Comment investir sur le long terme et avec profit ?

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Par Adrian Daniel, gestionnaire de portefeuille chez Mainfirst Asset Management

Après plusieurs semaines de restrictions nécessaires pour lutter contre la pandémie de coronavirus, certains pays de l’Union européenne assouplissent à présent leurs mesures. Toutefois, il existe un consensus général sur le fait que les pertes économiques réelles dues au blocage du deuxième trimestre dépasseront de loin la contraction du PIB des récessions passées.

D’autre part, l’intervention coordonnée et massive de toutes les banques centrales internationales d’un soutien  «  coûte que coûte» (par exemple, la Fed a élargi son soutien aux obligations d’entreprises américaines), associée à des programmes de relance gouvernementaux jusque-là inimaginables, est un contraste saisissant. L’issue est incertaine. Il reste à voir si la politique monétaire et fiscale sera vraiment un substitut viable aux activités économiques qui ne se réaliseront pas. Pour l’instant, les décisions qui ont été prises peuvent être interprétées comme une bonne nouvelle pour les marchés des capitaux et les investisseurs, car ces mesures inédites ont au moins permis d’atténuer la volatilité mondiale.

Diversification et réduction des risques

Quelles sont les stratégies d’investissement qui fonctionnent en situation de crise et celles qui ne fonctionnent pas ? Et lesquelles de ces stratégies ont une chance réelle de réussir dans une situation aussi difficile ? Une stratégie d’actions toujours investies est vouée à s’effondrer avec l’affaiblissement du marché. La situation est différente pour les stratégies multi-actifs. Il est vrai que toutes les catégories d’actifs ont parfois perdu du terrain simultanément au cours de l’épidémie de coronavirus : les actions, les obligations et l’or. Bien sûr, cela a (durablement) affecté l’effet de diversification sous-jacent prévu de l’approche multi-actifs. Cependant, cela a été relativisé assez rapidement. Dans l’intervalle, les marchés boursiers ont de nouveau progressé et, dans le segment des obligations également, il pourrait y avoir des opportunités inattendues, en particulier dans certaines obligations d’entreprises en raison de leur profil d’attractivité accru, également par rapport aux titres de participation.

Néanmoins, le défi fondamental des solutions multi-actifs est toujours d’obtenir des rendements adéquats dans un environnement difficile sans perdre de vue le risque. En effet, compte tenu des difficultés du marché, les investisseurs se tournent de plus en plus vers le risque. C’est pourquoi la gestion des risques est au premier plan. Dans l’ensemble, les solutions diversifiées sont une façon de survivre, même sur une situation de mer agitée. Et la situation actuelle en fournit la preuve. De nombreuses stratégies multi-actifs ont relativement bien résisté à la crise du coronavirus jusqu’à présent, même en comparaison avec d’autres catégories d’actifs. L’une des raisons en est qu’un portefeuille de plusieurs actifs peut être réajusté relativement rapidement. C’est une flexibilité qui paie. Et une autre chose est frappante en ces temps. Aujourd’hui, plus que jamais, il est possible de se concentrer davantage sur les tendances structurelles qui sont déjà apparues au cours des derniers mois et des dernières années et qui deviendront encore plus importantes à l’avenir.

Focus sur les tendances structurelles

Se concentrer sur les tendances structurelles de croissance permet en fin de compte d’être moins exposé aux hauts et aux bas cycliques. Un bon exemple de tendances durables est la numérisation. Cette démarche devrait être associée à une analyse ascendante des modèles d’entreprise afin de déterminer dans quelle mesure ils peuvent bénéficier des tendances structurelles sous-jacentes. La stratégie devrait également prévoir la possibilité de couvrir la quote-part des actions et des devises. En conséquence, la création d’alpha pourrait devenir le principal facteur de performance en période d’incertitude économique. La politique monétaire a contribué à atténuer les effets de la première phase de la crise du Covid-19.

Dans le même temps, les entreprises ont été sceptiques quant au passage de leur infrastructure informatique au « cloud ». Au cours des derniers mois, le volume de données a augmenté massivement lorsque le personnel travaillait à domicile. Les entreprises ont donc été contraintes de passer au cloud computing et constatent à quel point cela est plus avantageux en termes de coûts, de sécurité et de capacité de traitement. L’entreprise AWS vient de mentionner lors de son assemblée annuelle que la consommation de services de streaming a augmenté de plus de 40% par rapport à l’année précédente. En conséquence, l’importance du déploiement des réseaux va devenir plus  importante. Les nouvelles technologies telles que la 5G ou OpenRAN (réseau d’accès radio ouvert) deviennent de plus en plus essentielles pour que les entreprises restent compétitives. Ce type de changements perturbateurs est encore largement sous-estimé et offre des opportunités aux investisseurs à long terme.

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