Vivre et investir dans un environnement post-pandémie

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Lors du petit déjeuner financier organisé par La Libre Belgique et le blog MoneyStore.be, Charles-Henri Kerkhove, Investment Director chez Fidelity International et Etienne de Callataÿ, Co-fondateur d’Orcadia Asset Management ont tracé les contours de l’environnement économique et financier actuel et futur.

 

La pandémie est-elle vraiment terminée? Comment allons-nous vivre dans un monde d’après? Certains secteurs, comme les voyages affaires par exemple, vont sans doute connaître un ralentissement. Mais, au-delà de la pandémie, ce sont aussi et surtout les critères environnementaux qui pousseront les gens à changer de comportements. On devrait se diriger vers un mode de vie qui met davantage l’accent sur la sobriété heureuse. De même, la fiscalité environnementale sera le prix à payer pour la viabilité de la planète.

 

Reprise en V

 

« Nous allons apprendre à vivre avec le virus. Nous n’allons pas tourner la page. Nous avons connu la crise économique la plus forte depuis la fin de la deuxième guerre mondiale avec une baisse de 6 à 7% de croissance du PIB. Mais il faut reconnaître que le revenu moyen des ménages a globalement augmenté en 2020. Ce qui est le plus marquant, suite à cette crise, c’est le niveau d’endettement des Etats », souligne Etienne de Callataÿ. Cet économiste estime cependant que cette dette pourrait, à terme, être partiellement annulée dans une perspective où elle serait considérée comme ayant financé un programme exceptionnel lié à la pandémie. Aujourd’hui, nous avons connu une reprise économique en « V ». L’économie belge a retrouvé un niveau d’activité équivalent à celui de la fin de l’année 2019.

Cette crise inédite a fait des gagnants et des perdants. « Les grands perdants sont les budgets des Etats. On assiste également à de grands écarts entre les pays et les régions. Les pays émergents accusent encore du retard dans la vaccination et l’accès aux vaccins. Les propriétaires d’actifs mobiliers et immobiliers s’en sont bien tirés. Parmi les entreprises, toutes celles qui ont surfé sur la vague du « stay at home » sont sorties gagnantes », note Charles-Henri Kerkhove.

 

Investir

 

Et demain ? Comment aligner ses investissements face aux nouveau défis ? Face à un rebond de l’inflation, il faudra sans doute se tourner davantage vers les sociétés qui peuvent répercuter les hausses de coûts dans leurs prix. Les entreprises qui distribuent des dividendes peuvent aussi être intégrées dans les portefeuilles. « On peut alors se tourner vers des entreprises qui commercialisent des grandes marques ou vers celles qui ont un fort pouvoir de négociation sur les coûts », ajoute Charles-Henri Kerkhove. Cet analyste préconise de ne pas se focaliser sur les obligations gouvernementales européennes qui affichent des taux d’intérêt nuls. Dans cette classe d’actifs, il vaut mieux privilégier les obligations d’entreprises à haut rendement. Des investissements en infrastructures peuvent aussi être envisagés de même que des thématiques particulières comme le traitement des eaux et des déchets.

 

Ne pas oublier l’ESG

 

Aujourd’hui, les critères ESG (environnement, social et gouvernance) doivent aussi être intégrés dans une démarche d’investissement. Dans cette optique, il ne faut pas s’arrêter aux actions actuelles des sociétés mais plutôt sur leur trajectoire en matière de gouvernance, de protection de l’environnement ou des aspects sociaux. « Etre actionnaire c’est s’inscrire dans le très long terme. Les aspects financier et durable ne s’opposent pas dans une démarche d’investissement. Ils se complètent. On évite ainsi d’investir dans des secteurs condamnés en se tournant vers des entreprises qui se préoccupent de l’avenir des prochaines générations. Ce sont ces entreprises qui seront encore là dans le futur. On constate, par ailleurs, que les indices ESG ont mieux performé durant la période de pandémie que les indices classiques », épingle Etienne de Callataÿ. La pandémie a laissé des traces dans le quotidien comme dans l’économie. Mais, selon Etienne de Callataÿ, les crises sanitaires sont vite oubliées. En revanche, l’enjeu environnemental restera prépondérant dans les années à venir.

 

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