Le PIB : indicateur de richesse ?

Par Olivier Lefebvre, Chargé de Cours invité à l’Economic School of Louvain

Le fameux PIB (Produit Intérieur Brut) est généralement considéré comme un bon indicateur de la richesse d’une nation. C’est en effet la variation réelle du PIB qui va indiquer si une économie est en croissance ou en récession et lorsqu’on compare la richesse des pays, on va comparer le PIB par habitant.

On sait depuis longtemps que le PIB ne mesure pas le bien-être ni la qualité de vie. C’est pour cela que les Nations Unies par exemple, ont développé des indicateurs de bien-être ou de développement humain. Mais on se rend compte aujourd’hui que le PIB ne mesure même pas correctement la richesse ! En effet, c’est un peu comme si on gérait une entreprise en ne regardant que le chiffre d’affaire, mais en omettant de mesurer certains coûts et en ignorant entièrement le bilan.

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La Revue : Vers où se tourner ?

Les marchés s’enfoncent, les mines s’allongent et la valeur des portefeuilles fond comme neige au soleil. Nous sommes dans une situation très paradoxale où les actions sont à des niveaux très bas et les obligations d’Etat produisent de faibles rendements. Qui peut dire dans quelle direction iront les marchés ? Les analyses oscillent entre croissance molle et récession. Vers quelles valeurs peut-on se tourner ?

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Souvenez-vous de la tulipe!

La tulipe, dont on plante avec optimisme les bulbes à l’automne pour les voir fleurir au printemps, a plus d’une leçon à nous donner. Une leçon de confiance d’abord ! En effet, en livrant ces bulbes à la terre, le jardinier fait confiance à la nature qui lui promet une belle floraison deux saisons plus tard. Mais cette liliacée a aussi une belle leçon d’économie et de prudence à nous donner.

C’était en… 1593 ! Un dénommé Carolus Clusius arrive à Leiden (Pays-Bas) muni d’une importante collection de bulbes de tulipes. Les tulipes de Clusius étaient rares mais, élément ignoré à l’époque, elles étaient atteintes d’un virus. Ces fleurs tant convoitées avaient donc une durée de vie relativement courte. L’offre de tulipes était limitée et il était difficile d’accroître rapidement cette offre car de la graine à la fleur, il fallait compter entre 6 et 7 ans à une époque où la durée de vie moyenne de la population était de 40 ans. Parallèlement à cette offre limitée, la demande s’enflammait en provenance de toutes les couches de la population : riches propriétaires, marchands et même ouvriers qui avaient bénéficié de la hausse des salaires due à l’étroitesse du marché du travail provoquée par une épidémie de peste bubonique. Contraction de l’offre face à une demande croissante : tous les ingrédients étaient réunis pour une flambée spectaculaire des prix des bulbes de tulipes.

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Qu’est-ce que les PIGS ?

En anglais, « pig » signifie cochon. Mais ce terme a envahi la presse économique après la crise de 2008. Que signifie-t-il ? « PIGS » est un acronyme de Portugal, Irlande, Grèce et Spain (Espagne). Cet acronyme reprend les pays du Sud de l’Europe qui connaissent des problèmes concernant leur dette souveraine. Assimiler ces pays à des pigs revient aussi à dire que leur situation économique est catastrophique.

Chacun de ces pays est confronté à un problème d’endettement important. Le Portugal (P), comme l’Irlande (I) et la Grèce (G) sont confrontés à une dette élevée, d’importants déficits budgétaires et une croissance économique faible. En Irlande, il faut encore ajouter le problème lié au système bancaire et en Espagne (S) on assiste à une crise du crédit suite à l’effondrement de son marché immobilier.

Compte tenu de leur situation, ces pays doivent emprunter de l’argent à des taux très élevés, ce qui aggrave encore leur état de faiblesse. Il s’agit d’un véritable cercle vicieux. Quelles sont les solutions à ce problème qui pourrait entraîner ces pays hors de la zone euro ?

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Qu’est-ce que l’inflation et l’érosion monétaire d’un placement ?

La hausse des prix due à l’inflation entraîne une perte du pouvoir d’achat. Cela signifie, par exemple, que si l’on reçoit un salaire de 100 et que l’inflation est de 3%, ce salaire ne permettra plus d’acheter que pour 97 sur le marché local car le prix des denrées y aura augmenté.

Cette perte de pouvoir d’achat n’est pas la seule conséquence de l’inflation. En raison de l’inflation, la valeur réelle du principal d’une obligation, d’un compte à terme ou d’un bon de caisse, par exemple, aura diminué lors de son remboursement à l’échéance. Cette érosion sera fonction à la fois de la durée du placement et du taux d’inflation.

Plus le taux d’inflation sera élevé et plus la durée du placement sera longue, plus grande sera son érosion monétaire. Pour un capital de 100 investi au départ, si l’inflation est de 3 % par an, le placement ne permet plus d’acheter 100 mais 97 l’année suivante, et ainsi de suite.

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Etre pondéré

Par Etienne de Callataÿ, Chargé de cours invité à l’UCL et aux Facultés de Namur et Senior Fellow de l’Itinera Institute

Souvenez-vous ! Quand le tsunami du 11 mars dernier a frappé la centrale de Fukushima, d’aucuns imaginaient Tokyo (ir)radié de la carte. Quand la grippe A (H1N1) s’est répandue au printemps 2009, la peur d’une nouvelle grippe espagnole a saisi la population et les autorités. Quand la crise financière s’est propagée en Europe, ils n’ont pas été rares ceux qui ont vidé leurs carnets d’épargne d’institutions malmenées en bourse pour dormir sur un matelas de billets. Quand le prix du pétrole a grimpé jusqu’à environ 150 dollars par baril à l’été 2008, des experts ont annoncé un baril prochainement à USD 250. Quand les marchés d’actions avaient déjà derrière eux deux décennies de vive progression, en 1999, des spécialistes ont publié un livre affirmant que les cours allaient être multipliés par 4 en l’espace de quelques années !

Oui, les prévisionnistes se trompent. Oui, c’est l’imprévu qui finit toujours par arriver. Dans ses « Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur », publiés en 2000, Edgar Morin consacre un chapitre à l’incertitude et l’ouvre par une citation d’Euripide : « Les dieux nous créent bien des surprises : l’attendu ne s’accomplit pas, et à l’inattendu un dieu ouvre la voie ». Mais attention à ne pas commettre de faute de logique : si la prévision tempérée, qu’il s’agisse de croissance économique, d’inflation ou de bourse, a de bonnes chances d’être invalidée, cela ne valide pas tous les scénarios extrêmes, comme le montrent les exemples repris ci-dessus.

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