A quand un euro digital ?

Avec la montée des cryptomonnaies, la question du rôle de la Banque centrale européenne dans l’émission d’un euro digital est posée. Lors d’un webinaire, la Banque Nationale de Belgique (BNB) a présenté les avancées de ce projet. De nouveaux modes de paiement émergent. Le confinement a aussi favorisé les paiements en ligne. Les FinTechs développent de nouvelles applications innovantes et intéressantes. Les micro-paiements sont amenés à se développer avec l’IOT (Internet of things). L’émergence de cryptomonnaies comme le Diem (ex-libra), le bitcoin, l’Ether ou le ripple invite les banques centrales à se poser des questions sur l’introduction d’une monnaie digitale.

 

 

Rôle de la banque centrale

Dans un monde aussi changeant quel est le rôle de la banque centrale ? Quelle est l’incidence de ces monnaies digitales sur l’économie européenne ? La BCE doit aussi se préoccuper de la stabilité financière et de la souveraineté d’une telle monnaie. C’est inscrit dans ses missions et l’euro digital doit répondre à ces exigences. « La BCE est dans un processus régulier qui veut rendre les innovations disponibles pour le grand public avec efficience. L’introduction d’un euro numérique serait une réponse au recul de l’utilisation du cash et à la montée des cryptomonnaies », explique Tim Hermans de la BNB. Cependant, on constate que le cash est encore majoritairement utilisé lors des paiements. Même si ce type de paiement est en recul, 58% des paiements se faisaient encore en cash en Europe en 2019.

Un long processus

Un groupe de travail au sein de l’eurosystème est donc dédié à l’étude de l’introduction d’un euro digital. « Cet euro digital ne remplacera pas l’euro mais sera complémentaire. Cela pourrait servir aux paiements digitaux. Il n’y a cependant pas encore de décision définitive au sujet de cette introduction », confirme Tim Hermans.

Après l’étude de faisabilité, il faut consulter toutes les parties prenantes. Ensuite, il faut un accord du Parlement européen. C’est seulement après ce processus que la mise en place pourra se faire. Cela prendra du temps et une telle introduction ne peut s’envisager dans un horizon à court terme. « L’émergence d’initiatives privées incite cependant à ne pas tarder. Il faudra tenir compte d’un ensemble d’aspects. La transmission de la politique monétaire ne devra pas être altérée. Il faut aussi se préparer pour les événements extrêmes comme la cybercriminalité. Une attention particulière sera aussi apportée aux coûts et à l’empreinte écologique d’une telle monnaie », précise Filip Caron de la BNB.

Stabilité financière

Un des rôles de la banque centrale est d’assurer la stabilité financière. Les comptes en euro digital seront ouverts directement par les particuliers dans les livres de la banque centrale. « Nous devons veiller alors à ce qu’il n’y ait pas de fuites de capitaux des banques commerciales vers la banque centrale en cas de crise financière. Il faut maintenir le rôle d’intermédiation des banques sans accroître l’exposition de l’eurosystème à des chocs extérieurs. En aucun cas cet euro digital ne pourrait se concevoir comme une forme d’investissement. Il doit servir en priorité aux paiements », ajoute Yvan Timmermans de la BNB.

Dès lors, on peut se poser des questions. Devra-t-on prévoir une limite pour ces dépôts ? Une rémunération pénalisante sous forme de taux d’intérêt négatif pourrait-elle s’envisager ? Il faudra préserver l’anonymat et la confidentialité des paiements effectués en euro digital. La monnaie digitale devra inspirée confiance aux citoyens européens.

Comment ça marche ?

Peut-on comparer l’euro digital au bitcoin ? Pour les représentants de l’eurosystème, le bitcoin n’est pas une monnaie. Il n’y a pas de sous-jacent à l’émission de bitcoins.

Le mode de fonctionnement de l’euro digital s’apparenterait cependant à celui du bitcoin. Pour rappel, une monnaie digitale n’est pas une monnaie électronique. Les avoirs en euro digital devraient s’inscrire dans un registre distribué (ou partagé). Les détenteurs de cette monnaie digitale disposeraient alors d’un wallet, portefeuille digital. Les euros digitaux seraient inscrits sur la blockchain.

Cette cryptomonnaie serait utilisable sous forme de tokens. Ces tokens pourraient servir de moyens de paiement. Les paiements se feraient en temps réel. L’euro digital se présenterait alors comme une alternative aux cryptomonnaies existantes. Il présenterait l’avantage d’avoir une valeur stable, avec des sous-jacents et d’être maîtrisé par une banque centrale.

 

Consultez aussi sur MoneyStore :

Qu’est-ce que les cryptomonnaies et quel est leur avenir ?

Qu’est-ce qu’un token ?

Qu’est-ce que le bitcoin ?

 

Consultez le webinaire de la BNB ici

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *