Ma banque est-elle suffisamment verte ?

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Les banques financent à travers leurs crédits des activités plus ou moins polluantes. Les compagnies d’assurance et les gestionnaires d’actifs peuvent, eux aussi, orienter leurs investissements vers des sociétés qui s’engagent dans une optique plus environnementale. Mais comment s’y retrouver ? Comment savoir si une banque s’engage à mettre en place une procédure qui lui permet de mesurer les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à son portefeuille de crédits et d’investissements ?

Pour répondre à ce besoin, une norme mondiale de comptabilisation des GES vient d’être lancée. On parle de la norme PCAF pour Partnership for Carbon Accounting Financials. Il s’agit bien d’une norme et non pas d’une réglementation, ni d’une obligation contraignante.

 

Information standardisée

Aujourd’hui, 87 banques ont accepté d’adhérer à cette norme sur base volontaire. On retrouve sur le site de Partnership for Carbon Accounting Financials (PCAF) la liste des banques qui ont adhéré à ce pacte.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Grâce à la norme PCAF, les banques, les gestionnaires de fonds et détenteurs d’actifs peuvent mesurer leurs émissions de carbone pour tous leurs crédits et leurs investissements. Les institutions financières peuvent alors définir des objectifs pour les réduire. De cette manière, les acteurs financiers peuvent rendre leur politique climatique concrètement mesurable et accessible à tous. On peut retrouver notamment ces informations dans leur rapport annuel.

« Lors de l’analyse d’un crédit, par exemple, on va demander à l’entreprise de nous fournir un certain type d’informations sur leurs émissions de GES. Ce reporting est désormais standardisé. Cela permettra aux banques signataires de cet accord de fournir une information standardisée dans leurs rapports annuels. Ces informations seront agrégées de la même façon », note Lieve Schreurs de chez Triodos. La comptabilisation des GES délivre des informations cruciales pour évaluer la résilience des portefeuilles par rapport aux risques climatiques.

Vers une réglementation

Les banques centrales considèrent de plus en plus le changement climatique comme un risque systémique qui pourrait perturber le système financier. Les risques climatiques devraient être intégrés dans le calcul des stress tests des banques. Certaines banques centrales, comme la Bank of England, ont déjà avancé dans ce sens. Du côté de l’Europe, il y a aussi des projets pour intégrer ces risques dans le calcul des risques du secteur bancaire. Si l’Europe prend une décision en la matière, nous nous dirigerons vers une directive ou un règlement qui seront contraignants. « Ici, il s’agit d’un premier pas qui émane du secteur. Ce n’est qu’une norme. Il existe plusieurs autres initiatives du genre. Si l’Europe prend des mesures, ce sera dans un cadre beaucoup plus large que les GES. On ira vers une intégration des critères ESG (environnement, social et gouvernance) dans le calcul des risques », ajoute Lieve Schreurs.

Les banques qui se préparent déjà à ces nouvelles réglementations prennent une longueur d’avance sur celles qui tarderont à s’adapter. Il s’agit d’un processus qui est désormais sur les rails. Les banques, gestionnaires d’actifs et compagnies d’assurance devront s’y conformer. Affaire à suivre !

 

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