Obligations corporate : Un risque à venir ?

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La faiblesse des taux d’intérêt a encouragé grandes et petites entreprises à s’endetter. Par ailleurs, la crise financière de 2008 et la baisse des taux d’intérêt qui y est associée, a poussé les marchés à maintenir à flot des entreprises qui ont juste le mérite d’exister mais dont l’avenir est incertain. La faiblesse des taux d’intérêt a donc favorisé l’endettement de ces entreprises et le maintien de certaines d’entre elles. Quels sont les risque sur le marché de la dette d’entreprises ?

Bénéfices en baisse

On constate que la profitabilité des entreprises est en baisse. C’est aussi le cas pour les entreprises américaines. « Les faibles taux d’intérêt peuvent masquer certaines difficultés sous-jacentes. Les entreprises américaines continuent à s’endetter. Or, leur productivité faiblit. On constate que le nombre d’entreprises qui ne peuvent plus couvrir leur charge d’intérêt avec leur revenu est en hausse. On vit donc avec une illusion d’optique », estime Gilles Moec, Economiste en chef du groupe AXA. Le problème ne se situe pas tellement au niveau des entreprises du S&P 500. En revanche, dans l’indice Russel 3000, beaucoup d’entreprises n’arrivent plus à couvrir leurs charges d’intérêt. Selon Gilles Moec, en-dehors des technologiques, le secteur américain va mal. On assiste à l’accroissement du nombre d’entreprises zombies. Elles composeraient 29% de l’indice Russel 3000 (en ce compris les start-up).

La hausse du coût du travail surpasse celle de la productivité. Les profits diminuent. « Les réductions d’impôt et la baisse des taux d’intérêt ne peuvent plus cacher cette situation. Sans ces baisses d’impôts et les stimuli de la Fed, les profits des entreprises auraient été au plus bas depuis 15 ans », souligne Gilles Moec. L’économie américaine est donc sous perfusion budgétaire et monétaire ! En Europe aussi, il n’y a aucune raison de croire en un rebond de la profitabilité. Là aussi, la rentabilité des entreprises a baissé.

Un risque systémique ?

La Banque de France s’est récemment penchée sur le risque systémique des crédits aux entreprises. Elle pose la question de savoir si le niveau d’endettement élevé des entreprises peut être source de risque systémique. « Les grandes entreprises (GE) et les établissements de taille intermédiaires (ETI) peuvent faire peser deux risques sur la stabilité financière. Premièrement, les institutions financières peuvent leur avoir prêté des sommes importantes et donc se retrouver en difficulté si elles ne sont pas remboursées. En France, fin 2018, on compte 1.710 milliards de dette cumulée des entreprises quelle que soit leur taille. La dette consolidée des ETI et des GE représente 1.070 milliards de dette brute, dont 500 milliards pour les seules 20 plus grandes (30% du total). Plus généralement, ces entreprises jouent un rôle central dans le fonctionnement de l’économie. L’économie est dite granulaire. Les dynamiques individuelles de ces grandes entités ne se neutralisent pas en agrégé. Elles peuvent au contraire avoir des effets macroéconomiques (Gabaix 2011) », peut-on lire sur le site de la Banque de France.

En cas de difficulté d’une grande entreprise, les effets secondaires seront importants. Ces effets macroéconomiques peuvent toucher un grand nombre d’acteurs dans l’économie. Outre les banques, les détenteurs d’obligations corporate peuvent subir un contrecoup. Les fournisseurs seront également impactés. On pourrait alors assister à un effet domino. « Le système financier subit alors non plus un défaut individuel, mais une cascade de défauts corrélés entre eux ». La Banque de France a pris des mesures pour éviter un risque systémique. Elle a ainsi introduit une mesure de protection. Celle-ci limite à 5% de ses fonds propres l’exposition d’une banque systémique française à une entreprise à risque.

Les obligations corporate rapportent plus que les obligations gouvernementales. Mais à rendement plus élevé, risque plus important. Il ne faudrait pas perdre de vue cette notion de risque !

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