Promouvoir une mode plus durable : c’est l’affaire de tous !

On l’appelle la « fast fashion ». Il s’agit d’une façon de consommer des articles de mode à bas prix et de s’en séparer après quelques temps. « Pour certains, cela signifie que les vêtements sont portés une ou deux fois, puis jetés. Pour d’autres, cela signifie que les marques réagissent rapidement aux dernières tendances et proposent les bons vêtements dans les magasins avant que la mode ne change. Selon votre point de vue, cela peut être positif ou négatif pour les fashionistas, les travailleurs de la chaîne d’approvisionnement et la planète », épinglent Charles Somers et Rodrigo Kohn, gestionnaire et analyste chez Schroders.

 

Des incidences sur l’environnement

 

Le secteur de la mode a des effets non négligeables sur l’environnement. L’industrie textile émet davantage de carbone que les vols internationaux et le transport maritime réunis. Chaque seconde, un camion poubelle rempli de vêtements est déversé dans les décharges publiques à travers le monde. Par ailleurs, ce secteur est le deuxième plus grand consommateur mondial d’eau.[i] Il consomme aussi abondamment de substances chimiques.

 

Beaucoup de vêtements achetés dans les pays développés viennent de pays émergents. Les conditions de travail dans ces usines sont souvent déplorables. Nous avons encore tous en mémoire le drame du Rana Plaza qui a causé en 2013 la mort de près de 1.000 ouvrières au Bengladesh. Mais, dans les pays développés aussi, on assiste à l’exploitation des ouvriers dans le secteur du textile. « En 2020, on a constaté que des ouvriers étaient payés 2,50 livres sterling de l’heure dans une usine du Leicestershire », ajoute Katherine Davidson de chez Schroders. Cependant, des législations ont été mises en place pour défendre et mieux protéger les travailleurs et ce, y compris dans des pays comme le Vietnam ou le Pakistan, par exemple.

 

Des solutions pratiques

 

Pour remédier à ce gaspillage et aux nuisances que cette fast fashion induit sur l’environnement, il existe des solutions pratiques. La première consiste à concevoir, réparer ou reconditionner ses anciens vêtements. On peut aussi se poser la question de savoir s’il est vraiment utile et nécessaire de disposer d’autant de vêtements dans ses armoires. On peut également se fournir en vêtements auprès des magasins de seconde main. Cette manière de s’approvisionner encourage le recyclage et permet de donner une seconde ou troisième vie aux vêtements. Cette pratique devient d’ailleurs de plus en plus courante auprès des jeunes parents qui font le choix d’habiller leurs enfants dans ce type de magasins.

 

Dans ses choix vestimentaires, on peut également privilégier des marques qui ont un processus de production plus durable. « Saviez-vous que l’on peut produire du cuir à partir de champignons ou d’ananas ? », remarque Katherine Davidson.

 

Investir autrement

 

L’investissement a aussi un rôle à jouer dans ce domaine. Il est possible d’investir de façon plus responsable dans des entreprises qui ont un processus de production plus respectueux de l’environnement. On assiste ainsi à la mise en place de politique de recyclage et de diminution de la pollution dans des entreprises de ce secteur. Des industries de production textile sont également plus soucieuses que d’autres dans leur politique de gestion du personnel.

 

Mais l’analyse a ses limites. « En ce qui concerne le facteur « jetabilité », nous reconnaissons que nous ne saurons jamais exactement combien de fois les consommateurs utilisent différents produits. Il s’agit d’un domaine dans lequel des organisations non gouvernementales (ONG), telles que la Fondation Ellen MacArthur, développent des mesures et des preuves, mais il s’agit d’un domaine d’investigation naissant », avouent Charles Somers et Rodrigo Kohn.

 

Prix et qualité

 

On peut penser qu’un article dont le prix est plus élevé sera de meilleure qualité et sera porté plus souvent. On peut alors prendre en compte, dans le choix des entreprises en portefeuille, le prix moyen de la gamme de chaque marque. « Parmi les entreprises que nous avons évaluées, Adidas est le leader et Primark/ABF arrive en dernière position. Il est intéressant de noter que nous avons remarqué un changement dans le score de Primark lorsque nous avons ajusté les résultats en fonction du caractère jetable. Les mesures d’amélioration mises en œuvre par Primark se traduisent par un score social fort selon notre modèle. Cela permet de compenser quelque peu les mauvaises performances environnementales de l’entreprise, qui se classe en queue de peloton », constatent ces experts.

 

En revanche, une entreprise comme Adidas s’engage à produire des vêtements de haute qualité et de longue durée. Elle a l’ambition de développer de nouveaux produits en utilisant des matériaux innovants comme le cuir de champignon.

 

Chacun son rôle

 

Dans le domaine de la mode, chaque acteur a donc un rôle à jouer. Les industries du textile ont la responsabilité d’influencer les clients et de susciter un changement d’état d’esprit. Elles doivent veiller à limiter les émissions néfastes dans la fabrication des textiles. Elles peuvent aussi s’approvisionner en matériaux de manière durable. Ces entreprises ont également une responsabilité dans la réduction des dommages, des désirs et des besoins de la mode tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

 

Les investisseurs peuvent, quant à eux, promouvoir dans leurs placements des entreprises plus durables. Mais ce sont aussi les consommateurs qui ont un rôle à jouer en changeant et en adaptant leurs comportements face à cette industrie aux multiples facettes.

 

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[i] source: https://www.schroders.com/fr/be/consumer/achtergrondinformatie/enjeux-esginvestissement-responsable/monhistoire-comment-ma-passion-pour-les-vetements-influence-mes-decisions-dinvestissement/

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