Investir dans la mobilité intelligente. Comment profiter de cette méga-tendance ?

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Par Knut Huys Senior Fund of Funds Manager, Deutsche Bank Belgique

 

 

 

 

 

 

 

En résumé :

  • La transition des voitures diesel et essence vers les voitures rechargeables nécessitera d’importants investissements. Cela ouvre des opportunités aux investisseurs, car nous ne sommes qu’au début de la révolution.
  • En tant qu’investisseur, il est important de ne pas s’intéresser uniquement aux constructeurs automobiles, mais à l’ensemble de l’écosystème des solutions de mobilité orientées vers l’avenir.

 

Ces dernières années, de nouveaux modèles commerciaux inspirés de l’économie du partage et des technologies disruptives ont transformé le secteur de la mobilité. Il suffit de penser à l’arrivée des services à la demande comme Uber et Lyft, au partage de voitures, de scooters et de vélos, et bien sûr à l’essor des véhicules électriques (VE).

 

Bien que le transport routier ne soit responsable « que » de 11,9% des émissions mondiales1, la mobilité est également devenue un sujet clé de la problématique climatique. Cela est particulièrement vrai en Europe, où le transport routier est responsable de 20% des émissions au sein de l’UE2. Les constructeurs automobiles sont de plus en plus actifs dans la promotion de leur stratégie climatique, et ce, à juste titre. Sous l’effet de la pression constante des rapports sur le climat, les autorités les obligent également à se réinventer. L’électrification permet de réduire les émissions de carbone (et d’éviter les amendes3) et constitue en même temps le seul moyen pour de nombeux constructeurs de survivre à long terme.

Sortir des starting-blocks

 

La bonne nouvelle est que les consommateurs, eux aussi, se tournent progressivement vers les véhicules électriques ou hybrides. De nombreux contre-arguments, tels que le coût d’achat plus élevé, l’autonomie limitée et le manque d’infrastructures de recharge, deviennent de moins en moins convaincants. Les coûts de production des véhicules électriques et à moteur à combustion devraient être équivalents d’ici 20274. L’autonomie s’accroît au fur et à mesure du développement des voitures. Entre-temps, le déploiement de l’infrastructure de recharge se poursuit. Et les constructeurs commercialisent un nombre sans cesse croissant de modèles (plus de 500 d’ici 20225).

 

Cependant, le grand changement doit encore venir chez les consommateurs. En 2010, 17.000 voitures de tourisme électriques étaient en circulation dans le monde. À la fin de 2020, ce nombre avait grimpé à 10 millions. Cela semble déjà beaucoup, mais ce n’est encore qu’un début.

Replaçons ces 10 millions dans leur contexte : rien qu’en 2020, 53,6 millions de nouvelles voitures sont sorties des chaînes de montage, dont 4,6% de voitures électriques6. Et sur l’ensemble des véhicules qui circulent dans le monde aujourd’hui, moins de 0,7% sont électriques7. Les plus grandes vagues d’investissement restent donc à venir, ce qui est une source d’opportunités pour les investisseurs.

 

Pas seulement pour les voitures, d’ailleurs. Les choses bougent également de plus en plus dans les secteurs de la navigation, de l’aviation (les premiers avions électriques expérimentaux existent déjà – et les premières commandes ont également été passées8) et de l’agriculture (tracteurs automoteurs et agriculture de précision).

Il n’y a pas que Tesla Inc.

 

Investir dans la mobilité du futur ne revient donc pas à remplir un panier d’actions de Tesla ou d’autres fabricants de VE populaires. La mobilité du futur offre une multitude de possibilités :

 

1. Producteurs

  • Constructeurs de véhicules électriques.
  • Fournisseurs de transmissions électriques et de moteurs électriques.
  • Équipement de production et logiciels pour le prototypage virtuel.

2. Fournisseurs de composants

  • Fabricants de batteries lithium-ion, de composants pour la propulsion électrique et la charge de la batterie, de capteurs, de semi-conducteurs (il faut jusqu’à 8 fois plus de semi-conducteurs dans un VE que dans une voiture à moteur à combustion9), d’éclairage efficace, de matériaux légers …

3. Infrastructure

  • Un réseau électrique flexible et développé. Tous les pays ne sont pas prêts à connecter des millions de VE à leur réseau10.
  • Chargeurs électriques, y compris les points de charge commerciaux et les stations de charge rapide.
  • Solutions de stockage de l’électricité, à l’instar des mégabatteries.
  • Systèmes de gestion de l’énergie (privés) et systèmes permettant de réinjecter l’énergie d’un VE dans le réseau (la batterie de la voiture comme source d’énergie, par exemple en cas de faible rendement des panneaux solaires).
  • Des solutions intelligentes pour la circulation routière. Parce que le nombre de véhicules en circulation augmente chaque année.
  • Des solutions de mobilité telles que les voitures partagées et les robots-taxis. Parce que tout le monde ne veut pas « avoir » une voiture.

4. Conduite autonome

  • Logiciels et électronique pour cockpits numériques.
  • Info-divertissement.
  • Services de connectivité.
  • Technologie permettant aux voitures de communiquer entre elles (par exemple pour maintenir une distance suffisante).
  • Intelligence artificielle et technologie LiDAR11, nécessaires pour les véhicules autonomes.
  • Les systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS) tels que les régulateurs de vitesse adaptatifs, les systèmes de pré-collision, les systèmes de détection de la fatigue…

Investir dans la mobilité intelligente est avant tout un investissement à long terme. En effet, ce thème sera au moins aussi pertinent dans 10 ans qu’il ne l’est aujourd’hui. En outre, il est important de diversifier et de répartir les risques sur différents sous-secteurs. La solution peut donc consister à avoir recours à un fonds géré activement qui se concentre sur ce thème.

 

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1 Source : ourworldindata.org/ghg-emissions-by-sector
2 Source : theicct.org/blog/staff/eu-carbon-budget-apr2021
3 Voir notamment ec.europa.eu/clima/policies/transport/vehicles/regulation_en
En Europe, ce mouvement pourrait encore s’accélérer en raison des normes d’émission plus strictes en vigueur dans l’UE. www.transportenvironment.org/press/evs-will-be-cheaper-petrol-cars-all-segments-2027-bnef-analysis-finds
Source : Bloomberg Finance L.P., NEF.
Source : oica.net/category/sales-statistics/ et https://www.iea.org/reports/global-ev-outlook-2021
Mon propre calcul – sur la base des chiffres les plus récents et les tendances de croissance, on dénombre environ 1,4 à 1,5 milliard de véhicules sur notre planète aujourd’hui – voir notamment oica.net/wp-content/uploads//Total_in-use-All-Vehicles.pdf
Voir notamment www.trouw.nl/duurzaamheid-natuur/mega-order-voor-200-elektrische-vliegtuigen-is-een-doorbraak-voor-iets-wat-onmogelijk-was~b962d0cf/
9 Source : Robeco
10 Voir notamment www.reuters.com/article/us-usa-weather-grids-autos-insight-idUSKBN2AX18Y
11 Voir notamment geospatialworld.net/blogs/what-is-lidar-technology-and-how-does-it-work/
12 Source : oica.net/wp-content/uploads//Total_in-use-All-Vehicles.pdf
13 On entend par véhicule : voitures particulières, bus, véhicules de transport de marchandises, tracteurs agricoles et véhicules spéciaux. Sources : statbel.fgov.be/nl/themas/bevolking/structuur-van-de-bevolking#figures en statbel.fgov.be/nl/themas/mobiliteit/verkeer/voertuigenpark
14 Le terme « fonds » est l’appellation habituelle pour un organisme de placement collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d’OPCVM (UCITS) ou d’OPCA (non UCITS), et prendre diverses formes juridiques (SICAV, FCP, etc.). Un OPC peut comporter des compartiments. Les fonds sont sujets à risques. Ils peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.

 

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