Comment la tokenisation s’invite-t-elle dans le secteur de la gestion ?

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Pour rappel, un token est un jeton numérique d’authentification qui peut être transféré entre deux parties sans l’intervention d’un tiers. Cette technologie permet ainsi le transfert numérique d’un actif entre deux personnes. Ce token est garanti par une technologie spécifique, la blockchain. Il est composé d’une liste de codes qui permettent de le sécuriser. Les tokens peuvent aussi intégrer un grand nombre d’informations sur les actifs. Aujourd’hui, la tokenisation rentre dans le monde de la gestion. Cette technologie pourra y être utilisée à plusieurs niveaux.

 

Tokenisation d’actifs existants

Les fonds existants, qu’ils soient gérés de façon active ou qu’ils soient indiciels, peuvent être tokenisés. Cela signifie qu’en marge de leur commercialisation traditionnelle, les fonds pourraient faire l’objet d’achats et de ventes sous forme de tokens. « On parle alors de fonds tokenisés ou d’ETF tokenisés. On crée donc le token comme un nouvel outil de distribution. Les fonds sous-jacents à ces tokens restent soumis à la réglementation propre aux fonds et OPC », explique Emmanuelle Pecenicic, Responsable de la stratégie digitale chez BNP Paribas AM (Hong-Kong). Dans ce cas, on parle de STO pour Security Token Offering. Les tokens sont liés à un actif de placement sous-jacent, comme des actions, des obligations, des fonds de placements immobiliers ou d’autres fonds.

Tokenisation de nouveaux instruments

On peut aussi créer directement un ETF ou un fonds sous forme de tokens. On parle alors de tokens native (natif en français). Ils font partie de la catégorie des ICO (Initial coin offering). « Ce token reprend alors tous les sous-jacents du panier de l’ETF ou du fonds. Il sert aussi d’instrument de distribution de l’ETF. Dans ce cas, le token sera soumis à une autre réglementation : celle relative aux MICA (Markets in crypto assets). Aujourd’hui, cette réglementation est encore à l’étude au niveau européen. Elle devrait harmoniser les réglementations nationales des différents pays de l’Union. On espère qu’elle entrera en vigueur en 2023 », ajoute Emmanuelle Pecenicic.

Tokenisation des sous-jacents

Au-delà de la tokenisation des instruments de placements, on peut aussi tokeniser les sous-jacents de ces placements. « Cette tokenisation s’avère particulièrement intéressante dans le cadre des placements alternatifs, par exemple. La tokenisation pourrait favoriser une meilleure liquidité et accessibilité de ces actifs vers tous les types d’investisseurs », estime Emmanuelle Pecenicic. Dans ce cas, on est bien dans un actif réglementé traditionnel mais dont les investissements sous-jacents se font sous forme de tokens. Les tokens permettent une amélioration de la standardisation des processus dans les actifs alternatifs. Ils intègrent un grand nombre d’informations sur les actifs comme, par exemple, la durée, le taux mais aussi la description des projets financés.

Avantages et risques

La tokenisation dans la gestion d’actifs permet d’améliorer la liquidité. Les jetons peuvent être échangés sur les marchés secondaires dédiés aux tokens. Cela permet de réaliser des transactions plus rapides et moins chères. « Grâce aux tokens, il y a moins de complexité et une meilleure efficacité opérationnelle. Cela réduit les coûts de transaction tout en offrant une plus grande transparence », assure cette spécialiste. Les droits, les responsabilités juridiques et les titres de propriété du détenteur du jeton peuvent être intégrés dans les jetons.

Les jetons permettent également à un plus grand nombre d’investisseurs d’accéder à une catégorie d’actifs auparavant inabordable ou insuffisamment divisible. Ils pourraient aussi ouvrir l’accès aux investisseurs à d’autres classes d’actifs comme le vin, l’art ou le sport, par exemple.

Mais ce processus de tokenisation n’est pas sans risque. « Si la tokenisation se fait sur des blockchains privées cela ne posera pas de problème de sécurité. Cependant, il faudra être attentifs lorsque ces transactions auront lieu sur des blockchains publiques. Nous pourrions alors être confrontés à des problèmes de cybersécurité », prévient Emmanuelle Pecenicic.

La tokenisation en est encore à ses débuts. Mais, nul doute cependant qu’elle aura sa place dans le monde de la gestion. Tant les intermédiaires financiers que les investisseurs doivent s’y préparer.

 

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