Politiques économiques exceptionnelles en vue

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Rédigé le 18 mars 2020 par BNP Paribas AM

  • Le 17 mars, les marchés actions se sont repris suite à l’annonce de mesures de soutien budgétaire aux Etats-Unis et en Europe
  • Les Banques centrales mettent en œuvre tous les outils à leur disposition (baisse des taux directeurs, achats d’actifs, mesures pour assurer la liquidité)  

Confrontés à l’urgence sanitaire, les décideurs ont pris la mesure du problème et proposé des réponses économiques sans précédent, qu’elles soient budgétaires ou monétaires.

Financements publics illimités ?

Le 17 mars, les gouvernements ont multiplié les annonces de soutien budgétaire de grande ampleur partout dans le monde et affirmé leur engagement sans limite pour lutter contre les effets néfastes pour la croissance de l’épidémie de Covid-19.

Aux Etats-Unis, par exemple, les informations initiales faisaient état d’un plan de 850 milliards de dollars aux Etats-Unis. En fin de journée, l’administration Trump évoquait la somme de 1 200 milliards (5,5 % du PIB américain) incluant le versement direct de 1000 dollars à chaque américain.

Il apparaît clairement que l’épidémie va provoquer un choc d’offre (baisse de l’activité des entreprises) et un choc de demande (confinement des citoyens, gel des investissements) simultanés.

Les politiques économiques habituelles (baisse du coût du crédit ; baisse des impôts) sont généralement efficaces face à un choc de demande. Un choc simultané d’offre et de demande est plus difficile à appréhender.

Il faut associer la politique budgétaire à la politique monétaire

Toutefois, la combinaison des actions de politique budgétaire et monétaire, et une simplification des réglementations devrait éviter d’ajouter une crise financière à la crise économique. Les gouvernements du G7 se sont déclarés «résolus à tout mettre en œuvre, à l’aide de tous les outils politiques, pour que les économies du G7 connaissent une forte croissance et pour les protéger contre les risques de baisse».

Ce graphique proposé par le FMI illustre l’urgence de la situation : l’écartement des spreads de crédit, la baisse des actions et d’autres mouvements extrêmes sur les marchés financiers ont entraîné un durcissement spectaculaire des conditions financières.

Le 17 mars, l’administration américaine a indiqué travailler avec le Congrès à un plan de relance qui pourrait atteindre 1 200 milliards de dollars.

Lundi soir, les ministres des finances de la zone euro se sont engagés à « tout mettre en œuvre » pour soutenir l’activité et restaurer la confiance. Les règles budgétaires en vigueur dans la zone euro sont de facto suspendues et le règne de la flexibilité commence.

Plusieurs pays européens ont annoncé ces derniers jours des plans encore plus massifs à l’image de l’Espagne (200 milliards d’euros soit 15 % du PIB), toujours avec l’idée de retarder le paiement des taxes de toutes sortes par les entreprises et de protéger leur trésorerie.

Le gouvernement français a approuvé un plan d’urgence de 45 milliards d’euros incluant des garanties étatiques des prêts aux entreprises. Les Etats de la zone euro se sont déclarés prêts à engager des mesures immédiates pour garantir les prêts de trésorerie.

Des mesures initialement bien accueillies

La réaction initiale des marchés financiers a été plutôt favorable : rebond du S&P 500 (+6,0 %) et de l’Eurostoxx (+2,4 %).

Les taux longs se sont tendus, le rendement du T-note à 10 ans repassant au-dessus de 1 % pour s’inscrire dans la matinée du 18 mars à plus de 1,10 %.

Pour les 3 graphiques ci-dessus, la source est Reuters, BNP Paribas Asset Management au 18/03/2020

Les marchés ont également réagi favorablement aux annonces de la Fed : réactivation de sa facilité de financement des créances de court terme (Commercial Paper) utilisée lors la grande crise financière de 2008 ; autres mesures pour assurer la liquidité.

Pour autant, la nervosité n’a pas quitté les investisseurs.

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