Hit-parade des fonds : le Brésil tout en nuances

Selon les chiffres fournis par Quantalys à fin mars 2022, il apparaît, sans surprise, que les fonds investis en actions russes ont perdu près de 79% de leur valeur depuis le début de l’année. « La Russie a été retirée de l’indice MSCI Emerging Markets le 9 mars, à un prix effectivement nul », épingle la maison de gestion Schroders.

En revanche, le Brésil affiche de belles performances depuis le début de l’année. Mais ces beaux résultats du marché brésilien doivent cependant s’envisager avec quelques nuances.

 

 

 

Matières premières et banques

 

Les marchés d’Amérique latine ont tous généré de solides gains, tirés vers le haut par le Brésil. On peut expliquer ces belles performances essentiellement par le fait que le Brésil est un grand exportateur de matières premières. Or, les prix des matières premières se sont envolés depuis février. D’autres exportateurs nets de matières premières des marchés émergents ont aussi affiché des gains importants. « Le Brésil est un producteur à faible coût de nombreuses matières premières et possède une matrice énergétique majoritairement hydroélectrique, de sorte que le secteur bénéficie de prix plus élevés et d’une structure de coûts compétitive grâce aux coûts des devises et de l’énergie », notent les analystes chez Schroders.

 

Malgré ce rebond, ce marché reste encore attrayant. « L’énergie, les matériaux, les services publics et les banques sont bon marché malgré le rebond très important du mois et le marché reste globalement bon marché et ce, bien que les révisions soient devenues négatives », indique Schroders. Le marché brésilien est aussi porté par son secteur financier. Malgré la faiblesse des actions brésiliennes en 2021, le secteur financier brésilien, en général, a connu une période faste ces dernières années. Plus de 45 sociétés ont été cotées sur la principale bourse du pays. « Les banques historiques ont été gérées avec prudence pendant la pandémie, n’ont pas encore connu de concurrence matérielle en matière de prêts de la part des acteurs de la fintech, et voient un environnement favorable de taux plus élevés et de meilleurs spreads ».

 

On constate que le Brésil a alors été porté par des valeurs de la vieille économie : les secteurs des matériaux et les valeurs bancaires. Or, au niveau mondial, ces secteurs n’avaient plus vraiment la cote depuis un certain temps.

 

Mais encore des difficultés

 

Cependant, le marché brésilien n’est pas exempt de risques. Son économie reste encore confrontée à des difficultés importantes. La reprise économique du Brésil a été en forme de K. Il y a donc des gagnants et des perdants. L’inflation dans ce pays est énorme. Les ménages sont confrontés à des situations très difficiles. « A titre anecdotique, les prix des voitures ont augmenté de 30 à 40 % au cours des deux dernières années, les prix de l’immobilier ont augmenté de 30 à 50 % au cours des deux dernières années dans de nombreuses régions et les prix des denrées alimentaires ont également été extrêmement élevés. Au fond, le message est très différent entre les exportateurs et les entreprises nationales. Les acteurs nationaux luttent pour continuer à répercuter l’inflation de leurs coûts, de sorte que les constructeurs de maisons et les détaillants sont susceptibles de subir une pression sur les marges », constatent les analystes de Schroders.

 

L’inflation, qui a atteint 10,5 % en février, ainsi que la hausse des taux d’intérêt, ont désormais un impact sur l’économie nationale. L’inflation et les taux resteront plus élevés pendant plus longtemps. Cette situation pèsera sur les revenus disponibles et l’économie nationale, mais devrait soutenir la monnaie et contribuer à maintenir les prévisions d’inflation à un niveau stable, voire inférieur.

 

Les actions axées sur le Brésil font donc l’objet d’une forte volatilité et ce marché ne peut s’envisager que par l’intermédiaire de fonds de placement et dans le cadre d’une diversification du portefeuille.

 

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