Marchés boursiers : où peut-on encore investir ?

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Avec la forte baisse enregistrée récemment sur les bourses, comment considérer les actions en portefeuille ? « Pour notre part, nous sommes sous-pondérés en actions et avons légèrement augmenté notre pondération en obligations », reconnaît Vincent Juvyns, stratégist chez J.P. Morgan AM. Pour ce spécialiste des marchés, il faut être particulièrement prudents quand on parle d’opportunités sur les places financières. Il vaut mieux envisager les investissements sous l’angle des gagnants et des perdants. Il ne faut pas perdre de vue non plus les perspectives à moyen terme. Après la crise sanitaire, il y aura un effet rebond. Mais quels en seront l’ampleur et l’effet sur les actions ? Nul ne le sait à ce stade.

Les gagnants

Ce n’est un secret pour personne. Les grands distributeurs alimentaires (comme Colruyt) ont pu tirer leur épingle du jeu. Pour les fournisseurs en ligne, comme Amazon, la crise actuelle est une manne de rentrées financières. Les plateformes de conférences en ligne, les fournisseurs de logiciels ou l’industrie high-tech vont sortir renforcées de cette crise sanitaire. Les banques ne sont, en revanche, plus au centre de la crise comme en 2008. « Il faut être attentif au fait que, dans ce contexte où tous les marchés baissent, les corrélations se reforment et augmentent. De plus, les gagnants d’hier ne sont plus les gagnants d’aujourd’hui. C’est le cas des SIR, par exemple. Les flux de loyers se tarissent temporairement avec la fermeture des grands centres commerciaux. Finalement, les devises comme le franc suisse ou le yen se sont avérées une bonne protection dans la baisse », constate Vincent Juvyns.

Emergents asiatiques

On remarque aussi que les marchés asiatiques et américains ont mieux résisté dans la tourmente. La bourse américaine doit cependant faire l’objet de toute l’attention surtout si le centre de la pandémie se déplace vers les Etats-Unis. « Actuellement, on peut se focaliser sur les pays émergents asiatiques. Ils ont pris une longueur d’avance par rapport au reste du monde dans la lutte contre la pandémie. On assiste à une reprise de l’activité et à un rebond de l’économie. Il ne faut pas oublier le potentiel des obligations chinoises. Elles ont dégagé des rendements entre 5 et 7% depuis le début de l’année. Il y a aussi l’effet devise qui joue dans ce cas. Nous assistons également à des investissements dans des thématiques comme la santé, l’IT ou les actions chinoises », note Vincent Juvyns.

Prudence

Et demain ? La crise sanitaire est gérable et sera gérée. On l’a vu en Chine. On peut aussi trouver un remède ou un vaccin et, dans ce cas, il y aura un rebond franc sur les marchés financiers. « Nous restons cependant prudents sur ce rebond et sur sa nature. Il faut être conscients que cette crise sanitaire aura un coût économique plus important qu’en 2008. Cependant, les décisions monétaires et budgétaires qui ont été prises engendrent un certain espoir. Il faudra néanmoins attendre deux saisons de publications de résultats pour analyser les effets concrets des mesures monétaires et budgétaires. Il y aura certainement un boom de l’activité après la sortie du confinement », prévient Vincent Juvyns. Certains secteurs ne sortiront pas indemnes de cette crise. Des entreprises fragiles risquent de disparaître. Des corrélations inédites entre des secteurs ou des classes d’actifs vont émerger. Il faudra être très attentifs à ces effets induits.
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