Critiques sur les problématiques ESG : que répondre ?

Par BNP Paribas Asset Management

L’investissement ESG fait régulièrement face à un certain nombre de critiques. Passons en revue certaines de ces critiques. Elles vont souvent trop loin et méritent d’être examinées de plus près sur la base des éléments suivants :

 

 

 

 

 

 

 

 

  • L’ESG a permis d’attirer l’attention, et non de la détourner. Les efforts d’intégration des critères ESG ont mis en lumière des questions telles que le risque climatique et la diversité. Ils ont probablement permis d’accélérer les actions prises par les entreprises et les pouvoirs publics plutôt que de les freiner.
  • Quelle est l’analyse contrefactuelle ? Il est vrai que de nombreux indicateurs environnementaux et sociaux se sont détériorés au cours des 20 dernières années. Mais l’environnement et la société se porteraient-ils mieux si le secteur de la gestion d’actifs avait ignoré les problématiques ESG comme c’était largement le cas avant 2004 ? C’est peu probable.
  • Les indicateurs ESG ne sont que des données. Au niveau le plus élémentaire, les indicateurs ESG transmettent des informations objectives sur la gestion de l’entreprise qui peuvent avoir un impact significatif sur les résultats. Il est vrai que les données sont souvent peu divulguées, rarement auditées et diversement interprétées. Pour les investisseurs avertis, des données correctement analysées peuvent véhiculer des informations importantes qui peuvent contribuer à générer de la surperformance.
  • Les frais ne sont pas le problème. Certaines critiques affirment que les problématiques ESG ne sont qu’un prétexte pour facturer davantage. Si cela peut être le cas pour certains fonds passifs et leurs équivalents ESG, les données ne confirment pas cette affirmation pour la majorité des fonds ESG gérés activement. Dans la plupart des cas, les frais des fonds ESG sont similaires à ceux des fonds standard équivalents.
  • Les enjeux ESG ne se limitent pas aux émissions. Si le changement climatique peut être considéré comme le principal risque systémique à l’échelle mondiale, il n’est pas le seul. Par exemple, si nous parvenons à réduire les émissions, mais que nous exacerbons les inégalités, nous ne faisons qu’échanger un risque systémique contre un autre.

Une étape nécessaire pour la finance

 

Avant la dénomination ESG, on parlait d’investissement socialement responsable. L’ISR était dédié à la création d’un système économique juste et durable. Avec l’avènement des PRI (principes de l’investissement responsable), les facteurs ESG sont devenus la priorité. Les notions de responsabilité et d’irresponsabilité ont été supprimées pour laisser la place aux résultats, ainsi qu’aux risques et avantages financiers liés à la prise en compte de ces facteurs.

 

Le succès du mouvement ESG a ouvert la voie à un élargissement des débats sur l’avenir de la finance. Nous bouclons la boucle, en nous éloignant d’une approche purement financière de l’intégration des facteurs ESG pour reconnaître que les investisseurs ont un impact réel sur le monde, et que leur capacité à générer des performances durables dépend de la santé de la planète et de sa population. Plus de 270 gestionnaires d’actifs, en charge de quelque 61.000 milliards de dollars d’encours, se sont engagés à atteindre la neutralité carbone au sein de leurs portefeuilles d’ici 2050 en signant l’initiative « Net Zero Asset Managers »[1].

Sans les efforts des PRI et d’autres regroupements internes au secteur, les questions ESG ne seraient pas aujourd’hui à l’ordre du jour de la plupart des conseils d’administration et aucune mesure ne serait prise pour assurer la transparence ESG et encourager les investissements dans des solutions en faveur du développement durable. On constate également que le monde n’a pas fait suffisamment de progrès pour mettre en place une économie à bas carbone, écologiquement durable et inclusive, dont nous avons collectivement besoin pour garantir des performances à long terme. Cela signifie qu’il y a encore beaucoup à faire, en espérant qu’il soit encore temps.

 

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[1] L’initiative « Net Zero Asset Managers » publie les objectifs initiaux de 43 signataires, tandis que le nombre de gestionnaires d’actifs s’engageant à atteindre la neutralité carbone s’élève désormais à 273 – L’initiative « Net Zero Asset Managers »

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