Les bonnes idées sont celles qu’on a en marchant

Par Thomas Planell, Gérant – analyste chez DNCA

 

Les bonnes idées sont celles qu’on a en marchant disait Nietzsche. Pour l’arpenteur du pays niçois, la marche était un exercice salutaire, tant pour le corps que pour l’esprit.

Pour les investisseurs qui avancent sur les chemins tortueux des marchés, l’arrivée du printemps porte les espoirs d’un retour à un tracé moins sinueux.

 

Les mesures sanitaires, relâchées, présagent d’une reprise des habitudes de consommation qui doivent nous rappeler que 2022 est aussi une année de réouverture des économies.

 

Changement de saison

 

La clémence des températures, recherchée par le philosophe allemand dans ses voyages aux creux des alpes maritimes est aussi le synonyme de factures de gaz moins pénalisantes pour le consommateur européen qui tient dans ses mains plus de 60% de la croissance économique du continent.

 

Ainsi, à la faveur du changement de saison, le marché actions semble avoir franchi son pic de volatilité : Vix et Vstoxx cèdent plus de 40% depuis le 8 mars. Reconstituées, les positions cash des portefeuilles (au plus haut depuis 3 ans) offrent un second souffle aux indices qui s’établissent près de 15% plus haut.

 

Mais devant le camp de base installé en aval s’étendent à présent les contreforts abrupts du massif de ce premier trimestre violent. La détonation de la première hausse des taux par la FED depuis 2018 y retentit encore, tel un écho. Les prochaines, plus fortes, grondent déjà : Powell semble vouloir accélérer, frapper plus fort contre l’inflation. Lagarde, bien que moins droite dans ses bottes, emprunte ses pas.

 

Incertitudes et tension

 

Le ciel n’est pas clair, le dénivelé reste incertain. Nous sommes entrés en 2022 avec un niveau de tension inédit sur les métaux industriels et les matières premières agricoles. La guerre l’aggrave, jetant encore davantage la chaine logistique mondiale dans le désarroi. Il devient ainsi difficile de se fier à quelque boussole en matière d’inflation, la seule certitude étant qu’il nous faudra plus de temps que prévu avant de voir les prix à la production et à la consommation céder du terrain…

Ce qui rend le compas des prévisions de croissance économique plus imprécis encore.

 

Conséquence :  l’aiguille de la volatilité devrait continuer de s’affoler sur la partie longue de la courbe des taux où se forment les anticipations de croissance et d’inflation des investisseurs.  Les marchés obligataires globaux clôturent d’ailleurs le pire trimestre de leur histoire contemporaine. Difficile d’envisager que les autres classes d’actifs puissent s’affranchir durablement de cette nervosité…

Texte achevé de rédiger le 25 mars 2022

 

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