Résolution d’actionnaire, engagement et désinvestissement : trois pistes pour changer la donne

Par DPAM

Les investisseurs disposent de trois leviers pour faire infléchir le comportement des sociétés en matière de responsabilité environnementale, sociale et de gouvernance : la résolution d’actionnaire, l’engagement, ou le désinvestissement. Mais laquelle de ces trois options est la meilleure ? Analyse.

 

 

 

 

 

 

L’expression actionnariale : un outil efficace mais limité

 

En règle générale, une action achetée est assortie d’un droit de vote. Par conséquent, une première méthode d’engagement est le vote, par lequel les investisseurs, mais très rarement les détenteurs de dettes, peuvent exercer leur droit de vote lors de l’assemblée générale annuelle, notamment sur les propositions et résolutions des actionnaires.

Ces dernières semblent efficaces

 

  • Si elles sont déposées chaque année pour maintenir la pression constante de mise en œuvre des changements demandés.
  • Quand leur taux d’adoption augmente.
  • Quand elles exercent une influence plus large en alarmant potentiellement les pairs et en ayant donc un impact sur l’ensemble du secteur.

 

Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer la difficulté de déposer une résolution d’actionnaire.  Il y a la question juridique qui consiste à connaitre chaque règle nationale et locale de dépôt. Ensuite, il y a la question administrative des actions bloquées temporairement.

 

Le vote reste – au-delà de la résolution d’actionnaire – un levier important pour s’exprimer en tant qu’actionnaires (minoritaires) et donner un poids supplémentaire à sa politique durable en définissant proactivement ses lignes de conduite de vote en fonction de ses priorités ESG. Ainsi, un suivi de son action d’engagement sur la question de l’alignement à l’Accord de Paris peut s’accompagner systématiquement d’un vote défavorable sur les points du conseil d’administration pour une entreprise qui refuserait d’aligner sa trajectoire sur l’Accord.

 

L‘engagement, une question de dialogue

 

Les investisseurs dans les entreprises – que ce soit les actionnaires ou les détenteurs de dettes  –  peuvent tirer parti de leur position d’investisseurs pour s’engager auprès des entreprises afin de mettre en œuvre des changements au niveau de l’entreprise (stratégies, politiques, pratiques) dans le meilleur intérêt à long terme de toutes les parties prenantes.

 

Par le biais d’un dialogue personnalisé avec les entreprises à huis clos ou de lettres adressées aux services des relations avec les investisseurs, les investisseurs peuvent faire part des changements positifs souhaités concernant les meilleures pratiques de gouvernance, les objectifs en matière d’émissions de carbone, la gestion des risques liés à l’eau, l’impact des produits sur la santé et la sécurité, etc.

 

Une approche plus formelle est l’engagement collaboratif, dans le cadre duquel différents investisseurs institutionnels se regroupent en mettant en commun leurs capitaux pour accroître leur influence sur l’entreprise.

 

Le désinvestissement : efficace si public

 

Enfin, le désinvestissement pourrait induire une diminution du coût du capital de l’entreprise cible et donc affecter le nombre d’opportunités d’investissement à valeur actuelle nette et finalement diminuer son taux de croissance. Cependant, les universitaires ont constaté que l’impact de la cession est trop faible pour déclencher un changement dans la prise de décision de l’entreprise.

 

En outre, tout investisseur qui désinvestit perd sa participation dans l’entreprise et donc sa voix. Dès lors, le désinvestissement n’a d’impact que s’il revêt un caractère public, une annonce officielle qui fait tache d’huile pour les autres investisseurs et pour les sociétés pairs. Comme une entreprise n’aime pas se retrouver sur la liste noire d’investisseurs médiatisés, l’annonce d’un désinvestissement est néfaste à sa réputation.

 

En conclusion

 

Selon les praticiens, le seul pouvoir des actionnaires réside dans leur vote. Par conséquent, les investisseurs doivent rester investis dans les entreprises et tirer parti de leur position d’actionnaires pour préconiser des changements « de l’intérieur » en s’engageant par le biais d’un dialogue individuel, d’un engagement collaboratif ou en déposant des résolutions d’actionnaires. La propriété active est préférable au désinvestissement, et l’engagement et le vote actifs sont des éléments essentiels pour atteindre les objectifs sociétaux dans le cadre des défis ESG.

 

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