Comment investir dans le vin ?

@Pexels

La fabrication du vin est ancestrale. Les fouilles archéologiques ont permis de dater les premières fermentations du raisin à 7000 ans avant Jésus-Christ. En 2019, soit 9000 ans plus tard, le marché du vin a généré près de 370 milliards de dollars de revenus à travers le monde.

En volume, c’est l’Espagne qui est le plus grand exportateur de vin avec 21 millions d’hectolitres exportés en 2018. « Cependant, en valeur, c’est la France qui exporte le plus. Le pays qui produit le plus de vin est l’Italie. Les plus grands consommateurs de vin sont les Etats-Unis. Cependant, si l’on considère la consommation par habitant, c’est le Portugal qui a la plus forte consommation », constate Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC banque et assurance.

Le marché du vin génère près de 50 milliards de dollars de revenus aux Etats-Unis. Ce marché a littéralement explosé ces dernières années. La Chine a, elle aussi, planté des pieds de vigne en vue de satisfaire sa consommation intérieure. Par ailleurs, on constate que le poids du rosé a pris une très grande ampleur dans la consommation totale. C’est une tendance de fonds appuyée par la demande des jeunes générations.

Changements en vue

Le secteur du vin évolue. « On constate une demande de plus en plus forte pour les vins bio ou traités de façon raisonnable. Pour les domaines viticoles, cela devient une nécessité absolue de s’adapter. C’est une véritable lame de fonds. Le vignoble bordelais est en retard dans ce domaine. Il doit impérativement rattraper ce retard », note Bernard Keppenne. Le développement du marché chinois vers l’exportation pourrait également impacter le marché du vin à moyen ou long terme. « Le réchauffement climatique a aussi un impact non négligeable sur certains crus. On a assisté à des incendies qui ont touché les vignobles en Californie. On va devoir aussi adapter les cépages. Dans l’Hérault, par exemple, les vignes ont littéralement brûlé en raison de l’intensité du soleil et du vent. Il y a des zones où il ne sera plus possible de cultiver de la vigne. La hausse des températures et les difficultés liées à l’accès à l’eau rendront la production de plus en plus difficile dans certaines régions », ajoute Bernard Keppenne. Le réchauffement climatique offre cependant de nouvelles possibilités pour le développement de vignobles. En Belgique, on assiste à un retour des vignes dans certaines régions. En Grande-Bretagne, un projet de développer une production de champagne est en cours de réalisation.

Investir : attention aux arnaques !

Il faut être très prudents lorsqu’on veut investir dans le domaine du vin. Il y a de nombreuses arnaques par téléphone ou via les réseaux sociaux. Les escrocs font miroiter des rendements mirobolants. La FSMA (l’autorité des marchés en Belgique) a émis une mise en garde contre ce type de sites. Vous pouvez la consulter ici .

« La tentation est d’autant plus grande que les escrocs mettent en avant des grands crus et des noms bien connus du public et qui ont fait l’objet de spéculations importantes ces dernières années », prévient Bernard Keppenne. Une arnaque assez conséquente a eu lieu, il y a quelques années, avec le fonds Nobles Crus. Les autorités luxembourgeoises ont bloqué ce fonds qui investissait dans des grands crus. La valorisation des stocks y était quelque peu douteuse. A l’heure actuelle, il n’existe donc pas de fonds qui investit dans le vin et qui soit reconnu par les autorités de marché.

Mais alors comment investir dans le vin ?

« On peut acheter du vin en primeur auprès d’un domaine. Cela peut se faire en direct ou par l’intermédiaire d’un caviste. On paye un montant aujourd’hui. On reçoit sa commande après élevage et mise en bouteilles, soit entre 12 et 18 mois plus tard. Cette technique permet au domaine d’obtenir un afflux de trésorerie. L’acheteur peut, quant à lui, acheter des bouteilles à un prix intéressant. Il peut alors les revendre plus tard en faisant une plus-value », explique Bernard Keppenne. Mais attention, la plus-value n’est pas nécessairement assurée ! Certains millésimes peuvent apporter de mauvaises surprises. Cet achat en primeur doit idéalement se limiter à de grands crus. En effet, sur les vins moyens, il n’y a pas de plus-value substantielle à réaliser. L’acquéreur privilégiera les régions de Bordeaux, la Bourgogne et une partie de la Loire. Il faut aussi acquérir au minimum une caisse. Ce vin doit être conservé dans de bonnes conditions. On peut revendre les bouteilles après un certain délai à un caviste ou sur un site dédié à ce genre de transactions (comme iDealwine). Dans ce type d’opérations, il faut être patient et …chanceux !

Ou un domaine viticole

Une autre façon d’investir dans le vin est d’acheter des parts d’un Groupement Foncier viticole. « On devient alors propriétaires de quelques plans, de quelques parcelles. Le vigneron reste l’acteur majeur. On est rémunéré par un nombre de bouteilles en fonction du montant de l’investissement. L’inconvénient de ce système c’est que l’on acquiert toujours des bouteilles du même domaine. Ce sont, en général, de petits domaines. Les bouteilles sont habituellement destinées à la consommation directe ». Les plus fortunés peuvent aussi décider d’acquérir un domaine entier. Cet investissement est alors considéré comme un élément de diversification dans le portefeuille.

Quoiqu’il en soit, le vin doit rester un investissement plaisir. Un investissement à consommer bien sûr avec modération.

Consultez aussi sur MoneyStore :

Investir en art, vin ou voitures anciennes: un bon plan ?

Qu’est-ce qu’une valeur-refuge ?

La ronde des foires d’art contemporain


Pour en savoir plus sur ce sujet et sur le monde financier et économique, abonnez-vous gratuitement à la newsletter hebdomadaire ici
Nous n’avons que des produits de courrier électronique concernant la newsletter, des flashs actu ou l’invitation à des événements que nous organisons. C’est pour recevoir ce type d’informations que les lecteurs s’inscrivent. Nous ne recueillons et ne traitons que vos adresses électroniques. Veuillez noter qu’en vertu de GDPR, vous aurez le droit de nous demander à tout moment de recevoir une copie de vos données personnelles traitées, de demander la suppression de vos données personnelles. Nos newsletters contiennent un lien pour mettre fin à votre abonnement immédiatement ou le modifier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *