Comment discuter de durabilité avec mon banquier ?

Les banques privées seront tenues d’intégrer les préférences en matière de durabilité de leurs clients en gestion discrétionnaire. Dans ce cadre, elles devront insérer, dans le profil MiFID, des questions concernant le profil de durabilité. Pour les investisseurs individuels qui désireraient aussi y voir plus clair dans leurs préférences en matière d’investissement socialement responsable, il peut être intéressant de faire le point sur leurs objectifs durables. Une fois clairement établis, ces objectifs pourront alors servir de base pour choisir le placement qui s’accorde le mieux avec ce but à atteindre.

 

Se préparer

 

Cependant, les discussions avec le banquier peuvent parfois tourner court. Soit l’investisseur a mal préparé sa réunion avec son banquier, soit le banquier ne répond pas de façon précise aux questions posées par son client. Il peut être intéressant dès lors de bien se préparer à cet entretien. Le site www.myfairmoney.fr présente une petite liste qui reprend les principaux points à évoquer lors de cet entretien. « Il existe des directives strictes pour un entretien de conseil en investissement. Les conseillers doivent vous poser beaucoup de questions, notamment sur vos finances. Mais si vous tenez à faire bon usage de votre argent ou à ne pas investir dans certaines activités, dites-le clairement. Ces informations doivent également être prises en compte lors de la formulation d’une recommandation », peut-on lire sur ce site.

 

Il est bon alors de savoir quelles sont ses préférences :

 

  • Veut-on exclure certains secteurs ?
  • Veut-on privilégier l’aspect environnemental ? Ou les trois critères ESG ?
  • Veut-on investir dans des entreprises qui ont un réel impact ? Ou plutôt selon la méthode Best in Class ?
  • Des critères comme la diversité des genres doivent-ils être pris en considération lors d’un investissement ?
  • Dans un investissement, privilégie-t-on le rendement ou la durabilité ?

 

Quel réel impact ?

 

Dans la rubrique « bons conseils » de ce site, l’investisseur est invité à répondre à certaines questions. On le met aussi en garde contre le fait que seuls quelques produits peuvent réellement prouver qu’ils réduisent directement les émissions de CO2, par exemple. Il faut donc se pencher sur la composition des fonds durables pour voir si les promesses en termes de durabilité sont tenues. Comme il est difficile de voir si un produit a un réel impact, il faut poser des questions à ce sujet à son conseiller financier. Il convient aussi de regarder de près si le fonds correspond bien aux souhaits de l’investisseur dans ce domaine. Si la réponse est vague ou ne répond pas aux attentes de l’investisseur, soit il rejettera le produit, soit il acceptera ces lacunes et y investira en toute connaissance de cause.

 

Conseils incomplets

 

Après avoir mené une enquête sous forme de mystery shopping, les concepteurs du site My Fair Money ont détecté quelques lacunes chez les banquiers privés. « A maintes reprises, il est arrivé que les conseils soient incomplets, trop généraux ou uniquement dans l’intérêt des conseillers. Les profils des clients n’ont pas été complètement établis, les intérêts explicites en matière de durabilité n’ont été que peu ou pas du tout pris en compte et il est arrivé que des produits inadaptés soient recommandés ».

 

Voici quelques points qui devraient être passés en revue lors de la réunion avec son banquier lors d’un investissement durable :

 

  • Un profil MiFID complet doit être établi avec le banquier (objectifs d’investissement, aversion au risque, état des connaissances financières,…). Cela suppose que l’on ait pris le temps de réfléchir à ces différents points avant la réunion. Est-ce que j’investis pour ma pension ? Pour les générations futures ? Pour me composer un capital en vue d’un achat immobilier ultérieur ? Est-ce que je crains une grosse perte de valeur de mon portefeuille ? Est-ce que je connais bien les différents produits financiers ?
  • Le banquier doit s’enquérir auprès de son client de ses préférences en termes de durabilité. On doit donc se poser la question de savoir si l’on veut investir de façon responsable, dans quelles proportions et comment.
  • Si le banquier conseille un produit, il faut regarder si ce produit correspond à l’ensemble des attentes (risque, rendement, durabilité,…). A cet effet, le site My fair Money reprend une liste de plusieurs milliers de fonds qualifiés d’ESG avec un score, des labels, les critères positifs, les critères d’exclusion et leur accessibilité par pays.

 

En résumé, investir de façon durable ne s’improvise pas et suppose une analyse et une préparation aussi du côté de l’investisseur.

 

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