscale de Donald Trump a donné un coup de boost aux sociétés américaines, mais ce dernier devrait tôt ou tard s’estomper. Cependant il ne devrait pas y avoir de récession aux Etats-Unis dans les deux prochaines années.

En Chine, l’économie continue son atterrissage en douceur, les dernières statistiques pour le 2ème trimestre montrant un léger ralentissement de la production industrielle et de la croissance (à 6,7%).

Du côté de la zone euro, les prévisions de croissance ont récemment été abaissées (à 2,1% pour 2018), la Commission européenne craignant les tensions politiques sur le Vieux continent et les velléités protectionnistes des Etats-Unis.

L’un dans l’autre, la croissance mondiale évolue toujours dans un environnement favorable, propice pour les marchés d’actions. Cependant, les investisseurs guetteront de plus en plus des signes de ralentissement économique, qui pourrait arriver plus vite que prévu si les tensions commerciales gagnaient en intensité.

  1. Risques (géo) politiques

La politique migratoire en Europe tourne au casse-tête. En attendant de trouver une solution commune, les tons se durcissent, les frontières se ferment et l’extrême droite gagne du terrain. Le premier grand dirigeant à avoir vacillé est Angela Merkel. Pressée par son allié au gouvernement (l’Union chrétienne-sociale, CSU), la chancelière n’a eu d’autres choix que de plier, et d’accepter un renforcement de sa politique migratoire. A terme, outre l’aspect humain, cette crise pourrait avoir des répercussions néfastes sur l’économie du Vieux continent.

Les élections de mi-mandat (novembre 2018) aux Etats-Unis seront cruciales pour Donald Trump. Le résultat de ces dernières devrait, ou non, confirmer la mainmise des républicains au Congrès. Un changement de majorité pourrait signifier un coup d’arrêt dans les réformes voulues par l’homme fort de Washington, et potentiellement avoir un impact négatif pour les bourses américaines.

Enfin, la Commission européenne a mis en garde l’Italie contre tout dérapage budgétaire, alors que le pays a l’endettement public le plus élevé en Europe, après celui de la Grèce. Elle voit également d’un mauvais œil l’intention de la nouvelle coalition italienne de reporter des réformes importantes. Des tensions sur la dette italienne et peut-être sur l’euro pourraient être à prévoir dans les prochains mois.


Au Mondial des économies, qui sont les favoris ?

Le 3 juillet 2018

La Coupe du monde de foot en Russie, du 14 juin au 15 juillet, est l’occasion de se pencher sur les pays représentés dans cette compétition sous l’angle économique. Les rapports de force y sont parfois bien différents de ceux que l’on observe sur les terrains de football…

En bref :

  • Dans les mois et les années qui viennent, la compétition s’annonce féroce entre les différentes économies nationales de la planète.
  • La montée du protectionnisme, la fin prévisible du cycle économique et la réduction progressive des politiques monétaires généreuses constituent autant de défis pour les pays dont les équipes de football vont s’affronter à la Coupe du monde.
  • Voici de quoi dresser quelques pronostics sur le terrain économique pour les pays engagés – ou pas – dans la compétition footballistique.

Deux grands arbitres… absents du Mondial !

Sous l’angle économique, les grands absents de la Coupe du monde sont les États-Unis et la Chine, qui pèsent ensemble 40% de l’économie de la planète. Ces deux poids lourds joueront un rôle d’arbitre essentiel pour la croissance dans les prochains mois.

L’économie américaine est censée continuer sur sa lancée et même accélérer son expansion. Le taux de chômage devrait continuer à reculer. Mais le défi des États-Unis, c’est son double déficit : la balance commerciale et les finances publiques sont plus que jamais dans le rouge. La politique fiscale généreuse du président Trump ne devrait pas arranger le déficit budgétaire. Quant au déséquilibre commercial, rien ne dit que les mesures protectionnistes du locataire de la Maison Blanche donneront l’effet escompté, à savoir un rapatriement d’activités économiques au pays.

La Chine devrait quant à elle poursuivre sa transition vers une économie davantage axée sur la consommation, ce qui s’accompagnerait, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), d’une légère décélération de la croissance. Mais en partant d’un taux de 6,9% l’an dernier, celle-ci restera de toute manière à des niveaux particulièrement élevés au regard d’autres grandes puissances mondiales. Il reste aussi à voir comment le géant asiatique évoluera dans le contexte de guerre commerciale déclenchée par les USA.

Les deux arbitres de l’économie mondiale devraient donc rester en bonne forme dans les mois qui viennent. Par contre, on ignore quel sera leur état de santé lors de la prochaine Coupe du monde, en 2022, au Qatar. Car on dit la première économie mondiale en fin de cycle…

Le Japon et son équipe vieillissante

Troisième économie mondiale derrière les USA et la Chine, le Japon est quant à lui bien présent à l’édition 2018 de la Coupe du monde. Mais le pays du soleil levant ne nourrit pas de grandes ambitions économiques. Sa croissance devrait ralentir à 1,2% cette année, après avoir atteint 1,7% l’an dernier. L’expansion économique japonaise est bridée par la démographie du pays. Comme le constate le FMI, « les perspectives à moyen terme restent médiocres, principalement en raison de la diminution de la population active ».

Confronté au vieillissement, le Japon présente toujours une inflation faiblarde, ce qui devrait conduire la Banque du Japon, la banque centrale du pays, à maintenir pour longtemps sa politique d’achats d’obligations gouvernementales pour garder les taux longs sous contrôle. Compte tenu de ces faiblesses récurrentes, le pays a pris l’habitude de tout miser sur l’attaque, entendez par là que ses entreprises exportatrices sont son principal atout. Bien évidemment, cela le rend tributaire de la conjoncture mondiale. Or, à cet égard, le contexte de guerre commerciale entretenu par le traditionnel allié américain n’incite pas à l’optimisme…

Les pays européens, pas sur la même ligne

Au-delà des trois premières puissances économiques de la planète, les plus grosses équipes de la compétition économique se trouvent en Europe. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont tous trois représentés à la Coupe du monde en Russie, à tout le moins via l’équipe d’Angleterre pour ce qui concerne les Britanniques. Mais leurs états de forme respectifs sont loin d’être sur la même ligne.

Les champions allemands, couronnés sur le terrain de football en 2014 mais éliminés d’entrée de jeu cette année, pavoisent sur le plan économique. Leur croissance a atteint 2,5% du PIB l’an dernier et devrait selon le FMI se maintenir à ce niveau cette année. Le pays affiche aussi un excédent budgétaire record de 38 milliards d’euros, soit 1,2% du PIB. Son taux de chômage est au plancher, à 3,4% de la population active. Mais, comme dans toutes les grandes équipes, c’est quand tout va bien que des difficultés peuvent survenir.

En tant que coach d’une nation pourtant pleine d’atouts, la chancelière Angela Merkel a des problèmes de riche. Attaquée par l’extrême droite sur sa politique en matière d’immigration et malmenée par les eurosceptiques, la dirigeante allemande a dû constituer un large noyau englobant les socialistes pour diriger son pays. Un collectif aussi fourni est plus compliqué à gérer. Par ailleurs, à l’échelon européen et mondial, la première économie de la zone euro est régulièrement critiquée pour l’excédent de sa balance commerciale qu’on la presse de réduire.

Ainsi, dans ses perspectives du printemps, le FMI souligne : « L’Allemagne dispose d’une marge de manœuvre budgétaire qu’elle devrait utiliser pour accroître l’investissement public dans des domaines qui accéléreront la croissance potentielle (…). Une hausse de l’investissement public en Allemagne aurait pour conséquence importante une augmentation des importations du reste de la zone euro, ce qui faciliterait le rééquilibrage de la demande au sein de la zone. » Les points forts de l’équipe allemande pourraient donc se muer en faiblesses.

France : un avenir doré si les réformes continuent

De son côté, la France, qui a réussi le doublé Coupe du monde et Euro en 1998 et 2000, apparaît en plein chantier aujourd’hui. Sous l’impulsion du président Emmanuel Macron, de nécessaires réformes si longtemps reportées sont désormais sur les rails. Au point que, dans sa récente revue annuelle de l’économie française, le FMI pointe la France comme le « chef de file des réformes en Europe » et encourage le pays à poursuivre dans cette voie, ce qui lui permettrait de réduire son déficit public.

Rappelons que le pays était encore récemment le dernier de la zone euro à risquer la carte jaune, à savoir une procédure pour déficit budgétaire excessif. Le déficit commercial – la France est importatrice nette – est aussi en voie de réduction. Pour cette Coupe du monde, il est encore un peu tôt mais l’économie française semble promise à un avenir doré si elle poursuit ses efforts.

Il en va tout autrement du Royaume-Uni, représenté à la Coupe du monde par l’Angleterre. Englué dans les conséquences du Brexit (croissance qui s’essouffle, entreprises qui quittent le terrain national, devise sous pression, etc.), le pays est confronté à un sous-investissement des entreprises, à cause des incertitudes sur les accords commerciaux qui s’appliqueront après la sortie effective du pays de l’Union européenne.

L’Espagne dans l’incertitude, la Belgique marque le pas

Derrière les trois plus grandes économies européennes, les autres formations semblent marquer le pas.

L’Espagne, toujours candidate au titre en foot, devrait voir sa croissance économique ralentir. L’Italie, qui ne s’est même pas qualifiée pour le Mondial cette fois, ne fait guère mieux. Le principal défaut de ces deux États est connu : le taux de chômage y reste trop élevé (15,9% en Espagne et 11,2% en Italie). En particulier, trop de jeunes restent sur la touche. Le taux de chômage des jeunes culmine à 33,1% en Italie et 34,4% en Espagne. Ces variables ont fait le lit des partis populistes qui plongent en particulier l’Italie dans une grande incertitude politique. On se demande comment elles auront évolué d’ici la prochaine Coupe du monde…

Par ailleurs, on voit mal de plus petites économies jouer des rôles de premier plan durant cette Coupe du monde et après. Ainsi, la Belgique, comme bien d’autres pays, verra sa croissance marquer le pas, si ce n’est cette année, en tout cas en 2019. Petite économie ouverte, la Belgique risque de pâtir de la montée du protectionnisme qui menace de ralentir le commerce mondial. Elle pourrait aussi souffrir de la progression des coûts énergétiques dans le sillage du rebond des prix pétroliers. D’autant plus que l’inflation belge reste toujours élevée au regard de la moyenne de la zone euro.

L’énergie, un paramètre à maîtriser

Le pétrole est justement au centre de l’attention à l’approche de la Coupe du monde qui a débuté par un intéressant Russie – Arabie saoudite le 14 juin, à peine une semaine avant une réunion très attendue de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Avec environ 11 à 11,5 millions de barils de brut produits par jour, la Russie et l’Arabie saoudite sont en compétition avec les États-Unis pour le titre de premier producteur d’or noir de la planète.

Le pétrole est un enjeu capital pour les mois et les années à venir car, davantage que les politiques monétaires des banques centrales, c’est le prix du baril qui a fait la pluie et le beau temps sur le terrain de l’inflation. On connaît aussi l’importance des coûts des importations d’énergie pour les pays émergents. Après avoir vu les cours pétroliers monter un peu trop rapidement à leur goût, l’Arabie saoudite et la Russie pourraient s’accorder pour augmenter leur production. Les deux pays ont exprimé leur préoccupation qu’un prix du baril trop élevé finisse par affecter la demande de brut.

Il est aussi question de contrebalancer la baisse de la production de l’Iran, auquel les États-Unis donnent une carte rouge, entendez par là de nouvelles sanctions. La diminution des exportations iraniennes est estimée à environ un million de barils par jour, alors que le pays en produit tant bien que mal 4 millions par jour. Voilà qui ne fera pas les affaires de cette économie qui se nourrit de son excédent commercial. L’Iran reste par ailleurs confronté à un taux de chômage particulièrement élevé.

Les pays africains jouent dans une autre division

Avec moins de 2 millions de barils produits par jour, le Nigeria ne joue pas dans la même division, ce qui n’empêche par son équipe de football nationale d’être représentée au Mondial, tout comme le Sénégal. Mais au Nigeria, malgré les dollars issus des exportations pétrolières, la pauvreté touche quasiment trois personnes sur quatre. Cette économie ne peut pas nourrir de grandes ambitions tant qu’elle restera gangrenée par la corruption.

C’est d’ailleurs un constat qui vaut pour beaucoup des nations africaines engagées dans cette édition de la Coupe du monde. On note qu’avec le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, l’Afrique du Nord est bien représentée dans la compétition. Mais après les « printemps arabes », ces pays restent confrontés à des défis économiques colossaux. En particulier, leurs taux de chômage sont particulièrement élevés. Le FMI note par ailleurs que la hausse des prix pétroliers a conduit à une dégradation des perspectives de ces pays qui sont tous importateurs de pétrole.

Le bon moment pour le Brésil ?

Les perspectives semblent meilleures pour certains pays d’Amérique latine engagés dans la compétition footballistique. « En Amérique latine, la reprise se poursuit de manière progressive », constate le FMI. « La croissance devrait passer à 2,0 % en 2018 et à 2,8 % en 2019. » Un calendrier plutôt engageant. Habiles balle au pied, les Sud-Américains pourraient donc aussi tirer leur épingle du jeu sur le terrain économique. Mais attention toutefois à leurs faiblesses récurrentes : des déficits publics problématiques, un taux de chômage élevé dans plusieurs pays, comme au Brésil, en Colombie et en Argentine, et, pour ce dernier pays en particulier, une inflation à contenir de toute urgence…

La montée du dollar peut en outre constituer un handicap de taille pour des économies qui ont l’habitude de s’endetter dans la devise des États-Unis. On songe en particulier à l’Argentine et au Mexique.

Cela dit, le Brésil connaît quant à lui une embellie qui coïncide bien avec la Coupe du monde. Après sa longue récession des années 2015 et 2016, l’économie brésilienne a retrouvé la voie de la croissance (+1% l’an dernier). Cette dernière devrait augmenter à 2,3% en 2018 puis à 2,5% l’an prochain, grâce à la hausse de la consommation privée et de l’investissement. Le Brésil semble ainsi avoir une fenêtre d’opportunité même si l’incertitude politique pourrait jouer les trouble-fêtes dans les mois qui viennent.

Et les outsiders ?

Loin des favoris de la compétition qui se joue en Russie, certains pays émergents d’Europe ont des atouts à faire valoir. Abstraction faite de leur chômage endémique, la Croatie et la Serbie bénéficient de perspectives économiques plus que convenables. Mais surtout, la Pologne se profile comme un concurrent des plus sérieux. Portée par une consommation intérieure vigoureuse, l’économie polonaise bénéficie d’une politique très favorable aux entreprises, ce qui devrait lui garantir un taux de croissance supérieur à 3% pendant au moins deux années.

Durant cette Coupe du monde et après, on gardera aussi un œil sur des économies dépendantes de l’arbitre chinois, telles que la Corée du Sud ou encore l’Australie, dont les matières premières ont pour principal débouché la Chine. Avec des taux de croissance de l’ordre de 3% dans les années qui viennent, ces deux pays pourraient compter.

La glorieuse incertitude du… dollar

Enfin, que serait une compétition sportive sans ses traditionnels aléas ? Il en va de même sur le terrain économique, où il faudra tenir compte du paramètre dollar, qui sera un peu la météo de la Coupe du monde des économies.

Le corps arbitral aura son mot à dire sur la praticabilité du terrain financier en cas de gros temps sur le marché des devises : la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale des États-Unis, devrait continuer à relever ses taux directeurs dans les trimestres à venir, ce qui devrait logiquement soutenir le billet vert. Toute la question est de savoir à quel rythme la monnaie américaine progressera et quelle sera son influence sur les prix des matières premières, par exemple. Il y a là une belle incertitude économique, au moins équivalente à la glorieuse incertitude du sport…


8 bonnes raisons d’investir en Asie

Le 11 juin 2018

L’Asie (hors Japon) en tant que région économique est passée à l’âge adulte et offre des opportunités aux investisseurs. Comment miser sur cette dynamique ?

En résumé:

  • L’Asie (qui s’entend hors Japon dans cet article) affiche une croissance économique solide, une augmentation sensible du pouvoir d’achat et une transition de l’industrie lourde vers l’innovation et la technologie.
  • Elle offre, en tant que région, des opportunités aux investisseurs qui sont disposés à accepter un risque plus élevé.

Investir en Asie: toujours d’actualité?

En 2017, les indices asiatiques des actions (hors Japon) ont bondi de 38% en moyenne. L’Asie a ainsi été la région la plus performante au monde. Mais si l’on observe l’évolution depuis le début de l’année 2008, on constate que la performance du panier des indices d’actions asiatiques (MSCI Asie hors Japon) est toujours en recul de 10% par rapport à l’indice mondial global (MSCI World).

L’Asie est-elle capable de rattraper ce retard?

Huit éléments indiquent cependant que le mouvement de rattrapage se poursuivra. L’Asie pourrait même dépasser l’indice mondial.

  1. La croissance économique est très solide

En 2017, cette croissance a atteint 6,1% pour l’ensemble de la région (hors Japon). L’acteur le plus important, la Chine, a affiché une croissance de 6,9%, tandis que l’Inde et la Corée du Sud progressaient respectivement de 6,8% et 3,1%. Pour l’ensemble de la région (hors Japon), les analystes tablent sur une croissance de 6% en 2018.

  1. Le potentiel est présent

Des pays comme la Chine et l’Inde (en phase de reprise) ne sont pas encore aussi avancés dans le cycle économique que l’Europe (en phase d’expansion) ou les États-Unis (fin de cycle). Le potentiel est donc réel.

  1. Le ratio cours/bénéfices est favorable

Les ratios cours/bénéfices (c/b) des actions asiatiques (c/b MSCI Asie hors Japon = 12,2) sont en moyenne nettement inférieurs à ceux des actions américaines (c/b S&P500 = 17,5) et européennes (c/b Eurostoxx600 = 14,4). Pour rappel, le rapport cours/bénéfice (ou Price Earning Ratio en anglais) est un indicateur financier qui permet d’évaluer si une action est plutôt chère ou plutôt bon marché.

  1. Une croissance probable des bénéfices des entreprises

Les économistes prévoient pour 2018 une progression de 15% des bénéfices des entreprises en Asie (hors Japon), contre 8% pour l’Europe et 12% pour les États-Unis.

  1. Les prévisions bénéficiaires revues à la hausse

En 2017, de nombreux analystes ont revu à la hausse leurs prévisions bénéficiaires pour les entreprises asiatiques. Le passé nous apprend qu’une telle révision à la hausse est souvent un indicateur fiable des performances boursières ultérieures de ces entreprises.

  1. L’Asie surfe sur la croissance mondiale

L’Asie étant fortement orientée vers l’exportation, cette région profite de la croissance économique mondiale et du regain de confiance des consommateurs.

  1. Une économie en transition

Les économies asiatiques sont aussi dans une phase de transition : si les exportations restent dynamiques, la consommation intérieure progresse également. On observe en outre une réorientation sectorielle des matières premières vers la technologie. Alors qu’il y a 10 ans, les entreprises du secteur des matières premières représentaient encore 20% du panier des actions asiatiques (hors Japon), elles ne représentent plus aujourd’hui que la moitié de ce chiffre. Dans le même temps, le poids des technologiques est passé de 17% à 39%.

  1. Pas seulement la Chine

Dans le sillage de la Chine, d’autres pays font preuve d’une belle santé. L’Inde, avec sa population de 1,3 milliard de personnes, abandonne peu à peu son statut d’économie agricole. Citons aussi les pays de l’Asean (Association of Southeast Asian Nations). Il s’agit de l’association de 10 pays d’Asie du Sud-Est dont les 5 plus importants (Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines et Singapour) ont affiché l’an dernier une croissance de 5,2%.

De quels risques dois-je tenir compte, en tant qu’investisseur?

  • Les marchés financiers sont sensiblement plus volatils qu’en Europe et aux États-Unis. Le potentiel de hausse peut être plus important, mais aussi le potentiel de baisse.
  • Le protectionnisme grandissant peut être préjudiciable à des économies fortement tournées vers l’exportation, comme la Corée du Sud.
  • La hausse des taux aux États-Unis accroît le risque de voir les investisseurs retirer leurs capitaux d’Asie pour les réinvestir aux États-Unis, selon un scénario déjà observé dans le passé.
  • Soulignons enfin les tensions géopolitiques, toujours présentes dans cette partie du monde.

Comment profiter de ce potentiel de croissance?

En tant qu’investisseur particulier, ce marché n’est pas évident, en raison de son envergure et de sa complexité. Dès lors, un fonds géré activement offre une plus-value aux investisseurs disposés à accepter un certain risque.


Est-ce le moment de passer aux obligations ?

Par Deutsche Bank Belgium

Le 7 mai 2018

Le changement semble amorcé : partout dans le monde, les taux d’intérêt ont entamé leur remontée, lentement mais sûrement. Quel est l’impact pour les investisseurs ?

En résumé :

  • Malgré la lente remontée des taux d’intérêt, il est encore trop tôt pour ‘switcher’ vers les obligations. Les actions gardent la cote, pour autant qu’elles cadrent avec votre profil d’investisseur.
  • Si vous souhaitez malgré tout investir dans des obligations, optez pour les pays émergents, qui offrent le meilleur rapport rendement/risque.
  1. Les taux d’intérêt remontent. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

C’est plutôt une bonne nouvelle. Les taux d’intérêt augmentent en effet pour une bonne raison : la croissance économique, qui reprend finalement son rythme. Dans les pays émergents comme dans les pays développés, l’économie connaît une croissance plus rapide qu’auparavant.

Outre la croissance économique, l’augmentation progressive des taux d’intérêt est également favorisée par le changement de politique des banques centrales. Ces dernières années, la Federal Reserve (Fed) aux États-Unis et la Banque centrale européenne (BCE) ont soutenu en bloc les cours obligataires, poussant ainsi les rendements vers le bas. La Fed a commencé à relever son taux directeur et elle réduit lentement son bilan en obligations. La BCE amorce, elle aussi, un changement de politique monétaire. Jusqu’à la fin 2017, elle achetait massivement des obligations, pour un montant de 60 milliards d’euros par mois. Aujourd’hui, ce chiffre a été réduit de moitié. Comme les obligations sont moins soutenues par les banques centrales, le cours des valeurs existantes va baisser et les rendements des nouvelles émissions vont augmenter.

  1. Dans ce climat, est-ce une bonne idée d’opter pour les obligations ?

Dans un contexte de forte croissance économique, les actions offrent un meilleur rendement que les obligations. Les actions sont donc à privilégier si elles correspondent à votre profil d’investisseur.

Si vous souhaitez quand même acheter des obligations, les emprunts des pays émergents offrent le meilleur rapport rendement-risque, même si vous devez accepter un risque de change.

3.     Quand faut-il acheter ?

Il est difficile d’indiquer un moment précis. Le taux directeur devrait rester très faible pendant plusieurs années encore. Ainsi, on n’attend une première hausse du taux directeur européen qu’à l’été 2019. Il n’y a donc aucune urgence.

Une augmentation de la prime de risque sur les obligations serait un bon signal d’achat. Il s’agit de la prime que l’émetteur paie en sus du taux pour un emprunt risqué, pour compenser le risque de crédit que l’investisseur prend sur cet émetteur. Aujourd’hui, nous avons atteint un niveau extrêmement bas et le risque de crédit n’est pas suffisamment rémunéré. À terme, la prime de risque se normalisera et d’autres obligations que celles des pays émergents offriront, elles aussi, une compensation correcte pour le risque de crédit.

4.     Dans l’attente du bon moment, quelles sont les alternatives dans le segment des obligations ?

Les obligations à taux variable, dont le coupon augmente à mesure que le taux d’intérêt monte. Mais elles sont très rares. On trouve occasionnellement des produits structurés qui misent sur cette tendance, mais ils ne sont pas légion.
Les fonds qui jouent activement sur la duration. La duration indique la sensibilité d’un instrument financier aux fluctuations des taux d’intérêt. Les obligations ont normalement une duration positive : si le taux augmente, la valeur d’une obligation diminue. Les gestionnaires de fonds professionnels peuvent toutefois jouer sur cette duration via des produits dérivés. Il est même possible d’obtenir une duration négative, et donc de créer de la valeur lorsque les taux d’intérêt augmentent. Vous pouvez donc obtenir malgré tout un rendement positif dans le segment des obligations si les taux repartent à la hausse. Toutefois, si les taux ne venaient pas à poursuivre leur hausse, les pertes sur de tels produits peuvent être substantielles. Il est donc déconseillé d’investir exclusivement dans ce type de fonds.

Conserver en portefeuille un maximum d’obligations à court terme. Le rendement sera faible, mais l’échéance sera plus proche. Si, dans trois ans environ, les taux ont nettement augmenté – c’est le scénario le plus probable – vous pourrez réinvestir avec un meilleur rendement.

5.     Quid des obligations que je possède déjà en portefeuille ?

Mieux vaut vendre sans tarder les obligations dont le rendement résiduel net à l’échéance est négatif. Par ‘rendement négatif’, nous entendons un revenu total à l’échéance, tenant compte de tous les coupons, inférieur au revenu en cas de vente aujourd’hui.

Si le rendement résiduel est positif et que vous êtes satisfait(e) de vos coupons, vous pouvez conserver ces obligations en portefeuille. Attention toutefois aux obligations spéculatives qui, par nature, exigent un suivi attentif du risque de crédit.


Quelles sont les 10 bonnes questions à poser à son banquier ?

Le 10 avril 2018

  1. Qui est-il/elle ?

La personne qui se tient devant vous va connaître des tas de choses vous concernant en plus de gérer vos finances. Il est normal que vous en sachiez un peu plus, vous aussi. Quelle est son expérience, quelles sont ses spécialités, reçoit-il/elle régulièrement des formations ? Si l’on a vraiment envie de lui demander s’il/elle est marié (e) ou si il/elle va nous filer l’adresse de son coach sportif, on peut… Mais après. 

  1. Pourquoi je choisirais sa banque en particulier ?

Si vous êtes déjà cliente, il est bon de se le faire rappeler de temps en temps. Et si vous pensez le devenir, c’est essentiel. Quelle est la plus-value de cette banque en particulier ? Qu’a-t-elle de différent à proposer ?

3.Comment voit-il/elle notre collaboration ?

Est-ce que vous pouvez joindre votre conseiller quand vous voulez ? Par téléphone, par e-mail, via les réseaux sociaux ? La disponibilité est aussi un critère à tester. Il est important de pouvoir fixer des rendez-vous réguliers, quelques fois par an, selon vos besoins, pour vous rassurer quant à des questions spécifiques, mais aussi pour anticiper certains changements dans le cours de votre vie. Avant de prendre une grande décision, vous consultez vos proches, vos confidentes, vos amis. Et un coup de fil ne suffit pas. Rien ne vaut un face à face en vrai, même avec votre banquier ! 

4.Est-ce que mon « portefeuille bancaire » actuel est en ligne avec mes objectifs ?

Déjà, les objectifs, on les définit : quel est mon horizon de placements, quels sont les risques, quels sont mes projets ? On ne va pas se comporter, financièrement parlant, de la même manière si l’on veut acheter un bien, si l’on veut prévoir un beau voyage ou si l’on a envie d’investir de l’argent pour obtenir un bon rendement. C’est une question très large, mais c’est vraiment la première chose qu’il faut aborder. Un bon bilan de la situation actuelle et des projets à venir, en somme. 

  1. Est-ce que les produits bancaires auxquels j’ai déjà souscrit sont de bonne qualité ?

Si l’on n’a jamais investi, c’est l’occasion de se pencher, ensemble, sur les meilleurs produits du moment. Sur ceux qui offrent de bons rendements. Il faut oser demander si les produits bancaires « maison », proposés par les banques traditionnelles, sont suffisants. Est-ce que ma banque actuelle peut aussi me proposer les meilleures solutions du marché ? Est-ce que je vais obtenir un conseil très large, y compris sur des produits qui sont émis par d’autres institutions financières ? En clair, si mon/ma conseiller/ère ne peut me parler que de ce qu’il/elle a sous la main en termes d’offres, sans avoir une vision globale et des points de comparaison par rapport à ce qui se fait ailleurs, sans impartialité, il est peut-être temps de le/la secouer (gentiment, on s’entend !). 

  1. À combien s’élèvent les frais ?

Les frais de gestion de mon portefeuille sont élevés ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi aussi ? Est-ce qu’il y a des frais d’entrée pour investir dans des solutions de placements ?. Ça n’a l’air de rien, comme ça. Mais au bout de l’année, dans certains cas et certaines banques, les frais de gestion et autres frais d’entrée peuvent vraiment s’avérer importants. Il est important de s’y intéresser pour éviter les mauvaises surprises. 

  1. Est-ce que je vais bénéficier d’un suivi actif de mon portefeuille ?

Quand il y a une modification d’un de mes produits, si quelque chose n’est plus tout à fait en ligne avec mes objectifs, est-ce que la banque va me contacter ? Parce qu’en effet, avec tout ce qu’on a à gérer, au quotidien, on risque de zapper une info, de laisser dormir nos placements. C’est là que le/la conseiller/ère doit se montrer proactif/ive, pour aller en permanence dans le sens de nos intérêts. 

  1. Est-ce qu’il/elle gère aussi le suivi des produits qui viennent d’une autre banque ?

Si vous transférez votre portefeuille d’une banque à une autre, il ne faudrait pas que vos nouveaux conseillers négligent certains produits. On doit pouvoir obtenir un conseil sur un large éventail de produits.

  1. Si des événements se présentent dans ma vie privée, est-ce que je peux compter sur ses bons conseils ?

La banque n’est pas un cabinet de consultation psy. Mais quand on divorce, quand on se sépare, quand on fait face à la disparition d’un proche, à un changement de carrière, on doit pouvoir compter sur quelqu’un qui nous soutiendra d’un point de vue conseils financiers. On doit pouvoir obtenir un rendez-vous rapide et se décharger des questions pratiques lorsqu’on a des gros stress ou émotions à gérer. 

  1. Et si je n’ai vraiment, mais alors vraiment pas le temps ?

Il est alors d’autant plus important de s’assurer que cette banque propose des solutions pour nous décharger d’un maximum de choses. On doit pouvoir déléguer la gestion de nos avoirs à des spécialistes qui s’occupent alors de notre portefeuille et nous envoient des reportings réguliers.