Qu’en est-il du bonheur des Belges ?

@Pexels

Par Philippe Defeyt, Economiste, Institut pour un développement durable

Voici les résultats d’une étude sur le bonheur des Belges menée par l’Institut pour un développement durable.

Introduction

« Dans l’ensemble, dans quelle mesure êtes-vous satisfait de votre vie actuelle ? »

« Tout bien considéré, dans quelle mesure diriez-vous que vous êtes heureux ? »

Voici les scores moyens (maximum = 10) des réponses des Belges à ces deux questions, scores détaillés par genre.

Mais la présente analyse de l’Institut pour un Développement Durable propose bien d’autres résultats quant au bien-être des Belges. En voici l’essentiel.

Le bonheur des Belges : quelques indicateurs essentiels

Le niveau moyen de satisfaction ou de bonheur varie en fonction de diverses caractéristiques des individus au sein d’un pays donné. C’est ainsi que :

  • les niveaux de satisfaction de vie et de bonheur baissent à partir de l’entrée dans la vie active pour remonter à l’âge de la retraite. La satisfaction et le bonheur en particulier se tassent cependant chez les plus âgés (75 ans et plus) ;
  • les niveaux de satisfaction et de bonheur augmentent avec les revenus
  • les personnes qui vivent seules sont moins satisfaites et moins heureuses que les personnes vivant à plusieurs. Les personnes vivant dans de très grands ménages (5 personnes ou plus) semblent particulièrement heureuses.
  • les scores de satisfaction de vie et de bonheur en Wallonie sont inférieurs à ceux de la Flandre. Les différences entre la Wallonie et Bruxelles sont faibles.

Le bonheur des Belges : des mises en perspective

Les études sur le bien-être essayent de mettre en valeur des « déterminants » du niveau de satisfaction de vie ou de bonheur. Voici quelques mises en perspective. Ont tendance à être plus satisfaites de la vie et plus heureuses les personnes

  • qui font plutôt confiance aux autres
  • qui estiment que la plupart des gens essaient de rester corrects plutôt que d’en profiter
  • qui estiment que les gens (les autres) essaient d’être utiles plutôt que de se préoccuper (le plus souvent) d’eux-mêmes
  • qui ont – en dehors du travail – beaucoup de contacts sociaux
  • qui estiment participer à beaucoup d’activités sociales comparativement à des personnes du même âge
  • qui estiment être en bonne santé
  • qui se déclarent être de droite plus que celles qui se déclarent de gauche
  • qui font confiance aux hommes et femmes politiques
  • qui ont confiance en la justice
  • qui estiment que la démocratie en Belgique fonctionne plutôt bien.
  • qui estiment bon l’état des services de santé en Belgique
  • qui estiment que leur revenu actuel leur permet de « bien » vivre.

Attention : en matière de satisfaction de vie et de bonheur il est difficile d’établir des causalités, les influences éventuelles pouvant être bi-directionnelles.

Voici quelques illustrations : est-on satisfait/heureux parce qu’on fait confiance aux autres ou a-t-on tendance à faire confiance aux autres parce qu’on est satisfait/heureux ? Est-on satisfait/heureux parce qu’on a beaucoup d’activités sociales ou a-t-on beaucoup d’activités sociales parce qu’on est satisfait/heureux ? Etre satisfait ou heureux ne conduit-il pas à plus facilement estimer que son revenu est « confortable » tout comme on peut supposer qu’un revenu jugé « confortable » influence positivement la satisfaction de vie et le bonheur ?

Le bonheur des Belges : la dimension régionale

Les niveaux de satisfaction de vie et de bonheur moyens sont en Wallonie significativement inférieurs à ceux observés en Flandre. Voici quelques observations à cet égard :

  • Les Wallons sont moins enclins que les Flamands et les Bruxellois à faire confiance aux autres.
  • Les Flamands pensent plus que les Wallons et les Bruxellois que des gens essaient de rester corrects plutôt que d’en profiter. Ils sont également plus tentés de penser que les gens cherchent à être utiles plutôt que de (seulement) se préoccuper d’eux-mêmes.
  • En matière d’intensité des relations sociales et des activités sociales, il n’y a pas vraiment de différences entre les régions.
  • Pour ce qui est de la santé subjective, pas de différence entre les Flamands et les Wallons tandis que les Bruxellois s’estiment en moyenne un peu plus en bonne santé.
  • Sans surprise, les Wallons sont en moyenne plus à gauche que les Flamands mais un tout petit moins que les Bruxellois.
  • Les Wallons ont tendance à faire moins confiance que les Bruxellois et les Flamands dans les politiciens et dans la justice.
  • Les Wallons sont moins satisfaits que les Flamands et que les Bruxellois de la démocratie et du système de santé.
  • Enfin, les Wallons et les Bruxellois jugent leurs revenus en moyenne moins « confortables » que les Flamands.

Conclusion

Soulignons pour conclure la valeur ajoutée de cette étude par rapport à d’autres qui traitent également du bien-être :

  • Un échantillonnage d’excellente qualité.
  • Un échantillon de près de 6.000 répondants.
  • Une approche conjointe des indicateurs « satisfaction de vie » et « bonheur »

Un approfondissement de la dimension régionale.

Consultez aussi la catégorie réflexions économiques

 


Pour en savoir plus sur ce sujet et sur le monde financier et économique, abonnez-vous gratuitement à la newsletter hebdomadaire ici
Nous n’avons que des produits de courrier électronique concernant la newsletter, des flashs actu ou l’invitation à des événements que nous organisons. C’est pour recevoir ce type d’informations que les lecteurs s’inscrivent. Nous ne recueillons et ne traitons que vos adresses électroniques. Veuillez noter qu’en vertu de GDPR, vous aurez le droit de nous demander à tout moment de recevoir une copie de vos données personnelles traitées, de demander la suppression de vos données personnelles. Nos newsletters contiennent un lien pour mettre fin à votre abonnement immédiatement ou le modifier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *