Les valeurs bancaires : A prendre ou à laisser ?

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Dans certains fonds, on constate que les gestionnaires s’écartent volontairement des valeurs financières. Ils invoquent souvent le manque de visibilité dont fait l’objet ce secteur. Les bilans ne sont pas très compréhensibles. Ils ne sont, selon eux, pas totalement transparents concernant les risques. En revanche, d’autres investisseurs n’hésitent pas à prendre une position ciblée en valeurs bancaires. Ils expliquent leur choix spécifique sur ces valeurs en raison des valorisations particulièrement intéressantes. Alors comment envisager ce secteur en portefeuille ?

Beaucoup de défis

De nombreux défis attendent les établissements bancaires. Le secteur est certainement plus sain qu’en 2008. Une réglementation accrue a renforcé ce secteur. Il est désormais moins risqué. Cependant, les exigences réglementaires sont toujours plus élevées en termes de fonds propres. Elles ont alors pénalisé la rentabilité des établissements. De plus, aujourd’hui, les taux d’intérêt au plancher impactent la profitabilité des banques. Cette faiblesse des taux pèse sur les marges d’intérêt. Par ailleurs, l’environnement de croissance économique stable et plutôt faible n’est pas encourageant pour ce secteur. En marge de cette faible croissance économique, la concurrence est forte. « La forte concurrence des établissements entre eux ne permet pas un fort développement des volumes d’affaires et une hausse significative des tarifications. Cela plaide pour une consolidation à l’échelle nationale puis européenne quand le cadre réglementaire le favorisera », souligne Florent Delorme, Strategist chez M&G Investments.

Les facteurs géopolitiques, comme le Brexit ou les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont également une source d’incertitude. Il en découle que le rendement des banques européennes est faible et nettement plus bas que celui des banques américaines. La digitalisation et l’instauration de la directive PSD2 vont également pousser les banques à revoir leur modèle d’affaires. De plus, la vague d’innovation en cours nécessite de gros investissements de la part des banques. Pour être compétitives, les banques doivent alors travailler sur leurs coûts.

Investir ou non ?

Dans cet environnement, comment aborder le secteur bancaire en portefeuille ? « Certes, un secteur dont le projet à court terme constitue pour l’essentiel à réduire les coûts n’est pas très passionnant. La faiblesse des valorisations et des rentabilités sont là pour en témoigner », note Florent Delorme. Cependant, ce stratégiste envisage quelques embellies dans le domaine bancaire. « Il nous semble que la décote est un peu sévère compte tenu du potentiel d’amélioration du contexte économique dans le cadre d’une stimulation probable de l’économie européenne et de l’amélioration du commerce international avec le début d’un accord entre la Chine et les USA. Le geste récent de la BCE s’agissant du taux de rémunération des réserves des banques est également un signal positif », estime Florent Delorme. Des consolidations sont également à prévoir.

La pression réglementaire devrait s’atténuer. Les banques européennes ont déjà anticipé certaines nouvelles exigences. On peut également penser que les plans de réduction des coûts engagés vont porter leurs fruits dans les années qui viennent. Il ne faudrait donc pas condamner trop vite le secteur bancaire qui pourrait reprendre des couleurs dans les prochains mois.

Comment y investir?

L’investisseur peut alors envisager un placement en actions ou en obligations. En obligations, il vaut mieux s’orienter vers un fonds obligataire. Il y a des fonds  qui investissent exclusivement en financières (banques, assurances, private equity, financières). On en trouve chez Robeco, Fidelity,  JPMorgan ou Lazard. On peut retrouver dans ce type de fonds des obligations Additional Tier1 qui sont des obligations subordonnées perpétuelles. En cas de problèmes importants de solvabilité, ces obligations seraient associées aux pertes de la banque. Elles sont donc plus risquées que des obligations classiques.

D’autres fonds investissent en obligations d’entreprises et se diversifient en financières. «Les obligations financières ont leur place dans un portefeuille obligataire diversifié. Elles sont moins corrélées aux entreprises classiques. Les banques font l’objet d’une régulation accrue et sont beaucoup mieux capitalisées qu’en 2008 », estime Eun Ah Schittekat, Senior Fixed Income Analyst chez Mercier Vanderlinden AM. La principale différence par rapport aux dettes corporate classiques, c’est la régulation dont fait l’objet le secteur bancaire. Cependant, avec la nouvelle réglementation, les détenteurs d’obligations subordonnées doivent participer aux dettes de la banque avant les contribuables. C’est pour cela que les rendements sont supérieurs sur les obligations bancaires. L’investisseur peut aussi envisager un investissement en actions. Dans ce cas, il vaut également mieux investir à travers un fonds diversifié.

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