Comment choisir le bon timing pour investir ?

@pexels

Par Deutsche Bank (Belgique)

Pour un rendement maximal, choisissez le bon moment pour investir, puis pour vendre. Mais quel est ce ‘bon moment’ ? Et comment limiter les risques de mauvais timing ?

En résumé :

    • Lorsque vous investissez, vous devez tenir compte de circonstances imprévisibles. Si cette question de timing vous préoccupe, optez plutôt pour l’investissement périodique.
    • Via l’investissement périodique, vous placez tous les mois une petite partie de votre patrimoine à investir. Vous évitez de cette manière d’investir tout votre patrimoine en une fois, avec les risques de timing que cela comporte.
    • Hormis l’étalement dans le temps, il est très important de diversifier vos instruments d’investissement. Là aussi, il existe des solutions.

  1. Brexit, tensions commerciales, politique monétaire des banques centrales… N’est-il pas plus sage d’attendre que les turbulences se calment?

La marche du monde a toujours été pavée d’incertitudes. Des incertitudes qui sont donc, par essence, liées aux investissements. Il y aura toujours la perspective d’élections dans un pays ou un autre. Il y aura toujours des évolutions dans les rapports de forces entre les grandes puissances. En d’autres termes, vous serez toujours amené, au moment d’investir, à prendre en compte des circonstances, par définition, imprévisibles. Et vous devrez être prêt à accepter les fluctuations. Sachez toutefois que certains événements qui vous dissuadent d’investir aujourd’hui pourraient ne plus être demain qu’un minuscule soubresaut dans l’histoire. En attendant inutilement longtemps, vous pourriez manquer des opportunités.

Si vous considérez au contraire leur évolution sur le très long terme, les actions et les obligations se comportent de manière assez prévisible. Bien que les marchés aient connu beaucoup de hauts et de bas ces dernières années, on observe une nette tendance à la hausse sur le long terme.  Le Crédit Suisse analyse tous les ans le rendement de diverses formules d’épargne et d’investissement et ce, depuis 1900 et sur la base de leur rendement réel. Cette analyse révèle que les actions génèrent depuis le début du 20esiècle un rendement annuel de 6,5%, en tenant compte de toutes les guerres, crises et krachs. Le rendement des obligations est de 2% et celui du livret d’épargne de 0,8%1.

  1. Investir aujourd’hui, est-ce trop tôt, trop tard ou le moment idéal ?

Pour le moment, le livret d’épargne ne rapporte rien. Au contraire. En tenant compte de l’inflation, votre épargne perd de son pouvoir d’achat. Cette situation ne devrait pas évoluer positivement à court terme. Or, il est possible de commencer à investir de petites sommes, par exemple vos économies mensuelles, pour autant que vous n’ayez pas de projet immobilier et que vous acceptiez un risque accru. L’option qui consiste à épargner d’abord un capital, puis à l’investir, est généralement moins rentable que l’investissement immédiat.

Si la question du timing vous préoccupe, l’investissement périodiqueest sans doute la solution idéale. Quel en est le principe? Tous les mois ou tous les trimestres, vous versez une somme dans un fonds d’investissement. Cette formule est idéale pour éviter d’investir ‘trop tôt’ ou ‘trop tard’. Ce qui compte, c’est la régularité, y compris quand la bourse se porte moins bien. L’inverse est également vrai : augmenter le montant de ses investissements sous le coup d’une euphorie boursière passagère, ce n’est pas davantage une bonne idée. Outre l’aspect du timing, il faut aussi tenir compte de l’aspect émotionnel. Bien que la plupart des investisseurs pensent agir rationnellement, on constate qu’ils sont nombreux à investir après une période de hausse ou à sortir de la bourse après une période de baisse. À terme, ces volte-face leur coûtent beaucoup de rendement. En investissant périodiquement, vous évitez de fonder votre décision d’entrée uniquement sur des facteurs émotionnels.

  1. Investir à court terme, est-ce une bonne idée ?

Certaines personnes investissent en bourse dans le but de faire fortune rapidement. Pour y parvenir, il faudrait qu’ils achètent et vendent à chaque fois au moment idéal. Or,si le portefeuille de ces spéculateurs pourrait avoir le vent en poupe pendant quelques semaines ou quelques mois, il sera immanquablement rattrapé par la réalité à long terme. Les produits d’investissement à risque sont généralement assortis d’un horizon d’investissement recommandé de 5 ans ou davantage. Ils ne conviennent donc pas pour le court terme. Si vous souhaitez malgré tout faire fructifier votre capital à court terme, optez plutôt pour le livret d’épargne ou les obligations de qualité en euros. Deux formules dont le rendement actuel est très faible.

Investir sur le long terme, voilà la règle d’or pour les investisseurs disposés à courir un certain risque. Diversifier son portefeuille, c’est essentiel. Cette diversification doit se faire dans le temps, en fractionnant vos moments d’investissement, par exemple via les investissements périodiques. Mais elle doit aussi se faire sur le contenu de votre portefeuille, par exemple en diversifiant vos instruments financiers. Vous souhaitez investir en actions? N’optez pas pour les actions individuelles, mais pour les fonds d’actions. Ces fonds regroupent des dizaines ou des centaines d’actions différentes. L’idéal pour absorber le choc lorsqu’une action individuelle vient à dévisser. Idem pour les obligations: les fonds d’obligations bien diversifiés sont généralement plus sûrs.
Que choisir entre les fonds d’actions et les fonds d’obligations? Si vous ne parvenez pas à trancher, envisagez les fonds mixtes flexibles. Comme leur nom l’indique, les fonds d’actions investissent en actions et les fonds d’obligations en obligations. Cette restriction n’est pas de mise avec les fonds mixtes. Le gestionnaire professionnel de ce fonds est libre de mettre l’accent sur les unes ou les autres. S’il redoute des turbulences sur les marchés, il peut réduire sa position en actions, au profit des liquidités. En optant pour un fonds mixte flexible, vous ne devez pas vous inquiéter de savoir s’il vaut mieux investir en actions ou en obligations, ni dans quel produit en particulier. Vous confiez la gestion du fonds à un professionnel, qui ne tient pas compte des émotions passagères qui agitent les marchés.

1 ‘Credit Suisse Global Investment Returns Yearbook 2018’ (Elroy Dimson, Paul Marsh, Mike Staunton), Février 2018. L’étude complète est disponible (pdf) 

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