Les cryptomonnaies sont-elles socialement responsables ?

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Les cryptomonnaies font beaucoup parler d’elles. En réalité, on devrait plutôt les définir comme des crypto-actifs. En effet, elles ne sont pas des monnaies ayant cours légal. Outre leur forte volatilité, la question se pose de savoir si ces actifs sont écologiquement et socialement responsables. Peut-on alors réconcilier critères ESG et crypto-actifs ? La société de gestion Candriam s’est penché sur cette question dans une étude qu’elle a récemment publiée.

 

L’impact environnemental

 

Le premier facteur auquel on pense en parlant de ces actifs est leur impact sur l’environnement. Les bitcoins sont mis en circulation sur base d’un système de cryptage décentralisé fondé sur la blockchain. On appelle cette technique le minage. « L’extraction de bitcoins utilise environ 0,4 % de la consommation énergétique mondiale. L’indice de consommation d’électricité du bitcoin de l’université de Cambridge a classé la consommation annuelle d’électricité du bitcoin au-dessus de celle de l’Argentine et des Pays-Bas. Il convient de noter que 75 % de l’extraction mondiale de bitcoins a lieu en Chine, ce qui aggrave la situation car, dans les régions où se trouvent les fermes d’extraction de bitcoins, l’électricité est produite par la combustion de charbon thermique », peut-on lire dans l’étude de Candriam.

 

 

Un actif très spéculatif

 

Mais au-delà de cet impact sur l’environnement, on peut aussi s’interroger sur la qualité éthique de ce type d’actifs. On ne peut pas qualifier ces actifs de monnaies. Ils ne sont, par ailleurs, pas non plus à proprement parler des investissements. Or, la confusion est très forte dans ce domaine. Cette confusion est souvent alimentée par les promoteurs de plateformes de trading en crypto-actifs. « Contrairement aux monnaies réelles, les crypto- monnaies ne font pas office de réserves de valeur et ne tirent pas leur valeur du fait qu’elles ont «cours légal», la forme de paiement acceptée par les gouvernements. À la différence des obligations, elles ne versent pas de coupons et contrairement aux actions, elles ne paient pas de dividendes et ne représentent pas un actif tangible tel que la propriété d’une entreprise. Les cryptomonnaies sont un actif spéculatif non financier comparable à l’art », rappellent les auteurs de cette étude.

 

Blanchiment d’argent

 

Les crypto-actifs sont également utilisés à des fins criminelles. Ils servent à blanchir des sommes d’argent en échappant aux mécanismes de surveillance des systèmes bancaires réglementés. Certaines transactions font également l’objet de piratage ou de vols. Le rapport CipherTrace 2020 estime ainsi que les pertes dues au vol, à la fraude ou au piratage s’élèvent à 1,9 milliard de dollars en 2020.

 

Certains avancent l’argument que les crypto-actifs sont un moyen permettant d’accroître l’inclusion financière dans les pays en voie de développement. En réalité, ces actifs n’aident en rien les populations les plus pauvres de la planète. Ces dernières ne disposent pas toujours d’un smartphone et d’une connexion Internet. De plus, la volatilité de ces actifs peut engendrer des pertes en capital considérables pour leurs détenteurs.

 

Absence de réglementation

 

Ces cypto-actifs ne sont pas réglementés. Ils ne sont pas considérés comme des investissements. Ils ne sont pas domiciliés dans un pays particulier et sont décentralisés.  Ils font preuve d’une opacité certaine. L’anonymat est une bonne couverture pour couvrir des opérations illicites. Cette absence de régulation engendre une montée des ICO (Initial Coin offering) qui permettent d’effectuer des levées de fonds sans être soumis aux mêmes exigences que les IPO (Inititial Public Offering) en bourse.

 

En conclusion

 

Les auteurs de cette étude concluent alors que « dans l’état actuel des choses, nous pensons que les cryptomonnaies ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour satisfaire les critères ESG ». En marge de l’impact environnemental, « un investissement important dans les cryptomonnaies peut se révéler très préjudiciable aux références ESG d’un gestionnaire d’actifs ou d’un grand investisseur institutionnel. Avant tout, parce qu’elles ne sont pas réglementées et qu’elles sont utilisées par des criminels pour le blanchiment d’argent ou le shadow banking et l’évasion fiscale, ou encore pour voler l’argent des investisseurs par le biais de cryptomonnaies frauduleuses ».

 

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