Quels sont les risques quand on investit dans le métavers ?

Investir n’est pas exempt de risques. Mais quand on se positionne sur un projet en développement, cela ne va pas sans s’exposer à certains accidents potentiels.

 

Un investissement en actions cotées est soumis à un ensemble de risques inhérents aux marchés. De l’évolution des taux d’intérêt, à la situation macroéconomique en passant par les risques géopolitiques, les bourses évoluent au rythme des anticipations de ces facteurs. En ce qui concerne les investissements dans et autour des métavers, les risques sont non négligeables.

 

Risques technologiques et d’obsolescence

 

Les projets relatifs aux métavers n’en sont encore qu’à leurs prémices. Le projet Meta n’est encore accessible qu’aux Etats-Unis et au Canada. Il ne compte, à l’heure actuelle, que 300.000 utilisateurs. Investir dans un tel projet est avant tout un pari sur l’avenir. Aujourd’hui, ces entreprises technologiques ne réalisent pas de profits et font l’objet d’un engouement encouragé par un énorme battage médiatique. « Le métavers nécessitera encore quelques années de travail pour les entreprises de jeux vidéo, de graphisme, de semi-conducteurs, de télécommunications, de cloud et de matériel, afin de tendre vers sa forme la plus complète, celle dans laquelle nos avatars numériques pourront vivre des milliers d’expériences et se déplacer dans divers mondes numériques, tout en conservant nos actifs numériques (NFT ou coinstables par exemple) », expliquent les gestionnaires d’ODDO AM.

 

Le succès des métavers dépendra de la qualité des infrastructures. L’amélioration de l’infrastructure numérique est cruciale pour faire véritablement décoller tout ce secteur. Un investissement dans ce domaine nécessitera donc de suivre aussi les évolutions dans d’autres secteurs. « Le métavers n’est pas facile à définir et il est très difficile de savoir exactement à quoi ressemblera le métavers dans dix ans », note d’Anjali Bastianpillai, Senior Client Portfolio Manager chez Pictet AM. L’investisseur doit donc être conscient de ces défis technologiques avant d’investir dans et autour des métavers. Le développement de ces infrastructures exigera des investissements importants qui pourraient peser sur les bénéfices et les flux de trésorerie à court terme de ces entreprises.

 

Si le projet de métavers dans lequel on investit prend de l’ampleur, se développe et réalise des gains substantiels, il faudra rester attentifs au taux d’adoption de ces nouvelles technologies et aussi au risque d’obsolescence. « Le risque de perturbation et d’obsolescence ne doit pas être sous-estimé. Nokia et Blackberry devaient dominer le marché de la téléphonie mobile pendant des années avant que l’iPhone et l’App Store d’Apple ne changent la donne pour les smartphones. Myspace n’est plus qu’un lointain souvenir, éclipsé par Facebook, qui a moins de 20 ans, tandis que Snap a à peine plus de 10 ans. Comment peut-on être sûr que Roblox sera la plateforme dominante dans 5 à 10 ans ? », met en garde James Mc Dermottroe, Deputy Fund Manager chez Invesco.

 

Risques économiques et financiers

 

D’un point de vue purement financier, investir dans un projet embryonnaire sur base de ses potentiels bénéfices futurs comportent des risques importants. Aujourd’hui, on ne sait pas encore quelle direction va prendre le développement du métavers, ni la rapidité de son développement. Le métavers n’est pas un succès garanti, d’autant plus que la réalité augmentée et la réalité virtuelle sont des marchés naissants dont les modèles de monétisation n’ont pas encore fait leurs preuves. « L’avènement du commerce en ligne a eu besoin de nombreuses années et d’une crise, alors que la mécanique était prête. Un exemple frappant pour moi est Decentraland : ces terrains virtuels vendus sous forme de NFT, et valorisés pour plusieurs milliards. J’imagine que les investisseurs se voient détenir une parcelle d’un futur Time Square, mais qui dit que les grandes marques ne vont pas développer leur propre réseau ? C’est déjà ce que Wallmart envisage, ou développer un autre Time Square virtuel qui aura tôt fait de supplanter le premier. L’incertitude sur le modèle même est énorme », prévient Lionel Henrion, analyste à la Banque Nagelmackers.

 

Avec les anticipations de hausse des taux d’intérêt, les valorisations des actions de croissance à long terme deviennent de plus en plus difficiles à justifier. Il convient donc d’être particulièrement attentif aux valorisations excessives de certaines sociétés technologiques en raison de surestimations de la croissance future et du prix à payer pour celle-ci.

 

Géopolitique, liquidité et transmission

 

A noter encore que les événements récents nous rappellent que les risques géopolitiques ne doivent pas être négligés. Les chaînes d’approvisionnement sont perturbées et connaissent des pénuries. Cela aura un impact sur le développement des nouveaux projets et donc sur leurs prévisions de croissance.

 

Au-delà des transactions sur des titres cotés en bourse, les investisseurs qui se positionnent sur des actifs dans les métavers doivent être attentifs à la liquidité de ces actifs. Ces biens et services acquis dans un univers virtuel seront-ils facilement négociables ? Qui va en assurer la liquidité ?

 

Un autre point mérite l’attention des investisseurs : qu’en est- il des biens détenus sous forme de crypto-actifs (monnaies virtuelles, NFT ou biens dans un métavers) en cas de décès et de succession ? Il convient alors de ne pas oublier de rédiger un document reprenant toutes les informations relatives aux comptes en cryptomonnaies, aux avoirs en NFT ou sur les métavers : les plateformes sur lesquelles sont stockées les cryptomonnaies, les codes d’accès et les procédures pour accéder à ce(s) portefeuille(s). On peut alors déposer ce document au Registre Central des Testaments ou le conserver dans un endroit sûr[1].

 

Fraudes, cyberattaques, crypto et réglementations

 

Dans ce type d’investissements, il ne faudra pas négliger non plus les risques de fraudes et de cyberattaques. Par ailleurs, les réglementations vont évoluer et vont venir légiférer dans ce domaine. « D’autres domaines, tels que les considérations juridiques et le paysage réglementaire, devront également évoluer pour accueillir et promouvoir un métavers pleinement opérationnel », note Martyn Hole, investment director chez Capital Group. Ces évolutions réglementaires risquent aussi de restreindre les capacités de ces entreprises à dégager des bénéfices.

 

Parmi les risques, il faut aussi mentionner l’évolution des crypto actifs et des NFT. L’évolution du cours des monnaies virtuelles s’apparentent aux montagnes russes. Ces monnaies virtuelles sont très volatiles. Quant aux cours des NFT, ils sont également volatils et surtout très difficiles à suivre avec des risques non négligeables de ventes et achats fictifs. Il est aussi très difficile de mesurer la profondeur des marchés de NFT. Il faut aussi se méfier sur ces marchés de la création de bulles qui, lorsqu’elles éclatent, font très mal aux portefeuilles.

 

 

 

Consultez sur MoneyStore le dossier complet « Métavers : enjeux, risques et opportunités d’une réalité en devenir », par Brigitte Doucet, Responsable du site Regional IT et Isabelle de Laminne, Responsable du blog MoneyStore.be

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