La lutte contre le changement climatique nécessite rapidement plus d’investissements

Par Felix Odey et Alexander Monk, gestionnaires chez Schroders

Cette année, nous avons reçu des avertissements clairs quant aux effets dévastateurs du changement climatique. Quelles en sont les implications pour les investissements dans les chaînes de valeur de l’alimentation, de l’eau et de l’énergie ?  La crise actuelle de l’énergie pourrait donner une impulsion considérable à la croissance des énergies renouvelables.

 

 

Le temps presse

 

La pression sur le système alimentaire et hydrique mondial augmente en raison du changement climatique. Le temps presse pour contrer la hausse de la température sur terre. Un rapport de l’IPCC (The Intergovernmental Panel on Climate Change) montre clairement que des conséquences du changement climatique sont déjà irréversibles. Les conséquences pourraient être catastrophiques si des mesures drastiques ne sont pas prises immédiatement dans tous les secteurs et pays.

 

Le monde connaît donc de profonds changements. Il faut rapidement mettre un terme aux émissions de dioxyde de carbone et de méthane. De plus en plus d’investissements sont nécessaires pour éviter l’élévation du niveau de la mer, l’émergence de conditions météorologiques extrêmes et la mise en péril de l’approvisionnement alimentaire mondiale. Selon l’IPCC, plus de 40 % de la population mondiale est très vulnérable au changement climatique. La population mondiale devrait atteindre plus de 10 milliards d’individus d’ici 2050, ce qui nécessiterait 70 % de nourriture et d’eau en plus par rapport à 2010.

 

Des solutions naturelles et technologiques

 

La production alimentaire est responsable de 25 % des émissions de gaz à effet de serre, de 65 % de l’utilisation d’eau douce et de 40 % de l’utilisation des terres, la production alimentaire se faisant souvent à proximité d’importants écosystèmes stabilisateurs, tels que l’océan ou les forêts tropicales, voire en les utilisant. Il faut réduire les dommages environnementaux à un minimum, mais il faut aussi favoriser la restauration de ces ressources naturelles. D’où l’importance des solutions et technologies naturelles pour la production alimentaire et énergétique.

 

Quel rôle les investisseurs jouent-ils ?

 

Les changements dans les chaînes de valeur de l’énergie, de la nourriture et de l’eau entraîneront une gigantesque redistribution du capital. Traditionnellement, ce type de mouvements de capitaux devait servir de catalyseur aux cours des actions des sociétés qui ont réussi à générer un rendement d’un accroissement des dépenses en capital.

 

Les changements nécessaires dans les systèmes tels que l’énergie, la nourriture et l’eau en sont encore à leurs balbutiements. Dans l’ensemble, les investissements dans les secteurs agricole et foncier devraient être trois à six fois plus élevés qu’aujourd’hui pour lutter efficacement contre le changement climatique.

 

Les investisseurs, les entreprises, les gouvernements et les organisations, tels que l’IPCC, doivent veiller à une harmonisation des données, capitaux et réglementations afin d’orienter efficacement les changements nécessaires avant que leur mise en œuvre ne devienne encore plus contraignante et plus complexe.

 

La crise énergétique accélère l’écologisation

 

La crise énergétique actuelle est un catalyseur des énergies renouvelables. Le coût de l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables comme le vent et le soleil a considérablement diminué ces dernières années. Le coût de ces énergies est depuis longtemps comparable à celui des combustibles fossiles, voire moins élevé. Autrement dit, les énergies renouvelables, y compris les combustibles renouvelables, deviennent plus attrayantes.

L’argument du coût était déjà largement favorable à l’énergie éolienne et solaire, même avant la hausse récente des coûts des combustibles fossiles.

 

Mais à mesure que le prix du gaz augmente, le coût d’autres technologies renouvelables émergentes devient lui aussi plus concurrentiel. On peut attirer l’attention sur l’ammoniac qui peut être produit de manière renouvelable et sans émission de CO2. Un moyen de rendre l’ammoniac vert est l’utilisation de l’hydrogène produit par hydroélectrolyse, en utilisant des énergies renouvelables. L’ammoniac vert se prête à différentes applications. Par exemple, pour le stockage et le transport de l’énergie à partir de centrales renouvelables. Ou comme carburant pour mettre fin aux émissions de CO2 du transport maritime. En termes de coût, des carburants renouvelables tels que l’ammoniac vert ou l’hydrogène vert sont actuellement intéressants.

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