L’Asie, à la fois responsable et victime du changement climatique

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Par BNPP AM

 

Les pays asiatiques ont récemment démontré leur volonté de lutter contre le changement climatique, la Chine, le Japon et la Corée du Sud s’étant engagés à atteindre des émissions nettes nulles. La région est-elle en train de rattraper son retard ?

 

Le changement climatique a des répercussions considérables sur l’Asie, notamment en termes de risques physiques avec une forte augmentation du nombre de catastrophes naturelles. Il suffit de penser à la multiplication des typhons et des épisodes de sécheresse que la région a connus. Il est donc essentiel d’agir sur les questions climatiques. Selon le WWF, si les objectifs climatiques ne sont pas atteints, le nombre de personnes souffrant chaque année d’inondations en Asie du Sud pourrait passer de 13 à 94 millions.

 

L’Asie est également une région qui contribue au changement climatique. À elle seule, la Chine a contribué à plus de 27 % du total des émissions mondiales, loin devant les États-Unis avec 11 % (même si, par habitant, les États-Unis sont largement en tête).

La croissance économique de l’Asie étant supérieure à celle de l’Union européenne et des États-Unis, il faut s’attendre à ce que les émissions continuent d’y augmenter, en particulier si aucune solution n’est trouvée pour dissocier croissance et émissions de CO2.

 

Un rôle moteur

 

Force est de reconnaître qu’il sera impossible d’atteindre les objectifs climatiques mondiaux si l’Asie ne joue pas un rôle moteur, et en particulier la Chine, qui est le plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES). Ces engagements sont donc importants. Ils donnent aux entreprises et aux organismes de réglementation la voie à suivre, c’est-à-dire tendre vers la neutralité carbone.

 

Ils montrent également aux entreprises comment faire évoluer leur modèle économique pour s’aligner sur ces objectifs nationaux. C’est ce que l’on a constaté en Chine. Après l’engagement de Pékin à atteindre des émissions « nettes zéro », des entreprises issues de secteurs allant de l’énergie à la finance ont annoncé leur intention de se conformer aux objectifs du pays.

 

Quelles sont les initiatives réglementaires en Asie ?

 

L’Asie est en train de rattraper son retard et les régulateurs y contribuent largement. On assiste à des évolutions réglementaires concernant le mode de gestion des entreprises, avec la mise en œuvre de règles relatives à la publication des données ESG [1] , ou encore sur les meilleures pratiques d’investissement, avec les codes et les lignes directrices en matière d’engagement et de dialogue. Les régulateurs s’intéressent également de plus en plus à la labellisation des produits, aux caractéristiques des fonds « verts » ou ESG, afin de lutter contre le risque d’éco-blanchiment (« green washing » ou « ESG washing »). Ils cherchent ainsi à déterminer clairement quels fonds sont durables.

 

Et la biodiversité ?

 

Pour certaines entreprises de la région, la biodiversité et les questions de durabilité au sens large ont été moins prioritaires que le changement climatique, par exemple. Toutefois, l’Asie a un impact marqué sur les écosystèmes naturels comme les forêts et l’eau. Mais elle en est également très dépendante.

 

Les enjeux forestiers sont bien connus, avec un risque de déforestation lié à l’huile de palme et aux plantations de bois. Concernant l’eau, les activités des entreprises sont soumises à un risque de manque ou d’excès d’eau. Chaque année, des sécheresses dans certaines régions de l’Inde interrompent la production du secteur des boissons et d’autres industries fortement consommatrices. Récemment, à Taïwan, un épisode de sécheresse a conduit les autorités locales à faire de l’accès à l’eau une priorité pour les populations locales, ce qui a pesé sur le secteur des semi-conducteurs, qui en consomme énormément.

 

Le continent est aussi vulnérable aux catastrophes naturelles liées à un excès d’eau. On se souviendra des inondations en Thaïlande en 2011, qui ont perturbé les chaînes d’approvisionnement des constructeurs automobiles et des sociétés d’électronique du monde entier. Enfin, de nombreuses grandes villes asiatiques étant situées dans des zones côtières, les typhons et l’élévation du niveau de la mer peuvent avoir des conséquences néfastes importantes pour les entreprises.

 

[1] Sur les enjeux et les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance

 

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