Comment se construire un portefeuille solide ?

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Par Knut Huys, Senior Fund of Funds Manager chez Deutsche Bank Belgique

 

 

 

 

En résumé :

  • Un portefeuille solide, intelligemment exposé à diverses classes d’actifs (actions, obligations…) est indispensable pour potentiellement faire prospérer son patrimoine et résister aux tempêtes éventuelles.
  • Un tel portefeuille de fonds1 doit reposer sur des fondations robustes, que l’on complète le cas échéant par des investissements thématiques qui permettent d’ajouter certains accents (par exemple, l’intelligence artificielle, le changement climatique, etc.).
  • Dans ce cadre, il est recommandé d’agir de manière disciplinée (à savoir rester investi), de se concentrer sur une stratégie à long terme (et non sur une tactique à court terme) et d’y intégrer une certaine tranquillité d’esprit.

 

Investir dans des fonds, c’est tenter de profiter d’opportunités, mais c’est aussi s’exposer à certains risques. En effet, il n’est pas simple de supprimer totalement les risques. Par contre, il est possible de s’armer au maximum pour tenter de les amortir.

 

On peut comparer un portefeuille d’investissements à une maison. Des fondations robustes préviennent les affaissements, un toit étanche protège du vent et de la pluie, tandis que de bons murs porteurs évitent l’effondrement de l’édifice. Il en va de même pour un portefeuille d’investissements. Si son architecture de base n’est pas robuste, il risque de s’écrouler comme un château de cartes. Peut-être pas au premier souffle de vent, mais bien en cas de tempête sur les marchés.

 

Constituer un portefeuille robuste

 

Pour se donner les meilleures chances d’atteindre ses objectifs d’investissement, il est essentiel de déterminer la combinaison optimale de classes d’actifs. Les stratégies d’allocation d’actifs efficaces s’exposent suffisamment au risque pour procurer au portefeuille un potentiel de croissance… mais pas trop non plus, pour que l’on se sente confortable et donc pour éviter de sortir du marché au mauvais moment.

Mieux vaut donc qu’un portefeuille soit constitué d’un solide noyau, complété par plusieurs ‘satellites’.

 

  1.  Le noyau peut se composer, par exemple, d’une solution intégrée fondée sur une allocation stratégique des classes d’actifs. Autrement dit, un investissement global qui…
  • Est exposé tant aux actions et obligations qu’à d’autres classes d’actifs éventuelles ;
  • Se concentre sur le rendement potentiel à long terme ;
  • Fait l’objet d’une analyse et d’éventuels ajustements sur base régulière, afin d’équilibrer les risques avec le rendement potentiel à long terme ;
  • Intègre éventuellement des mécanismes destinés à prévenir des baisses trop importantes.
  1.  Les satellites peuvent prendre la forme d’investissements relatifs à des thématiques (telles que le changement climatique, l’intelligence artificielle, l’eau ou la robotique), des secteurs bien précis (technologie, finance, soins de santé…) ou des catégories (petites ou moyennes capitalisations…). Autrement dit, des investissements tactiques et complémentaires, à potentiel de croissance manifeste et présentant éventuellement un niveau de risque plus élevé que le cœur du portefeuille.

 

Trois conseils pour un portefeuille plus robuste

 

  1. Avoir de la discipline : rester investi

 

Investir, c’est structurer ses actifs dans le but de recueillir un rendement potentiel intéressant à long terme, et non ramasser quelques miettes après un mois ou deux. Bien sûr, il peut être tentant d’acheter ou de vendre quand les bourses plongent ou, au contraire, quand elles sont à la hausse. Cependant, il est virtuellement impossible de choisir à chaque fois le moment optimal auquel entrer et sortir du marché. En vendant, on risque peut-être de rater la poursuite de la hausse ou alors la remontée qui suit généralement les fortes baisses.

Une analyse de l’histoire boursière révèle que le succès à long terme est déterminé par quelques rares pics de croissance. Ainsi, si l’on a raté les 10 meilleurs jours de bourse des 25 dernières années, le rendement aurait été réduit de 54% par rapport à une situation où on aurait conservé ses positions. Voilà la conclusion marquante d’une analyse des rendements du S&P 500 au cours de ces 25 années. Les chiffres évoqués ici sont des rendements du passé et ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures.

 

  1. Privilégier la stratégie (à long terme) à la tactique (à court terme)

Selon plusieurs études2, pas moins de 90% du rendement à long terme d’un portefeuille est déterminé par les classes d’actifs sous-jacentes. La composition d’un portefeuille – essentiellement actions, obligations ou autres classes d’actifs – est donc essentielle.

Par le passé, les rendements des actions, des obligations et d’autres classes d’actifs n’ont pas toujours évolué dans la même direction. Les circonstances de marché qui poussent temporairement certains actifs à la hausse peuvent parfaitement avoir l’effet inverse sur d’autres actifs. Le message est donc clair : il faut tenter de les sélectionner stratégiquement, les combiner, bien les suivre, le tout en fonction d’une répartition optimale, selon sa tolérance au risque.

 

3. Intégrer une certaine tranquillité d’esprit

 

Au sein du cœur d’un portefeuille, la recherche de rendement s’accompagne de l’acceptation d’un certain niveau de risque. Dans la structuration du portefeuille, mieux vaut donc tenir compte du rendement espéré, mais aussi des périodes de volatilité plus élevée et d’incertitudes.

 

Prendre trop ou trop peu de risques, ou encore se laisser influencer par une perception subjective du marché peut conduire à des achats ou ventes impulsifs, qui sont contraires au principe même d’une stratégie raisonnée. Cela peut non seulement s’avérer néfaste pour le rendement potentiel, mais ce n’est en outre pas efficient en termes de coûts. Il existe différentes manières d’intégrer des amortisseurs de chocs (et donc une certaine tranquillité d’esprit) dans un portefeuille, telles que l’adjonction dans le cœur de portefeuille de piliers susceptibles d’amortir le risque baissier.

1 Le terme « fonds » est l’appellation commune pour les Organismes de Placements Collectifs (OPC). Les OPC sont soit des OPCVM soit des OPCA; ils existent sous la forme d’une société d’investissement (SICAV) ou d’un fonds commun de placement (FCP). Les fonds sont sujets à risques. Ils peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.

2 Voir par exemple Gary P. Brinson, L. Randolph Hood and Gilbert L. Beebower: Determinants of Portfolio Performance, Financial Analysts Journal, January-February 1995 // Vanguard/Wallick et al.: The Global Case for Strategic Asset Allocation and an examination of home bias, 2017.

Consultez aussi le corner Bons conseils

 

 

3 réponses sur “Comment se construire un portefeuille solide ?”

  1. Bonjour,
    Je recherche les sources qui correspondent aux (1) et (2) en exposant dans cet article. Pouvez-vous m’aider ?
    Merci beaucoup de votre aide

    1. Merci d’avoir épinglé cet oubli. Voici:

      1 Le terme « fonds » est l’appellation commune pour les Organismes de Placements Collectifs (OPC). Les OPC sont soit des OPCVM soit des OPCA; ils existent sous la forme d’une société d’investissement (SICAV) ou d’un fonds commun de placement (FCP). Les fonds sont sujets à risques. Ils peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.

      2 Voir par exemple Gary P. Brinson, L. Randolph Hood and Gilbert L. Beebower: Determinants of Portfolio Performance, Financial Analysts Journal, January-February 1995 // Vanguard/Wallick et al.: The Global Case for Strategic Asset Allocation and an examination of home bias, 2017.

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