Les investisseurs belges s’intéressent de plus en plus aux fonds durables

Par Schroders

 

Selon l’enquête Schroders Global Investor Study 2022, les investisseurs belges se concentrent sur l’allocation dans des fonds qui répondent à leurs besoins et principes personnels. Ils sont de plus en plus attirés par les fonds durables, principalement en raison de l’environnement. Mais lorsqu’il s’agit de changer le comportement des entreprises, les investisseurs belges veulent également avoir un impact sur des aspects sociaux tels que le traitement du personnel.

 

 

 

Valeurs et principes

 

L’étude phare de Schroders[1] montre que les investisseurs qui se qualifient eux-mêmes d’« experts » se concentrent davantage sur le rôle que leurs principes et valeurs peuvent jouer dans leurs décisions d’investissement. Les recherches montrent que la moitié de ces investisseurs « experts » belges ont déclaré que leurs principes personnels sont « très importants» pour leurs investissements.

 

En outre, l’importance accordée aux valeurs et aux principes par les investisseurs augmente avec l’âge. Plus de quatre cinquièmes (86 %) des personnes âgées de plus de 71 ans sont susceptibles de privilégier ces aspects. Cela indique peut-être que les investisseurs plus âgés sont plus confiants et fermes dans leurs opinions.

 

En outre, les résultats montrent que la plupart des personnes ont le sentiment, en tant qu’actionnaires, qu’elles devraient pouvoir influencer les entreprises dans lesquelles elles investissent.

 

Lorsqu’on leur demande quels sont les domaines dans lesquels il est le plus important de jouer un rôle actif auprès des entreprises, les Belges ont classé les enjeux du capital humain (67 %), du capital naturel et de la biodiversité (66 %) et du climat (61 %) comme étant les plus cruciaux, démontrant l’importance des questions liées à l’environnement.

 

Savoir, c’est pouvoir : besoin d’éducation financière

 

Près de 89 % des investisseurs « experts / avancés » belges estiment disposer de connaissances suffisantes pour prendre des décisions d’investissement pour leur avenir financier, tandis que près de la moitié (45 %) des investisseurs « débutants/rudimentaires » belges se sentent suffisamment informés pour le faire.

 

Étonnamment, l’enquête Schroders Global Investor a également révélé qu’il existe un fossé entre les connaissances en investissement que les investisseurs pensent avoir et leurs connaissances en investissement réelles.  Par exemple, plus de la moitié (58 %) des investisseurs de niveau intermédiaire estiment disposer de connaissances suffisantes.  Mais lorsqu’on les interroge sur ce qui arrive généralement aux prix des obligations lorsque les taux d’intérêt augmentent, 60 % ont donné la mauvaise réponse, à savoir que les prix des obligations augmentent.  En revanche, 90 % des investisseurs experts ont donné la bonne réponse, à savoir que les prix des obligations baissent lorsque les taux d’intérêt augmentent.

 

Cela souligne la nécessité d’une meilleure éducation financière et le rôle que les fournisseurs de services financiers doivent jouer. La moitié (50 %) des Belges estiment que les sociétés d’investissement doivent veiller à s’assurer que les personnes ont suffisamment de connaissances en matière financière personnelle, et 35 % pensent que cela doit incomber aux conseillers financiers.

 

Toutefois, 38 % des Belges estiment que les établissements d’enseignement ont un rôle à jouer pour sensibiliser les personnes aux questions financières, tandis que 9 % d’entre eux considèrent cela comme leur responsabilité personnelle.

 

Une meilleure connaissance favorise également la focalisation sur les actifs privés

 

En outre, l’étude montre que les investisseurs se sentent désormais plus confiants dans l’accès à des investissements qui auraient pu être considérés comme hors limites. C’est notamment le cas des actifs privés. 47 % des investisseurs belges se sentent en mesure d’accéder au capital-investissement et aux actifs physiques.

 

Cependant, si la plupart des Belges se sentent en mesure d’investir dans des actifs privés, certaines classes d’actifs sont toujours perçues comme complexes, nécessitant un soutien supplémentaire de la part des fournisseurs et des conseillers financiers pour y accéder. C’est notamment le cas des infrastructures où les investisseurs étaient plus enclins à investir par le biais d’un produit tiers comme un fonds commun de placement (46%) plutôt que directement (31%).

 

En résumé, plus le niveau de connaissances perçu en matière d’investissement est élevé, plus les gens sont susceptibles d’être intéressés d’investir dans des classes d’actifs privés. Par exemple, 36 % des « débutants » belges estiment que les infrastructures dépassent leur entendement, contre 8 % des investisseurs « experts » belges. Cela suggère que la tendance à la démocratisation des actifs privés sera probablement liée à un niveau plus élevé d’éducation financière.

 

Davantage d’intérêt pour les fonds durables

 

Par rapport à l’enquête Schroders Global Investor de l’année dernière, les investisseurs belges sont devenus plus intéressés par les fonds durables. 93 % ont répondu par l’affirmative à la question de savoir s’ils considèrent comme attractifs les fonds durables, c’est-à-dire les fonds qui prennent en considération les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance.

 

Les investisseurs belges considèrent l’impact environnemental comme l’aspect le plus attractif des fonds durables (48 %), suivi de l’impact sur la société (41 %). La différence de préférence entre ces deux caractéristiques d’impact s’est réduite au cours des trois dernières années.

 

Les investisseurs belges voient trois facteurs principaux qui les encourageraient à accroître leurs investissements durables : la capacité à choisir des investissements alignés sur leurs préférences personnelles en matière de développement durable (par exemple, les aspects sociaux, environnementaux ou les deux) (58 %), une meilleure éducation à l’investissement durable en général (42 %) et des rapports réguliers montrant l’impact des investissements sur les personnes et la planète (35 %).

 

Les investisseurs belges souhaitent également qu’un fonds durable ait un impact sur des questions de durabilité spécifiques, comme une réduction de l’empreinte carbone (52 %), des rendements financiers et l’intégration des facteurs de durabilité (48 %) et un impact positif sur les personnes et/ou la planète (33 %).

 

Plus précisément, les investisseurs belges souhaitent que leur investissement durable ait un impact sur des objectifs sociaux spécifiques, tels que la santé et le bien-être (46 %), la qualité de l’éducation (45 %), l’eau potable et l’assainissement (39 %), l’action climatique (34 %) et l’objectif de faim zéro (30 %).

 

Toutefois, certains Belges hésitent toujours à investir dans des fonds durables.  Pourquoi ? 52 % affirment qu’il s’agit d’un manque de transparence et de données publiées par les fournisseurs sur l’impact des investissements durables. 44 % affirment qu’il s’agit de l’absence de définitions claires et acceptées de l’investissement durable. Et 25 % ont des inquiétudes sur les performances.

 

Le label de durabilité soutient les investissements

 

En Belgique, le label Towards Sustainability a été créé pour aider les investisseurs à choisir des investissements responsables et durables. Il est attribué aux produits financiers (fonds communs de placement) qui investissent dans des entreprises responsables en matière environnementale, sociale et de gouvernance par des entités indépendantes.

 

Les Belges sont-ils conscients de l’existence de ce label ? 70 % des Belges interrogés répondent par l’affirmative et en comprennent la signification, 22 % en ont entendu parler, mais ils ne le connaissant pas très bien et 7 % n’en ont jamais entendu parler.

 

La question clé est de savoir si les Belges ont investi ou envisageraient d’investir dans des produits financiers ayant obtenu ce label. L’enquête Schroders Global Investor Study 2022 révèle que seule une très petite minorité (4 %) ne s’intéresse pas aux fonds labellisés « Towards Sustainability », tandis que 39 % des Belges investissent déjà dans de tels produits financiers mais détiennent également des produits financiers n’ayant pas ce label. Un pourcentage similaire de personnes (38 %) investissent uniquement dans des produits financiers avec le label « Towards Sustainability », et si le produit n’a pas de label, ils n’investissent pas. Enfin, 9 % des Belges déclarent ne pas être au courant du label, mais que c’est une chose qu’ils envisageraient.

 

Consultez aussi le corner Placements

 

[1] Entre le 18 février et le 7 avril 2022, Schroders a fait réaliser une enquête indépendante en ligne auprès de plus de 23 950 particuliers investissant depuis 33 pays à travers le monde, dont 500 en Belgique, répartis en Europe, en Asie, sur le continent américain et dans d’autres régions. Selon cette étude, un « investisseur » correspond à toute personne envisageant d’investir au moins 10 000 euros (ou une somme équivalente) au cours des 12 prochains mois et ayant modifié ses placements au cours des dix dernières années. En raison de ce seuil, Schroders reconnaît que ce groupe, et par conséquent les résultats de la recherche, ne sont pas représentatifs de l’expérience vécue par chacun.

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