Les investissements durables : Passage obligé en gestion

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Traditionnellement, les choix d’investissements sont guidés par la performance et le risque. Aujourd’hui, une autre composante s’invite dans la sélection des titres en portefeuille : la durabilité. Il semble que l’univers des investissements ait atteint un point de basculement. Désormais, les critères ESG sont de plus en plus intégrés dans la sélection des placements. Cette politique est guidée à la fois par la demande des institutionnels, des investisseurs particuliers et par les autorités.

Il n’y aura pas de retour en arrière. Ces exigences ne feront qu’augmenter. Les investissements durables représentaient 33% du total des actifs gérés en 2018. En 2021, ce pourcentage devrait atteindre 50% et 95% en 2030. En 2020, les investissements responsables ont battu des records avec des flux nets estimés à 20,9 milliards de dollars au cours des six premiers mois. Ce montant est presque égal au montant des flux entrants enregistrés pour l’ensemble de l’année 2019. Dans ce domaine, l’Europe a pris une longueur d’avance sur les autres régions du monde.

 

Quels moteurs ?

Les nouvelles réglementations environnementales seront un moteur important pour ce type de placements. Pour rappel, le Parlement européen a relevé son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. Il est passé de -40% à -60% par rapport aux niveaux de 1990. Le gouvernement britannique s’est engagé à revoir à la hausse ses objectifs dans le domaine de l’éolien offshore pour 2030. Le Japon et la Corée du Sud ont adopté de nouveaux objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050. Ces objectifs prévoient notamment le remplacement du charbon par des énergies renouvelables. La Chine se met aussi au vert. Elle a l’intention de devenir neutre en carbone d’ici 2060. Après son élection, Joe Biden a marqué son intention de réintégrer les Etats-Unis dans les accords de Paris. On voit donc que cette tendance est mondiale. Toutes les entreprises, gouvernements et consommateurs devront intégrer ces exigences dans leurs comportements.

Des obligations de transparence

Du côté des entreprises, on constate également que la communication s’adapte à la demande de transparence. Les rapports annuels publient désormais davantage de rapports de durabilité. « En 2011, seulement 20 % des entreprises du S&P 500 ont fourni des rapports de durabilité aux investisseurs. En 2019, ce pourcentage est passé à 90 %. Comme les plus grands gestionnaires d’actifs du monde ont déjà adopté les principes ESG, la pression est forte pour que ce pourcentage atteigne 100 % dans les années à venir », peut-on lire sur le site de Visual Capitalist.

Les entreprises qui ont pris du retard dans ce type de communication seront sanctionnées par les marchés. « Même au niveau microéconomique, les entreprises continuent d’annoncer des objectifs de neutralité climatique et d’investir en faveur de l’abandon des combustibles fossiles. Les entreprises énergétiques mondiales ont notamment renforcé leurs engagements en matière d’investissement dans l’énergie verte. Les équipementiers automobiles ont, eux aussi, accéléré leurs efforts et lancé de nouveaux modèles dans le segment des véhicules électriques. Les grandes entreprises de services financiers se joignent également au mouvement. JP Morgan a ainsi promis d’abandonner le financement des combustibles fossiles dans ses portefeuilles », notent les gestionnaires de Columbia Threadneedle.

Quels investisseurs ?

Cette tendance sera aussi renforcée par la demande. Les millenials et la génération Z arrivent sur le terrain de la gestion. Ces générations sont très concernées par les critères environnementaux. Elles exigeront que ces critères fassent partie de la sélection des titres dans leurs portefeuilles. Les institutionnels sont également de plus en plus exigeants dans ce domaine. La majorité d’entre eux intègrent désormais cette notion de durabilité dans leurs investissements.

Si l’environnement semble être la priorité dans les exigences, d’autres facteurs sont aussi importants. La diversité des genres est aussi un critère qui entre en considération dans le choix des investissements. Les investisseurs ne se contentent plus uniquement de critères d’exclusion. Ils sont à la recherche de stratégies qui sélectionnent les titres sur base de critères positifs et d’impact. Le monde de la gestion va devoir s’adapter. Les maisons de gestion devront démontrer leur capacité et leur expertise dans la sélection des valeurs sur base de critères ESG.

Les investisseurs devront, quant à eux, être exigeants en s’informant sur la qualité de durabilité des titres en portefeuilles.

 

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