Pourquoi les taux d’intérêt sont-ils si faibles ?

Véritable casse-tête pour les investisseurs et les épargnants, la situation des taux d’intérêt interpelle à plus d’un titre. Comment explique-t-on la faiblesse actuelle de ces taux ? Explications et décryptage avec Etienne de Callataÿ, Président et co-fondateur d’Orcadia Asset Management.

L’incidence de l’inflation

La première explication que l’on pourrait avancer est l’inflation. En effet, l’inflation est faible. Nous sommes très loin de l’environnement des années 80. Les anticipations montrent une obsession pour le scénario à la japonaise. On assiste alors à une véritable crainte d’une absence durable d’inflation. Ces prévisions estiment que le progrès technologique empêchera ce retour à l’inflation. Ces progrès permettent la production de biens et services à moindres coûts. De ce fait, les attentes inflationnistes sont basses voire même excessivement basses.

Cependant, au-delà de ces anticipations, le risque d’un retour de l’inflation est présent. En prenant un peu de distance, il ne faudrait pas la déclarer morte et l’enterrer trop rapidement.

Une croissance faible

Aujourd’hui, les marchés anticipent une croissance économique très faible. Cette situation nécessite une politique monétaire accommodante. Bien sûr, la croissance économique attendue pour les dix prochaines années sera moindre que celle que nous avons connue durant les 30 glorieuses. Cependant, il n’est pas exclu que nous connaissions une croissance satisfaisante autour de 1,5 à 2% dans les dix prochaines années.

L’aversion au risque

Le troisième facteur qui explique la faiblesse des taux d’intérêt est l’aversion au risque des investisseurs. Cette aversion est importante. Elle pousse les investisseurs vers des achats massifs en obligations. Ces achats font pression à la baisse sur les taux d’intérêt. Cette aversion est due essentiellement à trois facteurs :

  • Une augmentation de la réglementation qui force les institutionnels à investir davantage en obligations.
  • Le traumatisme de 2008 qui reste bien présent dans les esprits. La crise de 2008 a engendré une prise de conscience d’un système financier intrinsèquement fragile.
  • L’anticipation d’une potentielle nouvelle crise financière. Cette crainte est alimentée par des gourous qui, souvent, ne sont pas économistes.

Le rôle des banques centrales

Il y a également différents éléments qui sont en lien avec l’action des banques centrales. Certaines d’entre elles affichent une perte de leur indépendance face au pouvoir politique (aux Etats-Unis et en Turquie, par exemple). On a aussi appelé les banques centrales à compenser les erreurs structurelles et budgétaires des Etats. La BCE et la Fed ont montré certaines limites et erreurs. Il est arrivé qu’elles remontent les taux d’intérêt pour les redescendre dans la foulée. Elles se sont aussi trompées dans leurs estimations concernant l’inflation.

Quelles perspectives ?

Il faut s’attendre à ce que les taux d’intérêt restent encore faibles pendant quelques années. Les banques centrales se montrent toujours accommodantes. Il faudrait cependant que s’établisse un contrat plus clair concernant le rôle de l’autorité politique sur les banques centrales. Un contrat plus démocratique en somme.

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