La finance au service de l’environnement

Lors de la conférence-débat en ligne organisée ce jeudi par La Libre et le blog MoneyStore.be, il a été question de l’apport du secteur financier dans le débat climatique et environnemental. Dans ce cadre, Estelle Cantillon, Professeure d’économie à la Solvay Brussels School of Economics and Management de l’ULB et Frédéric Degembe,  Investment Expert ING Private Banking ont apporté leur éclairage sur ce sujet d’actualité. Les activités bancaires peuvent aider à la transition vers une économie décarbonée. Crédits et investissements sont concernés.

Neutralité carbone

Le dérèglement climatique et ses impacts environnementaux ne font plus aucun doute. L’Europe a décidé qu’elle serait neutre en carbone à l’horizon de 2050. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? « Cette notion d’être neutre en carbone à l’horizon de 2050 vient du groupe d’étude GIEC. Il faut limiter la hausse des températures à 1,5°C. Cela signifie que l’on ne pourra plus émettre de carbone en 2050. Or, nous en émettons de plus en plus. Donc, les enjeux sont colossaux et dramatiques. Il y a énormément de secteurs qui sont concernés comme les transports ou l’énergie, par exemple. Cela va changer fondamentalement nos façons de produire et de consommer », prévient Estelle Cantillon.

Green Deal

Les choses commencent cependant déjà à bouger dans l’industrie. Et la vitesse du changement s’accélère. « On constate que les intérêts convergent. De bonnes pratiques se mettent en place. Il est cependant difficile de blâmer l’un ou l’autre secteur car le problème est holistique. Il faut s’attacher à encourager les meilleures pratiques dans chaque secteur », préconise Frédéric Degembe. La Commission européenne a aussi enclenché cette transition vers une économie plus verte avec son Green Deal. « C’est probablement la plus belle avancée que nous ayons connue au niveau européen. Il s’agit de la mise en place d’un agenda pour arriver à être neutres en carbone en 2050. Tous les outils dont l’Europe dispose sont ainsi mis en œuvre », ajoute Estelle Cantillon. C’est un véritable arsenal que l’Europe prépare vers une société décarbonée. Cet arsenal est à la fois réglementaire, législatif et financier.

Crédits et investissements

Comment le secteur financier appréhende-t-il ce défi ? Il y a, d’une part, l’aspect lié aux crédits et, ensuite, celui lié aux investissements. Aujourd’hui, les banques ont intégré le fait que les risques liés au climat et à l’environnement se matérialisent dans les crédits qu’elles octroient. Elles intègrent donc désormais ces risques dans leurs procédures d’octroi de crédits. Elles orientent alors au maximum les fonds prêtés vers des projets durables. « Beaucoup de banques intègrent désormais une charte de durabilité. Elle pourront refuser de financer certains projets non durables et, progressivement, certains secteurs sont exclus de la sphère des crédits », explique Frédéric Degembe. Du côté des investissements, les processus de gestion des fonds ont aussi intégré ces risques. La récente pandémie du coronavirus a démontré la résilience des fonds durables dans la crise. La gestion durable anticipe déjà des situations difficiles dans le futur. Elle privilégie les entreprises qui s’adaptent dès aujourd’hui aux futures normes environnementales qui seront exigées.

Labels et taxonomie

Cependant, l’offre en fonds durables est de plus en plus large et tous les fonds ne se valent pas. Pour s’y retrouver dans cette offre pléthorique, l’investisseur peut toujours se référer aux labels de durabilité. Pour faciliter les décisions en matière de financement et d’investissement, l’Europe a également mis en place une taxonomie. « Il s’agit d’une classification de toutes les activités économiques en fonction de leur contribution aux objectifs climatiques. Elle reprend aussi les entreprises qui aident à la transition ou celles dont on aura besoin pendant la transition énergétique. Cette classification est faite sur une base scientifique et est destinée à une audience large. Elle concerne à la fois les gouvernements, les banques et les investisseurs », précise Estelle Cantillon. Cette taxonomie aidera aussi les éditeurs de labels dans la détermination des entreprises et activités acceptables ou controversées. Les deux orateurs sont unanimes : les acteurs sont en train de bouger dans toutes les sphères de la société. La finance est une courroie de transmission indéniable pour faire avancer la transition énergétique et le passage à une société décarbonée. Mais cette ambition est aussi collective et nécessite la mobilisation de tous les acteurs en ce compris les consommateurs et les entreprises.

Sur le même sujet : Rendez-vous demain sur MoneyStore. Un dossier y est consacré à l’apport et à la contribution de l’économie dans les défis climatiques et environnementaux.

Consultez aussi le débat en ligne ici

et les courtes vidéos avec l’interview d’Estelle Cantillon ici  et de Frédéric Degembe ici

 


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