Vers la fin des néo-banques ?

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Lors de leur arrivée dans le secteur financier, les néo-banques apparaissaient comme de véritables challengers pour les banques traditionnelles. Offrant un service exclusivement digital, elles répondaient aux demandes d’un public jeune. Rapide et sans frais, cette offre était particulièrement adaptée aux millenials. « Les néo-banques se sont rapidement fait un nom au cours des dernières années. Revolut et N26 ne sont pas encore des noms familiers, mais elles ont réussi à impressionner les investisseurs, les journalistes et les clients par leur volonté de perturber les banques en place en offrant une expérience bancaire plus pratique et plus fluide », explique Jeroen Dossche, Partner chez Capco.

Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

 

 

 

Adaptabilité des banques

 

N 26 est entrée sur le marché belge en 2017. Il apparaît, qu’en Belgique, ces néo-banques n’ont pas vraiment réussi à s’attaquer de façon consistante au secteur bancaire traditionnel. La dernière fois que les deux banques ont communiqué sur leurs résultats sur le marché belge (en 2019), elles venaient de passer la barre des 150.000 comptes combinés.

En effet, le secteur bancaire traditionnel s’est lui-même adapté. Cette adaptation s’est accélérée avec la crise du Covid-19. Désormais, beaucoup de banques offrent aussi des comptes courants gratuits. « Il y eu plusieurs vagues dans l’évolution des néo-banques. Aujourd’hui, il semblerait que l’on assiste à un ralentissement de leur croissance. La différenciation entre les produits offerts par les néo-banques et ceux des banques traditionnelles s’est réduite. De ce fait, la spécificité de l’offre n’est plus suffisante pour inciter les clients à changer de banques. Le véritable défi pour ces néo-banques est, aujourd’hui, la rentabilité », note Olivier Chen, Responsable des équipes digitales chez Capco. De plus, le marché belge a des spécificités qui pénalisent les nouveaux entrants. C’est un petit pays, très bancarisé, avec deux langues nationales.

 

Confiance et écosystème

 

La réponse que les banques ont fournie pour contrecarrer l’offre des néo-banques est la confiance. Certaines d’entre elles se sont intégrées dans des écosystèmes qui fournissent des services au-delà du simple service bancaire. On parle désormais de banque au quotidien et de finance intégrée. « Certaines banques ont bien compris le message. La finance fait partie de la vie quotidienne. Elles ont alors adapté leur offre », ajoute Jeroen Dossche. Une banque efficace offre une valeur ajoutée. Elle permet de transférer facilement de l’argent. Ses services s’intègrent dans des plateformes qui sont au service du client. Elles arrivent de plus en plus à combiner facilité et confiance.

 

Quel avenir pour les néo-banques ?

 

Mais le principal frein pour le secteur bancaire est technologique. La lourdeur de leurs systèmes les empêche d’être suffisamment agiles. Ce n’est pas le cas des néo-banques. Dans cet univers, on voit aussi émerger de nouveaux concurrents. Ils viennent du secteur non bancaire, comme Amazon, par exemple. « Mais Amazon ne veut pas devenir une banque. Elle a conclu un accord avec Bank of America. La banque s’intègre dans l’offre d’Amazon. On se dirige donc plutôt vers une intégration des néo-banques dans le modèle d’affaires des banques traditionnelles. Les banques ont déjà une base de clientèle. Or, l’acquisition de nouveaux clients par les néo-banques est très coûteuse », assure Jeroen Dossche.  Aujourd’hui, ce nouveau produit peine donc à être rentable.

On se dirige alors vers la création de liens entre ces grandes banques monolithiques et ces entités plus agiles.

Les nouvelles réglementations comme PSD2, MiFID ou ALMD IV sont aussi des freins à l’expansion des néo-banques. Mais la fin des néo-banques n’a pas sonné. Elles continueront leur expansion dans des marchés plus larges. « On se dirigera cependant davantage vers des alliances avec des acteurs existants sur les plus petits marchés », conclut Jeroen Dossche.

 

 

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