Optimisme modéré pour l’économie et les marchés en 2021

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Faire des prévisions pour l’économie et les marchés est un exercice difficile. Georges Hübner, Professeur de finance à HEC Liège et Thierry Masset, Chief investment officer chez ING Belgique se sont attelés à cet exercice périlleux lors de la conférence en ligne organisée ce jeudi par La Libre et le blog MoneyStore. « L’année passée à la même époque, nous avions tout faux sans que ce soit de notre faute. Nous avions prévu une année de transition avec un focus sur le résultat des élections américaines. La pandémie, ce facteur exogène, a provoqué la baisse exagérée des marchés suivie d’un vif rebond. Cela nous a surpris », reconnaît Georges Hübner.

 

Racine carrée

Cet économiste entrevoit une reprise en racine carrée pour l’année 2021. Ce ne sera, en effet, pas possible d’effacer rapidement les effets d’une crise aussi importante. « La reprise ne sera ni vive ni abrupte. Nous vivons sous perfusion des mesures budgétaires et monétaires. Cette situation devra céder le pas à une reprise plus naturelle. Il y aura bien sûr des faillites et une augmentation de la précarité. Il faudra aussi que l’épargne constituée s’active dans l’économie. Notre scénario de reprise est donc optimiste avec une reprise graduelle », estime Georges Hübner. Pour assurer cette reprise, nous aurons aussi besoin des initiatives de décideurs qui auront la capacité de s’extraire des contingences à court terme.

Anticipations des marchés

Concernant les marchés financiers, il ne faut pas oublier que les marchés anticipent généralement les situations. Dès lors, ils anticipent déjà les effets des campagnes de vaccination et de la reprise économique. Les prévisions pour 2021 et 2022 sont optimistes. « Comme ces éléments positifs sont déjà dans les cours, nous entrevoyons des rendements positifs sur les marchés d’actions mais de manière modérée. Il faudra aussi compter avec des périodes de doutes sur les vaccins et à cause des faillites, par exemple », prévient Thierry Masset. Quant aux taux d’intérêt, ils resteront, sans surprise, à des niveaux plancher. On a vu que, dans cette crise, il y a eu des perdants et des gagnants.

Au niveau régional, ce sont les Etats-Unis et la Chine qui sont sortis gagnants. Parmi les secteurs, les entreprises technologiques et pharmaceutiques ont parfois réalisé des chiffres d’affaires supérieurs aux années précédentes. Parmi les perdants, on a assisté aux mauvaises performances des secteurs de l’énergie, des financières, du tourisme et de l’aviation, par exemple.

Rotation cyclique

Et dans les portefeuilles, comment faut-il intégrer cette donne en 2021 ? « Aujourd’hui, on parle de rotation cyclique dans les portefeuilles. Faut-il lâcher les gagnants de la crise pour se positionner sur les actions qui avaient baissé ? Nous sommes réservés quant à cette attitude. Si l’on se repositionne sur certains secteurs qui étaient perdants pendant la crise, il faudra pouvoir en ressortir à temps. Il faut être conscients de son horizon de temps. La crise a été un accélérateur de tendances qui se confirmeront à long terme. On peut bien sûr se positionner sur des secteurs plus cycliques comme la consommation durable. Mais nous estimons que les tendances technologiques et pharmaceutiques restent de mise sur le long terme », ajoute ce stratégiste.

Small & Mid caps

En marge de ces investissements classiques, il existe également des placements plus atypiques qui peuvent aussi être envisagés. « On peut se positionner sur les small et mid caps. Elles ont été impactées récemment mais elles sont capables de faire preuve d’agilité. Sur base d’études réalisées sur plusieurs dizaines d’années, un investissement en small et mid caps en fin d’année s’avère généralement profitable », souligne Georges Hübner.

Cet économiste préconise également, pour les investisseurs plus audacieux avec un horizon à long terme, de ne pas oublier les gestions total et absolute return. Dans un contexte de taux bas voire négatifs, la gestion obligataire se complexifie. Les actions gardent donc les faveurs de nos deux interlocuteurs. « Pour l’année à venir, nous souhaitons sérénité et bonne santé à tous ainsi que dans les portefeuilles. Nous rappelons aussi que des rendements sans risque n’existent pas », conclut Thierry Masset.

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