Comment mettre des thématiques dans les investissements ?

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Par Backstage Communication

L’investissement thématique est en vogue chez tous les gestionnaires de fonds, qui rivalisent de nouvelles idées pour attirer l’épargne des particuliers.  Les fonds de placement constituent la solution la plus efficace pour diversifier rapidement un patrimoine financier. Avec quelques centaines d’euros, il est ainsi possible d’être investi sur plusieurs centaines d’actions et/ou d’obligations, et d’être beaucoup moins impacté par la faillite d’une société dans le portefeuille. Depuis une dizaine d’années, les avoirs investis dans les fonds de placement n’ont pas cessé d’augmenter. Ils dépassent désormais 215 milliards d’euros selon les derniers chiffres publiés par la BEAMA (l’association belge des gestionnaires d’actifs).

 

Fonds sectoriels

 

Si nous avons récemment vu que les fonds durables constituent une tendance majeure dans l’offre des gestionnaires de fonds, l’autre tendance lourde de ces dernières années est l’investissement sur des thématiques fortes. L’origine des fonds thématique se trouve dans les fonds sectoriels, des produits lancés il y a une trentaine d’années. Ces fonds  investissent sur un secteur d’activité, comme la pharmacie, les télécoms ou les banques, par exemple.

 

Les différentes crises financières ont toutefois montré la fragilité de ces stratégies lorsqu’un événement remet en cause les fondamentaux d’un secteur. L’effondrement du secteur internet en 2000 a pesé pendant longtemps sur les fonds technologique, de même que le secteur bancaire suite à la grande crise financière de 2008. Cette crise a également pesé sur les fonds sectoriels fortement dépendants de subventions publiques (comme la production d’énergie renouvelable) après que les budgets publics aient été mis sous pression à partir de 2009.

 

Mégatendances

 

Dès lors, depuis une dizaine d’années, les sociétés de gestion ont progressivement développé une offre thématique basée sur l’identification de « Mégatendances », soit des mouvements de fond qui vont impacter durablement nos sociétés, comme par exemple le vieillissement de la population, la privatisation du système éducatif, la hausse de la consommation dans les pays émergents, la digitalisation croissante de nos sociétés ou encore la robotisation.

 

Autre avantage, ces fonds thématiques vont permettre de se détacher totalement de la notion de secteur d’activité pour adopter une vision beaucoup plus large. Par exemple, un fonds exposé sur le vieillissement de la population va pouvoir s’exposer sur le secteur de la santé (hausse des dépenses avec l’âge), mais également sur le tourisme, le luxe, les maisons de retraite, le secteur financier, etc. Bref, le fonds peut être piloté de manière à ne pas trop souffrir si un secteur est pénalisé (par exemple, le tourisme durant la crise du Covid-19).

 

De nombreux fonds sectoriels ont également été pilotés vers ces nouvelles thématiques. Ainsi, pratiquement tous les fonds qui étaient investis sur l’agriculture sont devenus des produits thématiques spécialisés sur les nouvelles formes d’alimentation. Ils vont alors investir sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

 

Afflux

 

Pour pouvoir entrer dans la composition d’un tel produit, une société devra généralement avoir un score de pureté suffisant par rapport à la thématique du fonds. Par exemple, un fonds exposé sur l’électrification des véhicules ne pourra investir sur un producteur de voitures traditionnelles (par exemple Peugeot ou BMW) que lorsque les ventes de voitures électriques atteignent un certain seuil dans le chiffre d’affaires.

 

L’idée de ces produits est que positionner son patrimoine sur une ou plusieurs de ces tendances permet d’investir dans des sociétés dont les perspectives de croissance sont nettement plus fortes que le reste du marché. Et de fait, les performances boursières d’une grande partie de ces fonds ont été tout simplement remarquables depuis leur lancement, de sorte qu’une grande partie des nouveaux fonds lancés ces derniers mois ont une ou plusieurs grandes thématiques associées à leur stratégie d’investissement.

 

Quelques exemples

 

En conséquence, une grande partie des flux qui entrent chez les gestionnaires de fonds se dirigent aujourd’hui vers ces stratégies thématiques. Voici quelques exemples. Chez La Financière de l’Echiquier, ces produits ont ainsi récolté plus de 50% des flux entrants durant l’année 2020, et notamment vers le fonds Echiquier World Next Leaders. Le gestionnaire parisien propose également une stratégie particulièrement performante sur les intelligences artificielles.

 

Forte croissance également chez DNCA Finance, avec une collecte de 700 millions d’euros en 2020 et un poids qui est passé de 3,75% à 6,43% des encours du gestionnaire français notamment sur les stratégies liées à la technologie ou aux infrastructures. Et le refrain est identique chez Rothschild & Co, ou les fonds R-co Thematic Silver Plus (thématique liée au troisième âge) et R-co Thematic Real Estate (thématique liée au marché immobilier) représentent désormais 3% des actifs du gestionnaire.

 

Chez ODDO BHF AM, les deux fonds thématiques (sur l’intelligence artificielle et sur la transition énergétique) font également partie des produits qui enregistrent les plus fortes croissances au niveau des encours tant chez les particuliers que chez les institutionnels. Le gestionnaire a également le projet de lancer d’autres stratégies thématiques d’ici la fin 2021.

Pictet Asset Management est le pionnier de la gestion thématique, avec une gamme de 15 produits dont les plus anciens ont été lancés de 1995. En 2020, les flux nets ont atteint 8,5 milliards d’euros, pour un encours qui atteint désormais près de 60 milliards d’euros, soit plus d’un quart des actifs sous gestion de l’ensemble du groupe suisse.

 

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