Intelligence artificielle : de la fiction à la science

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Par Dieter Vandewiele, Fund Analyst, Deutsche Bank Belgique

L’intelligence artificielle (IA) est appelée à régenter nos vies. En tant qu’investisseur, comment en tirer parti ? L’intelligence artificielle (IA) pourrait être l’évolution la plus disruptive de cette décennie. Elle peut être un thème d’investissement intéressant dans le cadre d’un portefeuille dynamique et largement diversifié.

On a coutume de dire que la machine à vapeur a entraîné la première révolution industrielle, l’électricité et le moteur à combustion interne la deuxième et l’ordinateur la troisième. La quatrième révolution industrielle pourrait bien être celle de l’intelligence artificielle.

Un énorme potentiel

Si l’on en croit des études récentes de McKinsey et PWC1, 72% des dirigeants d’entreprise pensent que l’intelligence artificielle sera l’avantage commercial de l’avenir. Cette technologie possède tous les ingrédients voulus pour être la force la plus disruptive des prochaines années. L’IA peut changer la face du monde. Avec un formidable effet de levier sur l’économie. Internet, c’est déjà du lourd, mais l’intelligence artificielle encore plus.

Des applications au quotidien

Pour trouver des exemples concrets d’intelligence artificielle, il ne faut plus chercher loin. Cette technologie s’est déjà immiscée dans de nombreux aspects de notre vie. Depuis votre portable, il vous suffit de commander un pull-over pour recevoir de multiples suggestions d’articles assortis. Si vous entamez un dialogue avec votre fournisseur d’énergie, un robot informatique vous expliquera à coup sûr comment optimiser votre plan tarifaire. En voiture, d’innombrables applis vous aident à éviter les embouteillages.

L’IA mise à contribution dans la lutte contre le coronavirus

Les applications actuelles de l’IA vont bien au-delà du commerce en ligne et des embouteillages. Elles peuvent aussi nous aider à prévoir et à combattre les pandémies. Par exemple, dans la nuit du 30 décembre 2019, une plateforme canadienne d’intelligence artificielle a détecté un groupe de « cas inhabituels de pneumonie » se produisant autour d’un marché à Wuhan. Ainsi, cette plateforme, conçue pour détecter, localiser et conceptualiser la propagation des maladies infectieuses, a repéré les premières traces de Covid-19, et ce, neuf jours avant que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne publie son avertissement.

En outre, des applications d’IA sont utilisées pour développer des médicaments et un vaccin, pour surveiller la pandémie et pour diagnostiquer le coronavirus. Dans ce contexte, une société belge a, par exemple, développé un moyen de diagnostiquer les patients assez rapidement sur la base d’un scanner. Ce sont autant de développements qui pourront avoir de multiples débouchés médicaux à l’avenir.

Dans tous les secteurs

L’intelligence artificielle transforme de plus en plus des industries entières. Pensez aux véhicules autonomes dans le secteur automobile, aux robots conseillers (robo advisors) dans le monde financier, à la gestion des stocks dans les entrepôts, aux traductions en temps réel et à la reconnaissance vocale dans le monde de la communication, etc…

Un thème qui comporte 3 axes

L’IA peut donc être un thème d’investissement intéressant, dans le cadre d’un portefeuille dynamique et largement diversifié. L’investissement dans l’intelligence artificielle peut se faire selon trois axes : la collecte de données, le traitement ou l’analyse des données et les applications pratiques:

  1. La collecte de données: En 2020, le volume de données que nous produisons sera 20 fois supérieur à celui de 2010. Ces données ne sont pas seulement générées par les humains (applications mobiles, médias sociaux, programmes de fitness et d’activité,…), mais aussi par des machines et infrastructures (par exemple, concept des villes intelligentes).
  2. Le traitement et l’analyse des données: Bien entendu, les flux de données (le « big data ») sont les principales sources d’approvisionnement de l’intelligence artificielle. Encore faut-il ensuite pouvoir les analyser et les traiter. Pour ce faire, il faut disposer d’algorithmes, d’une grande puissance de calcul et d’une énorme capacité de stockage.
  3. Les applications pratiques: Les assistants virtuels (comme Alexa et Siri), l’assistance à la conduite, la reconnaissance faciale, la chirurgie robotisée, les applications de l’IA s’étendent de jour en jour. Les entreprises qui optent pour l’intelligence artificielle acquièrent un avantage concurrentiel.

La 5G : un pas de géant pour l’intelligence artificielle

La vitesse d’envoi des données propre à la nouvelle norme 5G offrira la possibilité de connecter entre eux des appareils intelligents (supportant l’IA). Pour la première fois, la communication entre différents objets, produits, machines et serveurs sera fiable et fluide avec la 5G, ce qui permettra d’obtenir une bonne expérience utilisateur. Cela crée en soi de nombreuses nouvelles opportunités.

Ainsi, les « usines intelligentes » comme les « villes intelligentes » ne sont plus de la science-fiction mais la réalité de demain. La norme actuelle (4G) offre un taux de transfert de données ne dépassant pas un gigaoctet par seconde. Mais selon les experts de l’industrie, des pics de transmission allant jusqu’à 20 gigaoctets par seconde² sont envisageables avec la 5G.

L’intelligence artificielle en chiffres

Au cours du premier trimestre 2020, 8,4 milliards de dollars ont été injectés dans le monde entier dans des start-ups spécialisées dans l’intelligence artificielle3. C’est 645% de plus qu’en 2016.

Sur l’ensemble des dollars investis dans ces start-ups en 2020, 46% sont allés à des start-ups chinoises et 40% à des start-ups américaines.

Selon Accenture, l’IA aura, en 2035, une valeur économique ajoutée de:

  • 93 milliards de dollars en Belgique,
  • 311 milliards de dollars aux Pays-Bas,
  • 589 milliards de dollars en France,
  • 814 milliards de dollars au Royaume-Uni,
  • 079 milliards de dollars en Allemagne,
  • 068 milliards de dollars au Japon,
  • 305 milliards de dollars aux États-Unis.

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1 Étude disponible sur www.pwc.es/es/publicaciones/tecnologia/assets/ai-predictions-2018.pdf

2 Source : https://www.thefuturefactory.com/blog/19

3 Source : CB insights – https://www.cbinsights.com/reports/CB-Insights_State-of-Artificial-Intelligence-2020.pdf

4 Source: Accenture    https://www.accenture.com/t20170202T122451Z__w__/us-en/_acnmedia/PDF-33/Accenture-Why-AI-is-the-Future-of-Growth–Country-Spotlights.pdfla=en?la=en

5
Le terme ‘fonds’ est l’appellation commune pour un organisme de placement collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d’OPCVM (UCITS) ou d’OPCA (non UCITS). Un OPC peut se composer de compartiments. Les fonds sont exposés à des risques. Leur valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.


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