Quel est l’investissement le plus rentable sur le long terme ?

@Pexels

Le Crédit Suisse Global Investment Returns Yearbook 2021, édité en collaboration avec la London School of Economics (Elroy Dimson, Paul Marsh, Mike Staunton), est une étude renommée dans le monde financier. Cette étude analyse les rendements historiques des placements sur le très long terme. Elle est publiée chaque année.

 

Cet annuaire documente et analyse les rendements des investissements mondiaux depuis 1900 sur 32 pays. Cette analyse porte donc sur 121 ans. Elle couvre les actions, les obligations, les bons du Trésor, l’inflation et les monnaies de 32 marchés individuels (dont 9 nouveaux marchés introduits cette année) ainsi que l’indice mondial regroupant 90 pays. 23 de ces derniers disposent de données recensées depuis 1900.

 

Une période de 120 ans

 

Certains observateurs estiment que cette période de 120 ans est trop longue. En effet, qui investit sur une telle durée ? De nombreuses personnes considèrent que le long terme correspond à dix ou vingt ans. Et que c’est suffisant. Or, cette durée de 120 ans est tout à fait pertinente. En effet, l’objectif est d’utiliser l’histoire financière pour faire la lumière sur les problèmes auxquels sont confrontés les investisseurs d’aujourd’hui. Comme l’a dit Winston Churchill « The longer you can look back, the farther you can look forward ».

 

Cette longue période prend aussi son sens dans le fait qu’elle a connu de nombreux événements différents. Elle couvre ainsi deux guerres mondiales, des guerres civiles, des révolutions, des crises financières et immobilières, des récessions, des marchés baissiers, la Grande Dépression et des pandémies. Elle reprend aussi des périodes de reprise, de croissance et d’essor, ainsi que de longues périodes de paix, de prospérité et de progrès technologique.

 

« Pour comprendre le risque et le rendement, nous devons examiner de longues périodes historiques. En effet, les rendements des actifs, et notamment des actions, sont volatils. Selon le point d’entrée et au fil des décennies, les investisseurs peuvent être chanceux ou malchanceux. Prenons l’exemple d’un investisseur qui, au début de l’an 2000, se pencherait sur les vingt années précédentes, considérant qu’il s’agit d’un historique « à long terme », et qui fournirait donc des indications pour l’avenir. À ce moment-là, le rendement historique annualisé réel des actions mondiales au cours des 20 années précédentes était de 10,5 %. Mais, au cours de la décennie suivante, notre investisseur aurait obtenu un rendement réel négatif sur les actions mondiales de -0,6 % par an », peut-on lire dans le résumé de cette étude.

 

Dès lors, les rendements à long terme des actions, des obligations, des bons du Trésor et de l’inflation au cours des 121 dernières années fournissent le contexte nécessaire pour évaluer les rendements du passé récent et pour envisager les rendements probables à l’avenir.

 

And the winner is…

 

Sans surprise, sur le long terme, les rendements des actions ont dominé ceux des obligations et des bons du Trésor. « Au cours des 121 années écoulées depuis 1900, les actions ont surpassé les obligations et les bons dans les 21 pays. Pour l’ensemble du monde, les actions ont dépassé les bons du Trésor de 4,4 % par an et les obligations de 3,1 % par an. Les actions restent toujours les meilleurs investissements financiers à long terme dans le monde, devant les obligations et les bons du Trésor. Au cours des 121 dernières années, les actions mondiales ont dégagé un rendement réel annualisé de 5,3% en dollar, contre 2,1% pour les obligations et 0,8% pour les bons du Trésor ».

Les actions surperforment donc les autres placements à travers les événements positifs et négatifs.

 

Géographiquement

 

D’un point de vue géographique, pas de surprise non plus. Les États-Unis restent de très loin le plus grand marché d’actions au monde. Ils représentent aujourd’hui 56% de la capitalisation boursière (free float) dans le monde. Le Japon (7,4%) se place en deuxième position, devant la Chine (5,1%), en troisième position. Le Royaume-Uni (4,1%) arrive en quatrième position. On assiste à une importante montée en puissance des pays émergents sur les marchés mondiaux. « Il y a à peine vingt ans, les marchés émergents représentaient moins de 3% de la capitalisation boursière du globe et 24% de son PIB. Aujourd’hui, ils correspondent à 14% de la capitalisation boursière dans le monde et à 43% du PIB », note cette étude.

 

Les auteurs estiment, à titre prospectif, que la prime de risque des actions devrait s’établir autour de 3,5%, soit un taux légèrement inférieur au taux historique de 4,4%, mais que ce niveau devrait toujours permettre aux investisseurs en actions de doubler leur mise par rapport à des bons du Trésor à court terme sur 20 ans avec des faibles taux d’intérêt réels.

 

 

Pour consulter le résumé de ce rapport cliquez ici

 

Consultez aussi sur MoneyStore

Quelles sont les plus grandes capitalisations boursières entre 1980 et 2020 ?

Quelles est la composition des principaux indices boursiers ?

Augmentation du poids de la Chine dans les indices : Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *