Qu’est-ce que les obligations de transition ?

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Pour rappel, une obligation est un titre de créance qui représente une partie d’une dette à long terme d’une entreprise, d’un Etat, d’un établissement de crédit (le bon de caisse) ou d’un organisme privé ou public. En rétribution de ce titre obligataire, son détenteur perçoit un intérêt calculé à un taux défini au départ. Parfois, ce taux est variable. Le remboursement s’effectue à une échéance fixée lors de l’émission. Il existe plusieurs types d’obligations. Qu’entend-on par obligations de transition ou « transition bonds » ?

Aide à la transition énergétique

Les obligations de transition sont des obligations qui permettent aux  entreprises de financer des projets de transition énergétique. Elles se distinguent des obligations vertes (green bonds). Les green bonds sont principalement destinés aux émetteurs qui souhaitent financer des projets favorables à l’environnement. Cependant, les entreprises à forte intensité carbone peuvent difficilement émettre ce type d’obligations. Ces sociétés n’ont pas la possibilité d’émettre des obligations vertes car leurs projets à financer ne sont pas suffisamment « verts ». Les transition bonds sont alors émis par des sociétés à forte intensité carbone qui désirent évoluer vers des énergies plus respectueuses de l’environnement.

Les obligations de transition se situent donc entre les obligations classiques et les green bonds. Grâce à ces obligations de transition, le secteur de la gestion d’actifs encourage un comportement favorable à l’environnement pour les entreprises dont le cœur de métier n’est pas (encore) compatible avec un financement vert. 

Un bel avenir

Ce type de financement va aider les entreprises, et la société en général, à évoluer vers un environnement décarboné. Rappelons que l’Union européenne s’est fixé comme objectif d’être neutre en carbone à l’horizon 2050. Pour atteindre cet objectif, elle a mis en place une série d’outils dont une taxonomie destinée au secteur financier. Au-delà des green bonds, il faut donc permettre aux entreprises de se financer pour développer des projets de transition énergétique.

« En juin 2020, la société italienne de transport de gaz Snam a lancé sa première obligation de transition officielle via une opération de 500 millions d’euros. Le produit sera utilisé pour financer des projets éligibles liés à la transition énergétique, tels que définis par le Cadre d’obligations transitoires de la société. Par exemple, ce produit peut être lié à des projets d’énergie renouvelable en préparant des conduites de gaz pour hydrogène. Il concerne aussi des programmes d’efficacité énergétique. Cela se fait en installant des chauffages dotés de technologies plus efficaces pour réduire les émissions de méthane. Cette nouvelle émission a été bien accueillie par les investisseurs obligataires et a été trois fois sursouscrite », précise Mario Eisenegger, Investment specialist au sein de l’équipe Taux de M&G Investments.

Un cadre de référence

Cependant, pour que ce type d’obligations ne devienne pas un grand fourre-tout, il convient de définir des normes et des garde-fous pour ces placements. « Les acteurs du marché ont besoin d’un cadre de référence qui définisse les critères d’éligibilité pour l’utilisation du produit de l’émission de ces obligations de transition, notamment au regard des améliorations énergétiques minimales qui doivent être réalisées, de la manière dont elles sont mesurées et communiquées, et de la mesure dans laquelle une telle transaction doit être liée à la stratégie de transition plus globale de l’émetteur », souligne Mario Eisenegger.

La taxonomie européenne sera certainement utile dans l’élaboration de ce cadre de référence. Il en va de la crédibilité de cette classe d’actifs.  « Si le cadre de référence adéquat est mis en place, les obligations de transition énergétique pourraient constituer la prochaine évolution des investissements en faveur d’une économie bas carbone. Elles pourraient combler un écart important et aider à mobiliser davantage d’actifs pour lutter contre le changement climatique. Les émetteurs pourraient ainsi obtenir un meilleur accès à une base d’investisseurs responsables de plus en plus importante. Les investisseurs obligataires verraient, quant à eux, l’éventail de leurs opportunités considérablement s’accroître.  Finalement, on assisterait à  un impact plus important en matière d’atténuation du risque climatique », se réjouit Mario Eisenegger.

 

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