Crise du Covid-19 : C’est grave docteur ?

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La pandémie du coronavirus n’a pas dit son dernier mot. Cependant, on peut déjà mettre en perspective certaines données chiffrées. Il est déjà possible d’établir un constat sur le nombre de morts, les tranches d’âge et les conséquences économiques. Les analystes de Deutsche Bank à Londres ont essayé de replacer les chiffres de cette pandémie avec une vue historique. Ces données mettent en perspective les chiffres actuels avec ceux des pandémies passées.

« Dans une note,  nous avons identifié 24 pandémies mondiales au cours des deux derniers millénaires. La récente pandémie du Covid-19 est la 23ème plus meurtrière en pourcentage de la population de chaque époque (avant la grippe porcine en 2009). Il est peu probable qu’elle se déplace de plus d’une ou deux places plus haut dans cette liste en raison d’une atténuation massive et du fait que son taux de mortalité est relativement faible pour une pandémie. Le nombre actuel de décès liés au Covid-19 s’élève à 403.000 et il devrait atteindre la 22ème place. Le nombre total de décès devrait dépasser 627.000 et il faudrait plus d’un million de morts pour que la pandémie arrive en 21ème place la plus meurtrière », peut-on lire dans une étude de cette banque datée du 8 juin dernier.

Autres pathologies

Il s’agit d’une des plus grandes pandémies depuis l’instauration de l’Etat-providence. Mais c’est une des pandémies les moins mortelles sur une base historique. Par ailleurs, le virus n’est pas la cause première de la morbidité actuelle. Où se situe le Covid-19 dans les facteurs de mortalité ? On constate (sur base des chiffres de 2017) que le coronavirus a provoqué nettement moins de décès que les maladies cardiovasculaires ou les cancers. Ces deux dernières pathologies sont les plus meurtrières.

Personnes âgées

Cette étude aborde aussi les taux de mortalité du Covid-19 selon les tranches d’âge. On constate, sans surprise, que ce sont surtout les personnes âgées qui ont été victimes des conséquences de ce virus. L’âge moyen des personnes décédées du Covid-19 est de 80,3 ans. De plus, ces décès avaient aussi souvent d’autres causes qui préexistaient à l’apparition de la maladie chez les patients. Le Covid-19 est sans aucun doute la pire pandémie mondiale depuis au moins 50 ans. Elle ne dépassera cependant peut-être pas la grippe asiatique et la grippe de Hong Kong des années 1950 et 1960 en termes de pourcentage des décès par rapport à la population mondiale.

Dégâts économiques

Sans être la pandémie la plus grave, celle du Covid-19 aura laissé des traces importantes au niveau économique. Elle a provoqué des dégâts économiques très importants en raison du verrouillage généralisé de l’économie à l’échelle mondiale. « Aux Etats-Unis, le plus long cycle de croissance économique de l’histoire a officiellement pris fin en février après 128 mois d’expansion. Nous ne saurons jamais ce qui se serait passé si la crise sanitaire n’avait pas eu lieu. Mais force est de constater que le meilleur prédicteur des récessions, à savoir l’inversion de la courbe des taux obligataires US, a de nouveau donné le bon signal », estime Wim D’Haese, Head Investment Strategist chez Deutsche Bank Belgique. A titre d’exemple, on prévoit que 2020 sera la pire année pour l’économie britannique depuis plus de 300 ans (en % du PIB réel).  Mais il reste des poches de croissance dans l’économie. « Alors que nous connaissons la plus grande crise économique depuis la deuxième Guerre Mondiale, il est également remarquable d’observer que l’indice technologique Nasdaq a dépassé le cap des 10.000 points en milieu de la semaine du 8 juin. Il a ainsi atteint un nouveau record historique » relève Wim D’Haese. C’est donc une crise à deux vitesses. Elle a bénéficié à certains pans de l’économie. D’autre part, les mesures de confinement généralisé touchent sévèrement certains secteurs. On pense ici à l’aviation, au tourisme ou à l’Horeca, par exemple. Alors, c’est grave docteur ? Oui c’est grave parce que, outre les pertes de vies humaines et leur lot de tristesse, cette pandémie laissera aussi des séquelles économiques. Les taux de chômage explosent. Dès lors, les banques centrales et les Etats devront rester au chevet d’une économie convalescente encore pendant un certain temps.

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