2020 : Mauvaise année pour les dividendes ?

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La crise sanitaire a impacté la sphère financière de plusieurs manières. En raison du ralentissement économique, de nombreuses entreprises cotées n’ont pas distribué de dividendes. D’autres sociétés ont réduit la voilure dans cette distribution. « Les dividendes mondiaux ont baissé de 55 milliards de dollars à 329,8 milliards au troisième trimestre, soit une baisse globale de 14,3 %. La baisse a été moins sévère qu’au deuxième trimestre, car les tendances saisonnières du troisième trimestre ont favorisé les régions du monde où les dividendes ont le mieux résisté », précise Sander van der Ent, Head of EMEA ex-UK Institutional Business chez Janus Henderson.

Un tiers des entreprises ont ainsi annulé ou diminué leurs dividendes. Selon Janus Henderson, dans le meilleur des scénarios, ce sont plus de trois années de croissance des dividendes qui seraient ainsi effacées, privant les investisseurs de 224 milliards de dollars de revenus cette année. Mais la situation est cependant nuancée.

 

Secteurs impactés

Certains secteurs ont été plus particulièrement touchés. C’est le cas, par exemple de l’aviation mais aussi des aéroports. À court terme, la baisse des volumes va plomber la santé financière des aéroports. « Le secteur s’est, pour l’heure, attaché à protéger ses liquidités pour les deux prochaines années au moins. S’appuyant sur ses créanciers, il a émis de la dette et cherché à obtenir le droit de ne pas respecter ses covenants en 2021. Les actionnaires ont, eux aussi, apporté leur soutien. Ils ont prêté des fonds, renoncé à leurs dividendes et, à quelques rares occasions, injecté des liquidités », note Sharon Vieten Investment Grade credit analyst, Fixed Income chez Columbia Threadneedle.

La consommation discrétionnaire a été la plus touchée. Les entreprises du secteur automobile ou les entreprises des loisirs ont également connu une baisse de près de 43% dans la distribution des dividendes. D’autres secteurs ont aussi réduit cette distribution. On peut citer ici les secteurs des médias, de l’aérospatiale et des banques.

Certains pays ont été plus impactés que d’autres. Les dividendes australiens sont parmi les plus durement touchés dans le monde, avec une baisse sous-jacente de 40,3 %. Ils sont tombés à seulement 9,6 milliards de dollars. C’est le total le plus bas pour un troisième trimestre en au moins 11 ans. Les réductions opérées par les banques ont eu un impact particulièrement important sur ces chiffres. Les versements au Royaume-Uni ont reculé de 41,6 %. De même, aux Pays-Bas, l’annulation des dividendes des banques, par exemple, a eu un impact considérable.

Une situation nuancée

Toutes les régions du monde n’ont cependant pas été impactées de la même façon. Certains s’en sortent nettement mieux que d’autres. C’est ainsi que le repli a été modeste aux Etats-Unis. Huit entreprises américaines sur dix ont maintenu leurs dividendes.

La Chine, Hong Kong et le Canada figurent parmi les rares grands pays à enregistrer une hausse des dividendes. « Le troisième trimestre est la grande saison des dividendes en Chine et les versements y ont progressé de 3,3 % par rapport à l’année précédente. Les trois quarts des entreprises chinoises ont augmenté leurs versements ou les ont maintenus au même niveau », notent les analystes de Janus Henderson. Au niveau sectoriel, certaines entreprises s’en sortent mieux et sont plus résilientes. Les secteurs traditionnellement défensifs tels que la pharmacie, les producteurs de denrées alimentaires et les détaillants en alimentation ont affiché des dividendes en hausse.

Et demain ?

On peut penser cependant que le pire est passé. La résilience des versements dans de nombreuses régions du monde, notamment en Asie, aux États-Unis, au Japon et dans les marchés émergents est un signe encourageant. « Le premier trimestre 2021 sera encore marqué par quelques réductions, mais la situation devrait ensuite s’améliorer. Le grand point d’interrogation concerne les décisions que prendront les régulateurs du Royaume-Uni, d’Europe et d’Australie à propos des distributions dans le secteur des banques. Sans oublier, bien sûr, la pandémie et les confinements dont la sévérité et la durée seront déterminantes. À titre indicatif, nous estimons que, dans le pire des scénarios, les dividendes sous-jacents resteront stationnaires l’an prochain et qu’ils pourraient rebondir de 12 % dans le meilleur des scénarios », estime Jane Shoemake, Responsable Actions mondiales de rendement chez Janus Henderson.

 

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