Flash-Actu : La FSMA interdit les ventes à découvert

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L’Autorité belge des marchés a décidé, compte tenu des circonstances exceptionnelles, d’interdire les ventes à découvert.

De quoi parle-t-on ?

Pour rappel, les ventes à découvert consistent à spéculer sur la baisse d’une action en vendant les titres sans les posséder avec l’espoir de les racheter quand le cours sera plus bas. Le bénéfice provient de la différence de cours entre les prix de vente et d’achat. Ces positions sont généralement prises sur des durées très courtes. On appelle aussi cette opération vendre short ou shorter une action.

Le vendeur va emprunter les titres à un détenteur (un fonds par exemple) pour les vendre à un certain prix. Il espère que le cours de ces titres va ensuite baisser. Il pourra alors les racheter à un prix inférieur et les rendre au détenteur initial. Le détenteur des titres les aura prêtés moyennant une rémunération (un loyer).

Interdiction

Ce type d’opérations permet à certains opérateurs sur les marchés de bénéficier des baisses de marché. Ils peuvent aussi les amplifier. La FSMA a décidé de les interdire. « L’interdiction de la vente à découvert, y compris toute transaction qui crée ou concerne un instrument financier et qui a pour effet ou pour l’un des effets de cette transaction de conférer un avantage financier à la personne physique ou morale en cas de baisse du prix ou de la valeur d’un autre instrument financier, prenant effet du 18 mars 2020 au 17 avril 2020. L’interdiction s’applique quel que soit le lieu où la transaction est exécutée (c’est-à-dire sur une plateforme de négociation ou de gré à gré). La mesure ne s’applique qu’aux sociétés cotées sur Euronext Brussels et Euronext Growth où la FSMA est l’autorité nationale compétente pour le marché le plus pertinent (MRM). L’interdiction ne s’applique aux instruments liés à un indice que si les actions restreintes représentent plus de 20 % de la pondération de l’indice », peut-on lire dans un communiqué de cet organisme.

Pourquoi interdire ?

La FSMA se base sur un ensemble de circonstances exceptionnelles qui se présentent aujourd’hui. Cet organisme justifie cette décision à la fois en raison des situations de marché. « Le déclenchement de la pandémie de COVID-19 a des effets négatifs graves sur l’économie réelle et sur les marchés financiers de l’Union. En ce qui concerne ces derniers, depuis le 20 février 2020, les marchés boursiers de l’UE ont perdu jusqu’à ou plus de 30 % de leur valeur, et tous les secteurs et types d’émetteurs ont été touchés par de graves chutes des cours des actions ». La FSMA invoque aussi d’autres facteurs liés à la pandémie tels que l’état d’alerte général ou, par exemple, les mesures prises par les autorités nationales de surveillance dans l’Union européenne.

Les dangers

Dans le secteur, nombreux sont ceux qui se réjouissent de cette interdiction. En effet, depuis longtemps ils voient d’un mauvais œil que les gestionnaires parient sur la faiblesse de nos entreprises. De plus, ils le font avec les titres de leurs clients. D’autres assurent cependant que ces ventes à découvert permettent la liquidité des marchés. Mais, le marché secondaire assure déjà la liquidité. Par ailleurs, si un gestionnaire veut effectivement miser sur la baisse d’un titre, il existe des techniques plus appropriées. Ce sont les produits dérivés. Si l’on veut miser ou se couvrir sur la baisse d’un marché, on peut acheter un put sur un titre ou sur un indice. Il n’est pas nécessaire de vendre un titre à découvert. Cependant, les ventes à découvert peuvent être utiles pour des raisons techniques. Dans des opérations boursières réalisées sur des marchés différents ou ayant des fuseaux horaires différents, on peut imaginer que la livraison ne se fasse pas simultanément à la vente. Le prêt de titres peut alors se justifier.

Pour en savoir plus, consultez aussi sur MoneyStore :

Qu’est-ce qu’une vente à découvert ?

Qu’est-ce qu’un produit dérivé ? Une option put, une option call ?

Qu’est-ce qu’un hedge fund ?


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Une réponse sur “Flash-Actu : La FSMA interdit les ventes à découvert”

  1. Une bonne nouvelle mais dommage qu’il faille toujours une crise pour faire ce que le principe de précaution ne permet pas d’atteindre préalablement.

    Aucune conséquence pratique (décision) n’a été prise après le crise de 2008 pour assainir les pratiques financières. Espérons que l’interdiction actuelle devienne définitive. Après tout, les financiers pourront toujours utiliser les produits dérivés (options puts, par exemple) soit pour protéger les valeurs présentes dans leurs portefeuilles, soit pour spéculer directement.
    Bien cordialement

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