Pourquoi les investissements verts sont-ils si résilients dans la crise du Covid-19 ?

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Par Schroders

Contrairement aux crises précédentes, le thème d’investissement « changement climatique et transition énergétique » a enregistré de bonnes performances pendant la pandémie de Covid-19. On peut identifier sept tendances qui permettent d’expliquer cette résilience. C’est encourageant, cependant il faudra en faire plus pour atteindre l’objectif fixé dans l’accord de Paris sur le climat.

 

Tendance 1- Financement plus important et soutien politique plus large que par le passé

Après la crise financière, les investissements dans les énergies renouvelables avaient fortement diminué. À présent, les choses se présentent sous un meilleur jour. Les banques sont plus réceptives. Plus important encore, les circonstances économiques sont nettement plus favorables à l’énergie durable. Au cours du premier semestre, les investissements ont même augmenté de 5 % sur une base annuelle. De plus, le soutien gouvernemental aux mesures écologiques joue également un rôle considérable. La faiblesse des taux d’intérêt rend les projets plus rentables.

On peut pointer cependant certains risques. Si les conséquences de la crise actuelle continuent à se faire ressentir, les investisseurs risquent de devenir plus réticents par rapport aux investissements verts.

Tendance 2 – La demande de technologies liées aux énergies durables est robuste

Ces derniers mois, la demande de technologies en lien avec la transition énergétique a affiché une robustesse remarquable. Cette bonne santé se manifeste particulièrement au niveau de la demande de voitures électriques. On remarque une combinaison de facteurs, tels que le retard dans la livraison de commandes antérieures, les nouveaux modèles et les mesures de soutien. La demande est également forte sur le marché américain de l’énergie solaire. Comme risque à court terme, il faut cependant pointer la fin des mesures gouvernementales de soutien.

Tendance 3 – Les entreprises prennent leurs responsabilités

Les entreprises assument de plus en plus leurs responsabilités au niveau de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Plus de 250 entreprises se sont fixé comme objectif d’utiliser 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2028. Apple veut que l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement soit neutre en carbone d’ici 2030. Microsoft vise un bilan carbone négatif dès la même année et veut que toutes ses émissions soient compensées d’ici 2050. Unilever s’est fixé des objectifs similaires et investit un milliard d’euros pour remplacer les ressources fossiles par des alternatives durables.

Tendance 4 – La crise du coronavirus accélère le changement du bouquet énergétique

Un effet secondaire positif de la pandémie de Covid-19 est son impact sur les marchés de l’énergie. Elle accélère en effet certaines tendances, notamment sur le marché de l’électricité. L’utilisation des énergies renouvelables a atteint un sommet dans plusieurs pays au cours des six derniers mois. En Chine, la part de l’électricité verte dans le mix énergétique a été supérieure à celle des combustibles fossiles.  La crise sanitaire a aussi entraîné une relation volatile entre l’offre et la demande, volatilité avec laquelle les services publics ont appris à composer.

Tendance 5 – Émergence de nouvelles technologies pour la transition énergétique

Une autre tendance est l’émergence de nouvelles technologies pour la transition énergétique. Les innovations dans le domaine des batteries, du stockage de l’énergie et l’intérêt croissant pour l’hydrogène vert. En ce qui concerne l’hydrogène, il reste une série d’obstacles à surmonter, mais c’est l’une des rares sources d’énergie à zéro émission qui peut être appliquée dans un grand nombre de secteurs.

Tendance 6 – Le coût des énergies renouvelables diminue, l’efficacité augmente

Ce n’est pas nouveau, mais la tendance à la baisse des coûts de production des énergies renouvelables poursuit sur sa lancée en 2020. L’énergie éolienne est, aujourd’hui, le moyen le moins cher de produire de l’énergie. Outre les améliorations technologiques, on assiste également à une baisse des coûts de stockage de l’énergie excédentaire.

Tendance 7 – La mobilité durable est encore diffuse

Toutes les tendances énumérées ci-dessus sont positives. Le tableau est en revanche mitigé en ce qui concerne la mobilité durable. L’électrification des voitures, du transport de masse et de la micromobilité est une nécessité pour réduire les émissions de CO2 liées à la mobilité. Durant la pandémie de Covid-19, les ventes de vélos ont explosé. Cependant, les voyages en train ont été durement touchés. Le confinement a contraint les entreprises à chercher des alternatives, comme le télétravail. Reste à savoir si cette tendance va se poursuivre.

Il faudra en faire plus

Il faudra faire plus pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius. Les changements structurels doivent s’accélérer pour éviter que les dommages causés à l’environnement ne deviennent permanents.

Lire aussi Seven reasons behind the resilience of ‘green’ investments in the pandemic, de Schroders.

 

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