Reprise et risque 

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Par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion, DNCA Investments

Il est difficile de se réjouir en ce début du mois de mai, de la situation économique à l’heure où tant d’employés sont encore en chômage partiel. Les marchés actions ont décidé que la crise économique ne ferait pas dérailler le système financier international. En effet, les liquidités injectées par des banques centrales tenues par leur mandat de protection de l’écosystème monétaire et par des gouvernements aux abois agissent comme une perfusion propre à entretenir le malade dans l’illusion d’une santé recouvrée.

Vers le déconfinement

La volatilité baisse et les entreprises recommencent à échafauder des prévisions chiffrées certes  parfois très sibyllines. La situation sur le pétrole américain essaie de se normaliser. L’Europe, comme d’habitude, se retrouve au cœur de la tornade des doutes et des risques comme prisonnière éternelle de l’incurie de son fonctionnement institutionnel. Le déconfinement progressif va offrir les premières informations sur les changements de comportement des consommateurs et des entreprises. L’épargne constituée par les individus pendant ces deux mois d’arrêt risque d’être encore conservée quelque temps. L’accumulation de déficits budgétaires n’augure pas de moments agréables sur le plan fiscal.

Quid de l’inflation ?

Il y a beaucoup de thèses qui circulent sur le type de reprise économique, sur l’évolution du prix de certaines classes d’actifs (immobilier…) et sur le régime d’inflation. Sur ce dernier point, on comprend que les chaînes logistiques étant plus complexes, un surcoût est à prévoir pour les industries dont les chaînes de production sont complexes, délocalisées avec des bases de consommation mondialisées. Ce serait donc un indicateur inflationniste. Pourtant, certaines entreprises vont sûrement devoir baisser les prix de leurs biens et services pour appâter le chaland. Ce serait dans ce cas un puissant facteur déflationniste.

Les grands gagnants

Certains secteurs continuent d’être les grands gagnants de cette crise (pharmacie et technologie). Ce n’est pas étonnant finalement car cette crise n’a pu être vécue par des milliards d’individus confinés que grâce aux outils technologiques. Quant à la pharmacie, c’est elle qui est censée nous sauver avec des traitements ou un vaccin. Dans une reprise, le réflexe naturel de l’investisseur consiste à reprendre du risque. Mais dans cette forme si inédite, ne faut-il pas encore attendre encore un peu…? L’incertitude est encore forte quoiqu’on puisse penser à la lumière de la forte progression des indices actions américains depuis le point bas. En témoignent les prévisions des économistes de la BCE qui tablent sur une baisse de PIB pour la zone euro variant entre 5% et 12%.

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