Quel avenir pour l’investissement d’impact ?

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Par Randeep Somel et John William Olsen, gestionnaires de portefeuille chez M&G Investments.

L’investissement d’impact a connu une croissance rapide. Historiquement réservé aux investisseurs institutionnels et aux investisseurs fortunés, l’émergence des fonds d’actions cotés en bourse a très largement ouvert la voie au grand public, pour les personnes qui souhaitent utiliser leur argent autrement.

 

Avancée des grands pays

L’année 2020 a été témoin de grandes avancées pour l’action climatique. On a constaté des progrès majeurs à mesure que les pays définissent leurs objectifs environnementaux. Le gouvernement britannique a présenté un plan global, comme l’a fait l’Union européenne avec le « Green Deal ». Les pays européens ont toujours été à l’avant-garde en termes de développement durable. Cela s’est confirmé cette année avec le plan de relance de l’Union européenne largement associé à des dépenses en faveur de projets durables. Par ailleurs, la Chine a annoncé qu’elle intégrerait la politique climatique dans son plan national. De plus, Joe Biden a indiqué que les États-Unis réintégreraient l’accord de Paris sur le climat. Dès lors que les États-Unis, la Chine et l’UE prennent de tels engagements, il semble difficile pour les autres plus petits pays de ne pas suivre le mouvement. 

Des bulles « durables » ?

La croissance des investissements d’impact ne peut que se poursuivre, car de plus en plus de personnes réalisent qu’il est possible d’obtenir un rendement financier tout en contribuant positivement à la société et à l’environnement. 

Le Global Impact Investing Network estime la taille du marché de l’impact à 715 milliards de dollars d’actifs sous gestion, contre 114 milliards de dollars en 2017. L’une des explications à cette croissance serait que les stratégies d’impact sont considérées comme plus tangibles et plus faciles à comprendre que les investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance. 

Certains évoquent cependant des « bulles durables ». Il est vrai que le potentiel de croissance future et la promesse d’un produit facile à comprendre peuvent entraîner une ruée des investisseurs. Raison pour laquelle les véhicules électriques et les introductions en bourse de nouveaux produits technologiques peuvent s’apparenter à des bulles. Certains investisseurs sont prêts à payer un titre plus cher en raison de critères extra financiers difficiles à évaluer avec un modèle financier. Cependant, il existe aussi de nombreuses entreprises moins « en vogue » qui proposent pourtant des produits et des services à fort impact, qu’il s’agisse de microcrédits dans les pays en développement, d’organismes d’enseignement ou d’entreprises de santé. 

L’une des tendances à surveiller est le passage à la numérisation. La technologie n’a pas été créée pour rendre le monde plus vert et plus propre, mais elle y contribue en permettant de réduire notre empreinte carbone. Si le comportement est l’un des aspects les plus difficiles à modifier, la pandémie a obligé beaucoup d’entre nous à transformer nos modes de vie et de travail. Le débat autour des émissions carbone et de l’empreinte environnementale devenant de plus en plus central, il sera difficile pour les particuliers et les entreprises de revenir à la situation antérieure.

Il est temps de prioriser les mesures sociales

Après une année particulièrement troublée, des investissements mondiaux à grande échelle sont nécessaires pour soutenir une reprise post-pandémique robuste. Il ne reste que dix ans pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. Des mesures urgentes sont nécessaires pour respecter l’échéance de 2030. La crise du COVID-19 a détourné l’attention et les ressources d’une multitude de questions sociétales qui ont sérieusement besoin de financement. Réduire les inégalités, soulager la pauvreté, stimuler l’éducation et améliorer les systèmes de santé, 2021 doit être une année décisive pour le développement durable. Les gouvernements, les ONG et les entreprises ont tous un rôle énorme à jouer, mais, aujourd’hui plus que jamais, l’investissement d’impact doit être déterminant pour soutenir ces solutions.

La pandémie actuelle n’a pas seulement été une crise sanitaire majeure, mais aussi une crise socio-économique importante. La propagation du coronavirus a exacerbé les inégalités existantes, creusant le fossé entre les populations défavorisées et les régions plus développées du monde. 

L’éducation reste fondamentale pour relever la plupart des défis mondiaux couverts par les ODD. Elle confère les compétences qui permettent de comprendre et de contribuer à la société et aux générations futures. Il est inquiétant de constater qu’il s’agit de l’un des domaines les plus affectés en raison de la fermeture des écoles pendant la pandémie. 

La plus grande inquiétude c’est que les défis sociaux soient négligés au profit des objectifs de neutralité carbone. L’attention croissante portée à une reprise post-pandémique verte est extrêmement bienvenue. Cependant, elle ne doit pas se faire au détriment des questions sociales et ce, particulièrement après une année au cours de laquelle les inégalités se sont aggravées de manière encore plus brutale ».

Le COVID-19 a été un catalyseur de changement, avec une vague d' »accords verts » et une volonté des gouvernements de consacrer les ressources à des mesures durables. Mais la pandémie a également dévoilé des situations problématiques, notamment sur le plan social. Les gouvernements sont conscients de la situation mais, après un ralentissement, il est sans doute plus facile de relancer l’économie en se concentrant sur les questions environnementales. Malgré tout, on s’attend à une deuxième vague d’actions gouvernementales sur les problématiques sociales au cours de l’année prochaine.

 

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