Quel est l’impact économique à court terme du changement climatique ?

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Par Schroders

Le changement climatique est une tendance à long terme. Les investisseurs doivent cependant être conscients de l’impact économique à court terme des catastrophes naturelles causées par le changement climatique, telles que les cyclones tropicaux et les inondations.

Depuis les années 1980, le nombre moyen de cyclones par décennie est passé de 14 à 23, tandis que le nombre d’inondations a doublé sur la même période. La hausse des températures entraîne un réchauffement de l’eau de mer, qui provoque à son tour une augmentation de l’énergie thermique et la formation de cyclones. L’évaporation plus importante entraîne des précipitations plus importantes et donc des risques d’inondation. Ces conditions météorologiques extrêmes sont devenues plus destructrices et plus fréquentes au cours des quatre dernières décennies. Les catastrophes naturelles ont des conséquences dévastatrices pour l’être humain et l’environnement. Leur impact économique n’est pas facile à mesurer. On peut analyser les conséquences directes en se basant sur les données du réassureur Munich Re. Cette analyse montre que l’impact des catastrophes naturelles a fortement augmenté ces dernières décennies. 

 

Impact croissant

Pour les États-Unis, l’impact des inondations est passé de 360 millions de dollars dans les années 1980 à 4 milliards de dollars dans les années 1990. Durant la première décennie de ce siècle, l’impact financier a été de 1,2 milliard de dollars. La Chine est le pays le plus touché par les inondations, avec des dommages d’un coût moyen de 11 milliards de dollars dans les années 1990 contre 2,6 milliards de dollars au cours de la première décennie de ce siècle. La plupart des cyclones élisent domicile aux États-Unis. Les conséquences financières au début de ce siècle se chiffraient à 24 milliards de dollars, contre 2 milliards dans les années 1980. La Chine et le Japon sont aussi régulièrement confrontés à des tempêtes tropicales.

Plus de prospérité, plus d’impact

Un grand nombre de facteurs contribuent à l’impact économique des phénomènes météorologiques. Il est clair que l’intensité et la fréquence des événements extrêmes sont des facteurs importants. Mais ce sont les changements démographiques, l’exposition et la vulnérabilité des personnes et des actifs touchés par les événements climatiques qui déterminent l’ampleur des pertes. Il est clair que le nombre de biens et de personnes exposés aux événements climatiques est fonction du degré de développement et de la croissance d’un pays.

S’il est évident que les cyclones tropicaux et les inondations ont gagné en force et en gravité depuis les années 1980, l’ampleur des pertes économiques dépend en grande partie des richesses accumulées. Des pertes plus élevées pourraient refléter la présence en plus grand nombre de biens susceptibles d’être endommagés ou détruits. Les pertes doivent être normalisées pour comprendre si le changement climatique joue un rôle dans l’augmentation de l’ampleur des dommages causés par les catastrophes. 

Le changement climatique est également un facteur

L’impact économique est lié à l’augmentation de la prospérité. Même lorsqu’on corrige les chiffres pour tenir compte de l’augmentation de la prospérité, une tendance à la hausse reste visible dans l’évolution de l’ampleur des dommages. L’impact moyen par rapport au PIB durant la deuxième décennie de ce siècle est plus élevé que dans les années 1980. Les spécialistes du climat en concluent que l’impact du changement climatique s’est accru au cours des dernières décennies.

Repli de la croissance économique après une catastrophe naturelle

Certaines études évoquent la notion de destruction créative, à savoir que les catastrophes naturelles conduisent au final à une hausse de la productivité et de la croissance. Des recherches récentes ont cependant montré que les cyclones ont entraîné un recul du revenu national qui n’a pas été rattrapé en 20 ans. Les catastrophes provoquent un ralentissement temporaire de la croissance et une destruction de capital. On observe une baisse de 3,6 points après 20 ans, ce qui veut dire qu’une catastrophe naturelle fait reculer la croissance économique de deux ans en arrière.

Le changement climatique est toujours abordé comme une tendance à long terme, mais il faut mettre les investisseurs en garde contre les effets à court terme. L’élévation de la température moyenne affecte la croissance de la productivité, mais peut également constituer une menace potentielle pour le PIB.

Lire aussi What’s the short-term economic impact of climate change ?, des spécialistes du climat de Schroders.

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