Le monde d’après : Quels sont les points d’attention ?

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Par Saxo Bank

 

 

Dans un monde post-pandémie, voici quelques points sur lesquels l’attention des investisseurs pourrait être portée.

 

 

Inflation et ESG

 

La transformation ESG et verte est le plus grand pari politique jamais lancé. Les principales conséquences en seront l’inflation et des taux réels toujours plus bas. Dans ce cas, l’inflation sera liée à l’incapacité du monde physique à fournir l’offre proportionnelle à la quantité d’argent et à la demande. Les taux réels négatifs nous indiquent que l’avenir sera marqué par une faible croissance réelle due à une faible hausse de la productivité.

 

Deux grandes catégories d’actifs se porteront bien dans un tel contexte : les actifs avalisés par le gouvernement et ceux bénéficiant de prix de marché. Cela signifie que les actifs verts et, ironiquement, les matières premières ont les meilleures chances de produire des rendements excédentaires à long terme.

 

Le plus grand risque menaçant les économies, les marchés financiers et les actions, c’est l’inflation. Elle est capable de bouleverser toute la structure mise en place depuis 2008. Des politiques sont déployées au niveau mondial comme si nous étions confrontés à un choc de la demande, alors que nous faisons actuellement face à un choc de l’offre en raison de la pandémie, du manque d’investissements dans le monde physique et d’une décarbonisation accélérée par l’électrification et les énergies renouvelables. Ces forces exercent une pression énorme sur les prix des matières premières, et la transformation verte combinée à la trajectoire politique actuelle fera le lit d’un supercycle des matières premières, qui durera toute une décennie.

 

Inflation et marchés d’actions

 

Les actions sont évaluées en fonction de la perfection et d’un monde qui ne changera pas, prolongeant ainsi les tendances des dix dernières années. Mais si cette fois-ci, c’est différent, les investisseurs en actions sont sur le point de connaître des résultats inédits depuis des décennies. Bien que les actions soient chères, il n’existe pas d’alternatives intéressantes pour l’investisseur à long terme. L’inflation et les taux d’intérêt sont aujourd’hui les vrais risques pour les investisseurs en actions.

 

Inflation et obligations

 

Ce qui a joué en faveur des écarts de rendement des obligations d’entreprises cette année est la reprise économique, où on a vu les bénéfices s’améliorer sur fond de réouverture de l’économie. Toutefois, la tendance pourrait rapidement s’inverser si les pressions inflationnistes deviennent persistantes et si les banques centrales doivent réduire leurs taux plus agressivement que ne le prévoit le marché. Actuellement, le marché n’anticipe pas du tout des politiques monétaires agressives et soutient largement toutes les entreprises, y compris celles dont le bilan est faible.

Si l’on s’attend à ce que l’inflation reste soutenue et que la courbe des taux s’accentue dans un contexte de stabilité monétaire, le secteur bancaire et financier pourrait offrir des opportunités intéressantes. Les banques empruntent de l’argent à court terme pour en prêter à long terme. Dès lors, une courbe des taux plus pentue améliorerait leurs marges d’intérêt nettes. Par ailleurs, les banques continueront de bénéficier de l’environnement de reflation à mesure que l’économie rouvre et que la demande de prêts et d’investissements augmente. Les courtiers financiers et les assureurs en profiteront également, car une économie saine accroît l’activité d’investissement.

Les industries cycliques peuvent également prester dans un tel environnement, et il est important de choisir celles qui peuvent facilement répercuter la hausse des coûts sur leurs clients. Jusqu’à présent, les producteurs de matériaux de base et de matières premières ont pu le faire dans un contexte de flambée des prix des matières premières.

 

Matières premières : les rendements réels sont une aubaine pour les marchés en plein resserrement

 

Après une période déjà propice pour les matières premières, on peut être optimistes pour le 4e trimestre et au-delà. Le rallye vigoureux observé cette année sur de nombreux produits de base essentiels a été alimenté par l’envolée des dépenses de consommation après le repli économique inédit lié à la crise sanitaire. L’impact des dépenses publiques et des aides des gouvernements en Europe, en Chine et aux États-Unis s’estompant progressivement, le marché a commencé à se calmer. Toutefois, les contraintes de l’offre continueront à soutenir les prix malgré une trajectoire de croissance plus lente.

 

La hausse de tous les coûts maintiendra l’inflation à un niveau élevé pendant plus longtemps et, le pic de croissance étant peut-être déjà derrière nous, les perspectives pour les actions semblent plus hasardeuses. Si l’on y ajoute la perspective d’une intervention moins agressive des banques centrales, les bases d’une nouvelle période de demande de valeurs refuges et de diversification pourraient être posées. L’or doit franchir la barre des 1.835 dollars pour renouer avec les investisseurs, et une fois que cela sera fait, le signal d’un retour à un sommet historique aura été donné.

 

Marchés émergents

 

Les taux réels négatifs semblent accompagner les marchés développés qui ont perdu la capacité d’avoir des prix de marché corrects et sont plutôt influencés par une fixation artificielle des prix due à la croissance extraordinaire du crédit.

 

Aux États-Unis, l’inflation a plus que doublé, passant de +2,3 % en décembre 2019 à +5,3 % en août 2021. Sur la même période, le taux de la Fed est revenu de 1,50 % à 0,00 %, parallèlement à la plus grande expansion de la politique monétaire et fiscale jamais enregistrée.

Pendant ce temps, en Chine, en Indonésie et en Inde, l’inflation a diminué depuis les niveaux d’avant la crise sanitaire. Quant à la banque centrale chinoise, elle n’a jamais baissé ses taux pendant cette crise.

Les marchés émergents asiatiques comptent certains des plus grands marchés obligataires offrant des taux réels. Il s’agit notamment de l’Indonésie (+4,5 %), de la Chine (+2,1 %) et de la Malaisie (+1,1 %), ce qui contraste avec les taux négatifs que l’on trouve aux États-Unis (-4,0 %) et dans la zone euro (-3,7 %).

 

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