Dettes émergentes : quels sont les risques en 2020 ?

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Par Charles de Quinsonas, gérant du fonds M&G (Lux) Emerging Markets

Voici les cinq principaux risques identifiés pour les économies en développement.

    • Les tensions dans le Golfe persique. Les élections en Iran prévues en février 2020 dans un contexte de forte récession économique après deux années de sanctions unilatérales imposées par les États-Unis pourraient bien raviver les tensions cette année et leur escalade au Moyen-Orient pourrait avoir un impact significatif sur le prix des actifs de la région, car la prime de risque reste relativement faible dans certains pays bien notés comme l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït ou les Émirats Arabes Unis. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont peu de chances de disparaître en 2020.

  • Guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Il s’agit de l’un des plus grands risques pour les pays émergents dont les économies continuent de dépendre largement du commerce mondial. Ses effets pourraient se propager à cause du fléchissement de l’activité en Chine, qui pourrait réduire la demande de matières premières.
  • Élections à Taïwan, situations à Hong Kong, en Corée du Nord et en Mer de Chine Méridionale. La présidente sortante Tsai (Parti démocratique progressiste) a été réélue à l’occasion des élections présidentielles à Taïwan le 11 janvier. Son parti a bénéficié de chiffres économiques bien orientés au cours des derniers mois. La guerre commerciale sino-américaine a permis de rediriger un surcroît d’activité manufacturière au profit de l’île. Les manifestations à Hong Kong ont également permis au parti favorable à l’indépendance de distancer une opposition plus proche de la Chine. Les autorités chinoises sont jusqu’à présent restées relativement en retrait, mais cela pourrait changer après les élections taïwanaises. Ailleurs en Asie, la fin d’année 2019 a aussi été marquée par des tensions géopolitiques. La Corée du Nord a déclaré qu’elle envisageait de nouveaux tests de missiles, en violation des engagements pris en matière de dénucléarisation de la péninsule coréenne. La Malaisie a récemment rejoint le Vietnam et les Philippines dans leur position ferme face à la Chine qui revendique la possession de l’intégralité de la Mer de Chine Méridionale.
  • Élections aux États-Unis. La plupart des investisseurs s’attendent à un décalage des marchés actions en cas de victoire démocrate. Cela pourrait conduire à un assouplissement de la part de la Fed et à un affaiblissement du dollar. Même si théoriquement favorable aux devises émergentes, une baisse du dollar pourrait aussi refléter une détérioration de l’économie américaine. Cela aurait un impact négatif sur la demande américaine de matières premières, et fragiliserait les actifs risqués à travers le monde. Dans ce scénario, la dette émergente dans son ensemble pourrait souffrir. La situation pourrait gagner en clarté en mars/avril prochain, une fois le candidat démocrate connu.
  • Turquie – Risque de sanctions par les États-Unis. L’achat par la Turquie du système russe de défense antimissile (S-400) conjugué à l’opération militaire menée en octobre dans le nord de la Syrie par les forces d’Erdogan ont eu pour conséquence d’augmenter significativement le risque de sanctions à l’encontre d’Ankara par le Congrès américain. Cependant, l’implosion de la Turquie ne serait une bonne nouvelle ni pour l’Union européenne (accord passé avec Erdogan sur les réfugiés syriens), ni pour les États-Unis (la Russie accentuerait probablement son influence dans la région).

D’autres risques sont à considérer en 2020, notamment « la plus grande crise dont personne ne parle » à savoir le stress hydrique qui constitue un risque structurel de nature à créer des problèmes économiques, politiques et sociaux, mais les risques liés à la situation en Inde et au Pakistan, le conflit entre l’Ukraine et la Russie et les troubles sociaux à travers le monde. 

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